mercredi 15 avril 2026

Trump et le Belshazzar biblique



par E. Michael Jones


«Mene, Mene, Tekel, Uparsin» : Donald Trump serait-il le nouveau Belshazzar ?

Le Vendredi saint, les catholiques célèbrent le jour où les juifs mirent à mort le Christ. Cela peut sembler étrange de célébrer un tel événement, mais les Serbes commémorent bien la bataille de Kosovo Polje et les Texans célèbrent leur défaite à Alamo ; on peut donc supposer qu’il est compréhensible que les chrétiens célèbrent la défaite la plus catastrophique de l’histoire de l’humanité.

Méditons un instant sur ce qu’a dû être le vendredi soir après que le corps du Christ eut été descendu de la croix. Imaginez à quel point les apôtres ont dû se sentir anéantis, rassemblés dans la chambre haute, terrifiés à l’idée que ce qui était arrivé au Christ leur arriverait bientôt. Affronter une mort cruelle comme celle qu’avait subie le Christ était déjà assez terrible, mais ils savaient désormais qu’ils seraient appelés à mourir pour une cause que tout le monde reconnaissait comme perdue d’avance.

Ils seraient pourchassés jusqu’à la mort, sachant que tout ce discours sur l’amour de Dieu et la fraternité universelle des hommes, le royaume des cieux dans la vie à venir et l’affirmation selon laquelle le joug du tyran avait été brisé — tout cela n’était rien d’autre qu’une illusion, un rêve chimérique, eine Schnappsidee. Tout cela n’était qu’opium. Karl Marx allait finir par avoir raison pour avoir affirmé, des siècles plus tard, que la religion était l’opium du peuple. La seule chose qui comptait dans ce bas-monde, c’était la force brute.

Ce jour-là, Ponce Pilate obtenait donc enfin la réponse à sa question, lorsqu’il avait demandé à Jésus : «Qu’est-ce que la vérité ?» La vérité, c’est l’opinion des puissants. Bibi Netanyahu allait lui aussi avoir raison. Gengis Khan était plus puissant que Jésus-Christ. La force fait le droit. Fin de l’histoire.

De l’autre côté de la ville, les juifs se rassemblèrent pour célébrer leur victoire. Pas n’importe quels juifs, pas tous les juifs, mais les chefs juifs, Anne et Caïphe, étaient certainement bien là. Essayez d’imaginer la satisfaction suffisante sur leurs visages et comparez-la à l’amère désillusion sur les visages des apôtres cette nuit-là. Rien d’indécent ici. Pas d’exaltation vulgaire du genre de celle à laquelle on s’attendrait de la part d’un bouffon comme le rabbin Shmuley. Non, pensez aux juifs les plus distingués que vous ayez jamais rencontrés, Natty Rothschild, le rabbin Stephen Wise, et à leurs petits gestes d’autodérision alors qu’ils se félicitent mutuellement au moment de leur plus grand triomphe, le jour où ils ont tué Dieu et prouvé qu’ils appartenaient à la race supérieure qui se tenait au-dessus de tout ce que Moïse avait interdit.

Où sont les chefs juifs ?

Et puis pensez à aujourd’hui, en ce Vendredi saint 2026, un autre moment de triomphe juif où le Premier ministre Netanyahou, après 40 ans, a enfin réussi à convaincre les États-Unis d’attaquer l’Iran, réalisant ainsi le rêve de sa vie. Pensez à l’endroit où il se trouve en ce moment. Pensez à l’expression sur son visage ou sur celui de Ben Gvir, de Bezelal Smotrich, de Jonathan Greenblatt ou de quiconque se trouve à ses côtés en ce moment, et vous aurez une idée du revirement dramatique qui se produisit entre le Vendredi saint et le premier dimanche de Pâques, lorsque le Christ est ressuscité du Tombeau en triomphe. Vous comprendrez aussi pourquoi nous célébrons ces deux jours.

Où est Bibi maintenant ? Il se cache comme un rat dans les égouts sous les décombres de Tel-Aviv ou vole dans un avion qui ne peut atterrir, se demandant comment les choses ont pu changer si rapidement et si radicalement. Comment Tel-Aviv peut-elle désormais ressembler à Gaza ? Après que les juifs eurent tué le Christ, Dieu leur accorda encore 40 ans pour se repentir, puis il détruisit leur temple. Dieu a permis aux juifs d’occuper la Palestine moderne pendant 80 ans, et maintenant il permet à la Perse de mettre fin aux fantasmes juifs sur lesquels l’État d’Israël a été bâti : l’idée que la nation d’Israël pourrait violer la loi de Moïse pour toujours, le fantasme selon lequel les juifs pourraient tuer Dieu et, comme le disait Moïse Hess, se vénérer eux-mêmes ainsi que leur ADN sacré à Sa place, le fantasme selon lequel les juifs pourraient continuer à assassiner des femmes et des enfants innocents et que Dieu n’entendrait pas les cris des pauvres parce que les juifs avaient tué Dieu, le fantasme selon lequel ils pourraient vénérer Moloch en toute impunité en avortant leurs propres enfants, le fantasme selon lequel le Dieu qu’ils avaient tué ne pourrait pas les arrêter.

L’avenir du lobby juif aux États-Unis

Plus dangereux que tous les fantasmes ci-dessus, voici celui que les juifs nourrissent actuellement : que les Américains ne les tiendront pas pour responsables de la destruction des États-Unis. À l’instar des fantasmes d’Annas et de Caïphe, qui ont disparu il y a 2000 ans lorsque le Christ est ressuscité des morts, le fantasme selon lequel les Américains ignoreront ce que les juifs ont fait à notre pays et ne leur demanderont pas de rendre des comptes de manière très concrète s’effondre aujourd’hui sous une pluie torrentielle de missiles et de drones perses. Dans une interview avec Glenn Diesen, le professeur John Mearsheimer de l’université de Chicago affirme que la défaite de l’Amérique aurait de graves conséquences pour les juifs américains :

Presque toutes les personnes que je connais pensent que ce sont Israël et le lobby qui nous ont entraînés dans cette guerre. S’il y a une catastrophe, il y a un grand risque que les gens disent que les juifs sont responsables de cette guerre, ce qui est tout simplement faux car un grand nombre de juifs s’y sont opposés, et le lobby israélien est composé de sionistes chrétiens comme de juifs, et tous les juifs n’appartiennent en aucun cas à ce lobby… Il y a ici un réel danger : si cette guerre tourne vraiment très mal… et que les gens la perçoivent comme une guerre dont Israël et le lobby sont les principaux responsables, cela pourrait provoquer une vague d’antisémitisme non seulement aux États-Unis, mais aussi en dehors des États-Unis, et je pense en fait que beaucoup de membres du lobby ainsi que de nombreux juifs américains comprennent ce danger. Je pense donc que si les choses avancent à grand pas vers le précipice, ce n’est pas le lobby qui va exercer beaucoup de pression sur Trump pour qu’il conclue un accord avec les Iraniens ; il redoute la menace potentielle d’une augmentation massive de l’antisémitisme résultant d’une guerre perdue, une guerre catastrophique dont la responsabilité serait imputée à Israël et au lobby.

En réponse, Diesen a brouillé encore davantage les pistes en affirmant que «beaucoup de détracteurs de cette guerre sont juifs, et beaucoup de ses partisans sont des sionistes chrétiens». Il a ensuite qualifié ceux qui ont tendance à imputer aux juifs l’attaque contre l’Iran de «racistes», des gens qui «sont rarement rationnels dans leur rhétorique».

En fait, le professeur de relations internationales John Mearsheimer est également un nominaliste, et il fait preuve d’une incapacité typiquement nominaliste à élaborer les catégories appropriées. Tout anglophone a en quelque sorte une prédisposition génétique à commettre des erreurs de catégorie,à la suite de Guillaume d’Ockham, qui pensait que tous les universaux étaient des catégories de l’esprit. Qu’est-ce qu’une erreur de catégorie ? Des agences gouvernementales entières reposent sur des erreurs de catégorie, le meilleur exemple étant le Bureau of Alcohol, Tobacco, and Firearms. Nous savons tous qu’au Kentucky, l’alcool et le tabac constituent deux des trois principaux groupes alimentaires. Si les législateurs de Washington avaient ajouté le chocolat aux deux premiers articles, tout aurait été parfait, du moins au Kentucky. Mais non, ils ont commis une erreur de catégorisation en mettant dans la liste les armes à feu. Puis ils ont ajouté les explosifs, aggravant ainsi leur erreur de catégorisation initiale.

Cette déficience mentale se manifeste invariablement lorsqu’on aborde la participation des juifs à la guerre actuelle, et tout ce que le reste du monde considère comme mauvais. Ainsi, selon le langage contemporain, il est permis — voire louable — de dire que «les juifs» ont remporté un nombre disproportionné de prix Nobel. Le terme «les juifs» dans ce cas-ci est une catégorie de réalité solide comme le roc. Dès qu’une note de désapprobation transparaît dans des déclarations telles que «Les juifs sont derrière le mariage gay» ou «L’avortement est un sacrement juif», le terme «les juifs» devient la catégorie mentale la plus fragile et une indication certaine que la personne qui a utilisé ce terme est un antisémite furieux.

Ainsi, dans certains cercles du moins, il est permis de dire que les Israéliens commettent un génocide à Gaza, mais dès que l’on précise que ces Israéliens sont juifs, l’antisémitisme montre son visage hideux, et l’on risque d’être banni de la bonne société. Le professeur Mearsheimer s’aventure imprudemment sur ce terrain en refusant de considérer «les juifs» comme une catégorie de réalité nécessaire à toute discussion sur la politique étrangère américaine et la guerre actuelle en Iran. Le terme «les juifs», comme je l’ai dit à maintes reprises en discutant de l’utilisation par saint Jean du terme «hoi Iudaioi» dans son évangile, n’est pas synonyme de «tous les juifs», mais constitue une catégorie de réalité. L’Église catholique le précise clairement dans Nostra Aetate, qui affirme que les autorités juives et ceux qui les suivaient ont insisté pour que le Christ soit mis à mort ; cependant, ce qui s’est passé lors de Sa Passion ne peut être imputé à tous les juifs, sans distinction, alors vivants, ni aux juifs d’aujourd’hui».

Le terme utilisé par saint Jean pour désigner «les autorités juives et ceux qui les suivaient» est «hoi Iudaioi», qui se traduit en français par «les juifs». Exprimant la même idée d’une autre manière, saint Paul a affirmait que «les juifs sont le peuple qui a tué le Christ» (1 Th 2, 15). En utilisant le même terme que saint Jean, saint Paul affirme que «les juifs» constituent une collectivité politique qui agit selon ce qu’elle perçoit comme ses intérêts politiques, même lorsqu’elle ne dispose pas de son propre État. Cette collectivité n’inclut pas «tous les juifs», c’est-à-dire toute personne née d’une mère juive. Personne n’a jamais dit que la Sainte Mère de Jésus avait insisté pour que son fils soit mis à mort. Personne n’a jamais dit que Jean, le disciple bien-aimé, se tenait au pied de la croix et criait «Crucifiez-le ! , même si tous deux appartenaient à la catégorie «tous les juifs».

Le Grand Sanhédrin et ses satellites

À l’époque de Jésus, les «autorités juives» étaient connues sous le nom de Sanhédrin. Aujourd’hui, le Sanhédrin porte un nom différent. Il est connu sous le nom de «Conférence des présidents des principales organisations juives américaines», un «organisme faîtier» qui «coordonne les questions de politique nationale et internationale», pour les organisations suivantes : l’Anti-Defamation League (ADL), l’American Jewish Committee (AJC), l’American Jewish Congress, l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC), la Zionist Organization of America (ZOA), J Street, une «organisation progressiste pro-israélienne qui prône une solution à deux États et la diplomatie parallèlement à la sécurité d’Israël», B’nai B’rith International, la loge maçonnique juive dont l’un des principaux objectifs est la promotion des théories de Sigmund Freud, Hadassah, l’organisation sioniste féminine, et le Centre Simon Wiesenthal, qui «joue un rôle de premier plan dans la mémoire de l’Holocauste, la lutte contre l’antisémitisme et l’éducation à la tolérance».

Cette liste n’est pas exhaustive. Elle n’inclut pas les groupes juifs de facto tels que le Southern Poverty Law Center, l’American Civil Liberties Union, Pornhub, Only Fans et la rédaction de la National Public Radio, mais elle établit le fait que «les juifs» constituent une catégorie de réalité qui existe dans des bâtiments réels, à des adresses réelles, et qui peut être poursuivie en justice pour obtenir des dommages-intérêts, en tant que cible concrète de la rage qui ne manquera pas de balayer ce pays lorsque ses citoyens prendront conscience du mal qu’ils ont causé en entraînant l’Amérique dans une guerre qu’elle ne peut pas gagner.

Les procès contre Meta

Les récentes poursuites judiciaires contre Meta constituent un précédent juridique pour traiter avec les organisations susmentionnées. Fin mars 2026, Meta a perdu un procès au Nouveau-Mexique concernant des allégations selon lesquelles ses plateformes nuisent aux enfants et aux adolescents en raison de fonctionnalités addictives et de mesures de sécurité insuffisantes pour les enfants, et la société a été condamnée à payer 375 dollars d’amende. Meta a ensuite perdu une affaire similaire en Californie. Selon Grok : «Ces défaites consécutives […] sont considérées comme un tournant potentiel dans le cadre plus large des poursuites judiciaires concernant les préjudices causés aux jeunes par les réseaux sociaux» et pourraient s’appliquer à des sites pornographiques gérés par des juifs comme Pornhub et OnlyFans. Si les tribunaux peuvent conclure que la pornographie a causé du tort aux Américains, qui peuvent désormais poursuivre Meta, pourquoi ne pourraient-ils pas tirer la même conclusion au sujet du sionisme et tenir l’AIPAC responsable de milliards de dollars de dommages-intérêts dûs aux victimes ?

Si Mearsheimer a raison de prédire qu’une vague de colère balayera l’Amérique à la suite de la défaite dans la guerre contre l’Iran, la réponse appropriée consiste à canaliser cette colère de manière à tenir «les juifs» pour responsables de leurs actes plutôt que de prétendre que «les juifs» n’existent pas en tant que catégorie. Ce déni de la réalité ne fera qu’accroître la colère et pourrait conduire à des attaques aveugles contre des juifs visibles, par exemple des groupes orthodoxes comme Neturei Karta, qui est antisioniste. Comme l’a dit Jacob Maze, grand rabbin de Moscou, en 1921 : «Les Trotskys font les révolutions, et les Bronsteins paient la note.» Si c’est ce genre de violence aveugle que le professeur Mearsheimer avait à l’esprit, ses craintes sont fondées, même si ses catégories ne le sont pas. «Les juifs», ce n’est pas synonyme de «tous les juifs». Yehuda Litmann, abonné au magazine Culture Wars et contributeur régulier à sa rubrique courrier des lecteurs, a déclaré qu’il devenait un meilleur juif grâce à la lecture des articles que nous y publions. Nous n’avons pas besoin que des voyous s’en prennent aux juifs visibles parce que «tous les juifs» sont devenus odieux aux yeux du monde à cause des actions de «les juifs».

Qui sont «les juifs» ?

Prétendre que «les juifs» n’existent pas en tant que catégorie ou qu’ils ne nous ont pas mis dans ce pétrin ne fera qu’empirer les choses et augmenter le risque de violence. La rage continue de monter. «Les juifs» viennent d’annoncer que les soldats israéliens n’accompagneront pas les troupes américaines qui doivent désormais mener une invasion terrestre de l’Iran, ce qui ne profite qu’à Israël. Même une figure de l’establishment comme George Will a eu du mal à contenir son indignation lorsqu’il a rapporté cette information.

Les Américains doivent identifier «les juifs» et les tenir pour responsables des dommages irréparables qu’ils ont causés à notre réputation internationale en veillant à ce qu’ils ne puissent plus jamais recommencer. Une façon d’atteindre cet objectif serait de saisir les actifs de groupes tels que l’AIPAC, l’ADL et le SPLC et de les distribuer sous forme de réparations à tous ceux qu’ils ont combattus ou diffamés. Y a-t-il quelque chose de mal dans cette idée ? Le professeur Mearsheimer, coauteur de l’ouvrage de référence sur le lobby israélien, nous dit-il que l’AIPAC devrait sortir indemne de la plus grande débâcle de politique étrangère de l’histoire américaine ?

Tout comme Nostra Aetate fournit la catégorie nécessaire à cette discussion en définissant (et en réhabilitant) «les juifs» comme une catégorie de réalité qui englobe «les dirigeants juifs et leurs partisans», le catholicisme peut fournir des orientations sur la manière de traiter le mécanisme qui a permis que cela se produise, à savoir l’usure et l’utilisation de gains illicites issus de l’usure pour corrompre des membres du Congrès. Dans sa lettre à Marguerite de Flandre intitulée «De regimine Judaeorum ad Ducissam Brabantiae» («Sur le gouvernement des Juifs, à la duchesse de Brabant»), saint Thomas d’Aquin donne des conseils pratiques sur la manière dont Marguerite devrait faire face aux graves problèmes économiques que l’usure avait créés dans son royaume. Les juifs n’ont pas le droit de conserver des richesses issues de l’usure, autre terme pour désigner des gains mal acquis, qui ne leur appartiennent pas véritablement ; mais il faut faire preuve de retenue dans l’appropriation de cet argent afin de garantir que «les subsides nécessaires à la vie ne leur soient en aucune manière retirés… il semble que ce soit là ce qu’il convient d’observer, à savoir que… les services qui leur sont imposés n’exigent pas de choses auxquelles ils n’étaient pas habitués par le passé». Le prince n’a pas le droit de s’approprier ces fonds à des fins personnelles à moins peut-être qu’il ne s’agisse de biens que les juifs vous ont extorqués, à vous ou à vos ancêtres, jusqu’à présent. Si, toutefois, ils possèdent des biens qu’ils ont extorqués à d’autres, ces biens, une fois exigés d’eux, vous devrez les restituer à ceux à qui les juifs étaient tenus de les rendre. … Sinon, ces fonds usuraires devraient être mis de côté à des fins pieuses, selon le conseil de l’évêque diocésain et d’autres hommes intègres, ou même pour l’utilité commune de votre pays si une nécessité se profile ou si l’utilité commune l’exige.

Que doivent «les juifs» et à qui ?

Personne ne dispose actuellement du pouvoir politique nécessaire pour mettre en œuvre une telle expropriation. Si, toutefois, la défaite américaine en Iran s’avère aussi catastrophique que le laisse entendre Mearsheimer, ce pouvoir pourrait émerger dans son sillage. Depuis son élection en 2025, le maire de New York, Zohran Mamdani, a mené une campagne agressive en faveur d’une augmentation des impôts pour les hauts revenus afin de combler le déficit budgétaire de plusieurs milliards de dollars de la ville. Fin 2025 et début 2026, Mamdani a proposé d’imposer une surtaxe de 2 points de pourcentage sur l’impôt sur le revenu des particuliers de la ville de New York pour les résidents gagnant plus d’un million de dollars par an. Cet impôt sur le revenu majoré a été qualifié à tort d’«impôt sur la fortune». Un véritable impôt sur la fortune ne taxe pas le revenu ; il taxe la fortune et peut être utilisé pour exproprier les gains usuraires lorsque la volonté politique de régler la question juive se manifestera.

Contraint à une guerre qu’il a tout fait pour éviter, l’Iran insiste désormais sur le fait qu’il ne reviendra pas à un statu quo antérieur corrompu. Les Américains qui ont été contraints de payer pour une guerre de plus dont le seul bénéficiaire est Israël, grâce à l’AIPAC et à des soutiens juifs comme feu M. Radvinsky, qui a versé 11 millions de dollars de gains mal acquis provenant de son site porno Only Fans dans les caisses de l’AIPAC, ne devraient pas non plus être contraints à ce statu quo antérieur. Le système de contrôle juif de notre Congrès et de notre culture doit être démantelé, et à l’heure actuelle, les Iraniens sont les seuls acteurs géopolitiques qui ont la volonté et les moyens d’atteindre cet objectif.

Ce n’est pas la première fois que les Iraniens, ou les Perses comme on les appelait alors, jouent un rôle crucial dans l’histoire du salut. Lorsque Belshazzar, fils de Nabuchodonosor, l’homme que Jérémie qualifiait de «serviteur de Dieu» en raison du rôle qu’il avait joué dans le châtiment d’un Israël incorrigible, profana les vases du Temple pour impressionner sa suite lors de leurs festivités ivres, une main apparut de nulle part et écrivit sur le mur de sa salle de banquet : «Mene Mene Tekel Upharsin», une phrase en araméen qui signifie : «Tu as été pesé et trouvé insuffisant, et ton royaume sera divisé et donné aux Perses.» Daniel expliqua à Belshazzar et à son père que «le Très-Haut règne au-dessus de la royauté des hommes (Daniel 4:14)», mais Belshazzar dut apprendre à ses dépens qu’aucun roi terrestre n’est au-dessus de la loi morale de Dieu : il fut destitué, puis aveuglé, et laissé à ses méditations sur son sort jusqu’à finir par mourir en exil. «Mene, Mene, Tekel, Upharsin» n’est pas simplement une énigme antique ; c’est «une déclaration biblique dramatique selon laquelle Dieu compte, pèse et répartit le sort des nations et des individus selon Sa justice. L’histoire du festin de Belshazzar reste un avertissement théologique intemporel : aucun pouvoir, aussi grand soit-il, n’échappe au regard divin.»

À l’instar de Nabuchodonosor, Donald Trump «a tué qui bon lui semblait, épargné qui bon lui semblait, promu qui bon lui semblait, rabaissé qui bon lui semblait. Mais parce que son cœur s’est gonflé d’orgueil et que son esprit s’est raidi d’arrogance, il a été dépouillé de son trône souverain et dépouillé de sa gloire.» À l’instar de Nabuchodonosor, l’orgueil et l’arrogance de Donald Trump sont devenus si grands qu’ils l’ont privé de raison ; «son cœur s’est complètement bestialisé ; il a vécu parmi les ânes sauvages, il s’est nourri d’herbe comme les bœufs, son corps a été trempé par la rosée du ciel, jusqu’à ce qu’il ait appris que le Très-Haut règne sur l’empire des hommes et nomme qui il veut pour le gouverner.»

Le rôle de l’Iran

Au moment où nous écrivons ces lignes, Trump envisage de limiter les dégâts en se retirant de la région, laissant l’Iran contrôler le détroit d’Ormuz. Nous prions pour qu’il suive l’exemple de Nabuchodonosor, qui avait finalement repris ses esprits après une période de démence et avait admis que «le Très-Haut règne au-dessus de la royauté des hommes». Mais il pourrait finir comme Belshazzar, le chef aveugle d’un peuple aveugle. «Caecus dux, caici populi» est la phrase que Silvio Aeneas Piccolomini, devenu le pape Pie II, appliqua à Jan Zizka, le général hussite. Belshazzar avait été littéralement aveuglé par le roi chaldéen qui infligea le châtiment de Dieu à Israël en précisant pourquoi : parce que «tu n’as pas humilié ton cœur… Tu as défié le Seigneur des cieux».

Cyrus, le roi perse qui vainquit Belshazzar, libéra les captifs hébreux et leur dit de retourner à Jérusalem pour reconstruire le temple. Dieu utilise désormais la Perse pour infliger un châtiment à Israël. Prions pour que ce même châtiment détruise le lobby israélien et libère l’Amérique de ses oppresseurs juifs. Trump doit tenir compte des avertissements qui émanent actuellement de Téhéran et abandonner ses partenaires juifs infidèles, de peur de finir comme Belshazzar.

source : The Unz Review via Entre la Plume et l’Enclume












mardi 14 avril 2026

La loi Yadan rendrait illégale toute critique d’Israël



Illustration criminalisable


Prof. Matthias Moosdorf :


La France est sur le point d’adopter à son tour des lois similaires à celles qui sont actuellement en cours d’adoption ou en vigueur dans des États des États-Unis, au Canada, au Royaume-Uni, en Nouvelle-Zélande et en Australie :

Cela rendrait illégale toute critique d’Israël et criminaliserait toute déclaration qui serait même vaguement considérée comme sympathisante envers ceux que le gouvernement français définit comme une « organisation terroriste ». Cette loi transformerait de facto la politique étrangère de la France en un dogme intouchable, imposé sous peine d’emprisonnement.

On pourrait littéralement être condamné à cinq ans de prison si, aujourd’hui, on se levait pour défendre Nelson Mandela pendant l’apartheid (l’ANC figurait sur toutes les listes occidentales de terroristes) ou pour la propre Résistance de la France contre l’Allemagne national-socialiste – qualifiée de « terroriste » par le régime de Vichy et l’occupation nazie.

La nouvelle loi s’appelle « loi Yadan », du nom de sa conceptrice Caroline Yadan, une députée qui représente les expatriés français en Israël. La loi est déjà passée en commission et sera soumise à un vote complet du Parlement le 16 avril – dans trois jours – sous une procédure accélérée très inhabituelle. Sept des onze groupes parlementaires ont annoncé qu’ils voteraient oui, et la loi devrait être adoptée.

Que dit la loi ? (texte intégral ici :

https://assemblee-nationale.fr/dyn/17/textes/l17b2358_texte-adopte-commission) :

1) L’article 1 introduit le concept d’« incitation implicite » au terrorisme et le punit de cinq ans de prison et d’une amende de 75 000 €. Selon cette disposition, il pourrait devenir un délit effectif de décrire autrement qu’en les qualifiant de terroristes des personnes que la France désigne comme telles. Le concept clé est : Que signifie « incitation implicite au terrorisme » ?

Personne ne le sait. Et c’est précisément le but. Cela signifie ce qu’un procureur voudra bien y mettre : un dossier absolument solide pourrait être monté pour arguer, par exemple, que citer le droit international au droit de résistance des peuples occupés constitue une « incitation implicite au terrorisme ». Le plus célèbre juge antiterroriste de France, Marc Trévidic, déclare qu’il n’a rien vu de comparable au cours de toute sa carrière. (https://x.com/CharliesIngalls/status/2043333726541619459?s=20)

Devenir le censeur des pensées des autres, tenter de deviner ce qu’une personne a vraiment voulu dire. Même les services de renseignement allemands interprètent déjà maintenant les termes en détournant leur sens vers une intention projetée.

2) Le même article étend également le délit de « glorification du terrorisme » à la « minimisation ou banalisation de manière outrageante d’actes de terrorisme ». C’est encore plus fou : Jusqu’à présent, la « glorification du terrorisme » signifiait effectivement exprimer une évaluation positive d’« actes de terrorisme » (ce qui est déjà insensé, car le terroriste de l’un est toujours le combattant de la liberté de l’autre). Désormais, un juge pourrait décider que fournir un contexte, expliquer des causes ou condamner de manière insuffisante une action équivaut à une « banalisation » du terrorisme – et cela serait désormais punissable de cinq ans de prison. Ainsi, un professeur d’histoire qui expliquerait les origines du Hamas ou du Hezbollah, en fournissant un contexte, pourrait se voir reprocher par un procureur que cette contextualisation est une banalisation. Il en irait de même pour un journaliste, un chercheur ou quelqu’un sur les réseaux sociaux qui dirait : « Oui, c’était horrible, mais voici pourquoi c’est arrivé. » Ce « mais » deviendrait un crime, car il s’agit de banalisation.

Si cette loi est adoptée, la France – le pays qui a offert au monde la Déclaration des droits de l’homme, le pays dont l’identité nationale repose sur la Résistance – rendrait illégal l’emploi du mot « résistance » pour quiconque n’est pas soutenu par le gouvernement lui-même. Jean Moulin serait poursuivi. De Gaulle serait poursuivi. Les seuls qui ne le seraient pas sont ceux qui se taisent. Ce qui, bien sûr, est tout le sens de l’affaire.

Est-ce la démocratie ?

https://assemblee-nationale.fr/dyn/17/textes/l17b2358_texte-adopte-commission#


Pourquoi Israël est un “État” en faillite




Israël n’est pas une société, mais une réserve humaine où le bétail est gavé de suprématie, endoctriné pour confondre “liberté” & tirs à volonté, muni d’armes en guise de conscience.

Depuis sa création illégale, l’entité sioniste a tenté de normaliser, légitimer et asseoir son existence non pas par la coopération ou la collaboration, mais via la violence et la coercition. Force est de constater aujourd’hui que tous les peuples que cette entité a cherché à exterminer, toutes ces mères privées de leurs enfants et ces enfants privés de leur mère, ne céderont jamais face à l’occupant. Cette entité, un “pays” de seulement 9 millions d’habitants, surestime largement ses capacités et ruine son économie avec cette guerre. Combien de temps encore les États-Unis, cette autre économie accro à la guerre, vont-ils les soutenir ?

La guerre contre l’Iran marque le début de la fin pour Israël, car elle implique un investissement dans une myriade de guerres futures. Les génocides ne sont jamais oubliés. Les agresseurs ne sont jamais pardonnés. Et 160 écolières assassinées seront un jour vengées.

Mais la politique d’agression poursuivie depuis des décennies par l’entité sioniste n’a pas seulement affecté les nations qu’elle a détruites. Elle a créé un “état” de 9 millions d’habitants accros à la violence, au racisme, à la guerre, au meurtre et au génocide. Ce qu’Israël a fait subir à son propre peuple défie l’entendement. C’est de loin le lieu le plus violent sur Terre, où tout “citoyen” est enrôlé dans l’armée, et où l’enrichissement du pays provient de la spoliation : des terres, des ressources et de la dignité humaine.

“Nous les traquerons et les tuerons” : cette rhétorique hitlérienne ne cesse de fuser des États-Unis des Pédophiles (USP) et de l’entité raciste, sadique, ultra violente et primitive. Leurs dirigeants sont des barbares. C’est une ironie suprême que les enfants et petits-enfants de ces mêmes survivants d’Auschwitz rabaissent aujourd’hui la vie humaine à son plus bas niveau : assassiner un nouveau dirigeant iranien tous les quelques jours, puis s’en vanter sur la scène internationale comme s’ils venaient d’exterminer un cafard de plus. Ils ne mesurent pas la nature barbare de leur langage car ils vivent dans la bulle du prédateur : tant les États-Unis qu’Israël sont des entités en faillite, car la guerre est leur principal vecteur économique, et la barbarie leur contrat social avec leurs “citoyens”. Ce ne sont pas des sociétés, mais des réserves humaines où le bétail est gavé de suprématie, endoctriné pour associer “liberté” et tir à volonté, muni d’armes en guise de conscience. Ils sont même incapables d’envoyer leurs pédophiles en prison. Voilà ce qu’est un État en faillite.

Nous devons impérativement maintenir notre engagement en faveur de la paix. Car si la guerre s’impose comme l’option par défaut, la paix n’est jamais acquise : elle ne peut qu’être apprise, méritée et soigneusement préservée.


https://ssofidelis.substack.com/p/pourquoi-israel-est-un-etat-en-faillite


lundi 13 avril 2026

La loi « Yadan » a pour objectif d’imposer le silence sur le génocide à Gaza




Par Thierry M.


La proposition de loi « visant à lutter contre les formes renouvelées de l’antisémitisme » est portée par Caroline Yadan, députée de la 8ème circonscription des Français établis hors de France (incluant Israël). Succédant à ce poste à Meyer Habib, elle a quitté (tout en lui restant apparentée) le groupe parlementaire EPR – Ensemble pour la République – pour protester contre la reconnaissance par la France de l’Etat de Palestine.


Je signe la pétition contre la loi Yadan !

Pour ce texte (devant être examiné par les députés le 16 avril 2026), le gouvernement a engagé la procédure accélérée (ouvrant la possibilité d’une seule lecture à l’assemblée et au sénat) et a mis l’assemblée sous tension en cherchant à en précipiter l’examen.

L’objectif affiché de cette proposition de loi est louable. Il faut bien sûr lutter contre l’antisémitisme et toute forme de racisme. Le problème est que cette loi vise en réalité à museler les critiques d’Israël. C’est une loi à la fois inutile et dangereuse pour la liberté d’expression, et pour notre démocratie.

Le titre même de la loi, cette notion de « nouvel antisémitisme », pose question.

D’après Madame Yadan, la « haine de l’État d’Israël est aujourd’hui consubstantielle à la haine des Juifs ». Elle associe donc critique de l’Etat d’Israël et antisémitisme. Cela peut exister dans certains cas, et il existe déjà des lois pour le combattre.

Le problème de fond est que cette notion de nouvel antisémitisme ne correspond à aucune réalité, comme affirmé très clairement par la CNCDH (Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme), organisme ayant le rôle officiel de Rapporteur national sur la lutte contre le racisme.

[La CNCDH] ne peut donc aujourd’hui que renouveler ses critiques à l’encontre du postulat au fondement de cette proposition de loi, postulat selon lequel il existe un lien « consubstantiel » entre la haine des Juifs et la haine de l’État d’Israël. […] Ce n’est aucunement avéré dans les faits.

La députée Yadan n’a pas auditionné la CNCDH lors de l’élaboration de cette loi [1]. Craignait-elle d’être contredite ?

Par ailleurs, cette proposition de loi s’appuie sur une définition de l’antisémitisme promue par l’Alliance Internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA) [2].

Cette définition de l’IHRA semble faire l’unanimité contre elle : elle est contestée par l’ONU [3], par de nombreuses ONG, des organisations juives, et même par l’auteur lui-même de cette définition, qui dit qu’elle n’avait pas pour but d’être utilisée à des fins juridiques [4]. Elle est, par contre, promue depuis plusieurs années par le gouvernement israélien et ses relais qui veulent faire taire les critiques d’Israël.

Pour cette proposition de loi visant à lutter contre l’antisémitisme, force est de constater qu’il n’y a aucun consensus dans la communauté juive elle-même, alors que cela devrait être le cas pour un tel sujet :

Cette proposition de loi entérine la prétention d’Israël à représenter tous les juifs du monde. Par l’assignation identitaire des Français.e.s juif.ve.s dont elle est porteuse, elle les expose en faisant mine de les protéger. [5]

Pour en venir au niveau du texte de loi lui-même :

L’article 1 « précise, renforce et étend le champ du délit de provocation à des actes de terrorisme ou d’apologie publique de tels actes, délit prévu à l’article 421-2-5 du code pénal ».

Cet article de la loi française est déjà (lui aussi) très contesté dans son état actuel. Par de nombreuses ONG. Par l’ancien juge antiterroriste Marc Trévidic : initialement favorable à cette loi, il a pu en constater les dérives, et appelle aujourd’hui à « oser faire marche arrière ». Cet article du Code Pénal est également critiqué dans cette lettre adressée au président Macron et à son gouvernement par trois rapporteurs spéciaux :

Nous exhortons la France à réexaminer et modifier cette infraction afin de garantir la conformité du droit français avec le droit international relatif aux droits humains[…]. La formulation de l’infraction en des termes généraux, ambigus et incertains sur le plan juridique, entraîne des « abus du pouvoir discrétionnaire » et des atteintes « à la protection de la liberté d’expression et à la liberté d’échanger des idées dans un système démocratique solide ». [6]

Aujourd’hui, de nombreuses personnes, syndicalistes, militants, sont sous le coup de procédures abusives pour apologie du terrorisme. Et il s’agirait d’en élargir encore les contours, comme précisé par le juriste François Dubuisson [7] :

Un tel élargissement est susceptible de faire craindre qu’on veuille faire entrer dans le cadre de l’apologie du terrorisme des discours de contextualisation. […Ce qui] présenterait un danger évident pour le débat public d’intérêt général, qu’il soit académique, politique, médiatique ou militant.

Si ce projet de loi passe en l’état, pourra-t-on encore dire qu’un peuple opprimé a le droit à la résistance, tel que défini par le droit international ? A coup sûr, les « procédures baillons » vont pleuvoir…

L’article 2 de cette proposition de loi introduit une nouvelle infraction qui incrimine l’appel public à la destruction d’un État reconnu par la République française. L’« appel à la destruction d’un État » étant un concept complètement nouveau et particulièrement flou.

Cet article permettra-t-il, par exemple, de criminaliser le slogan « From the river to the sea » [8] ? Sera-t-il encore permis d’appeler à établir un seul État binational en Palestine? Ou de contester la nature de l’État d’Israël, et sa loi État-nation du peuple juif de 2018 qui ne reconnaît le droit à l’autodétermination qu’à ses citoyens juifs, et qui « considère le développement de la colonisation juive comme une valeur nationale » ?

On perçoit les motivations des promoteurs de ce texte et les dangers en découlant, tout en demeurant « dubitatif quant à la nécessité d’introduire un tel délit, dont la substance est susceptible d’être déjà largement couverte par des infractions existantes » (F.Dubuisson).

Les articles 3 et 4 de cette proposition de loi n’ont pas appelé de remarques de fond de la part des auteurs précités. L’article 3 procède « à un élargissent bienvenu des conditions de recevabilité des associations antiracistes qui souhaitent se porter partie civile » (CNCDH). L’article 4 « n’innove guère » (F.Dubuisson) [9].

Cette loi est bien dangereuse pour la liberté d’expression….et inutile :

« La lutte contre l’antisémitisme n’a pas besoin de nouvelles incriminations mais de la pleine et juste application des délits prévus à cette fin » (CNCDH)

…ainsi que d’une mise œuvre effective des plans d’actions existant.

Nos députés seront-ils sensibles à ces arguments ?
Références :

1- Listes des personnes entendues dans le rapport de la commission des lois p.109

2- Définition adoptée en 2019 par l’assemblée nationale (via une résolution non contraignante et excluant les exemples associés à la définition). Le texte de la proposition de loi regrette (dans son exposé des motifs) son « caractère non-contraignant » et « appelle à renforcer le cadre juridique existant », tout en citant certains exemples de la définition IHRA. Une façon d’orienter les interprétations futures du texte ?
Notons par ailleurs que la définition de l’IHRA est utilisée par certains services pour le recensement des actes antisémites, ce qui appelle à les interpréter avec une certaine prudence, comme expliqué dans cet article de Sarra Grira.

3- Rapport de la Rapporteuse spéciale sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression (A/79/319), Nations Unies, 23 août 2024, § 80-81. La définition de l’IHRA « ne répond pas aux normes juridiques internationales relatives à la restriction ou à l’interdiction de la liberté d’expression », « La principale erreur conceptuelle » étant la « confusion inhérente qui y est faite entre le sionisme, idéologie politique, et l’antisémitisme ».

4- Définition également contestée par les auteurs de la Déclaration de Jérusalem sur l’antisémitisme, rédigée par des spécialistes de la question, en réaction à la définition de l’IHRA.

5- Le Média, Tribune : « Mesdames et Messieurs les député.e.s, rejetez la proposition de loi Yadan, destinée à interdire la critique de l’État d’Israël », 12 janvier 2026.

6- Tant F.Dubuisson que les rapporteurs spéciaux font référence à la Convention du Conseil de l’Europe pour la prévention du terrorisme de 2005 (dont la France est signataire), qui encadre l’infraction de manière plus rigoureuse, deux conditions devant être remplies : la démonstration d’une volonté d’inciter à commettre un acte terroriste et de l’existence d’un risque réel de passage à l’acte. Se référer à l’article de 5 de cette convention et à son rapport explicatif (par. 99 et 100).

7- Voir également cette intervention de F.Dubussion. En compagnie d’Irène Kahn, rapporteure spéciale de l’ONU sur la liberté d’expression, et Sarra Grira, rédactrice en chef d’Orient XXI. (auteure de cet article).

8- Comme précisé dans ce compte-rendu par le député Sylvain Maillard « il est ressorti des auditions que nous avons menées que le slogan « From the river to the sea » était un slogan à portée antisémite ».

9- Si certains considèrent qu’accuser Israël de génocide relève de l’antisémitisme et voudraient utiliser cette proposition de loi pour le condamner, cela ne devrait pas être le cas dans la version du texte (issue de la commission des lois avec prise en compte des remarques du Conseil d’Etat) devant être examinée prochainement à l’assemblée.

Auteur : Thierry M.

Thierry M. est militant de l'Association France Palestine Solidarité (AFPS) à Brest.



Les flottilles vers Gaza sont la conscience du monde


Peinture murale à Gaza, célébrant la Flottille de la Liberté – Photo : via Freedom Flotilla


Par Chris Hedges

Les nombreuses tentatives menées par des militants à bord de flottilles pour briser le blocus de Gaza nous rappellent avec force que l’espoir naît des actes de résistance et que nous ne devons jamais nous résigner au statu quo.

ROME, Italie — Une nouvelle flottille sera mise en place en avril 2026 afin de tenter de briser le blocus israélien de Gaza, en vigueur depuis 18 ans. Cette mission devrait être la plus grande action maritime jamais menée en faveur de la Palestine, mobilisant plus de 3000 militants issus de 100 pays à bord de 100 bateaux, dont une flotte médicale composée de 1000 professionnels de santé chargés de livrer 500 tonnes d’aide humanitaire, d’équipements et de fournitures médicales vitaux, dont Israël a bloqué l’entrée à Gaza.

Une fois de plus, des militants du monde entier mettront le cap sur Gaza pour tenter de mettre fin à l’une des pires crises humanitaires de la planète. Une fois de plus, leur périple sera suivi de près sur les réseaux sociaux. Une fois de plus, des drones israéliens seront envoyés en eaux internationales pour intercepter et attaquer les bateaux. Une fois de plus, les bateaux seront arraisonnés par des soldats israéliens masqués et lourdement armés. Une fois de plus, des militants seront arrêtés. Une fois de plus, ils seront envoyés dans des prisons de haute sécurité. Une fois de plus, ils subiront des violences physiques, seront placés à l’isolement, insultés, réprimandés, contraints de regarder des vidéos de propagande israélienne sur le 7 octobre, ou violés par des gardiens de prison israéliens. Une fois de plus, les Palestiniens, dont beaucoup attendent sur la plage dans l’espoir que la dernière flottille parvienne à passer, verront qu’ils ne sont pas seuls. Et une fois de plus, le monde détournera le regard, ignorant son mandat légal d’intervenir pour mettre fin au génocide, conformément à l’article I de la Convention sur le génocide.

Et pourtant, malgré une issue presque certaine, les flottilles ébranlent imperceptiblement l’étau israélien sur Gaza. Elles rappellent au monde son devoir moral et légal d’intervenir. Elles font honte non seulement à Israël, mais aussi aux gouvernements occidentaux dont la complicité soutient le génocide. Elles montrent que nous ne sommes pas impuissants. Nous pouvons agir.

« Qu’avez-vous ressenti en regardant la flottille ? » ai-je demandé à l’ambassadrice de Palestine en Italie, Mona Abuamara, lorsque j’ai rejoint la grève des dockers italiens à Gênes et la manifestation nationale pour la Palestine à Rome fin novembre 2025.

« Comme un enfant », a-t-elle répondu. « Vous savez, quand on connaît la fin d’un film mais qu’on veut quand même qu’elle soit différente. Je n’arrêtais pas de penser : ‘Laissez-les passer. Laissez-les passer.’ Comme si c’était possible. Nous savions que ce ne serait pas le cas. C’est là une partie de la beauté de ces gens sur ces bateaux. Ils savaient qu’on ne les laisserait pas passer, mais ils ont refusé d’accepter le statu quo. »

J’ai rencontré Thiago Ávila, un militant brésilien, et la militante suédoise Greta Thunberg tôt le matin au musée MAAM à Rome, dans son labyrinthe de salles, de couloirs et de pièces remplies d’art urbain, dont une pancarte sur laquelle on peut lire : « Spoiler : VOUS ALLEZ MOURIR. »

Quelque 200 migrants de divers pays vivent en squatteurs dans l’abattoir et le musée abandonnés. Des œuvres d’art, notamment d’immenses fresques murales élaborées réalisées par certains des meilleurs artistes italiens, recouvrent les murs de béton de l’ancienne usine de viande. À l’entrée, parodiant le panneau Hollywood de Los Angeles, le mot « FART » est inscrit en lettres géantes.

« Depuis toutes ces années où je milite, j’ai, jour après jour, perdu de plus en plus d’espoir — si tant est que j’en aie jamais eu — dans les institutions et nos soi-disant dirigeants, les entreprises, les élus, les banques, peu importe, pour venir à notre secours », a déclaré Thunberg.

« Ce sont eux qui nous ont mis dans cette situation. Le système n’est pas défaillant. Il est conçu pour être destructeur. Il est conçu, à mon avis, pour maintenir des structures de pouvoir inégales. Il est conçu pour maintenir certaines personnes dans l’oppression. Il est conçu pour considérer la nature comme une entité distante et séparée qui ne fait pas partie de nous, afin de l’exploiter. Pour opprimer les gens, il faut les déshumaniser. La seule issue est de reprendre le pouvoir, ce qui est l’une des principales raisons pour lesquelles je suis ici pour soutenir les grévistes en Italie. C’est un exemple si clair, digne d’un manuel, de ce à quoi cela ressemble lorsque les gens reprennent le pouvoir et montrent où se trouve la véritable autorité. »

Ávila a mis sur pied la Coalition de la Flottille de la Liberté et la toute nouvelle Flottille mondiale Sumud. Il faisait partie de l’équipage du Madleen, un navire qui a pris la mer en juin 2025 avec, entre autres, Thunberg et Rima Hassan, une députée européenne franco-palestinienne qui a été battue par des gardiens de prison israéliens pendant sa détention.

Le Madleen a été intercepté par la marine israélienne dans les eaux internationales et remorqué jusqu’au port israélien d’Ashdod. Ávila a été placé à l’isolement à la prison d’Ayalon, où il a mené une grève de la soif jusqu’à son expulsion.

« J’ai participé à tant de tentatives ratées que je ne peux plus les compter », m’a confié Ávila. « J’ai été sur des bateaux qui ont malheureusement été bombardés. J’ai été sur des bateaux qui ont été sabotés. Des bateaux qui ont été bloqués par la bureaucratie de pays soumis à la pression d’Israël. Nous essayons depuis des années de briser ce terrible siège. Dix-huit ans. Lors des deux dernières tentatives, j’étais avec Greta. Je suis arrivé près de Gaza à deux reprises. »

Pendant son séjour en prison, a-t-il raconté, des gardes israéliens lui ont donné des coups de pied et lui ont cogné la tête contre le sol. Ils l’ont interrogé pendant des heures pour tenter de lui soutirer des détails sur les flottilles, tandis qu’un garde le menaçait d’un fusil. Ils ont lâché des chiens de garde hargneux dans sa cellule. Ils l’ont constamment transféré d’une cellule à l’autre. Ils l’ont réveillé à plusieurs reprises pendant la nuit.

« Combien de pays avez-vous réussi à mobiliser ? », ont demandé les interrogateurs israéliens à Ávila.

« Qui sont les représentants dans ces pays ? », ont-ils exigé de savoir.

« Je ne vais pas vous donner d’informations qui mettraient qui que ce soit en danger », a répondu Ávila. « Mais tout ce qui est public, vous pouvez le vérifier sur notre site web. Nous sommes très transparents. »

« Regardez ce que vous faites subir à votre peuple », ont raillé les interrogateurs. « Regardez tout l’argent que vous avez dépensé, que vous avez gaspillé. Pensez à ce que vous auriez pu faire avec cet argent ? »

« Pourquoi faites-vous cela ? », demandaient invariablement les interrogateurs de l’armée, les agents des services de renseignement et les juges israéliens.

« Parce que depuis huit décennies, vous commettez un génocide et un nettoyage ethnique », répondait toujours Ávila. « Vous avez mis en place un État d’apartheid et colonial. Vous gouvernez cette terre, non pas par une religion, mais par une idéologie raciste et suprémaciste, qui est le sionisme. »

« Quelle est leur réaction ? » ai-je demandé à Ávila.

« Ils détestent ça », a-t-il répondu.

« La plupart des membres du gouvernement israélien voulaient nous faire sortir de là dès que possible la dernière fois que nous avons été détenus », a déclaré Ávila. « C’était une situation de relations publiques horrible. Mais Itamar Ben-Gvir, le ministre de la Sécurité nationale — qui gère le système pénitentiaire israélien — ne voulait pas nous laisser sortir. Il voulait nous punir. Il voulait faire une déclaration politique. Il y avait cette lutte interne. Finalement, ils ont essayé de se débarrasser de certaines personnes. »

« La solidarité internationale a la responsabilité d’être plus utile à la cause palestinienne », a déclaré Ávila. « Nous devons avoir un impact plus important. Cette fois-ci, nous y sommes parvenus. Lorsque nous sommes partis avec le Madleen, cela faisait cinq mois que nous essayions. Nous avions tenté trois autres missions qui avaient échoué. Et pour être honnête, le monde n’en savait pratiquement rien. »

Lors d’une des missions qui ont échoué, peu après minuit le 1er mai 2025, à 32 km au large de Malte, l’un des bateaux de la flottille — le Conscience, battant pavillon de Palau — a été frappé par des missiles lancés depuis deux drones.

Les missiles semblaient viser les générateurs du navire. Les frappes ont provoqué un incendie et une brèche dans la coque. La communication avec le navire a été perdue. Il était chargé de fournitures humanitaires.

« L’Union européenne n’a pas condamné l’attaque », a déclaré Ávila à propos de cette frappe. « Ce fut un dur revers pour nous. Mais nous savions que nous devions continuer d’essayer. Nous n’avions plus de gros bateaux. Tout ce que nous avions, c’était un petit bateau pour 12 personnes. Il ne pouvait transporter qu’une cargaison symbolique d’aide. Mais c’est là que le monde a prêté attention. Il y a eu une immense mobilisation pour nous soutenir. »

Il y a toujours un risque que les assauts israéliens tournent au drame.

En mai 2010, le Mavi Marmara, transportant des militants et de l’aide humanitaire, a été pris d’assaut par des commandos navals israéliens dans les eaux internationales alors qu’il faisait route vers Gaza. Neuf personnes — huit citoyens turcs et un individu ayant la double nationalité turco-américaine — ont été tuées par les Israéliens, qui ont affirmé avoir été attaqués par des militants armés de gourdins et de couteaux.

Vingt-quatre autres personnes ont été gravement blessées par des balles réelles tirées par les forces israéliennes.

« J’ai 39 ans et je me consacre aux luttes sociales en tant qu’internationaliste depuis 21 ans », a déclaré Ávila. « Et la Palestine a toujours fait partie de cela. Je suis déjà allé en Palestine. La Palestine est la cause la plus importante de notre génération. Elle symbolise tout : la lutte contre l’exploitation, l’oppression, la destruction de la nature. Le même système qui permet un génocide en Palestine commet des génocides au Soudan et au Congo. C’est le même système qui commet un écocide au Brésil et contre les biomes de cette planète. Si nous pouvons vaincre l’impérialisme et le sionisme en Palestine, nous pouvons les vaincre partout. »

À 21 h, la veille de notre entretien, Ávila se trouvait dans sa chambre d’hôtel lorsqu’il a entendu frapper à la porte.

« J’ai cru que c’était Greta qui m’apportait à manger », a-t-il dit. « C’était la police. Ils n’ont pas été violents. Ils m’ont déjà traité pire ici auparavant. Ils sont entrés. Ils ont fouillé la chambre, les placards, tout. Ils ont commencé à me poser des questions sur mes projets. Ils ne se souciaient pas vraiment de la grève ou de la mobilisation. Ils voulaient en savoir plus sur les flottilles. Ils voulaient en savoir plus sur les bateaux. Chaque fois que je suis en Italie, la police et les services de sécurité ne cessent de me demander : ‘Est-ce que des bateaux arrivent ici ? Est-ce que des bateaux arrivent ici ?’ Nous n’avons pas de mission en cours pour le moment. Je suppose qu’ils l’ont compris. Nous sommes à la veille d’une grande manifestation en Italie, c’est donc aussi une façon pour eux d’essayer d’intimider, de montrer leur présence, car, pour être très franc, ils savent à quel point nous sommes transparents. Nous rendons toujours nos missions publiques. Si nous avions une mission, ils le sauraient. Ils n’avaient pas besoin de se pointer dans ma chambre au milieu de la nuit. »

« Chaque fois que nous sommes dans le contexte de luttes anticoloniales et anti-impérialistes, la victoire finale ne se fait pas d’un simple clic », a poursuivi Ávila.

« C’est un processus. Nous ne savons jamais quand le système s’effondrera. Quand ce sera le cas, nous ne serons pas interceptés. C’est à nous de persévérer jusqu’à ce que le sionisme n’existe plus, alors nous pourrons passer. Ou du moins quand il sera assez affaibli pour que nous puissions passer. C’est là que nous saurons qu’il a disparu. Nous devons continuer jusqu’au jour où le coût politique de notre interception sera trop élevé pour eux et où ils devront nous laisser tranquilles. »

Je lui ai demandé s’il avait des héros politiques.

« J’ai reçu une éducation marxiste », a déclaré Ávila. « Nous avons beaucoup à apprendre de l’histoire des révolutions. Che Guevara, sans aucun doute. Rosa Luxemburg. Marx. Engels. Puisque nous sommes en Italie, Antonio Gramsci. Il y a beaucoup de figures remarquables dans les luttes anticolonialistes. Thomas Sankara. Frantz Fanon. Nelson Mandela. Nous avons des personnes qui ont mené des actions directes non violentes — des choses magnifiquement inspirantes. Le Mahatma Gandhi. Martin Luther King Jr. Rosa Parks. Ce sont de nombreuses références. Ce sont des outils. Ils nous font gagner du temps. Nous n’avons pas à reproduire leurs erreurs. Ils ont porté un drapeau et l’ont transmis. Si nous ne recevons pas ce drapeau, chargé d’expériences, c’est une erreur totale. Nous ne pouvons pas être paresseux. Nous devons étudier. »

En Italie, les dockers ont menacé Israël d’un blocage total des échanges commerciaux s’il portait atteinte aux 462 militants, parlementaires et avocats à bord des 42 navires tentant de briser le blocus israélien. Lorsque Thunberg a appris cet acte de solidarité des dockers alors qu’elle se trouvait sur la flottille, elle a fondu en larmes.

Israël a intercepté tous les bateaux et arrêté tous les membres d’équipage. La plupart des militants ont été détenus à la prison de Ktzi’ot, également connue sous le nom d’Ansar III, un centre de détention de haute sécurité situé dans le désert du Néguev utilisé pour détenir des Palestiniens, dont beaucoup sont accusés par Israël d’implication dans des activités militantes ou terroristes. Ils étaient entassés dans des cellules comptant souvent une douzaine de personnes ou plus et dormaient sur des matelas posés à même le sol.

Je me suis assis à une petite table avec Thunberg dans l’ancienne usine de viande. Nous étions emmitouflées dans nos vestes d’hiver.

Thunberg était une cible privilégiée des gardiens de prison israéliens, qui l’ont battue, traînée par les cheveux et photographiée enveloppée dans un drapeau israélien pour tenter de l’humilier. Elle a été enfermée dans une cellule infestée de punaises de lit et privée de nourriture et d’eau en quantité suffisante.

Je lui ai demandé si le moment était venu — comme l’a déclaré le cofondateur d’Extinction Rebellion Roger Hallam — d’accepter des risques plus importants, y compris de longues peines de prison. Hallam a été condamné à cinq ans de prison au Royaume-Uni pour son rôle dans l’organisation du blocage de l’autoroute M25 autour de Londres.

« Le coût personnel est différent pour chacun », a déclaré Thunberg. « Pour certaines personnes, descendre dans la rue avec une pancarte, c’est risquer leur vie. Ce n’est pas mon cas. Je suis confrontée à la répression en étant calomniée dans les médias et, dans le pire des cas, en finissant en prison, où, en tant que personne blanche et suédoise, je ne subis pas le pire. Nous devons donc tous prendre en compte nos risques personnels en termes de sacrifices individuels, mais c’est différent pour chacun. Cependant, je crois fermement que nous devons sortir de notre zone de confort, accepter des sacrifices et rendre hommage à toutes ces innombrables personnes qui ont fait des sacrifices inestimables jusqu’à ce jour. Car si elles ne l’avaient pas fait, la situation serait bien pire. »

« Nous n’avons eu qu’un aperçu de ce à quoi sont confrontés les otages palestiniens », a ajouté Thunberg, évoquant son séjour dans une prison israélienne.

« Il y a des milliers de Palestiniens — dont des centaines d’enfants — qui sont enfermés dans des cachots israéliens où ils sont très probablement torturés. Et nous voyons de plus en plus de témoins raconter cette réalité. La plupart d’entre nous bénéficiaient de privilèges liés à notre passeport. Nous avions l’immense privilège de la couverture médiatique et des relations diplomatiques, ce qu’ils n’ont pas. »

« La flottille ne concernait pas seulement nous », a déclaré Thunberg. « La flottille était une prise de position politique autant qu’une mission humanitaire, mais surtout une prise de position politique. C’était une nouvelle tentative pour briser le siège. »

Beatrice Lio est une capitaine italienne qui commandait un sloop monocoque de 41 pieds au sein de la flottille. Je l’ai rencontrée en Italie. Elle lance une collecte de fonds pour la prochaine flottille.

Son bateau a été intercepté à environ 120 milles marins de Gaza, une heure avant l’aube. La pleine lune venait de se coucher. Elle était encerclée par des bateaux militaires aux gyrophares allumés. L’un des bateaux israéliens a percuté son navire.

Des soldats lourdement armés, le visage couvert, ont abordé et pris le contrôle de son bateau. Ils ont ordonné aux neuf personnes à bord de s’asseoir sur le pont, les mains en l’air. Ils ont arraché le drapeau palestinien. Ils ont saccagé le contenu du bateau et détruit le matériel de communication. Les militants à bord ont été transférés sur un bateau militaire et emmenés au port israélien d’Ashdod. Le bateau, comme tous ceux de la flottille, a été saisi.

« On nous a forcés à nous agenouiller sur le béton et à attendre qu’on nous appelle », a-t-elle raconté à propos de son arrivée en Israël. « On nous a fouillés à nu. Ils ont confisqué toutes nos affaires. Ils ont photographié nos passeports, nos empreintes digitales et nos visages. Je crois avoir comparu devant un juge. Je n’en suis pas vraiment sûre. »

Les militants ont eu les yeux bandés et ont été menottés. Ils ont été transportés à la prison de Ktz’iot dans un camion où chacun était enfermé dans une minuscule cage métallique individuelle. Il faisait froid, d’autant plus que tout le monde était en t-shirt. Le trajet a duré trois heures. Ils sont restés à Ktz’iot pendant deux jours avant d’être transférés au centre de détention de Hadarim, situé entre Tel-Aviv et Jérusalem. Ils y ont été incarcérés pendant cinq jours. Certains ont été placés en cellule d’isolement.

« Ce sont ces personnes qui ont été le plus maltraitées », a déclaré Lio à propos de celles placées en isolement. « Je n’étais pas parmi elles. Celles qui étaient en isolement ont été torturées. Elles ont été battues à coups de bâton. Les gardes s’asseyaient sur leur visage jusqu’à ce que leurs yeux deviennent bleus. Elles étaient menottées si serré que leur peau saignait. On refusait les serviettes hygiéniques aux femmes qui avaient leurs règles et les comprimés à celles qui suivaient un traitement. »

« Ils criaient que nous étions des criminelles », a-t-elle déclaré. « Ils ne reconnaissaient pas qu’ils nous avaient enlevées. Ils disaient : ‘Vous voulez venir en Israël et détruire mon pays ! Vous le méritez !’ Ils parlaient sans cesse du 7 octobre. Ils nous faisaient regarder des vidéos de propagande sur le 7 octobre. »

Elle et d’autres militantes détenues entendaient fréquemment des cris. Elles supposaient qu’il s’agissait de Palestiniens interrogés et torturés. Elles étaient réveillées toutes les heures ou toutes les heures et demie pendant la nuit.

« Ils frappaient à la porte », a déclaré Lio. « Ils mettaient de la musique à fond. Ils nous braquaient une lampe dans les yeux. Ils nous forçaient à nous lever et à dire notre nom. Je suis de petite taille. Ils m’ont donné des vêtements trop grands, pour que je ne puisse pas marcher facilement. »

« Ils nous considéraient comme des êtres humains, des criminels, mais des êtres humains », a-t-elle déclaré. « Mais quand ils parlaient des Palestiniens, ils ne les considéraient pas comme des êtres humains. Ils disaient : ‘J’en ai tué tellement à Gaza !’ Ils disaient cela avec joie et fierté. Il y avait une immense photo dans la prison montrant Gaza détruite. À côté, il était écrit : ‘La nouvelle Gaza’. Ils s’en vantaient, comme si c’était la plus belle des images, alors qu’il s’agissait littéralement de terre et de décombres. »

Plusieurs militants ont entamé une grève de la faim.

« Le plus déchirant, c’était d’être si proche des Palestiniens et, en même temps, de ne pas pouvoir mettre fin, ne serait-ce qu’une seconde, à la violence », a déclaré Lio.

Aucun pays, à l’exception du Yémen, n’a fait le moindre effort pour mettre physiquement un terme au génocide. Les États-Unis et les pays européens ont fourni à Israël des milliards de dollars en armes – les États-Unis à eux seuls ont fourni 21,7 milliards de dollars à Israël depuis le 7 octobre – pour soutenir ce massacre de masse.

Ces nations ont criminalisé ceux qui protestent contre le génocide, tels que les membres de Palestine Action, dont plusieurs se trouvent dans un état physique critique à la suite d’une grève de la faim prolongée en prison. Elles ont muselé la liberté d’expression dans les médias et sur les campus universitaires.

Ils soutiendront Israël jusqu’à ce que la phase finale du génocide – la déportation massive des Palestiniens de Gaza – soit achevée. C’est à nous d’agir. Si nous échouons, il n’y aura plus d’État de droit.

Le génocide deviendra un outil de plus dans l’arsenal des nations industrialisées et les Palestiniens, une fois de plus, seront trahis.

Les flottilles ne font pas que maintenir la résistance en vie, elles maintiennent l’espoir en vie.


Christopher Lynn Hedges (né le 18 septembre 1956 à Saint-Johnsbury, au Vermont) est un journaliste et auteur américain. Ancien correspondant de guerre, il est reconnu pour son analyse de la politique américaine ainsi que de celle du Moyen-Orient. Il a publié plusieurs livres, dont le plus connu est War Is a Force That Gives Us Meaning (2002), et le plus récent A Genocide Foretold - Reporting on Survival and Resistance in Occupied Palestine.




dimanche 12 avril 2026

La poétesse Khatoun Salma parmi les victimes de l’attaque israélienne contre un quartier résidentiel à Beyrouth




Hier vendredi, sous les décombres d’un immeuble résidentiel dans le quartier de Talat Al-Khayyat à Bairouth, on découvre des corps déchiquetés. La frappe de mercredi 8 avril 2026 ayant fait des dizaines de morts emportés dans leur sommeil. Des familles entières emportées par la folie meurtrière d’Israél. Médecin, journaliste, banquier… Et parmi ses morts, il y a la poétesse et animatrice libanaise Khatoun Salma et son époux, Mohammad. Leur appartement a été réduit à un amas de pierre.

C’est l’éditrice Rasha El Amir, directrice la maison d’édition Dar Al Jadid qui annoncé la triste nouvelle, vendredi 10 avril : « le corps de Khatoun Salma a été retrouvé sous les décombres », plongeant ainsi les écrivains libanais et arabes dans l’émoi, tellement « la perte est immense, et les conditions atroces », comme le relève le journal libanais Annahar, vendredi dans la soirée, sur sa plateforme électronique.

La sœur de Khatoun, la journaliste Maha Salma a, quant à elle, parlé d’une grande perte, une plaie impossible à panser…
Jusqu'à ce samedi 11 avril dans la matinée, les témognages de tristesse et de sympathie envers la famille Salma, en même temps que les condamnatinos de l'att"aque israélienne continuent sur les réseaux sociaux...

Autant dire que les attaques visant le Liban sont encore une fois inqualifiables… Dans ses attaques visant le Liban, l’armée israélienne rase tout. S’en prend à tout.




En guerre contre l’humanité




La machine de guerre génocidaire américano-israélienne sème la mort et le chaos dans de plus en plus de régions du monde.

Nous assistons à une guerre contre l’humanité. Et je n’exagère pas. Ce qui se déroule à travers le monde n’est pas une série d’événements ou de crises isolés. Il s’agit d’une attaque coordonnée menée par des forces brutales contre les systèmes internationaux qui soutiennent l’humanité.

L’objectif est d’imposer un ordre mondial qui non seulement applique la loi du plus fort, mais s’en vante.

On ne peut pas comprendre ce qui se passe en ce moment si l’on ne voit pas que la Palestine – à la fois en tant que lieu et en tant que lutte – est au cœur des événements actuels.

Même si, depuis le cessez-le-feu d’octobre, Gaza est largement délivrée des bombardements intensifs quotidiens, des tirs d’artillerie, des frappes de drones et des tirs ciblés de snipers, une violence meurtrière continue de s’abattre sur les Palestiniens depuis le ciel.

En violation de l’accord, le régime israélien continue également de restreindre sévèrement l’entrée de l’aide humanitaire et de la nourriture dans la bande de Gaza.

L’armée israélienne a divisé Gaza en deux avec la soi-disant « ligne jaune » qui s’étend du nord au sud et qui sépare plus de 50 % du territoire de Gaza tel qu’il était avant le génocide.

Censée être temporaire, cette ligne fonctionne en réalité comme un mécanisme de réorganisation démographique permanente.

Cette violence quotidienne est une composante structurelle de l’accord conclu après le cessez-le-feu. Nous devons donc définir avec précision la nature de cet accord.


Il s’agit d’une nouvelle phase du génocide, qui permet au régime israélien de passer à une autre étape, tout en permettant aux États tiers de se targuer d’avoir fait avancer la situation, alors que la réalité fondamentale pour les Palestiniens de Gaza reste largement inchangée.

Il ne fait aucun doute que ce qui se passe en ce moment marque l’apogée du plan du régime israélien visant à créer le « Grand Israël » – un projet biblique qui verrait Israël s’étendre à la Jordanie, au Liban, à l’Irak et à certaines parties de l’Arabie saoudite.

La destruction de Gaza, l’annexion de vastes portions de la Cisjordanie, l’invasion du sud du Liban et désormais le bombardement de l’Iran ouvrent tous la voie à la concrétisation de ce plan.

Comme il rencontre peu de résistance et qu’il n’est jamais obligé de répondre de ses crimes, malgré son mépris flagrant du droit international, le régime israélien est désormais certain de pouvoir agir comme bon lui semble et de de pouvoir s’approprier tout ce qu’il veut.

Rien de tout cela ne peut toutefois être compris indépendamment de ce qui l’a rendu possible : le soutien diplomatique, financier et militaire inconditionnel de près de huit décennies apporté au régime israélien par les États-Unis et les États européens.

Le refus d’obliger Israël à rendre des comptes persiste alors même que le gouvernement israélien réduit à néant toute prétention d’ordre mondial fondé sur des règles.

On en a eu une des manifestations les plus frappantes en novembre dernier, lorsque le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté la résolution 2803, approuvant le plan en 20 points du président américain Donald Trump pour Gaza, y compris la création du Conseil de la paix.

Les Etats-Unis ont exercé une pression politique et une coercition extraordinaires pour faire adopter cette résolution. Elle impose un contrôle administratif étranger sur la population palestinienne de Gaza, sans aucune référence au génocide, aux crimes de guerre, ni aux coupables.

Il s’agit, en effet, d’une résolution qui dissimile l’impunité dont jouit Israël sous le voile du multilatéralisme.

Depuis lors, l’administration Trump a clairement indiqué qu’elle entendait faire du Conseil de la paix un projet international– un projet visant à supplanter l’ONU et à remplacer la gouvernance multilatérale par une structure dépendante de Washington.

Il est clair que pour Trump, Gaza est le point de départ de ce projet, mais le projet est plus vaste.

Le plan s’est poursuivi avec l’attaque illégale contre la souveraineté du Venezuela et l’enlèvement de son président ; l’intensification du siège de Cuba et sa famine délibérée ; la guerre illégale américano-israélienne contre l’Iran, qui bénéficie toujours d’une couverture diplomatique de la part de nombreux États occidentaux ; l’assaut d’Israël contre le Liban, visant à réoccuper des parties de son territoire.

Parallèlement, nous assistons également à l’essor d’entreprises d’intelligence artificielle impliquées dans le génocide à Gaza et dont la technologie est désormais déployée par l’agence ICE (Immigration and Customs Enforcement) dans les rues des villes américaines.

Nous voyons le secteur de la sécurité privée, l’industrie de la surveillance et le complexe militaro-industriel – dont les profits ont atteint leur apogée pendant le génocide et connaissent un nouvel essor aujourd’hui pendant la guerre contre l’Iran – se développer grâce aux conflits et trouver de nouveaux marchés, de nouveaux laboratoires et de nouvelles populations sur lesquelles mener des essais.


C’est un moment crucial, non seulement pour la région, mais aussi pour le reste du monde.

Les commentaires de Trump sur l’Espagne, après le refus du Premier ministre espagnol Pedro Sanchez d’autoriser les États-Unis à utiliser ses bases militaires pour mener des frappes contre l’Iran, en sont la parfaite illustration.

Il a déclaré : « L’Espagne a en fait dit que nous ne pouvions pas utiliser leurs bases. Ce n’est pas grave. Nous pourrions utiliser leur base si nous le voulions. Rien ne nous empêche d’y aller et de nous en servir ».

Il ne faut pas considérer cela comme de simples divagations de Trump ; c’est un avertissement pour toutes les nations souveraines.

Capituler ou accorder par souci d’apaisement l’accès à leurs ports et à leur espace aérien ou signer des traités de coopération en matière de défense, ne protégeront pas les nations souveraines du danger – bien au contraire. Tout cela les lie à la machine de guerre des États-Unis et d’Israël, et rend leur souveraineté conditionnelle.

C’est un engrenage que de nombreux pays ne connaissent que trop bien.

Ce qui est désormais clair, c’est que ce qui a commencé à Gaza se poursuit ailleurs dans le monde. La machine de guerre génocidaire américano-israélienne s’étend, et elle s’apparente de plus en plus à une guerre contre l’humanité elle-même.

Yara Hawari

https://www.chroniquepalestine.com/en-guerre-contre-humanite/


samedi 11 avril 2026

Document officiel britannique sur la Nakba de 1948



« Les forces israéliennes ont expulsé 28 Arabes [Palestiniens] qui ont ensuite été brûlés vifs avec de l'essence ».



Document officiel britannique sur la Nakba de 1948 que j'ai trouvé aux National Archives.



L'Allemagne, unique État goy d'Israël



Bien que le soutien inconditionnel de l'Allemagne à Israël surprenne la plupart des gens, le sujet ne se limite pas au seul soutien politique.

L'Allemagne est, au sens littéral – et je le répète, au sens littéral –, non seulement l'otage d'Israël, mais aussi son unique État goy officiellement reconnu.

« Jusqu'où cela peut-il aller ? » pourrait-on se demander. Cela va jusque-là, et cela arrive bel et bien.

- Depuis l'Accord de Luxembourg de 1952, l'Allemagne a versé 30 milliards d'euros à l'infrastructure industrielle, de transport et énergétique d'Israël, et plus de 100 milliards d'euros aux victimes de l'Holocauste et aux organisations juives. Bien que le processus officiel d'indemnisation ait pris fin en 1996, près de 2 milliards d'euros sont encore versés annuellement aujourd'hui (aux proches des victimes).

- De plus, sous le nom d'« éducation à l'Holocauste », chaque année ; en plus d'applications telles que l'allocation d'au moins 20 % du programme d'histoire et des manuels scolaires à l'Holocauste, et l'emmener des élèves dans des camps de concentration, un budget supplémentaire de 100 millions d'euros est alloué / obligatoire.

- Les services de renseignement intérieur et extérieur allemands sont en coordination totale avec le Mossad. Le BND et le BfV partagent directement toutes les données collectées avec les centres et les équipes du Mossad en Allemagne.

- L'Allemagne finance pratiquement tous les projets militaires d'Israël, que ce soit directement ou sous le couvert de partenariats, y compris le financement des premières installations nucléaires d'Israël.

Par exemple :

- Les sous-marins de classe Dolphin ont été fournis à Israël au prix d'un tiers de leur coût, en d'autres termes, quasiment offerts comme un don.

- Des géants allemands comme Mercedes, BMW, Volkswagen, Bayer, Siemens, Bosch, BASF sont aujourd'hui les plus grands soutiens d'Israël. Beaucoup de ces entreprises fournissent à Israël – presque gratuitement – des services dans les domaines de la cybersécurité, de la défense, de l'intelligence artificielle, de la médecine, de la chimie et d'autres secteurs, via d'immenses centres à Tel Aviv.

- Dans certains États (Saxe-Anhalt, par exemple) pour obtenir la nationalité allemande, il est obligatoire de « reconnaître le droit à l'existence de l'État d'Israël et de condamner toute forme d'effort contraire à cela ».

- À partir de 1990, tout Juif entrant dans le pays avec le statut spécial de « réfugiés contingents » (Kontingentflüchtlinge) et le demandant doit se voir accorder la citoyenneté. De plus, ces personnes reçoivent un salaire mensuel régulier.

- Presque toutes les institutions médiatiques allemandes rendent obligatoire, dans leurs contrats de travail, la clause de « défense du droit à l'existence d'Israël ». Au moindre signe de critique, la carrière de la personne est immédiatement terminée – sans retour possible.

- Les universitaires ou étudiants doivent accepter, pour obtenir un fonds culturel ou artistique, ou un soutien académique, la définition de l'antisémitisme établie par l'IHRA (Alliance internationale pour la mémoire de l'Holocauste). Sinon, ils ne peuvent bénéficier de la plupart des fonds.

- Alors que les communautés religieuses chrétiennes luttent pour survivre grâce à l'impôt ecclésiastique et aux aides, le budget annuel du Conseil central des Juifs en Allemagne est soumis à un contrat officiel avec l'État allemand. Toutes les synagogues et écoles juives doivent disposer d'une police armée 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

- Le principe « La sécurité d'Israël est la raison d'être de l'État » (Staatsräson) imprègne tous les niveaux de l'État. Il est questionné/discuté depuis des années dans l'opinion publique allemande que tout chancelier allemand signe, avant de prendre ses fonctions, un document d'absolue loyauté envers Israël et les États-Unis (Kanzlerakte).

En résumé, l'Allemagne d'aujourd'hui ; de sa politique à son armée, de son éducation à son économie, de son renseignement à ses institutions culturelles, de son industrie à sa technologie, est une nation et un État goy littéralement redessinés pour servir le sionisme.

Bien que la nouvelle génération soit de plus en plus mal à l'aise / consciente de cette situation, il n'est pas possible pour l'Allemagne de se libérer de cette servitude à court terme.






vendredi 10 avril 2026

La Knesset est une institution terroriste qui doit être exclue de toute organisation internationale




Organisations de prisonniers palestiniens : « la Knesset israélienne est une institution terroriste ; il faut immédiatement mettre fin à son adhésion aux parlements et aux unions internationaux. »

Ramallah, Palestine occupée — Après des années d’efforts incessants de la part du régime colonialiste israélien pour légaliser l’exécution des prisonniers politiques palestiniens — et dans un contexte mondial marqué par la paralysie et la complicité, mises à nu par les atrocités commises dans la bande de Gaza occupée —, l’occupation israélienne a adopté une loi qui autorisera l’exécution des prisonniers politiques palestiniens.

Si l’occupation israélienne procède depuis des décennies à des exécutions extrajudiciaires de Palestiniens, ce moment marque une escalade dangereuse. Alors que le nettoyage ethnique s’intensifie, que les déplacements forcés s’étendent et que les politiques d’apartheid s’aggravent, l’existence même des Palestiniens est menacée en permanence, de la rue aux prisons en passant par les camps militaires.

Cette loi constitue une violation profonde des droits humains fondamentaux et met à nu des décennies de complicité internationale, d’absence de volonté, d’échec et de refus de demander des comptes à la colonie de peuplement qu’est « Israël ».

Alors que l’attention mondiale reste rivée sur la guerre américano-israélienne contre l’Iran, l’occupation israélienne inaugure une nouvelle phase d’exécutions de prisonniers palestiniens ouvertement sanctionnées et motivées par des considérations politiques. Elle codifie le meurtre politique sanctionné par l’État et transforme les prisons en lieux de mise à mort légalisés et en arènes centrales de torture.

Ne vous y trompez pas : cette loi est le prolongement d’un système de génocide à plusieurs volets qui vise l’existence palestinienne depuis des décennies — faisant des prisons et des camps de détention de l’occupation un prolongement direct des politiques génocidaires et un théâtre central de leur exécution.

À ce stade critique et dangereux, où notre peuple est confronté à une persécution grave et systématique, nous, en tant qu’organisations palestiniennes de défense des droits humains, affirmons que le système d’occupation a atteint un niveau de brutalité qui dépasse la capacité descriptive des cadres internationaux des droits humains – cadres qui se sont révélés totalement incapables d’exercer une pression significative pour mettre fin à la destruction et au nettoyage ethnique en cours contre les Palestiniens partout dans le monde.

Au vu de cette évolution dangereuse, nous, en tant qu’institutions palestiniennes de défense des droits humains, affirmons que malgré les appels répétés que nous avons lancés au cours de la période écoulée et les messages envoyés à divers organismes concernés, la loi a été adoptée.

Néanmoins, nous continuerons d’appeler les pays libres à adopter une position claire à l’égard de la soi-disant « Knesset », à œuvrer immédiatement pour mettre fin à son adhésion aux parlements et unions internationaux, et à la boycotter en tant qu’institution qui codifie le génocide et la destruction systématiques du peuple palestinien, en particulier depuis le crime de génocide documenté à Gaza.

Nous continuerons à nous adresser de toutes nos forces aux peuples libres du monde, en nous appuyant sur le droit inaliénable des Palestiniens à l’autodétermination, à la liberté et à la libération de tous les prisonniers politiques.

Nous avertissons que ces crimes et cette destruction continue ne se limiteront pas au seul peuple palestinien, mais s’étendront aux peuples du monde entier, tant que la communauté internationale persistera dans sa complicité et dans le fait de traiter « Israël » comme un système colonial exempt de toute responsabilité et de toute sanction, et comme une exception aux lois et aux normes humanitaires que les peuples ont longtemps lutté pour établir.

Nous réitérons donc nos revendications :

- L’application du principe de compétence universelle afin de poursuivre les personnes impliquées dans les actes de torture, les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité commis à l’encontre des prisonniers.

- La suspension de toute forme de coopération diplomatique, militaire et économique avec l’occupant jusqu’à ce que celui-ci se conforme pleinement au droit international.

- Considérer la Knesset et les tribunaux d’occupation israéliens comme des institutions racistes et terroristes et œuvrer à leur isolement sur la scène internationale, notamment en s’opposant à leur adhésion aux instances et unions parlementaires internationales.

- Garantir la libération immédiate et inconditionnelle de tous les prisonniers politiques palestiniens, notamment : mettre fin à la politique de détention administrative, démanteler le système des tribunaux militaires et ouvrir des enquêtes indépendantes et transparentes sur tous les cas de torture et de décès en détention.

- Coopérer pleinement avec la Cour pénale internationale, soutenir ses enquêtes et exécuter les mandats d’arrêt contre les responsables de crimes internationaux.

- Permettre au Comité international de la Croix-Rouge de rendre visite aux prisonniers et de surveiller leurs conditions de détention sans restriction.


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"C’est une profondeur de mal au-delà de l’humanité elle-même"

Daniel Lambert :

"Israël est le premier État de l’histoire à légiférer une peine de mort qui ne s’applique qu’à un seul groupe ethnique.

Il y a une raison pour laquelle personne n’a jamais fait cela.

C’est une profondeur de mal au-delà de l’humanité elle-même."

Commentaire relayé par Etienne Chouard sur X