dimanche 11 janvier 2026

Israeli Settlers Mob Deaf Palestinian Elder

 




Quds News Network :

Israeli settler gangs beat a deaf elderly Palestinian man with batons during an attack on the village of Deir Sharaf, northwest of Nablus, in the occupied West Bank.

Despite U.S. President Donald Trump calling out such mobs and their deadly violence against Palestinians, which prompted Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu, a war criminal, to condemn the attacks, the assaults have continued to escalate week after week, as the Israeli army provides cover for the settlers and prevents Palestinians from defending themselves.

(Des bandes de colons israéliens ont battu à coups de bâton un Palestinien âgé et sourd lors d'une attaque contre le village de Deir Sharaf, au nord-ouest de Naplouse, en Cisjordanie occupée.

Malgré les dénonciations du président américain Donald Trump contre ces foules et leurs violences meurtrières contre les Palestiniens, qui ont incité le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un criminel de guerre, à condamner les attaques, les agressions ont continué à s'intensifier semaine après semaine, l'armée israélienne assurant la protection des colons et empêchant les Palestiniens de se défendre.)


Commentaire de Pascal Boniface :

"Difficile de plaider la légitime défense ou la nécessité de lutter contre le terrorisme. Mais cela va certainement susciter une indignation générale. Ah non ?"



Nuit du 11 janvier 2025, les bombes israéliennes tombent sur Gaza



"En ce moment même, Israël bombarde la bande de Gaza. Plus de 400 Palestiniens assassinés depuis le « cessez le feu » Ne détournons pas le regard !" Marcel.



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Israël tue cinq enfants lors de nouveaux raids sur la “zone de sécurité” de Gaza


Publié par Gilles Munier, 10 Janvier 2026, 05:59am.


Hamsa Housou, 11 ans, gisait sans vie sur une table métallique froide à la morgue de l’hôpital Al-Shifa. Son visage et la partie supérieure de son pyjama rayé étaient couverts de sang, tandis qu’un membre de sa famille lui essuyait doucement la bouche et la joue avec un chiffon humide, en pleurant. Elle dormait dans son lit tôt jeudi matin lorsqu’elle a été mortellement touchée par des tirs israéliens. La maison de sa famille à Jabaliya, à l’ouest de la ligne dite “jaune”, se trouve dans une zone considérée comme sûre.

“Nous dormions, et soudain, vers 5 heures du matin, il y a eu des détonations, des détonations bruyantes et des obus”, a déclaré l’oncle de Hamsa, Aouni Housou, debout devant son petit corps. “Je vis à l’étage, et j’ai entendu des cris. Nous avons couru en bas et ils ont dit que la petite fille avait été blessée. Nous sommes allés la voir et elle était couverte de sang”.

Il a fallu une demi-heure pour qu’une ambulance arrive. Quand ils sont enfin arrivés à l’hôpital, Hamsa était morte.

Selon le décompte d’Al Jazeera, cette fillette de 11 ans fait partie des 14 Palestiniens, dont cinq enfants, tués lors d’attaques israéliennes dans la bande de Gaza ces dernières 24 heures. Depuis l’entrée en vigueur du soi-disant cessez-le-feu le 10 octobre, Israël tue des Palestiniens à Gaza presque quotidiennement. Les frappes de missiles, les tirs et les bombardements ont lieu à la fois à l’est de la ligne jaune, occupée par les troupes israéliennes dans le cadre de l’accord initial, et à l’ouest de celle-ci, où la majorité des Palestiniens sont entassés sur moins de la moitié du territoire de Gaza. Au moins 425 Palestiniens ont été tués et plus de 1 200 blessés au cours des trois derniers mois du “cessez-le-feu”, soit près de cinq Palestiniens tués chaque jour.

“Toutes les nuits, il y a des bombardements, des tirs, des barrages de feu, des quadroptères. Toutes les nuits. Des éclats d’obus frappent notre maison. De quel cessez-le-feu parle-t-on ? Ce cessez-le-feu n’est qu’une mise en scène au vu et au su du monde entier. Pourquoi la tuer ?”, a déclaré Housou, en montrant sa nièce sans vie, incapable de retenir ses larmes.

Alors que l’attention du monde s’est détournée de Gaza depuis la mise en place du “cessez-le-feu”, le génocide se poursuit, avec des attaques militaires israéliennes quotidiennes et des restrictions sévères sur les produits de première nécessité, notamment les fournitures médicales, la nourriture, les matériaux de construction et d’autres articles.

En l’espace d’une seule journée, dans la nuit de mercredi à jeudi soir, l’armée israélienne a frappé des maisons d’habitation, des écoles abritant des Palestiniens déplacés et des campements de tentes. À Mawasi Khan Younis, une zone proche de la mer, deux frappes aériennes distinctes ont tué quatre Palestiniens dans leurs tentes sur la plage, selon l’agence de presse palestinienne Wafa. Un autre Palestinien a été tué lorsqu’Israël a bombardé une tente abritant des personnes déplacées dans la zone d’Al-Attar à Khan Younis. Dans le camp de réfugiés de Jabaliya, deux Palestiniens ont été tués lorsque les des raids sur l’école Abu Hussein, qui abritait plusieurs familles déplacées. Dans le quartier d’Al-Tuffah, au nord-est de la ville de Gaza, une frappe aérienne israélienne a frappé un immeuble résidentiel, tuant deux personnes et en blessant cinq autres.

“Ma maison est juste à côté de celle qui a été bombardée. J’étais dans cette pièce, à côté de la véranda. Soudain, quelque chose a volé et m’a projeté sur le lit. La fenêtre entière s’est brisée, en mille morceaux. Ma femme a également été projetée sur le lit”, a déclaré Abu Hassan Alwan à Drop Site, debout devant les décombres de l’immeuble d’Al-Tuffah. “Si quelqu’un vous parle de zone sûre, n’en croyez rien. Les Israéliens ont le droit de frapper où ils veulent. Ils frappent toutes les ‘cibles’ possibles et imaginables. Il n’y a pas de zones sûres”, a-t-il ajouté. “Ce cessez-le-feu n’est pas respecté”.

Des débris de béton et de la poussière recouvrent un étage entier de la maison tandis que les membres de la famille trient les décombres. Une grosse munition non explosée gisait au milieu d’une pièce.

“Nous avons été choqués par ce qui s’est passé, c’était une catastrophe. Nous sommes dans une zone verte, il y avait un cessez-le-feu, et nous étions tranquillement assis chez nous”, a déclaré Ahmad Akram Alwan, qui possède un terrain près de l’immeuble et se trouvait juste à côté au moment de l’attaque. “Nous n’avons rien à voir avec quoi que ce soit. Et soudain, nous nous retrouvons sous les décombres. Voilà notre situation à Gaza”.

Dans un communiqué, le Hamas a qualifié cette vague de bombardements d’“escalade criminelle dangereuse et de violation flagrante de l’accord de cessez-le-feu. Il s’agit d’une tentative délibérée de perturber la situation, de se soustraire aux obligations de l’accord et d’entraver la transition vers la deuxième phase”.

Le cessez-le-feu n’a pas dépassé la phase 1, qui a vu le retrait partiel des troupes israéliennes et l’échange de prisonniers. Israël a au contraire consolidé son contrôle sur plus de 50 % de l’enclave en combinant la construction d’infrastructures militaires et la destruction de bâtiments existants, semblant préparer le terrain pour établir une présence permanente dans la majeure partie de la bande de Gaza.

Source : Drop Site News via FIA

Traduit par Spirit of Free Speech






DAECH : Organisation terroriste au service des intérêts occidentaux



Lorsqu'il y avait encore une véritable liberté d'expression en France, un épisode des "Guignols de l'info" disait : "Il y a un musulman pour ça !" Cette satire visait à critiquer certains médias et les pouvoirs publics qui, pour détourner l'attention des véritables problèmes, mettaient sans cesse les musulmans sous les projecteurs. Aujourd'hui, l'organisation terroriste Daech joue un rôle similaire. Chaque fois que l'Occident a besoin de nourrir un discours anti-musulman, Daech se fait un devoir de ressortir de l'ombre.

Il est inutile de reprendre les clichés du genre "ce n’est pas l’islam", mais croire que cette organisation soit réellement islamique relève de l’absurde.

Création de DAECH

Je n’entends pas revenir sur l’histoire complète de Daech, mais peut-on ignorer les déclarations de Trump, qui accusait Obama et Clinton d’avoir créé cette organisation ? Certes, Trump est bien souvent source de contrevérités, mais cela ne veut pas dire que toutes ses affirmations méritent d’être ignorées. Quand on sait que le FBI a parfois poussé des musulmans à commettre des attentats, voire en a orchestré sous de fausses bannières, ces accusations méritent une attention sérieuse.

Ainsi, les attentats perpétrés par Daech en Occident n’ont jamais servi à défendre les musulmans, bien au contraire. Ils ont, en revanche, été utilisés comme prétexte pour justifier de nouvelles lois liberticides ciblant cette communauté. Ces attaques n'ont qu’alimenté la stigmatisation, renforçant le sentiment de rejet et la marginalisation des musulmans dans les sociétés occidentales.
Mais, quand on observe comment ces terroristes, dits "alliés de Daech", agissent, il y a de quoi se poser des questions. Est-il vraiment plausible qu'un individu en France contacte Daech via Facebook pour dire : "Je veux rejoindre votre organisation" et qu'ils répondent "C’est gratuit, mais il faut commettre un attentat pour prouver sa loyauté" ? Cela semble incohérent et démontre bien que ce sont d'autres forces, bien plus complexes, qui sont en jeu.

Instabilité dans les pays musulmans

Lorsqu'on analyse l’existence de Daech, il devient évident que son rôle a été de déstabiliser des pays musulmans : Syrie, Irak, Yémen, Nigéria… Et ses attaques les plus meurtrières ont souvent visé des musulmans. Pourtant, à des moments cruciaux, comme pendant les guerres à Gaza, contre le Liban, la Syrie ou même l'Iran, Daech n’a jamais attaqué Israël. Cela pose une question essentielle : une organisation qui se dit être une défense des musulmans et de l'Islam, pourquoi ne s'attaque-t-elle pas à ceux qui sont censé être réellement les ennemis de la cause musulmane à leurs yeux, comme l'entité sioniste ?

Syrie, Turquie (Türkiye), Australie et les attentats

Après la chute du régime de Bachar al-Assad, la Syrie tente de se reconstruire, mais cette paix fragile est menacée par des groupes comme le PKK, soutenus par Israël pour diviser davantage la Syrie et faciliter les avancées des colons. Alors que des négociations pour la paix sont en cours, Daech réapparaît subitement, comme par magie, alimentant encore la violence et la division.

De plus, ces derniers mois, la Türkiye a mené plusieurs opérations contre des cellules de Daech, arrêtant des centaines de personnes liées à l'organisation. Trois policiers ont été tués lors de l'une de ces opérations. Comment expliquer que, malgré l'engagement historique de la Türkiye envers la Palestine, ce soient les populations musulmanes de Turquie qui deviennent cibles d'attentats ? Est-ce vraiment logique qu'une organisation terroriste cible un pays musulman, solidaire de la Palestine, mais laisse Israël, responsable d’un génocide, quasiment intact ?

En Australie, un attentat a tué des citoyens juifs, ce qui soulève d’autres interrogations : pourquoi l'Australie, un pays majoritairement pro-palestinien, reconnu pour son soutien à l'État de Palestine ? Là encore, il semble que Daech joue son rôle, contribuant à entretenir l’islamophobie et à semer la haine envers les musulmans.
Ce n’est pas un hasard si chaque fois que l’Occident se retrouve dans une impasse géopolitique, une organisation comme Daech émerge pour détourner les critiques, empêcher les répercussions sur Israël, et renforcer l'ordre néocolonial.


samedi 10 janvier 2026

17 documentaires de jeunes journalistes filmés depuis Gaza, des images rares et précieuses



Les courts-métrages documentaires du projet Mojo Gaza, une initiative de formation de jeunes journalistes à Gaza par l’ONG Dignité International, sont en ligne.

Un jury composé de professionnels de l’image et de la presse a récompensé le 5 décembre 2025 quatre des dix-sept courts-métrages documentaires produits dans le cadre du programme «MOJO Gaza», lors d’une soirée de projection au Forum des images à Paris.

Les documentaires «MOJO Gaza», filmés par de jeunes apprentis journalistes à Gaza, sont disponibles en ligne et offrent un regard précieux sur le quotidien des Palestiniens face au génocide.

Au cours d’une formation intensive de 10 jours, accompagnés par des formateurs, journalistes et vidéastes, ces jeunes gazaouis ont documenté le déplacement, la famine, le dénuement mais aussi l’inventivité, la solidarité et la force irrépressible qui anime Gaza.

De telles images de Gaza sont rares et nécessaires, elles participent à écrire l’histoire de Gaza de l’intérieur et il est essentiel de les faire circuler. La complicité qui se dégage des images et la sincérité des témoignages donnent à chacun de ces films une force bouleversante, qui rappelle le rôle crucial des journalistes à Gaza, systématiquement ciblés par l’armée israélienne.

Depuis le 7 octobre 2023, l’armée israélienne a assassiné 256 journalistes palestiniens, dont une partie dans l’exercice de leur fonction et identifiables comme tels, comme l’ont révélé plusieurs enquêtes. Selon le dernier rapport de l’ONG Reporters Sans Frontières, l’armée israélienne est le «pire ennemi» des journalistes dans le monde.

Prix du regard original : La voix du silence, de Fadel Al-Hammami Ahmed Al-Mashharawi


La voix du silence suit Iman, une mère sourde vivant à Gaza avec son mari et leur fils entendant. À travers son regard, le film raconte la guerre, la fuite, la maladie de son enfant et la discrimination qu’elle subit, tout en affirmant le droit fondamental à la dignité et à la reconnaissance des personnes sourdes en temps de guerre.


Prix de l’émotion : Hamza, de Youssef Iyad Al-Saoudi


Hamza, une enfance interrompue suit un garçon de 12 ans, dont le père est tombé le premier jour de la guerre. Plongé trop tôt dans les responsabilités d’adulte, il raconte avec ses mots la perte, la peur, et la force de continuer malgré tout. À travers son témoignage, le film dévoile la résilience des enfants de Gaza face à la guerre et à la disparition de leur enfance.


Prix du public : Exode sous les roues, de Amer Riad Abu Amr


Exode sous les roues raconte l’histoire d’une famille réfugiée sous une remorque après avoir fui les bombardements. Dans ce lieu précaire envahi de poussière et de peur, une mère témoigne de sa survie quotidienne, entre épuisement, dignité et espoir d’un retour impossible.


Prix Hommage : Au bord de l’effondrement, de Yahya Barzaq




Grand prix MOJO : Espace perdu, de Mahmoud Atef SABAH



Espace perdu donne la parole à une mère déplacée à de multiples reprises depuis le début de la guerre. Dans le huis clos d’une tente, elle raconte la perte de son foyer, de son intimité et de sa dignité, symbole d’une vie suspendue entre survie et espoir.

https://events.dignite-international.org/les-documentaires/

Source : Agence Média Palestine via Spirit of Free Speech



vendredi 9 janvier 2026

Génocide à Gaza : un modèle d’extermination appelé à s’étendre




Supposons un instant que nous acceptions l’hypothèse irréaliste selon laquelle aucun d’entre nous ne s’attendait à ce qu’Israël lance un véritable génocide à Gaza, une campagne préméditée visant à rayer la bande de Gaza de la carte et à exterminer une partie importante de ses habitants.

Faisons comme si près de quatre-vingts ans de massacres incessants n’avaient pas été le prélude à ce moment, et qu’Israël n’avait jamais cherché auparavant à détruire physiquement le peuple palestinien, comme le prévoit la Convention sur le génocide de 1948.

Même si nous acceptons l’argument stérile et ahistorique selon lequel la Nakba de 1948 n’était « qu’un simple » nettoyage ethnique et non un génocide – en ignorant les fosses communes et l’effacement forcé d’une civilisation –, nous sommes toujours confrontés à une réalité terrifiante.

Après avoir été témoins de l’extermination sans fard qui a commencé le 7 octobre 2023, qui oserait affirmer que ses auteurs n’ont pas l’intention de la répéter ?

La question elle-même est un acte de charité, car elle suppose que le génocide a effectivement cessé. En réalité, le carnage a simplement changé de tactique. Depuis la mise en œuvre du fragile cessez-le-feu le 10 octobre, Israël a assassiné plus de 400 Palestiniens et en a blessé des centaines d’autres.

D’autres ont péri dans la boue gelée de leurs tentes. Parmi eux, des nourrissons comme Fahar Abu Jazar, âgé de huit mois, qui, comme d’autres, est mort de froid. Il ne s’agit pas de simples tragédies, mais des conséquences inévitables d’une politique israélienne calculée de destruction visant les plus vulnérables.

Au cours de cette campagne d’extermination qui a duré deux ans, plus de 20 000 enfants palestiniens ont été assassinés, ce qui représente 30 % du nombre total de victimes. Ce bilan sanglant ne tient pas compte des milliers d’âmes piégées sous les décombres de Gaza, ni de celles qui sont actuellement consumées par les tueurs silencieux que sont la famine et les épidémies provoquées.

Au-delà des statistiques effrayantes, nous sommes témoins des dernières souffrances d’un peuple. Nous avons assisté à leur extermination en temps réel, retransmise sur tous les écrans portables de la planète. Personne ne peut prétendre ignorer la situation, personne ne peut prétendre être innocent.

Même aujourd’hui, nous voyons 1,3 million de Palestiniens mener une existence précaire dans des tentes ravagées par les inondations hivernales. Nous partageons les cris des mères, les visages creusés des pères brisés et les regards hantés des enfants, et pourtant, les institutions politiques et morales du monde restent paralysées.

Si Israël reprend l’intensité totale et sans retenue de ce génocide, allons-nous l’arrêter ? Je crains que la réponse soit non, car le monde refuse de démanteler les circonstances qui ont permis ce massacre en premier lieu.

Les responsables israéliens n’ont jamais pris la peine de cacher leurs intentions. La déshumanisation systématique des Palestiniens était l’un des principaux produits d’exportation des médias israéliens, alors même que les médias occidentaux travaillaient sans relâche pour aseptiser ce discours criminel.

La preuve de cette intention est indéniable. Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, a ouvertement défendu l’« encouragement à la migration » et exigé qu’« aucune aide humanitaire » n’atteigne Gaza.

Le ministre des Finances Bezalel Smotrich a affirmé que la famine de deux millions de personnes pouvait être « juste et morale » dans la poursuite d’objectifs militaires.

Des couloirs de la Knesset aux chansons à succès, le refrain était le même : « effacer Gaza », « ne laisser personne là-bas ». Lorsque les chefs militaires qualifient toute une population d’« animaux humains », ils n’utilisent pas de métaphores ; ils délivrent un permis d’extermination.

Cela a été précédé par le siège hermétique, une expérience de misère humaine qui a duré des décennies et qui a commencé en 2006. Malgré tous les appels lancés par les Palestiniens pour que le monde mette fin à cette emprise mortelle, le blocus a été maintenu.

Cela a été suivi par des guerres successives visant une population assiégée et appauvrie sous le prétexte de la « sécurité », toujours protégées par le mantra occidental du « droit de Israël à se défendre ».

Dans le discours occidental dominant, les Palestiniens sont présentés comme les éternels agresseurs. Ils sont occupés, assiégés, dépossédés et apatrides, mais on attend d’eux qu’ils meurent en silence dans la « plus grande prison à ciel ouvert » du monde.

Qu’ils aient recouru à la résistance armée, lancé des pierres sur des chars ou marché sans armes vers des tireurs embusqués, ils ont été qualifiés de « terroristes » et de « militants » dont l’existence même était présentée comme une menace pour leur occupant.

Des années avant que la première bombe de ce génocide ne tombe, les Nations unies ont déclaré Gaza « inhabitable ». Son eau était toxique, sa terre un cimetière et sa population mourait de maladies curables.

Pourtant, mis à part le rituel habituel des rapports humanitaires, la communauté internationale n’a rien fait pour offrir une perspective politique, une paix juste.

Cette négligence criminelle a créé le vide qui a conduit aux événements du 7 octobre, permettant à Israël d’utiliser sa victimisation comme arme pour exécuter un génocide aux proportions sadiques.

L’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant a explicitement dépouillé les Palestiniens de leur humanité, lançant un massacre collectif dirigé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Le décor est planté pour la prochaine phase d’extermination. Le siège est désormais absolu, la violence plus concentrée et la déshumanisation des Palestiniens plus répandue que jamais.

Alors que les médias internationaux se détournent vers d’autres sujets, l’image d’Israël est réhabilitée comme si le génocide n’avait jamais eu lieu.

Malheureusement, les conditions qui ont alimenté la première vague de génocide sont méticuleusement reconstituées. En effet, un autre génocide israélien n’est pas une menace lointaine ; c’est une réalité qui se concrétisera tel un rouleau compresseur, si rien n’est fait pour l’arrêter.

La Convention de 1948 sur la prévention et la répression du crime de génocide était un engagement juridique visant à « libérer l’humanité d’un fléau aussi odieux ».

Si ces mots ont la moindre once d’intégrité, le monde doit agir maintenant pour empêcher la prochaine phase d’extermination. Cela nécessite une responsabilité absolue et un processus politique qui mette enfin un terme à l’emprise du colonialisme et de la violence israéliens.

Le temps presse, et notre voix collective – ou notre silence – fera la différence.


Dr Ramzy Baroud est journaliste, auteur et rédacteur en chef de Palestine ChronicleIl est l'auteur de six ouvrages. Son dernier livre, coédité avec Ilan Pappé, s'intitule « Our Vision for Liberation : Engaged Palestinian Leaders and Intellectuals Speak out » (version française). Parmi ses autres livres figurent « These Chains Will Be Broken: Palestinian Stories of Struggle and Defiance in Israeli Prisons », « My Father was a Freedom Fighter » (version française), « The Last Earth » et « The Second Palestinian Intifada » (version française)
Son livre à venir, « Before the Flood », sera publié par Seven Stories Press.
Dr Ramzy Baroud est chercheur principal non résident au Centre for Islam and Global Affairs (CIGA). Son site web.


jeudi 8 janvier 2026

Le prétendu « cessez-le-feu » a rempli son office : rendre Gaza invisible




Les morts en masse à Gaza se poursuivent et pourtant le monde n’y prête plus attention, ayant été convaincu que le génocide était interrompu.

Lorsque des rumeurs de cessez-le-feu ont commencé à circuler en octobre, nous avons eu l’impression qu’il s’agissait d’un rêve lointain. Nous nous sommes accrochés à la moindre lueur d’espoir, même si, au fond de nous, nous craignions d’y croire.

Depuis deux ans, nous nous étions habitués à entendre parler de « cessez-le-feu » qui ne duraient jamais.

Lorsque l’annonce a enfin été faite, les rues se sont mises à bruisser d’applaudissements et d’acclamations. Pourtant, la peur s’est insinuée dans mon cœur, craignant que ce calme ne soit qu’une pause avant une nouvelle série d’attaques.

Mes craintes étaient justifiées. Les attaques meurtrières quotidiennes d’Israël se sont poursuivies ; plus de 400 personnes ont été tuées à ce jour par l’armée israélienne. De nombreuses autres personnes sont mortes dans des circonstances dues à la destruction de la bande de Gaza par Israël.

Et pourtant, l’attention mondiale a commencé à diminuer. En novembre, j’ai remarqué que l’intérêt pour ce que j’écrivais sur Gaza commençait à diminuer, que ce soit sur les médias sociaux ou dans les médias – ce que d’autres journalistes et écrivains palestiniens ont également observé.



L’intérêt du monde a diminué parce que l’opinion publique mondiale a été facilement convaincue que la guerre était terminée.

Il m’est apparu clairement que le véritable objectif du cessez-le-feu n’était pas de mettre fin à la violence ou à la mort, ni de protéger les populations ou de limiter les effusions de sang et le génocide. Le véritable objectif était d’empêcher le monde de parler de Gaza, des crimes qui y sont commis et de la souffrance quotidienne de la population.

Gaza est aujourd’hui pratiquement invisible, car d’autres nouvelles et d’autres « points chauds » ont accaparé l’attention des médias du monde entier.

Et pendant ce temps, les massacres se poursuivent.

Un peu plus de deux semaines après l’annonce du cessez-le-feu, le 28 octobre, l’armée israélienne a mené une vaste campagne de bombardements, tuant 104 personnes. La peur écrasante de l’avenir et pour mes proches est revenue.

Le 20 novembre, Israël a frappé plus près de mon cœur. L’armée israélienne a attaqué la maison de la famille Abu Shawish dans le camp de réfugiés de Nuseirat, au centre de Gaza.

Mon amie Batoul Abu Shawish a perdu toute sa famille – ses sœurs Habiba, 11 ans, et Tima, 16 ans ; ses frères Youssef, 14 ans, et Mohammed, 18 ans ; sa mère, Sahar, 43 ans, et son père, Rami, 50 ans. Ils ont été massacrés en dépit du fait que la famille n’avait aucune affiliation politique ; ils étaient tous des civils. Batoul doit maintenant faire face seule au génocide.

Les attaques israéliennes se poursuivent, tout comme la mort massive par d’autres moyens : Les bâtiments effondrés, les bombes non explosées, les inondations, l’hypothermie, la famine et la maladie sont autant de productions de la stratégie génocidaire israélienne.

Nous continuons à lutter pour survivre sans abri ni nourriture, sans chauffage, sans électricité ni eau potable.

Nous venons de subir une nouvelle tempête. Les tentes ont été inondées et arrachées à nouveau.

Alaa Juha, 30 ans, a été tuée par un mur qui s’est effondré sur elle sous l’effet de la pluie. Arkan Musleh, un bébé de deux mois, est mort d’hypothermie. Au total, 15 personnes sont mortes à cause du froid ce mois-ci.

La tente de ma famille a de nouveau été inondée ; il est difficile de décrire le sentiment d’impuissance qui vous envahit lorsque vous ne trouvez aucun moyen d’échapper à l’eau et au froid glacial.

Israël continue de violer le cessez-le-feu, non seulement par ses attaques, mais aussi par son refus de respecter son obligation d’autoriser l’entrée du nombre négocié de camions d’aide, d’un approvisionnement complet en médicaments nécessaires et de tentes, de matériaux pour les abris et de maisons mobiles.

Israël restreint également l’accès aux organisations internationales qui tentent d’apporter un peu d’aide à la population de Gaza.

De nouvelles règles rendent difficile l’enregistrement des ONG, dont certaines aussi importantes que Save the Children. Cette situation, ainsi que le refus permanent d’Israël d’accéder aux demandes d’aide des ONG, étouffe les efforts internationaux visant à nous apporter un peu d’aide.

Pendant ce temps, les organisations palestiniennes qui tentent d’alléger nos souffrances sont confrontées à un effondrement des dons. Par exemple, le projet Samir, une initiative basée sur les dons qui apporte un soutien matériel aux familles et aux étudiants démunis, a perdu un grand nombre de donateurs individuels et d’adeptes après l’annonce du cessez-le-feu.

Le Dr Ezzedine al-Lulu, directeur du projet, m’a confirmé que la diminution du flux de dons a entravé leur capacité à fournir une assistance essentielle.

Israël maintient également la frontière de Rafah fermée. Il n’est pas possible de sortir à moins de payer une somme exorbitante à des profiteurs de guerre liés à Israël et d’accepter de ne jamais revenir.

Plus de 16 000 personnes ayant besoin d’une évacuation médicale urgente sont empêchées par Israël de quitter le territoire ; plus de 1000 sont mortes en attendant d’être autorisées à partir.

Gaza est entrée dans une nouvelle phase de génocide – un massacre de faible ampleur qui ne fait pas les gros titres parce qu’il n’est pas aussi explosif que les campagnes de bombardements en tapis. Mais le résultat final est le même : l’extermination de la vie palestinienne à Gaza.

Il n’est pas étonnant que les politiciens israéliens n’aient pas cessé de parler de coloniser notre terre. Ils considèrent toujours que l’absence de Palestiniens dans la bande de Gaza est une perspective très réelle qui est à portée de main.



mercredi 7 janvier 2026

Crimes de guerre à Gaza : comment consigner les viols et autres violences sexuelles ?




Les femmes palestiniennes de Gaza ont été victimes de violences sexuelles généralisées pendant le génocide israélien. Malgré les nombreuses preuves, les organisations de défense des droits humains ont du mal à obtenir justice, car les femmes vivent dans la crainte de la stigmatisation sociale et des représailles d’Israël.

L’histoire de N.A., une Palestinienne détenue et qui aurait été violée par quatre soldats israéliens, a provoqué une onde de choc dans une communauté déjà ravagée par la guerre.

Détaillée dans le rapport choquant publié le mois dernier par le Centre palestinien pour les droits de l’homme (PCHR), l’histoire de N.A. n’est qu’un exemple parmi tant d’autres, révélant les viols et les tortures sexuelles systématiques infligés aux détenus palestiniens par les autorités israéliennes.

Son refus de se faire soigner après sa libération, se repliant dans un cercle de silence, met en évidence une réalité omniprésente et dévastatrice dans la bande de Gaza.

Malgré les tentatives répétées des organisations de défense des droits humains pour documenter son cas et lui apporter leur soutien, N.A. a refusé tout nouvel entretien, révélant ainsi la peur qui paralyse d’innombrables survivantes.

« Les personnes qui nous parlent ne se sentent fondamentalement pas en sécurité pour révéler leur expérience », explique Yasser Abdel Ghafour, directeur adjoint de l’unité de documentation d’un centre local de défense des droits humains. « Elles préfèrent ne pas élargir le cercle des personnes qui connaissent leur situation, ce qui exposerait davantage leur identité. »

Selon Abdel Ghafour, il ne s’agit pas d’un incident isolé. « Nous avons connaissance de nombreux cas similaires », explique-t-il. « Nous avons contactés ces personnes à plusieurs reprises pour qu’elles partagent leur histoire, mais elles ont catégoriquement refusé, estimant que cela mettrait leur vie encore plus en danger. C’est particulièrement vrai pour les femmes. »

La violence sexuelle comme arme de guerre

Les organisations locales et internationales de défense des droits humains indiquent que le recours à la violence sexuelle par les forces d’occupation n’est pas une série d’incidents isolés, mais fait partie d’un comportement récurrent dans les centres de détention.

Bien qu’aucun organisme international n’ait encore mené d’enquête approfondie, les témoignages, en particulier ceux des femmes détenues, font état de pratiques systématiques d’humiliation sexuelle, de dégradation et de destruction de l’identité.

« Il ne suffit pas de documenter les violations, il faut mettre en place un mécanisme international neutre chargé d’enquêter sur l’utilisation de la violence sexuelle comme arme de guerre », insiste Abdel Ghafour. « Ce qui arrive aux femmes en détention s’inscrit dans le cadre d’une attaque généralisée et systématique, et non de transgressions individuelles commises par des soldats. »

Dans une déclaration, le Centre de ressources BADIL pour les droits de résidence et des réfugiés palestiniens a affirmé que les agressions sexuelles commises par Israël doivent être traitées comme une question politique et sociétale, et non comme une question individuelle.

« En tant que question politico-sociétale liée aux politiques coloniales d’oppression », peut-on lire dans la déclaration, « elle s’apparente à des assassinats ou à l’usage d’une force extrême. La victime ne doit pas être isolée ou dégradée ; elle doit au contraire être soutenue, sa lutte honorée et tout le soutien nécessaire lui être apporté. »

Menace persistante de représailles

Pour les détenus libérés, les séquelles psychologiques et physiques sont immenses. Le traumatisme de leur expérience persiste longtemps après leur retour chez eux.

Un témoignage recueilli par le PCHR traduit bien ce désespoir : « Sur le plan mental, je ne suis plus moi-même. Je vous parle maintenant de ma tragédie et je me sens instable, je pleure et je ris en même temps. Je suis devenue insensible quand je regarde mes enfants et je crains qu’un jour ils vivent ce que j’ai vécu. »

Une autre survivante décrit son état mental ravagé : « Ils ont violé notre dignité et détruit notre moral et notre espoir dans la vie. Je voulais poursuivre mes études ; maintenant, je suis perdue après ce qui m’est arrivé. »

Selon les professionnels, malgré un traumatisme aussi profond, très peu de survivantes recherchent des soins médicaux ou psychologiques. La menace constante de représailles de la part des forces d’occupation israéliennes pour avoir parlé les empêche de révéler pleinement leur expérience.

Cette crainte est corroborée par le rapport May 2025 GBV Trends Analysis: Gaza du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), qui note que les survivantes « hésitent souvent à nommer les auteurs armés par crainte de représailles ».

Ce climat de peur s’étend au-delà de la violence sexuelle et à toutes les formes de documentation. Munir al-Bursh, directeur au sein du ministère de la Santé de Gaza, confirme cette tendance à Mondoweiss.

Il dit avoir rencontré des cas où des personnes ont insisté à plusieurs reprises pour que leur identité et leurs informations médicales restent confidentielles, invoquant des menaces directes de représailles de la part de l’occupant israélien si leurs tragédies étaient rendues publiques.

La menace ne se limite pas aux survivants. Les défenseurs des droits humains, les observateurs et les organisations locales de la société civile, telles que le PCHR, le Centre Al-Mezan pour les droits humains et le Centre pour les affaires féminines, sont également systématiquement pris pour cible en raison de leur travail de dénonciation des crimes israéliens.

Ces organisations, qui ont déjà du mal à fonctionner, sont constamment victimes d’intimidations de la part d’Israël.

Cela inclut des attaques physiques directes, telles que la destruction totale du bureau de Humanity & Inclusion (HI) à Gaza en janvier 2024, alors même que ses coordonnées étaient enregistrées dans le système de notification de l’ONU.

Human Rights Watch (HRW) a également documenté au moins huit frappes israéliennes contre des convois et des locaux d’humanitaires, alors même que leur emplacement avait été communiqué aux autorités israéliennes d’occupation.

Lignes d’assistance téléphonique anonymes

Si le nombre de cas dûment répertoriés de viols et d’exploitation et d’abus sexuels (EAS) reste faible, ces incidents sont largement sous-déclarés.

Les gestionnaires de cas de violence sexiste de l’UNFPA en Palestine ont fait part de témoignages préoccupants lors de réunions et de formations du groupe de travail, notamment des cas impliquant des adolescentes et des femmes handicapées violées par des membres de leur famille et des inconnus.

Bien que le viol apparaisse comme étant à 0 % dans les données, il y a eu une sous-déclaration importante due à la crainte de représailles, à la stigmatisation, au manque de connaissance des services disponibles et à l’effondrement du système judiciaire, les survivantes ne consentant pas à l’enregistrement de leur cas.

« Beaucoup de femmes préfèrent garder le silence », explique Zainab Al-Ghunaimi, directrice du Centre Hayat pour la protection des femmes battues, considéré comme le principal refuge à Gaza, « non pas parce que leur expérience est moins réelle, mais parce que s’exprimer peut signifier s’exposer, elles et leurs familles, à de nouvelles violences, à l’ostracisme social et à la ruine matérielle ».

Ce défi paralyse les mécanismes de signalement. Un rapport d’août 2025 du Gender-Based Violence Area of Responsibility (GBV AoR) « a fait état de graves perturbations dans les centres de services spécialisés pour les femmes, la majorité d’entre eux étant soit hors service, soit ne fonctionnant que partiellement », tandis que l’accès à ce qui reste des services de santé reproductive et mentale est semé d’embûches.

Pas de refuges sûrs

En l’absence de systèmes officiels, certaines organisations ont cherché d’autres moyens d’assurer la justice et la protection. Al-Ghunaimi expose leurs efforts.

« Nous avons essayé de trouver d’autres moyens de protéger les femmes victimes de violences pendant la guerre », dit-elle. « Nous avons installé une tente pour héberger les femmes confrontées à des menaces de premier degré, c’est-à-dire celles qui risquaient d’être tuées. Nous avons eu recours à des solutions temporaires, comme un système de médiation, au lieu du système judiciaire. »

Ce système, explique-t-elle, fait appel à des comités composés de personnalités respectées de la communauté, telles que les responsables des centres d’accueil pour personnes déplacées et les anciens de la famille, afin de résoudre les conflits et d’offrir une protection.

Cependant, Al-Ghunaimi refuse de qualifier ces refuges de « sûrs » à 100 %. Face à l’occupation, il n’existe aucun endroit réellement sûr.

Récemment, alors que ce rapport était en cours de rédaction et malgré un cessez-le-feu, une frappe israélienne a touché une maison située à côté du camp du Centre Hayat, détruisant plus de la moitié de celle-ci.

Bien que personne dans le camp n’ait été blessé physiquement, le traumatisme amer de la perte d’un refuge s’est fait ressentir une fois de plus.

Un vide en matière d’obligation de rendre des comptes

Les enquêtes internationales sur les violences sexuelles à Gaza ne peuvent aboutir sans témoins. Or, ceux qui pourraient témoigner vivent dans la peur constante, sous la menace permanente, déplacés et profondément traumatisés psychologiquement.

L’insécurité permanente, aggravée par la destruction des habitations et des services essentiels, rend presque impossible pour les survivants de se manifester en toute sécurité.

Il en résulte un écart considérable entre l’ampleur des violations et la capacité des organisations de défense des droits humains à les documenter et à demander justice.

« Nous avons recueilli de nombreux témoignages au fil des ans, mais nous manquons de témoins prêts à se manifester », explique Abdel Ghafour, directeur adjoint de l’unité de documentation du PCHR.

« Le silence imposé par la peur et la stigmatisation sociale fait que les dossiers sur les viols et les tortures sexuelles restent parmi les plus difficiles et les plus déchirants à traiter. Sans témoins, la responsabilité reste presque totalement hors de portée, et les survivants continuent à porter seuls le poids de ces crimes. »

Auteur : Majd Jawad

Majd Jawad est journaliste et chercheur originaire de Jénine, en Palestine. Il est titulaire d'une maîtrise en démocratie et droits de l'homme de l'université de Birzeit et d'une licence en journalisme.

https://www.chroniquepalestine.com/crimes-de-guerre-gaza-comment-consigner-les-viols-et-autres-violences-sexuelles/


mardi 6 janvier 2026

Le soutien à Israël ne fait plus recette

 


Ces surprenantes déclarations, absentes des médias, sont une bonne nouvelle : le camp Trump se fracture. Le soutien à Israël ne fait plus recette.

Tucker Carlson, Steve Bannon, le vice-président Vance prennent leurs distances. Trump lui-même sonne l’alerte. D’où viennent leurs problèmes ? De leur base populaire, de l’info indépendante. Et de vous au fond !

Michel Collon analyse la crise de MAGA dans La Minute Michel épisode #78






Le « Projet Sunrise » vise à transformer Gaza en métropole de haute technologie




Ils appellent ça un plan de reconstruction. En réalité, c'est un plan d'appropriation. 

Alors que Gaza n’a même pas fini de brûler, que des corps sont encore sous les gravats, des conseillers américains planchent déjà sur la rentabilisation des ruines. Nom du projet : Sunrise. Le cynisme jusque dans le titre. 112 milliards de dollars pour transformer une terre martyre en Riviera artificielle : hôtels de luxe, tours en bord de mer, trains à grande vitesse, réseaux pilotés par l’IA. 70 % du littoral privatisé. Monétisé. Vendu. Pas un plan pour les habitants. Un plan pour les investisseurs. Tout est pensé comme une brochure immobilière : “phases”, “returns”, “smart cities”. 

Mais une question élémentaire reste soigneusement évitée : où vivent deux millions de Palestiniens pendant qu’on refait le décor ? Rafah deviendrait une capitale vitrine, pendant que Gaza serait redessinée selon des standards occidentaux, hors-sol, coupés de son tissu social, de sa culture, de son histoire. Ce n’est pas de la reconstruction. C’est de l'ingénierie coloniale.

Et pour verrouiller le tout, une condition impossible : le désarmement total du Hamas, que même des responsables américains jugent irréaliste. Un prétexte parfait pour ne jamais appliquer le plan, tout en l’utilisant comme outil politique et financier. Le financement, lui, reste volontairement flou : 20 %, 60 milliards, garanties de dette, montages opaques. Peu importe le chiffre exact, la logique est limpide : reconstruire avec profit ce qui a été détruit avec leurs armes, et laisser une dette sans fin.

Gaza n’a pas besoin d’une vitrine high-tech sous surveillance permanente. Elle a besoin de maisons, d’hôpitaux, d’écoles, d’eau, d’électricité, de dignité. Ils parlent de renaissance. Ils organisent une exploitation post-destruction. Toujours les mêmes. Toujours sur les mêmes ruines. 

Lien de l’article immonde du Wall Street Journal :

Source


lundi 5 janvier 2026

Israël prétend nous faire taire ? Très bien, faisons taire Israël




Nous sommes tout à fait en droit de contester et nuire aux intérêts d’Israël, puisqu’il s’ingère dans les nôtres.

Alors qu’Israël exerce toujours plus d’influence sur la société occidentale et pousse les gouvernements occidentaux à restreindre notre liberté d’expression et de réunion, nous devons tout mettre en œuvre pour que la société occidentale se retourne contre Israël et marginalise cet État d’apartheid sur la scène internationale.

Non seulement nous en avons le droit, mais aussi le devoir, car Israël n’hésite pas à s’en prendre à nous et à nos libertés.

Si Israël s’en prend à nous, nous sommes en droit de riposter. Ce n’est qu’une question de légitime défense à ce stade.

L’ambassade d’Israël au Royaume-Uni a publié un communiqué de presse se félicitant de l’’arrestation par la police britannique de manifestants ayant appelé publiquement à “mondialiser l’Intifada”, et déclare :

“L’ambassade d’Israël au Royaume-Uni se félicite de l’annonce conjointe de la police métropolitaine et de la police du Grand Manchester, selon laquelle toute personne appelant à ‘mondialiser l’intifada’ sera arrêtée.

“Israël et la communauté juive le disent depuis des années : appeler à ‘mondialiser l’intifada’ est clairement une incitation à la violence. Un lien direct peut être établi entre ces slogans antisémites et les actes de terrorisme dont sont victimes les Juifs dans le monde entier.

“Il est décevant que les autorités britanniques aient mis tant de temps à le reconnaître, et la communauté juive ne devrait pas en être réduite à supplier les autorités de prendre ces menaces au sérieux, après que de nombreux Juifs en ont été victimes.

“Cependant, nous espérons que des mesures concrètes seront désormais prises pour mettre fin à ces slogans avant qu’ils ne contribuent à la radicalisation et à de nouvelles violences contre les Juifs”.

Pour rappel, il n’y a rien de meurtrier ni de haineux à appeler à la résistance mondiale contre un État d’apartheid génocidaire et l’empire qui le soutient, ce que revendiquent ceux qui appellent à une intifada mondiale. Quiconque prétend qu’il s’agit d’un appel au meurtre de civils juifs ment comme un arracheur de dents, uniquement pour susciter un consensus en faveur d’une répression autoritaire des discours critiques à l’égard du régime israélien.

Mais nous sommes témoins des efforts concertés d’Israël et de ses défenseurs propagandistes au sein de la classe politique et des médias occidentaux répandant à l’unisson le récit absurde selon lequel “mondialiser l’intifada” sous-entendrait “tuer tous les Juifs dans le monde”. C’est une attaque directe contre nos droits, un moyen de faire pression sur les autorités pour restreindre nos libertés. C’est une attaque directe, et nous sommes la cible.

Benjamin Netanyahu vient de passer sur Sky News Australia — du groupe Murdoch — pour accuser le Premier ministre Anthony Albanese de ne pas réprimer les manifestations contre le génocide, qu’il qualifie d’“incitation à l’antisémitisme”.

Le lobby israélien australien affiche délibérément son intention explicite d’interdire toute critique d’Israël et de mettre fin aux manifestations pro-palestiniennes dans tout le pays, et la Nouvelle-Galles du Sud s’apprête à satisfaire chacune de ces exigences en interdisant l’expression “mondialiser l’intifada” et les manifestations pro-palestiniennes pendant trois mois après la fusillade de Bondi Beach.

Si Israël fait tout pour porter atteinte aux droits des Australiens, ceux-ci sont en droit de porter atteinte aux intérêts d’Israël. Nous devons nous opposer plus activement à Israël, puisque ses dirigeants n’hésitent pas à pousser notre gouvernement à bafouer nos droits. Ensemble, agissons collectivement et sans crainte pour révoquer le soutien de Canberra à l’État sioniste.

Même combat pour les Américains. Au-delà de toutes les ingérences du lobby israélien, l’État hébreu investit des millions de dollars dans des opérations de propagande destinées aux églises et aux communautés chrétiennes conservatrices américaines, espérant ainsi reconquérir une base chrétienne hésitante. Assis dans votre propre église, dans votre propre quartier, sans aucun signe de propagande en vue, vous pouvez soudainement vous retrouver submergé par des messages financés par le gouvernement israélien.

Netanyahu s’en prend à l’ensemble des gouvernements occidentaux, exigeant avec son arrogance coutumière que les États occidentaux en fassent davantage pour interdire les manifestations contre le génocide et protéger les intérêts d’Israël, non pas comme une requête, mais comme un “avertissement”.

“J’exige que les gouvernements occidentaux fassent le nécessaire pour lutter contre l’antisémitisme et assurer la sécurité des communautés juives dans le monde. Ils seraient bien avisés de tenir compte de nos avertissements. J’exige qu’ils agissent, et maintenant !”, a déclaré Netanyahu dans une récente déclaration.

Les Occidentaux ne peuvent accepter de telles pratiques sans réagir. Si Israël tente de subvertir et de saper nos libertés pour nous contraindre à soutenir le génocide et l’apartheid, il est de notre devoir de tout mettre en œuvre pour subvertir et saper ses intérêts. Ils s’attaquent à nos intérêts ? Attaquons-nous aux leurs !

Soyons hostiles et fermes envers l’État sioniste, et soyons fiers de nos convictions légitimes. Ils nous invectiveront et prétendront que nos gouvernements doivent nous faire rentrer à la niche, preuve supplémentaire que nous avons raison. Le soutien de l’Occident à Israël doit être pulvérisé.

Faisons en sorte que le soutien à Israël ou les liens avec ses lobbyistes soient politiquement toxiques. Que s’aligner sur Israël coûte leur carrière aux célébrités. Mettons tout en œuvre pour que le soutien à Israël devienne politiquement intenable, en diffusant un maximum d’informations et de témoignages sur ses crimes. Sans la moindre hésitation ni le moindre état d’âme. Israël nous attaque ? Attaquons Israël !

La guerre est ouverte. Ces monstres ne sauraient bafouer nos droits et corrompre notre société pour servir les agendas les plus pervers de la planète, et s’attendre à ce que nous fassions profil bas. C’est absolument hors de question.

Source : Caitlin’s Newsletter 



Israël prépare la plus grande opération de « nettoyage archéologique » jamais réalisée en Cisjordanie



En subordonnant la valeur scientifique à l’expansion coloniale, les archéologues israéliens n’opposent aucune résistance alors que l’État israélien s’apprête à exproprier des pans entiers de Sebastia.


Par Alon Arad 


Alors que les habitant.es de Sebastia, un village palestinien situé au nord de Naplouse, en Cisjordanie occupée, se réunissaient en urgence pour discuter d’un nouveau plan israélien visant à s’emparer de vastes parties de leur village sous le prétexte de « développer » son site archéologique, des archéologues israéliens se retrouvaient à Boston à l’occasion de la 125ᵉ conférence annuelle de l’American Society of Overseas Research (ASOR).

Anciennement connue sous le nom de American School of Oriental Research, ASOR a modifié en 2021 la signification de la lettre « O » dans son nom, changement censé indiquer une prise de distance vis-à-vis de l’héritage colonial de l’archéologie, et une nouvelle orientation dans le travail de recherche, fondé sur des partenariats égalitaires avec les populations locales. Pour les archéologues israélien.nes, cependant, ce changement semble largement cosmétique : tandis qu’ils et elles assistaient à cette conférence prestigieuse – leur principal espace pour tisser des liens avec la communauté universitaire à l’international -, leur gouvernement utilisait de nouveau l’archéologie comme outil de domination coloniale sur les Palestiniennes et Palestiniens.

Le 19 novembre, l’Administration civile israélienne a annoncé le projet d’exproprier les propriétaires de 550 parcelles privées de Sebastia — soit environ 1 800 dunams (450 acres) de terres qui représentent à la fois des moyens de subsistance, le patrimoine culturel et l’identité du village depuis des siècles. Les habitant.es affirment que le projet dévastera l’agriculture locale, notamment en détruisant quelque 3 000 oliviers, dont certains sont âgés de plusieurs centaines d’années.

Sebastia est, indéniablement, un site archéologique à strates multiples d’une valeur exceptionnelle. Ancienne ville de Samarie à l’âge de Fer et capitale du royaume d’Israël, elle renferme les vestiges du palais du roi Achab, mis au jour dans les années 1930. Au Ier siècle avant notre ère, Hérode, roi du royaume de Judée, a reconstruit la ville, y laissant notamment un temple dédié à son ami, l’empereur romain Auguste, à proximité des ruines plus anciennes. Un théâtre romain remarquablement bien conservé, une église byzantine et d’autres antiquités ont également été découverts dans la région.

L’importance archéologique de Sebastia ne fait toutefois qu’accentuer la contradiction politique suivante : si le site mérite une étude attentive, le fossé entre les engagements éthiques revendiqués par les archéologues israéliens et la violence d’État exercée au nom de l’archéologie pour justifier des mesures allant vers l’annexion de la Cisjordanie n’a jamais été aussi profond.

La prise de contrôle de Sebastia par Israël, la plus vaste expropriation de terres jamais réalisée à des fins archéologiques, a commencé en mai 2023, lorsque le gouvernement a alloué 32 millions de shekels (NIS) à la « restauration et au développement » du site. La campagne s’est intensifiée en juillet 2024, lorsque l’armée a saisi le sommet de Tel Sebastia (le point culminant du village, qui abrite les vestiges archéologiques les plus importants), invoquant de vagues « préoccupations sécuritaires ». Peu après, le gouvernement a laissé entendre qu’il comptait s’emparer d’une partie plus étendue encore du village.

Les habitantes et habitants palestinien.nes, conjointement avec Emek Shaveh, l’organisation que je dirige, ont déposé une objection formelle auprès de l’Administration civile, au nom du droit international qui interdit l’utilisation des biens culturels à des fins militaires. Ce recours a finalement été rejeté.

Le ministre du Patrimoine, Amichaï Eliyahu, a exprimé en ligne sa satisfaction concernant l’expropriation. « Nous ne remettrons plus notre héritage à des meurtriers », a-t-il écrit le mois dernier sur X. Eliyahu, fervent partisan de l’annexion de la Cisjordanie et de la réinstallation juive à Gaza, a ajouté : « Il s’agit de notre patrie historique ; nous ne quitterons jamais cet endroit. »

Bien que la zone actuellement visée par les fouilles se situe techniquement en zone C (sous contrôle israélien total) et que la majeure partie du village bâti de Sebastia relève de la zone B (sous administration civile palestinienne et contrôle sécuritaire israélien), dans la pratique, ces deux zones forment un paysage unique et continu. Les antiquités appartenant au village sont historiquement et culturellement indissociables de celles situées en zone C.

Le nouveau plan d’expropriation menace de rompre entièrement ce lien. Il prévoit de faire dévier le trajet des visiteurs israéliens par une route que les colons entendent construire afin de contourner complètement le village palestinien, et comprend la construction d’un centre d’accueil, la mise en clôture de la zone archéologique ainsi que l’instauration de droits d’entrée. Si elles étaient mises en œuvre, ces mesures isoleraient de fait les habitant.es de Sebastia de leurs terres et de leur patrimoine.

L’archéologie au service de l’annexion

Le recours israélien à l’archéologie pour faciliter la prise de contrôle de terres palestiniennes, une pratique que l’on peut à juste titre qualifier de “nettoyage archéologique”, est bien antérieur au cas de Sebastia. Depuis des décennies, l’État déploie cette stratégie aussi bien à l’intérieur des frontières de 1948 qu’à travers la Cisjordanie : dans le parc de la Cité de David à Jérusalem-Est, dans le village de Susya, dans les collines du sud d’Hébron, dans le parc national de Nabi Samwil, à Shiloh, et sur de nombreux autres sites.

Une grande partie de la communauté archéologique israélienne a abandonné les principes professionnels fondamentaux ainsi que les normes éthiques érigées par le droit international protégeant le patrimoine culturel. De nombreuses et nombreux archéologues collaborent ouvertement avec les dirigeants des colonies et les autorités israéliennes, offrant à la fois une couverture idéologique et une infrastructure matérielle à l’expansion des colonies. L’année dernière encore, plusieurs archéologues locaux ont participé à une conférence à Jérusalem organisée par le ministre du Patrimoine Eliyahu, certain.es acceptant même des hébergements financés par le gouvernement.

La communauté archéologique israélienne refuse obstinément l’introspection sur les implications éthiques de son travail. Pendant des années, ses chercheur.es ont ignoré les débats fondamentaux concernant les lieux où les fouilles pouvaient être menées de manière légitime et les conditions dans lesquelles elles devraient l’être, malgré des avertissements à répétition, des rapports de politiques publiques et des résolutions émanant de grandes instances internationales — notamment l’UNESCO, la Commission d’enquête indépendante des Nations unies et la Cour internationale de Justice — appelant Israël à mettre un terme aux activités archéologiques dans les territoires occupés.

Dans ce contexte, l’archéologie à Jérusalem-Est et en Cisjordanie a depuis longtemps perdu toute valeur scientifique objective. L’engagement de la discipline à étudier le passé afin d’approfondir la compréhension des sociétés humaines a été subordonné à un projet politique de suprématie juive, utilisant l’archéologie comme un outil de contrôle territorial. Au lieu de préserver l’intégrité de leur discipline, de nombreux archéologues israélien.nes sont devenus de facto une extension de l’appareil politique de l’État.

À l’approche de la conférence de l’ASOR, au vu de ces pratiques, certain.es participant.es internationaux ont appelé à restreindre la participation des archéologues israélien.nes. Des débats similaires ont émergé en Europe, notamment au sein de l’Association européenne des archéologues (EAA), dont certain.es membres ont proposé de conditionner la participation de chercheur.es israélien.nes au fait de renoncer à leurs affiliations institutionnelles.

Plutôt que de répondre à ces critiques de fond, de nombreux archéologues israélien.nes se replient sur l’accusation d’antisémitisme et se présentent comme d’éternelles victimes. Cette posture empêche toute discussion sérieuse sur les enjeux éthiques qui sont fondamentaux : la légitimité de fouilles menées en territoire occupé contre la volonté des communautés locales et en violation du droit international ; la collaboration avec des organisations de colons ; et les conditions dans lesquelles une recherche éthique en Israël pourrait encore être possible.

Tout en participant à l’appropriation de Sebastia, les archéologues israélien.nes présentent leurs travaux à Boston, suscitant ainsi chez leurs collègues internationaux une prise de distance croissante. En méprisant les normes internationales et en s’alignant sur des acteurs qui instrumentalisent l’archéologie au service du déplacement et de la dépossession, ils et elles sapent leur propre crédibilité scientifique.

La Cisjordanie compte plus de 6000 sites archéologiques recensés. Ailleurs, une telle richesse serait considérée comme un trésor culturel. Mais pour les Palestiniennes et Palestiniens, elle est devenue une malédiction : chaque site, dont la majorité n’a aucun lien avec l’histoire juive de la région, est traité comme un outil potentiel d’affirmation de la domination territoriale. Des sites porteurs de siècles d’histoire palestinienne sont détruits soit par négligence systématique, soit par leur appropriation, puis intégrés à un projet idéologique qui menace l’existence future des Palestinien.nes.

L’archéologie est devenue un mécanisme d’oppression supplémentaire, au même titre que la violence des colons et de l’armée, les restrictions de mouvement et les spoliations quotidiennes. Et tandis que les communautés palestiniennes résistent avec les maigres moyens dont elles disposent, les archéologues israélien.nes continuent de légitimer et de promouvoir ces forces.

Si les archéologues israélien.nes souhaitent conserver leur légitimité académique – et, plus important encore, cesser de participer à un projet colonialiste immoral –, ils doivent tenir compte des avertissements de leurs pairs à l’international et rejeter l’exploitation cynique de leur profession par l’État.

Alon Arad est un archéologue et le directeur exécutif d’Emek Shaveh, une ONG israélienne qui œuvre pour la défense des droits liés au patrimoine culturel et pour la protection des sites antiques en tant que biens publics appartenant aux membres de toutes les communautés, confessions et peuples.

Source: Agence Média Palestine

Traduction: C.B pour l’Agence Média Palestine

Version originale : +972 via 

dimanche 4 janvier 2026

Les Israéliens sont-ils sortis de l’humanité ?



« Pas un seul être humain, pas un arbre, pas une maison, si je pouvais, j’empoisonnerais les poissons dans la mer. Ils sont tous des ennemis là-bas, même le bébé qui est né hier à Rafah. »




Dans la seule démocratie du Moyen-Orient, tu peux tenir ces propos sur les Palestiniens sur une chaîne de télévision de grande écoute. 

Le niveau de haine… Ces gens-là sont sortis de l’humanité, ce sont des bêtes sauvages, dénuées d’âme.