mercredi 14 janvier 2026

Gaza : six enfants meurent d’hypothermie, selon l’UNICEF



Publication de l'UNICEF MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord) sur X :

"Nous avons de nouveau enregistré des décès d’enfants dus à l’hypothermie ces derniers jours. Nous en sommes désormais à six enfants morts d’hypothermie rien que cet hiver", a déclaré James Elder à des journalistes à Genève, par liaison vidéo depuis Gaza.

James Elder a indiqué que plus de 100 enfants ont été tués depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu en octobre de l’année dernière.
"Cela représente environ une fille ou un garçon tué chaque jour ici pendant un cessez-le-feu", a-t-il déclaré, ajoutant que "la vie à Gaza reste suffocante" et que "la survie demeure conditionnelle".

Selon l’UNICEF, les chiffres confirmés font état de "60 garçons et 40 filles tués dans la bande de Gaza", tout en soulignant que "le nombre réel d’enfants palestiniens tués devrait être plus élevé", ce décompte ne reflétant que les cas pour lesquels des informations suffisantes étaient disponibles.

Il a précisé que la majorité des décès survenus depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu ont été causés par des actions militaires. "Ces enfants sont tués par des frappes aériennes, des frappes de drones, y compris des drones suicides. Ils sont tués par des tirs de chars. Ils sont tués par des munitions réelles", a-t-il dit.

Le porte-parole a indiqué que, si le cessez-le-feu a permis certains progrès humanitaires, notamment l’extension des services de santé, de nutrition, d’eau et d’assainissement, les conditions de vie des enfants demeurent alarmantes.

"Un cessez-le-feu qui ralentit les bombardements est un progrès, mais un cessez-le-feu qui continue d’ensevelir des enfants n’est pas suffisant", a-t-il déclaré.

Il a appelé à une application complète du cessez-le-feu, à l’accès humanitaire et à l’établissement des responsabilités, exhortant à garantir une "véritable sécurité" pour les enfants de Gaza.



Les Israéliens ont banalisé l’usage du génocide et ce modèle s’applique au Soudan



Le génocide perpétré par Israël à Gaza a établi une norme mondiale qui considère l’extermination comme une partie « naturelle » de la manière dont les nations et les groupes paramilitaires mènent la guerre. Nous le constatons déjà au Soudan.

Ce qui suit est une traduction en anglais de l’éditorial d’ouverture du numéro d’hiver 2026 de Majallat al-Dirasat al-Filastiniyyah (le Journal of Palestine Studies en langue arabe, publié par l’Institut d’études palestiniennes). Mondoweiss a repris la version anglaise avec autorisation. Traduit par Muhammad Ali Khalidi.

Dans l’éditorial du numéro d’automne 2025 de Majallat al-Dirasat al-Filastiniyyah, nous avons présenté l’analyse suivante :

« Ce qui s’est passé et se passe actuellement dans cette guerre menée par Israël contre le peuple palestinien est en train de bouleverser complètement les relations politiques internationales et d’inaugurer un nouvel ordre mondial. Cela forge également un nouveau vocabulaire de la guerre, qui deviendra la base de nouveaux conflits, rompant ainsi avec les guerres d’autrefois et d’ailleurs. Les États ont clairement compris le message selon lequel les lignes rouges peuvent désormais être franchies. Les futurs belligérants verront une occasion « en or » dans le silence du monde face aux crimes commis contre le peuple palestinien et en concluront que si de tels crimes se reproduisent dans les guerres et les conflits futurs, le monde restera silencieux. »

En rédigeant, analysant et discutant ce texte, nous pensions que cela ne se produirait qu’après un certain laps de temps. Pourtant, le sang de Gaza n’est pas encore sec, les dégâts n’ont pas encore été réparés, et les gens restent sans abri, sans clinique, sans école, mais ce pronostic s’est déjà réalisé.

Le cessez-le-feu n’est qu’une tentative visant à étouffer le mouvement international qui s’oppose à la guerre génocidaire menée par Israël contre les Palestiniens, à réhabiliter Israël sur le plan politique et à le repositionner sur le plan militaire.

Deux années d’extermination, accompagnées d’une complicité et d’une passivité sans précédent dans les cercles officiels, ont relevé le niveau de la criminalité violente en temps de guerre.

3 décembre 2025 – Al-Mayadeen – Amnesty accuse les Forces de résistance soudanaises (RSF) d’avoir commis des crimes de guerre dans le camp de Zamzam, au Darfour, alors que les combats s’intensifient à El Fasher et Babnousa, aggravant la crise humanitaire au Soudan.

Amnesty International a demandé l’ouverture d’une enquête sur d’éventuels crimes de guerre après que les Forces de soutien rapide (RSF) ont mené une attaque à grande échelle contre Zamzam, le plus grand camp de personnes déplacées à l’intérieur du pays (PDI) au Darfour-Nord, au Soudan, en avril 2025.

Selon un rapport publié mercredi, l’attaque a donné lieu à des meurtres délibérés de civils, à des prises d’otages, ainsi qu’au pillage et à la destruction de mosquées, d’écoles et de cliniques.

Intitulé « Un refuge détruit : les violations commises par les RSF dans le camp de Zamzam pour personnes déplacées au Darfour », ce rapport documente la manière dont les forces des RSF ont frappé le camp entre le 11 et le 13 avril 2025, en déployant des armes explosives et en tirant sans discernement dans des zones résidentielles densément peuplées.

Cette attaque a contraint environ 400 000 personnes à fuir entre le 13 et le 14 avril seulement et s’inscrivait dans le cadre d’une campagne militaire plus large lancée par la RSF en mai 2024 dans le but de s’emparer d’El Fasher, la capitale de l’État du Darfour-Nord.

La RSF aurait pris le contrôle d’El Fasher le 26 octobre, au cours duquel des témoins oculaires ont signalé des exécutions d’hommes non armés et des agressions sexuelles contre des femmes et des filles.
Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International, a qualifié cette attaque d’« horrible et délibérée », soulignant que des civils avaient été attaqués, tués et dépouillés de leurs biens essentiels, sans pouvoir accéder à la justice.

Elle a souligné que cette attaque n’était pas un incident isolé, mais s’inscrivait dans le cadre d’une campagne soutenue visant les camps de déplacés internes et les villages. Mme Callamard a également critiqué les acteurs internationaux, affirmant que certains, dont les Émirats arabes unis, avaient activement alimenté le conflit en fournissant des armes aux RSF.

Le rapport d’Amnesty International s’appuie sur des recherches menées sur le terrain entre juin et août 2025, qui comprenaient des entretiens avec 29 survivants, des proches des victimes, des journalistes, des analystes du conflit et du personnel médical, ainsi que la vérification de vidéos, de photographies et d’images satellites.
Les survivants ont rapporté que des obus avaient frappé des maisons, des rues et même une mosquée pendant une cérémonie de mariage, tandis que des images satellites du 16 avril montraient de nouveaux cratères correspondant à une utilisation généralisée d’armes explosives. L’organisation a recensé 47 civils délibérément tués par des combattants de la RSF dans des maisons, des cliniques et des lieux de culte, ce qui pourrait constituer un crime de guerre au sens du droit international.

La guerre qui a éclaté au Soudan avant octobre 2023 a dégénéré lorsque le caractère génocidaire de l’agression israélienne à Gaza a été révélé, dans le silence assourdissant qui entoure les crimes quotidiens commis contre les civils.

Ce qui se passe à Gaza et au Soudan peut être considéré comme une sorte de contagion de la violence génocidaire extrême visant à atteindre des objectifs militaires et politiques.

Dans les deux cas, la partie qui commet le génocide autorise le meurtre de civils sans se soucier de la condamnation internationale. Dans le cas d’Israël, l’extermination est l’aboutissement d’une longue série d’actions génocidaires, notamment les massacres de 1948 en Palestine, le massacre de l’école primaire de Bahr al-Baqar en Égypte (1970), le massacre de Cana au Liban (1996), l’opération « Bouclier défensif » en Cisjordanie (2002), parmi tant d’autres — sans parler de la judaïsation et de la colonisation continues de la Palestine.

Une fois que ces actions israéliennes ont atteint leur apogée meurtrière dans le présent, défiant le droit international, d’autres forces à travers le monde ont reçu l’autorisation de mener des actions criminelles similaires.

La destruction des populations et de leurs moyens de subsistance est devenue le comportement « naturel » de nombreux États, ainsi que des forces militaires et paramilitaires. Ces actions de génocide et d’extermination ont été menées sous les prétextes habituels de la guerre, de la politique, de l’antisémitisme et des « menaces existentielles ».

Le monde n’a tiré aucune leçon ni pris aucune mesure face au meurtre de dizaines de milliers de civils en Palestine, au Soudan et dans d’autres « zones de conflit ». La guerre à Gaza a clairement démontré que l’ordre juridique, moral et politique international repose sur un double standard et n’a jamais été conçu pour répondre aux besoins des nations et des sociétés les plus faibles.

Au contraire, l’ordre international a été fondé pour permettre la dévastation de ces sociétés une fois que les grandes puissances ont réussi à le vider de son contenu en diabolisant ceux qui le présidaient.

Ce qui se passe à Gaza et les autres génocides dans la région devraient inciter les sages du monde à défendre l’ordre international qui est censé protéger les personnes vulnérables en temps de conflit et à préserver les tribunaux internationaux et les instances judiciaires.

Cela devrait être considéré comme une mesure de précaution visant à perturber les futurs génocides, afin que l’extermination des peuples ne devienne pas un instrument de guerre.

La guerre n’est pas encore terminée en Palestine, au Liban ou en Syrie, et les tambours de guerre continuent de battre en Israël, présageant l’ouverture de nouveaux fronts le long de ses frontières et dans l’ensemble de la région.

Le « plan en 20 points » trompeur annoncé le 29 septembre 2025 par le président américain Donald Trump n’a fait que remuer le couteau dans la plaie. On ne peut le qualifier que de tentative diabolique visant à saper la solidarité internationale sans précédent avec la Palestine, qui a conduit à l’ostracisme d’Israël et à sa qualification d’État génocidaire.

La guerre d’Israël contre Gaza n’a pas cessé ; le cessez-le-feu qui est entré en vigueur le 10 octobre 2025 n’était qu’une continuation de la guerre par d’autres moyens.

En substance, il y a une décision claire de poursuivre la guerre, car elle incarne la politique d’extermination adoptée par les dirigeants actuels d’Israël. Elle leur permet également de rester au pouvoir ; c’est ce qui les sauve des commissions d’enquête, des poursuites judiciaires, des démissions et des élections.

Le prétexte d’une « menace existentielle » déployé par le système israélien de propagande et de hasbara est une tentative de détourner l’attention du public israélien ; c’est également un outil efficace pour atteindre leurs objectifs génocidaires et éliminer le droit à l’autodétermination et le droit au retour des Palestiniens.

Certes, après l’annonce du cessez-le-feu, le nombre quotidien de morts parmi les Palestiniens a diminué, tout comme le nombre de bombes tombant sur la population et les bâtiments restants à Gaza. Mais la guerre n’est pas réellement terminée.

Au 8 décembre 2025, 60 jours après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, 738 violations du cessez-le-feu avaient été enregistrées, dont 205 incidents de tirs sur des civils, 38 incursions de véhicules militaires dans des zones habitées, 358 bombardements de civils, 138 actes de destruction de bâtiments civils, entraînant la mort de 386 Palestiniens, sans parler de l’interdiction d’entrée des produits de première nécessité à Gaza, en violation flagrante de l’accord de cessez-le-feu initial.

Pendant ce temps, en Cisjordanie, la situation se détériore de jour en jour. Les forces spéciales de l’armée israélienne ont récemment abattu sommairement deux hommes, al-Muntasir Billah Abdullah, 26 ans, et Yusuf ‘Asasah, 37 ans, dans le quartier de Jabal Abu Dhayr à Jénine, après qu’ils se soient rendus en levant les mains en l’air, indiquant clairement qu’ils n’allaient pas résister à leur arrestation.

Cette exécution n’est que la dernière d’une série dans notre histoire récente. Il rappelle l’incident du « Bus 300 » (ou « Kav 300 ») en 1984, le meurtre d’Abdul Fattah Sharif par le soldat israélien Elor Azarya à Hébron en 2016 et l’assassinat de sang-froid de la journaliste Shireen Abu Akleh en mai 2022 à Jénine.

Dans ce contexte, il n’est pas surprenant que les parlementaires israéliens se disputent pour présenter à la Knesset un projet de loi qui autoriserait la mise à mort des prisonniers palestiniens. Une telle législation fournirait une couverture juridique à une pratique courante aux postes de contrôle, ainsi que dans les mosquées, les maisons et dans les rues.

Au Liban également, Israël continue de violer l’accord de cessation des hostilités entré en vigueur le 27 novembre 2024, avec des attaques quotidiennes et le maintien de son occupation de plusieurs avant-postes dans le sud du Liban.

En Syrie, quant à elle, à la suite de l’effondrement du régime d’Assad en décembre 2024, Israël a attaqué plus de 300 positions de l’armée syrienne, détruisant une grande partie de ses capacités. Il a simultanément annoncé la fin de l’accord de désengagement du 31 mai 1974 et infiltré et occupé le territoire syrien, menant des incursions quasi quotidiennes dans les villages syriens, attaquant, capturant des prisonniers et (parfois) se retirant.

Tout cela s’est produit parallèlement aux frappes israéliennes sur le Yémen, aux menaces de frapper l’Irak et à l’attaque à grande échelle contre l’Iran.

L’attaque contre la capitale qatarienne, Doha, a eu lieu malgré le rôle joué par le Qatar dans la tentative de médiation d’un accord diplomatique pour mettre fin à la guerre à Gaza.

Il devrait être évident qu’en poursuivant cette politique d’agression, Israël a adopté la doctrine Trump de « la paix par la force ». Cela se vérifie au Liban et à Gaza sous le couvert d’un cessez-le-feu, en Cisjordanie par l’intimidation de la population, et en Syrie par la consécration de l’expansion et l’imposition de zones « neutres ».

De même, Israël a justifié son attaque contre Doha sous prétexte qu’elle visait la délégation de négociation du Hamas, envoyant ainsi un message à toute la région selon lequel il franchissait sans hésitation les lignes rouges, dans le but d’imposer un équilibre des pouvoirs dans la région.

C’était également l’un des objectifs de la guerre menée par Israël contre l’Iran, même si la réponse mesurée et proportionnée de l’Iran a peut-être contrarié cet objectif, obligeant les États-Unis à intervenir directement pour y mettre fin de manière décisive.

Ce que veulent Israël et ses soutiens, c’est la soumission totale de ses voisins et l’imposition de conditions de capitulation, plutôt qu’un règlement pacifique avec eux.

La région a atteint un point critique, et la communauté internationale, dans ses efforts apparents pour désamorcer la situation, tente également de rééquilibrer les rapports de force en faveur de l’Occident, consacrant Israël comme le suzerain des États de la région.

Les intérêts d’Israël, ainsi que ceux de quelques autres États, en sont venus à déterminer le sort des nations, des frontières et des ressources de la région.

Auteur : Majallat al-Dirasat al-Filastiniyya

Majallat al-Dirasat al-Filastiniyya (MDF) est une revue trimestrielle évaluée par des pairs, publiée depuis 1990 par l'Institut d'études palestiniennes. MDF est imprimée à Beyrouth et simultanément réimprimée à Ramallah pour être distribuée en Palestine, dans les pays arabes et dans le reste du monde. MDF est un forum spécialisé dans la question palestinienne, le conflit israélo-arabe et les questions internationales connexes.

Mondoweiss – Traduction : Chronique de Palestine



mardi 13 janvier 2026

Israël veut faire taire les Palestiniens



« Nous surveillons votre activité en ligne »



Les Forces de défense israéliennes (FDI) ont distribué des tracts aux Palestiniens vivant à Tubas, dans le nord de la Cisjordanie occupée, le mercredi 24 décembre, les mettant en garde contre le fait de publier leur calvaire sur les réseaux sociaux.


L'armée israélienne a déclaré que la publication, la diffusion ou le partage de contenus critiques envers le pays sur les réseaux sociaux serait considéré comme un acte terroriste et passible d'arrestation et d'emprisonnement. « Nous surveillons votre activité en ligne », pouvait-on lire dans le tract.


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Le logiciel de surveillance numérique, connu sous le nom de Zignal Labs, est utilisé par l'armée israélienne et le Pentagone.



« Quand le monde dort »

 



Les groupes de pression pro-israéliens ont intensifié leurs efforts pour bloquer ou restreindre la publication et la diffusion du dernier ouvrage de la Rapporteuse spéciale des Nations Unies, Francesca Albanese, sur Gaza, intitulé « Quand le monde dort ».

Ce livre rassemble des témoignages, des mots et des récits de la souffrance palestinienne et documente les atrocités israéliennes contre l’humanité. Prévu pour une publication en anglais en avril 2026, après une première parution fin 2025, l’ouvrage fait désormais face à une incertitude quant à sa diffusion aux États-Unis.

Le National Jewish Advocacy Center (NJAC) fait pression sur Amazon pour qu’il retire ce livre, ciblant son travail en représailles à sa documentation sans détour des crimes de guerre israéliens et du génocide en cours à Gaza.

Malgré la répression, la courageuse Francesca Albanese poursuit néanmoins son travail, documentant la torture systématique dans les prisons israéliennes.

« C’est de la torture systémique… des gens sont arrêtés, violés puis ramenés. » Elle raconte l’histoire de femmes qui « ont perdu la parole » après des agressions sexuelles répétées en détention.

Elle dénonce également le rôle des médias occidentaux dans la censure de la vérité palestinienne. « Ils n’ont pas écrit un mot à ce sujet », dit-elle à propos des grands médias, les accusant de bloquer les reportages qui remettent en question le discours israélien.

Source


lundi 12 janvier 2026

Children in Gaza are still living in dire conditions.

 


They should be warm, well-nourished and feel safe enough to look towards their future.

They urgently need the humanitarian aid that is stuck outside Gaza. UNRWA and other aid organisations are still working and ready to scale up.

Restrictions on aid must be lifted, now.

UNRWA



Jean-François Corty, président de l’association Médecins du Monde :

"Gaza 20 000 blessés et malades meurent à petit feu sans évacuation possible, 1,5 millions de personnes en insécurité alimentaire. Pourtant on expulse les ONG médicales qui couvrent 40% des soins et qui témoignent de l’anéantissement en cours. Le drame du suprémacisme colonial."



Une tempête endommage des milliers de tentes à Gaza, faisant craindre une catastrophe humanitaire


Une vue des Palestiniens déplacés vivant dans des tentes de fortune parmi les décombres du camp de réfugiés de Bureij, alors que les familles luttent pour survivre dans des conditions hivernales difficiles et des températures glaciales à Gaza, le 10 janvier 2026.



Des milliers de tentes abritant des familles déplacées dans la bande de Gaza ont été endommagées ou emportées par une violente tempête hivernale qui a frappé l'enclave, aggravant des conditions de vie déjà désastreuses et alimentant les craintes d'une catastrophe humanitaire de plus en plus grave, a déclaré samedi la Défense civile de Gaza.

Mahmoud Basal, porte-parole de la Défense civile, a indiqué que les vents violents et les fortes pluies avaient causé d'importants dégâts aux abris temporaires accueillant des Palestiniens déplacés, en particulier le long du littoral gazaoui, où des tentes ont été déchirées ou emportées par des rafales atteignant jusqu'à 60 kilomètres par heure.

Il a également établi un lien entre cette crise et le blocage persistant par Israël de l'aide humanitaire et de l'aide à la reconstruction entrant à Gaza.

"Il ne s'agit pas simplement d'une crise liée aux conditions météorologiques", a déclaré Basal dans un communiqué. "Nous assistons à la conséquence directe du blocage de l'entrée des matériaux de construction et de l'obstruction à la reconstruction, forçant les gens à vivre dans des tentes déchirées et des habitations insalubres et endommagées, sans dignité ni protection."

La dernière tempête a débuté vendredi et devrait se poursuivre dans des conditions instables, selon les météorologues palestiniens, qui ont mis en garde contre des pluies continues et des vents violents dans certaines parties du territoire.

Des villes bombardées contraignent les habitants à vivre sous des tentes le long du littoral

Basal a averti que chaque nouvelle perturbation météorologique se transforme désormais en une véritable catastrophe humanitaire en raison du blocus en cours, soulignant que des milliers de tentes restent menacées d'effondrement ou de déplacement tant que la situation perdure.

Il a expliqué que de nombreuses familles ont été contraintes de camper le long du littoral après que de vastes zones urbaines ont été rendues inhabitables par plus de deux ans de bombardements israéliens, ne leur laissant aucune alternative sûre à l'intérieur des terres.

Lors d'une tempête similaire fin décembre, des centaines de tentes abritant des familles déplacées le long de la côte de Khan Younes ont été inondées par la montée des eaux.

Basal a également mis en garde contre des milliers de maisons partiellement détruites qui risquent de s'effondrer, précisant que les murs fissurés et les structures fragilisées représentent une menace mortelle, en particulier lors de fortes pluies et de vents violents.

Ces derniers mois, des dizaines d'immeubles résidentiels, déjà endommagés par des frappes aériennes israéliennes, se sont effondrés lors de tempêtes, faisant des victimes, a-t-il déclaré.
"La population vit dans des conditions catastrophiques, sous des tentes déchirées et dans des habitations précaires, sans même bénéficier des normes minimales de sécurité ou de dignité humaine", a ajouté Basal.

Il a souligné que les conditions à Gaza sont loin de respecter les normes humanitaires fondamentales et constituent une grave violation du droit international humanitaire.

L'armée israélienne a tué plus de 71 000 personnes, principalement des femmes et des enfants, et en a blessé plus de 171 000 autres dans une offensive brutale menée depuis octobre 2023, qui a réduit la bande de Gaza en ruines.

Malgré un cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre dernier, l'armée israélienne a poursuivi ses attaques, tuant 424 Palestiniens et en blessant 1 189 autres, selon le ministère de la Santé de Gaza.

https://www.yenisafak.com/fr/international/gaza-tempetes-et-blocus-aggravent-la-crise-humanitaire-51911

Francesca Albanese et la Route solitaire de la rébellion





par Chris Hedges


La rapporteuse spéciale de l’ONU est l’une des militantes les plus courageuses contre le génocide à Gaza. De ce fait, elle est mise sur liste noire et traitée comme une terroriste.


NICE, France – C’est une fin d’après-midi de novembre. Je me rends en voiture à Gênes, en Italie, avec Francesca Albanese, rapporteuse spéciale des Nations unies sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967. Nous allons rejoindre des dockers en grève. Ces derniers réclament un moratoire sur les exportations d’armes vers Israël et l’arrêt du projet du gouvernement italien d’augmenter les dépenses militaires.

Nous filons devant les eaux sombres de la Baie des Anges, à notre droite, et les crêtes acérées des Alpes françaises, à notre gauche. Châteaux et hameaux aux toits de tuiles rouges, baignés par la lumière déclinante, se dressent sur les flancs des collines. Des palmiers bordent la route du front de mer.



Francesca – grande, les cheveux parsemés de gris, portant de grandes lunettes à monture noire et des créoles – est la bête noire d’Israël et des États-Unis. Elle a été inscrite sur la liste de l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) du département du Trésor américain – liste généralement utilisée pour sanctionner les personnes accusées de blanchiment d’argent ou d’implication avec des organisations terroristes – six jours après la publication de son rapport intitulé «De l’économie d’occupation à l’économie de génocide».

Cette liste de l’OFAC – instrumentalisée par l’administration Trump pour persécuter Francesca, en violation flagrante de l’immunité diplomatique accordée aux fonctionnaires de l’ONU – interdit à tout établissement financier d’avoir une personne figurant sur cette liste comme client. Une banque qui autorise une personne inscrite sur la liste de l’OFAC à effectuer des transactions financières se voit interdire d’opérer en dollars, s’expose à des amendes de plusieurs millions de dollars et est bloquée des systèmes de paiement internationaux.

Dans son rapport, Francesca dresse la liste de 48 entreprises et institutions, parmi lesquelles Palantir Technologies, Lockheed Martin, Alphabet Inc., Amazon, International Business Machines Corporation (IBM), Caterpillar Inc., Microsoft Corporation et le Massachusetts Institute of Technology (MIT), ainsi que des banques et des sociétés financières comme BlackRock, des assureurs, des promoteurs immobiliers et des organisations caritatives, qui, en violation du droit international, engrangent des milliards grâce à l’occupation et au génocide des Palestiniens.

Le rapport, qui comprend une base de données de plus de 1000 entités commerciales collaborant avec Israël, exige que ces entreprises et institutions rompent leurs liens avec Israël ou soient tenues responsables de complicité dans des crimes de guerre. Il décrit «l’occupation perpétuelle» d’Israël comme «le terrain d’expérimentation idéal pour les fabricants d’armes et les géants de la tech : une offre et une demande illimitées, un contrôle quasi inexistant et une absence totale de responsabilité, tandis que les investisseurs et les institutions publiques et privées en profitent sans restriction».

Vous pouvez visionner mon entretien avec Francesca au sujet de ce rapport ici.

Francesca, dont les précédents rapports, notamment «Génocide à Gaza : un crime collectif» et «Le génocide comme effacement colonial», ainsi que ses dénonciations passionnées du massacre perpétré par Israël à Gaza, ont fait d’elle une figure controversée. Elle est vivement critiquée à chaque fois qu’elle s’écarte du discours officiel, y compris lorsque des manifestants pro-palestiniens ont pris d’assaut le siège du quotidien italien La Stampa pendant notre séjour en Italie.

Francesca a condamné l’incursion et les destructions de biens – les manifestants ont dispersé des journaux et tagué les murs de slogans tels que «Palestine libre» et «Journaux complices d’Israël» – mais a ajouté que cela devait servir d’«avertissement à la presse» pour qu’elle fasse son travail. Cette précision exprimait sa frustration face à la façon dont les médias discréditent les reportages des journalistes palestiniens – plus de 278 journalistes et employés de médias ont été tués par Israël depuis le 7 octobre, ainsi que plus de 700 membres de leurs familles – et face à la diffusion sans esprit critique de la propagande israélienne. Mais ses détracteurs, dont la Première ministre italienne Giorgia Meloni, s’en sont emparés pour la lyncher.

Le secrétaire d’État Marco Rubio a imposé des sanctions à Francesca en juillet.

«Les États-Unis ont condamné et protesté à plusieurs reprises contre les activités partiales et malveillantes d’Albanese, qui la rendent depuis longtemps inapte à exercer ses fonctions de rapporteuse spéciale», indiquait le communiqué de presse du département d’État. «Albanese a proféré un antisémitisme décomplexé, exprimé son soutien au terrorisme et manifesté un mépris flagrant pour les États-Unis, Israël et l’Occident. Ce parti pris a été manifeste tout au long de sa carrière, notamment lorsqu’elle a recommandé, sans fondement légitime, à la CPI d’émettre des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et l’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant».

«Récemment, elle a intensifié ses efforts en adressant des lettres de menaces à des dizaines d’entités à travers le monde, y compris de grandes entreprises américaines des secteurs de la finance, de la technologie, de la défense, de l’énergie et de l’hôtellerie, formulant des accusations extrêmes et infondées et recommandant à la CPI [Cour pénale internationale] d’engager des enquêtes et des poursuites contre ces entreprises et leurs dirigeants», poursuit le texte. «Nous ne tolérerons pas ces campagnes de guerre politique et économique, qui menacent nos intérêts nationaux et notre souveraineté».

Ces sanctions font suite à celles imposées en février et juin au procureur de la Cour, Karim Khan, ainsi qu’à deux juges, pour avoir émis des mandats d’arrêt contre Netanyahou et Gallant.

Francesca se voit interdire l’entrée aux États-Unis, même pour se présenter à l’ONU à New York et y déposer l’un de ses deux rapports annuels. L’autre rapport est remis à l’Office des Nations unies à Genève.

Ses avoirs aux États-Unis ont été gelés, y compris son compte bancaire et son appartement. Les sanctions l’ont coupée du système bancaire international, bloquant notamment l’utilisation de ses cartes de crédit. Son assurance maladie privée refuse de rembourser ses frais médicaux. Les chambres d’hôtel réservées à son nom ont été annulées. Elle ne peut travailler qu’en espèces ou en empruntant une carte bancaire.

Des institutions, notamment des universités américaines, des organisations de défense des droits humains, des professeurs et des ONG, qui collaboraient autrefois avec Francesca, ont rompu tout lien, craignant les sanctions prévues pour tout citoyen américain qui collabore avec elle. Elle et sa famille reçoivent fréquemment des menaces de mort. Israël et les États-Unis ont lancé une campagne pour obtenir sa destitution de son poste à l’ONU.

Francesca est la preuve vivante que lorsqu’on se tient fermement aux côtés des opprimés, on finit par être traité comme eux.

Elle ignore si son livre, «Quand le monde dort : Histoires, mots et blessures de Palestine», traduit en anglais et dont la sortie est prévue en avril prochain, sera distribué aux États-Unis.

«Je suis sous sanctions», dit-elle avec amertume.

Mais elle ne se laisse pas intimider. Son prochain combat sera un rapport documentant la torture infligée aux Palestiniens dans les prisons israéliennes. Si la torture, dit-elle, n’était «pas généralisée» avant le 7 octobre, elle est désormais omniprésente. Elle recueille les témoignages de ceux qui ont été libérés des détentions israéliennes.

«Cela me rappelle les récits et les témoignages que j’ai lus sur la dictature argentine», me confie Francesca. «C’est aussi terrible. C’est de la torture systémique contre les mêmes personnes. Les mêmes personnes sont arrêtées, violées, puis ramenées, arrêtées, violées, puis ramenées».

«Des femmes ?» je demande.

«Les deux», répond-elle.

«Entendre des femmes raconter qu’elles ont été violées, à plusieurs reprises. Qu’on leur a demandé de masturber des soldats. C’est incroyable», déclare Francesca. «Qu’une femme puisse dire cela… Imaginez ce qu’elles ont enduré ! Certaines ont perdu la parole. Elles sont incapables de parler. Elles sont incapables de parler après ce qu’elles ont vécu».

Selon elle, les médias traditionnels ne se contentent pas de répéter docilement les mensonges israéliens, mais censurent systématiquement les reportages qui donnent une image négative d’Israël.

«En avril, j’ai signalé les premiers cas de harcèlement sexuel et de viol qui avaient eu lieu en janvier et février 2024», explique-t-elle. «Personne n’a voulu m’écouter. Le New York Times m’a interviewée pendant deux heures. Deux heures ! Et ils n’ont pas publié un seul article».

«Le Financial Times avait – en raison de l’importance du sujet – une version sous embargo de «De l’économie d’occupation à l’économie de génocide»», ajoute-t-elle. «Ils ne l’ont pas publié. Ils n’ont même pas publié de compte rendu, d’article, des jours après la conférence de presse. Mais ils ont publié une critique de mon reportage. J’ai eu une réunion avec eux. Je leur ai dit : «C’est vraiment déprimant. Qui êtes-vous ? Êtes-vous payés pour votre travail ? À qui êtes-vous fidèles, à vos lecteurs ?» J’ai insisté. Ils ont répondu : «Eh bien, nous avons estimé que ce n’était pas à la hauteur de nos exigences»».

Voilà, lui expliquai-je, comment le New York Times censurait les articles de journalistes jugés trop incendiaires par la rédaction.

«Ils discréditent vos sources, quelles qu’elles soient», lui dis-je. «Cela devient le prétexte par lequel ils ne publient pas. Il ne s’agit pas d’une discussion de bonne foi. Ils ne fournissent pas une analyse objective de vos sources. Ils les rejettent catégoriquement. Ils ne vous disent pas la vérité, à savoir : «Nous ne voulons pas traiter avec Israël et le lobby pro-israélien». Voilà la vérité. Ils ne le disent jamais. C’est toujours : «Ce n’est pas à la hauteur de nos exigences»».

«Il n’y a plus de médias libres, plus de presse libre en Italie», déplore Francesca. «Il en existe, mais c’est marginal, voire en marge. C’est une exception. Les principaux journaux sont détenus par des groupes liés aux grandes puissances, financières et économiques. Le gouvernement contrôle – directement ou indirectement – une grande partie de la télévision italienne».

La dérive fasciste en Europe et aux États-Unis, explique Francesca, est intimement liée au génocide, tout comme la résistance émergente.

«Un mécontentement grandissant se fait jour à l’égard des dirigeants politiques en Europe», conclut-elle. «Il subsiste aussi une peur dans de nombreux pays, liée à la montée de l’extrême droite. Nous l’avons vécue. Certains gardent des souvenirs vivaces du fascisme en Europe. Les cicatrices du nazisme-fascisme sont encore visibles, tout comme les traumatismes. Les gens n’arrivent pas à comprendre ce qui s’est passé ni pourquoi. La situation en Palestine a choqué. Les Italiens en particulier. Peut-être parce que nous sommes ce que nous sommes : on ne peut pas nous faire taire aussi facilement, on ne peut pas nous intimider comme cela a été le cas pour les Allemands et les Français. J’ai été choquée en France. La peur et la répression sont incroyables. Ce n’est pas aussi grave qu’en Allemagne, mais c’est bien pire qu’il y a deux ans. Le ministre de l’Éducation nationale a annulé un colloque universitaire sur la Palestine au Collège de France, la plus haute institution du pays. Le ministre de l’Éducation ! Et il s’en est vanté».

Francesca affirme que notre seul espoir réside désormais dans la désobéissance civile, qui se manifeste par des actions telles que les grèves perturbant le commerce et l’administration, ou les tentatives des flottilles pour atteindre Gaza.

«Les flottilles ont fait naître ce sentiment qu’on pouvait encore agir», explique-t-elle. «Nous ne sommes pas impuissants. Nous pouvons faire bouger les choses, même en bousculant les choses. Ensuite, les travailleurs se sont mobilisés. Les étudiants aussi. Grâce aux différentes manifestations, on a eu le sentiment que nous pouvions encore changer les choses. Les gens ont commencé à comprendre».

Francesca a présenté son rapport de 24 pages, intitulé «Génocide à Gaza : un crime collectif», à l’Assemblée générale des Nations unies en octobre. Ce rapport a dû être présenté à distance depuis la Fondation Desmond et Leah Tutu, au Cap, en Afrique du Sud, en raison des sanctions.

Après sa présentation, Danny Danon, l’ambassadeur d’Israël auprès des Nations unies, a déclaré : «Madame Albanese, vous êtes une sorcière et ce rapport est une nouvelle page de votre grimoire». Il l’a accusée de tenter de «jeter un sort à Israël avec des mensonges et de la haine».

«Chaque page de ce rapport est un sortilège vide, chaque accusation, un charme inefficace, car vous êtes une sorcière ratée», poursuivit Danon.

«Cela a été une véritable révélation», dit Francesca à propos des insultes. «J’ai fait le lien avec l’injustice subie par les femmes à travers les siècles».

«Ce qui arrive aux Palestiniens et à ceux qui les défendent, c’est l’équivalent, en 2025, de brûler des sorcières sur la place publique», poursuit-elle. «C’est ce qui est arrivé aux scientifiques et aux théologiens qui ne partageaient pas l’avis de l’Église catholique. C’est ce qui est arrivé aux femmes qui détenaient le pouvoir des plantes médicinales. C’est ce qui est arrivé aux minorités religieuses, aux peuples autochtones, comme les Samis».

«La Palestine», dit Francesca, «a ouvert une fenêtre sur l’histoire, sur nos origines et sur ce que nous risquons si nous ne freinons pas».


Chris Hedges via Marie-Claire Tellier via RI



dimanche 11 janvier 2026

Israeli Settlers Mob Deaf Palestinian Elder

 




Quds News Network :

Israeli settler gangs beat a deaf elderly Palestinian man with batons during an attack on the village of Deir Sharaf, northwest of Nablus, in the occupied West Bank.

Despite U.S. President Donald Trump calling out such mobs and their deadly violence against Palestinians, which prompted Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu, a war criminal, to condemn the attacks, the assaults have continued to escalate week after week, as the Israeli army provides cover for the settlers and prevents Palestinians from defending themselves.

(Des bandes de colons israéliens ont battu à coups de bâton un Palestinien âgé et sourd lors d'une attaque contre le village de Deir Sharaf, au nord-ouest de Naplouse, en Cisjordanie occupée.

Malgré les dénonciations du président américain Donald Trump contre ces foules et leurs violences meurtrières contre les Palestiniens, qui ont incité le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un criminel de guerre, à condamner les attaques, les agressions ont continué à s'intensifier semaine après semaine, l'armée israélienne assurant la protection des colons et empêchant les Palestiniens de se défendre.)


Commentaire de Pascal Boniface :

"Difficile de plaider la légitime défense ou la nécessité de lutter contre le terrorisme. Mais cela va certainement susciter une indignation générale. Ah non ?"



Nuit du 11 janvier 2025, les bombes israéliennes tombent sur Gaza



"En ce moment même, Israël bombarde la bande de Gaza. Plus de 400 Palestiniens assassinés depuis le « cessez le feu » Ne détournons pas le regard !" Marcel.



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Israël tue cinq enfants lors de nouveaux raids sur la “zone de sécurité” de Gaza


Publié par Gilles Munier, 10 Janvier 2026, 05:59am.


Hamsa Housou, 11 ans, gisait sans vie sur une table métallique froide à la morgue de l’hôpital Al-Shifa. Son visage et la partie supérieure de son pyjama rayé étaient couverts de sang, tandis qu’un membre de sa famille lui essuyait doucement la bouche et la joue avec un chiffon humide, en pleurant. Elle dormait dans son lit tôt jeudi matin lorsqu’elle a été mortellement touchée par des tirs israéliens. La maison de sa famille à Jabaliya, à l’ouest de la ligne dite “jaune”, se trouve dans une zone considérée comme sûre.

“Nous dormions, et soudain, vers 5 heures du matin, il y a eu des détonations, des détonations bruyantes et des obus”, a déclaré l’oncle de Hamsa, Aouni Housou, debout devant son petit corps. “Je vis à l’étage, et j’ai entendu des cris. Nous avons couru en bas et ils ont dit que la petite fille avait été blessée. Nous sommes allés la voir et elle était couverte de sang”.

Il a fallu une demi-heure pour qu’une ambulance arrive. Quand ils sont enfin arrivés à l’hôpital, Hamsa était morte.

Selon le décompte d’Al Jazeera, cette fillette de 11 ans fait partie des 14 Palestiniens, dont cinq enfants, tués lors d’attaques israéliennes dans la bande de Gaza ces dernières 24 heures. Depuis l’entrée en vigueur du soi-disant cessez-le-feu le 10 octobre, Israël tue des Palestiniens à Gaza presque quotidiennement. Les frappes de missiles, les tirs et les bombardements ont lieu à la fois à l’est de la ligne jaune, occupée par les troupes israéliennes dans le cadre de l’accord initial, et à l’ouest de celle-ci, où la majorité des Palestiniens sont entassés sur moins de la moitié du territoire de Gaza. Au moins 425 Palestiniens ont été tués et plus de 1 200 blessés au cours des trois derniers mois du “cessez-le-feu”, soit près de cinq Palestiniens tués chaque jour.

“Toutes les nuits, il y a des bombardements, des tirs, des barrages de feu, des quadroptères. Toutes les nuits. Des éclats d’obus frappent notre maison. De quel cessez-le-feu parle-t-on ? Ce cessez-le-feu n’est qu’une mise en scène au vu et au su du monde entier. Pourquoi la tuer ?”, a déclaré Housou, en montrant sa nièce sans vie, incapable de retenir ses larmes.

Alors que l’attention du monde s’est détournée de Gaza depuis la mise en place du “cessez-le-feu”, le génocide se poursuit, avec des attaques militaires israéliennes quotidiennes et des restrictions sévères sur les produits de première nécessité, notamment les fournitures médicales, la nourriture, les matériaux de construction et d’autres articles.

En l’espace d’une seule journée, dans la nuit de mercredi à jeudi soir, l’armée israélienne a frappé des maisons d’habitation, des écoles abritant des Palestiniens déplacés et des campements de tentes. À Mawasi Khan Younis, une zone proche de la mer, deux frappes aériennes distinctes ont tué quatre Palestiniens dans leurs tentes sur la plage, selon l’agence de presse palestinienne Wafa. Un autre Palestinien a été tué lorsqu’Israël a bombardé une tente abritant des personnes déplacées dans la zone d’Al-Attar à Khan Younis. Dans le camp de réfugiés de Jabaliya, deux Palestiniens ont été tués lorsque les des raids sur l’école Abu Hussein, qui abritait plusieurs familles déplacées. Dans le quartier d’Al-Tuffah, au nord-est de la ville de Gaza, une frappe aérienne israélienne a frappé un immeuble résidentiel, tuant deux personnes et en blessant cinq autres.

“Ma maison est juste à côté de celle qui a été bombardée. J’étais dans cette pièce, à côté de la véranda. Soudain, quelque chose a volé et m’a projeté sur le lit. La fenêtre entière s’est brisée, en mille morceaux. Ma femme a également été projetée sur le lit”, a déclaré Abu Hassan Alwan à Drop Site, debout devant les décombres de l’immeuble d’Al-Tuffah. “Si quelqu’un vous parle de zone sûre, n’en croyez rien. Les Israéliens ont le droit de frapper où ils veulent. Ils frappent toutes les ‘cibles’ possibles et imaginables. Il n’y a pas de zones sûres”, a-t-il ajouté. “Ce cessez-le-feu n’est pas respecté”.

Des débris de béton et de la poussière recouvrent un étage entier de la maison tandis que les membres de la famille trient les décombres. Une grosse munition non explosée gisait au milieu d’une pièce.

“Nous avons été choqués par ce qui s’est passé, c’était une catastrophe. Nous sommes dans une zone verte, il y avait un cessez-le-feu, et nous étions tranquillement assis chez nous”, a déclaré Ahmad Akram Alwan, qui possède un terrain près de l’immeuble et se trouvait juste à côté au moment de l’attaque. “Nous n’avons rien à voir avec quoi que ce soit. Et soudain, nous nous retrouvons sous les décombres. Voilà notre situation à Gaza”.

Dans un communiqué, le Hamas a qualifié cette vague de bombardements d’“escalade criminelle dangereuse et de violation flagrante de l’accord de cessez-le-feu. Il s’agit d’une tentative délibérée de perturber la situation, de se soustraire aux obligations de l’accord et d’entraver la transition vers la deuxième phase”.

Le cessez-le-feu n’a pas dépassé la phase 1, qui a vu le retrait partiel des troupes israéliennes et l’échange de prisonniers. Israël a au contraire consolidé son contrôle sur plus de 50 % de l’enclave en combinant la construction d’infrastructures militaires et la destruction de bâtiments existants, semblant préparer le terrain pour établir une présence permanente dans la majeure partie de la bande de Gaza.

Source : Drop Site News via FIA

Traduit par Spirit of Free Speech






DAECH : Organisation terroriste au service des intérêts occidentaux



Lorsqu'il y avait encore une véritable liberté d'expression en France, un épisode des "Guignols de l'info" disait : "Il y a un musulman pour ça !" Cette satire visait à critiquer certains médias et les pouvoirs publics qui, pour détourner l'attention des véritables problèmes, mettaient sans cesse les musulmans sous les projecteurs. Aujourd'hui, l'organisation terroriste Daech joue un rôle similaire. Chaque fois que l'Occident a besoin de nourrir un discours anti-musulman, Daech se fait un devoir de ressortir de l'ombre.

Il est inutile de reprendre les clichés du genre "ce n’est pas l’islam", mais croire que cette organisation soit réellement islamique relève de l’absurde.

Création de DAECH

Je n’entends pas revenir sur l’histoire complète de Daech, mais peut-on ignorer les déclarations de Trump, qui accusait Obama et Clinton d’avoir créé cette organisation ? Certes, Trump est bien souvent source de contrevérités, mais cela ne veut pas dire que toutes ses affirmations méritent d’être ignorées. Quand on sait que le FBI a parfois poussé des musulmans à commettre des attentats, voire en a orchestré sous de fausses bannières, ces accusations méritent une attention sérieuse.

Ainsi, les attentats perpétrés par Daech en Occident n’ont jamais servi à défendre les musulmans, bien au contraire. Ils ont, en revanche, été utilisés comme prétexte pour justifier de nouvelles lois liberticides ciblant cette communauté. Ces attaques n'ont qu’alimenté la stigmatisation, renforçant le sentiment de rejet et la marginalisation des musulmans dans les sociétés occidentales.
Mais, quand on observe comment ces terroristes, dits "alliés de Daech", agissent, il y a de quoi se poser des questions. Est-il vraiment plausible qu'un individu en France contacte Daech via Facebook pour dire : "Je veux rejoindre votre organisation" et qu'ils répondent "C’est gratuit, mais il faut commettre un attentat pour prouver sa loyauté" ? Cela semble incohérent et démontre bien que ce sont d'autres forces, bien plus complexes, qui sont en jeu.

Instabilité dans les pays musulmans

Lorsqu'on analyse l’existence de Daech, il devient évident que son rôle a été de déstabiliser des pays musulmans : Syrie, Irak, Yémen, Nigéria… Et ses attaques les plus meurtrières ont souvent visé des musulmans. Pourtant, à des moments cruciaux, comme pendant les guerres à Gaza, contre le Liban, la Syrie ou même l'Iran, Daech n’a jamais attaqué Israël. Cela pose une question essentielle : une organisation qui se dit être une défense des musulmans et de l'Islam, pourquoi ne s'attaque-t-elle pas à ceux qui sont censé être réellement les ennemis de la cause musulmane à leurs yeux, comme l'entité sioniste ?

Syrie, Turquie (Türkiye), Australie et les attentats

Après la chute du régime de Bachar al-Assad, la Syrie tente de se reconstruire, mais cette paix fragile est menacée par des groupes comme le PKK, soutenus par Israël pour diviser davantage la Syrie et faciliter les avancées des colons. Alors que des négociations pour la paix sont en cours, Daech réapparaît subitement, comme par magie, alimentant encore la violence et la division.

De plus, ces derniers mois, la Türkiye a mené plusieurs opérations contre des cellules de Daech, arrêtant des centaines de personnes liées à l'organisation. Trois policiers ont été tués lors de l'une de ces opérations. Comment expliquer que, malgré l'engagement historique de la Türkiye envers la Palestine, ce soient les populations musulmanes de Turquie qui deviennent cibles d'attentats ? Est-ce vraiment logique qu'une organisation terroriste cible un pays musulman, solidaire de la Palestine, mais laisse Israël, responsable d’un génocide, quasiment intact ?

En Australie, un attentat a tué des citoyens juifs, ce qui soulève d’autres interrogations : pourquoi l'Australie, un pays majoritairement pro-palestinien, reconnu pour son soutien à l'État de Palestine ? Là encore, il semble que Daech joue son rôle, contribuant à entretenir l’islamophobie et à semer la haine envers les musulmans.
Ce n’est pas un hasard si chaque fois que l’Occident se retrouve dans une impasse géopolitique, une organisation comme Daech émerge pour détourner les critiques, empêcher les répercussions sur Israël, et renforcer l'ordre néocolonial.


samedi 10 janvier 2026

17 documentaires de jeunes journalistes filmés depuis Gaza, des images rares et précieuses



Les courts-métrages documentaires du projet Mojo Gaza, une initiative de formation de jeunes journalistes à Gaza par l’ONG Dignité International, sont en ligne.

Un jury composé de professionnels de l’image et de la presse a récompensé le 5 décembre 2025 quatre des dix-sept courts-métrages documentaires produits dans le cadre du programme «MOJO Gaza», lors d’une soirée de projection au Forum des images à Paris.

Les documentaires «MOJO Gaza», filmés par de jeunes apprentis journalistes à Gaza, sont disponibles en ligne et offrent un regard précieux sur le quotidien des Palestiniens face au génocide.

Au cours d’une formation intensive de 10 jours, accompagnés par des formateurs, journalistes et vidéastes, ces jeunes gazaouis ont documenté le déplacement, la famine, le dénuement mais aussi l’inventivité, la solidarité et la force irrépressible qui anime Gaza.

De telles images de Gaza sont rares et nécessaires, elles participent à écrire l’histoire de Gaza de l’intérieur et il est essentiel de les faire circuler. La complicité qui se dégage des images et la sincérité des témoignages donnent à chacun de ces films une force bouleversante, qui rappelle le rôle crucial des journalistes à Gaza, systématiquement ciblés par l’armée israélienne.

Depuis le 7 octobre 2023, l’armée israélienne a assassiné 256 journalistes palestiniens, dont une partie dans l’exercice de leur fonction et identifiables comme tels, comme l’ont révélé plusieurs enquêtes. Selon le dernier rapport de l’ONG Reporters Sans Frontières, l’armée israélienne est le «pire ennemi» des journalistes dans le monde.

Prix du regard original : La voix du silence, de Fadel Al-Hammami Ahmed Al-Mashharawi


La voix du silence suit Iman, une mère sourde vivant à Gaza avec son mari et leur fils entendant. À travers son regard, le film raconte la guerre, la fuite, la maladie de son enfant et la discrimination qu’elle subit, tout en affirmant le droit fondamental à la dignité et à la reconnaissance des personnes sourdes en temps de guerre.


Prix de l’émotion : Hamza, de Youssef Iyad Al-Saoudi


Hamza, une enfance interrompue suit un garçon de 12 ans, dont le père est tombé le premier jour de la guerre. Plongé trop tôt dans les responsabilités d’adulte, il raconte avec ses mots la perte, la peur, et la force de continuer malgré tout. À travers son témoignage, le film dévoile la résilience des enfants de Gaza face à la guerre et à la disparition de leur enfance.


Prix du public : Exode sous les roues, de Amer Riad Abu Amr


Exode sous les roues raconte l’histoire d’une famille réfugiée sous une remorque après avoir fui les bombardements. Dans ce lieu précaire envahi de poussière et de peur, une mère témoigne de sa survie quotidienne, entre épuisement, dignité et espoir d’un retour impossible.


Prix Hommage : Au bord de l’effondrement, de Yahya Barzaq




Grand prix MOJO : Espace perdu, de Mahmoud Atef SABAH



Espace perdu donne la parole à une mère déplacée à de multiples reprises depuis le début de la guerre. Dans le huis clos d’une tente, elle raconte la perte de son foyer, de son intimité et de sa dignité, symbole d’une vie suspendue entre survie et espoir.

https://events.dignite-international.org/les-documentaires/

Source : Agence Média Palestine via Spirit of Free Speech



vendredi 9 janvier 2026

Génocide à Gaza : un modèle d’extermination appelé à s’étendre




Supposons un instant que nous acceptions l’hypothèse irréaliste selon laquelle aucun d’entre nous ne s’attendait à ce qu’Israël lance un véritable génocide à Gaza, une campagne préméditée visant à rayer la bande de Gaza de la carte et à exterminer une partie importante de ses habitants.

Faisons comme si près de quatre-vingts ans de massacres incessants n’avaient pas été le prélude à ce moment, et qu’Israël n’avait jamais cherché auparavant à détruire physiquement le peuple palestinien, comme le prévoit la Convention sur le génocide de 1948.

Même si nous acceptons l’argument stérile et ahistorique selon lequel la Nakba de 1948 n’était « qu’un simple » nettoyage ethnique et non un génocide – en ignorant les fosses communes et l’effacement forcé d’une civilisation –, nous sommes toujours confrontés à une réalité terrifiante.

Après avoir été témoins de l’extermination sans fard qui a commencé le 7 octobre 2023, qui oserait affirmer que ses auteurs n’ont pas l’intention de la répéter ?

La question elle-même est un acte de charité, car elle suppose que le génocide a effectivement cessé. En réalité, le carnage a simplement changé de tactique. Depuis la mise en œuvre du fragile cessez-le-feu le 10 octobre, Israël a assassiné plus de 400 Palestiniens et en a blessé des centaines d’autres.

D’autres ont péri dans la boue gelée de leurs tentes. Parmi eux, des nourrissons comme Fahar Abu Jazar, âgé de huit mois, qui, comme d’autres, est mort de froid. Il ne s’agit pas de simples tragédies, mais des conséquences inévitables d’une politique israélienne calculée de destruction visant les plus vulnérables.

Au cours de cette campagne d’extermination qui a duré deux ans, plus de 20 000 enfants palestiniens ont été assassinés, ce qui représente 30 % du nombre total de victimes. Ce bilan sanglant ne tient pas compte des milliers d’âmes piégées sous les décombres de Gaza, ni de celles qui sont actuellement consumées par les tueurs silencieux que sont la famine et les épidémies provoquées.

Au-delà des statistiques effrayantes, nous sommes témoins des dernières souffrances d’un peuple. Nous avons assisté à leur extermination en temps réel, retransmise sur tous les écrans portables de la planète. Personne ne peut prétendre ignorer la situation, personne ne peut prétendre être innocent.

Même aujourd’hui, nous voyons 1,3 million de Palestiniens mener une existence précaire dans des tentes ravagées par les inondations hivernales. Nous partageons les cris des mères, les visages creusés des pères brisés et les regards hantés des enfants, et pourtant, les institutions politiques et morales du monde restent paralysées.

Si Israël reprend l’intensité totale et sans retenue de ce génocide, allons-nous l’arrêter ? Je crains que la réponse soit non, car le monde refuse de démanteler les circonstances qui ont permis ce massacre en premier lieu.

Les responsables israéliens n’ont jamais pris la peine de cacher leurs intentions. La déshumanisation systématique des Palestiniens était l’un des principaux produits d’exportation des médias israéliens, alors même que les médias occidentaux travaillaient sans relâche pour aseptiser ce discours criminel.

La preuve de cette intention est indéniable. Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, a ouvertement défendu l’« encouragement à la migration » et exigé qu’« aucune aide humanitaire » n’atteigne Gaza.

Le ministre des Finances Bezalel Smotrich a affirmé que la famine de deux millions de personnes pouvait être « juste et morale » dans la poursuite d’objectifs militaires.

Des couloirs de la Knesset aux chansons à succès, le refrain était le même : « effacer Gaza », « ne laisser personne là-bas ». Lorsque les chefs militaires qualifient toute une population d’« animaux humains », ils n’utilisent pas de métaphores ; ils délivrent un permis d’extermination.

Cela a été précédé par le siège hermétique, une expérience de misère humaine qui a duré des décennies et qui a commencé en 2006. Malgré tous les appels lancés par les Palestiniens pour que le monde mette fin à cette emprise mortelle, le blocus a été maintenu.

Cela a été suivi par des guerres successives visant une population assiégée et appauvrie sous le prétexte de la « sécurité », toujours protégées par le mantra occidental du « droit de Israël à se défendre ».

Dans le discours occidental dominant, les Palestiniens sont présentés comme les éternels agresseurs. Ils sont occupés, assiégés, dépossédés et apatrides, mais on attend d’eux qu’ils meurent en silence dans la « plus grande prison à ciel ouvert » du monde.

Qu’ils aient recouru à la résistance armée, lancé des pierres sur des chars ou marché sans armes vers des tireurs embusqués, ils ont été qualifiés de « terroristes » et de « militants » dont l’existence même était présentée comme une menace pour leur occupant.

Des années avant que la première bombe de ce génocide ne tombe, les Nations unies ont déclaré Gaza « inhabitable ». Son eau était toxique, sa terre un cimetière et sa population mourait de maladies curables.

Pourtant, mis à part le rituel habituel des rapports humanitaires, la communauté internationale n’a rien fait pour offrir une perspective politique, une paix juste.

Cette négligence criminelle a créé le vide qui a conduit aux événements du 7 octobre, permettant à Israël d’utiliser sa victimisation comme arme pour exécuter un génocide aux proportions sadiques.

L’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant a explicitement dépouillé les Palestiniens de leur humanité, lançant un massacre collectif dirigé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Le décor est planté pour la prochaine phase d’extermination. Le siège est désormais absolu, la violence plus concentrée et la déshumanisation des Palestiniens plus répandue que jamais.

Alors que les médias internationaux se détournent vers d’autres sujets, l’image d’Israël est réhabilitée comme si le génocide n’avait jamais eu lieu.

Malheureusement, les conditions qui ont alimenté la première vague de génocide sont méticuleusement reconstituées. En effet, un autre génocide israélien n’est pas une menace lointaine ; c’est une réalité qui se concrétisera tel un rouleau compresseur, si rien n’est fait pour l’arrêter.

La Convention de 1948 sur la prévention et la répression du crime de génocide était un engagement juridique visant à « libérer l’humanité d’un fléau aussi odieux ».

Si ces mots ont la moindre once d’intégrité, le monde doit agir maintenant pour empêcher la prochaine phase d’extermination. Cela nécessite une responsabilité absolue et un processus politique qui mette enfin un terme à l’emprise du colonialisme et de la violence israéliens.

Le temps presse, et notre voix collective – ou notre silence – fera la différence.


Dr Ramzy Baroud est journaliste, auteur et rédacteur en chef de Palestine ChronicleIl est l'auteur de six ouvrages. Son dernier livre, coédité avec Ilan Pappé, s'intitule « Our Vision for Liberation : Engaged Palestinian Leaders and Intellectuals Speak out » (version française). Parmi ses autres livres figurent « These Chains Will Be Broken: Palestinian Stories of Struggle and Defiance in Israeli Prisons », « My Father was a Freedom Fighter » (version française), « The Last Earth » et « The Second Palestinian Intifada » (version française)
Son livre à venir, « Before the Flood », sera publié par Seven Stories Press.
Dr Ramzy Baroud est chercheur principal non résident au Centre for Islam and Global Affairs (CIGA). Son site web.