lundi 20 avril 2026

Ce que les bombes ne peuvent pas tuer : Shariati et la décolonisation du soi


par Amir Nour et Laala Bechetoula


Shariati et Fanon

La relation intellectuelle entre Shariati et Frantz Fanon est l’une des plus fécondes et des moins étudiées du vingtième siècle. Shariati n’a pas simplement admiré Fanon ; il l’a traduit en persan, il l’a enseigné, et il en a fait un pont entre la conscience révolutionnaire du Tiers-Monde et la jeunesse intellectuelle iranienne (1). Il a compris, avant la plupart de ses contemporains, que la révolution algérienne n’était pas seulement un événement historique : c’était un modèle de pensée.

Fanon était un psychiatre martiniquais formé à Lyon, engagé dans la révolution algérienne, et théoricien de la violence libératrice et de la décolonisation psychique. Dans Les Damnés de la Terre – préfacé par Sartre et publié en 1961, quelques semaines avant la mort de Fanon à 36 ans – il formule la thèse dérangeante selon laquelle la colonisation n’est pas seulement une domination économique et militaire. C’est une destruction de l’être : «Le colonialisme est la violence à l’état naturel, et il ne peut s’incliner que devant une plus grande violence». (2)

Shariati absorbe cela – mais le transforme. Pour lui, la violence libératrice de Fanon ne peut être qu’intérieure avant d’être extérieure. Les esprits doivent être décolonisés avant les territoires. Et pour un peuple iranien imprégné de culture chiite, cette décolonisation intérieure passe nécessairement par l’islam – non pas en dépit de lui, mais à travers lui. Il appellera cette relecture le chiisme alavide contre le chiisme safavide. Le Rouge contre le Noir. Ervand Abrahamian a écrit à ce sujet : «Shariati avait compris quelque chose que Fanon n’avait pas vu : dans les sociétés à forte culture religieuse, la révolution doit parler le langage du sacré, ou elle ne parle pas du tout. Il a fait ce que Marx avait refusé de faire : il a pris la religion au sérieux comme force de mobilisation». (3)

Jean-Paul Sartre lui-même – athée convaincu – avait un jour déclaré : «Je n’ai pas de religion, mais si je devais en choisir une, ce serait celle de Shariati» (4). Ce témoignage du plus grand philosophe français du vingtième siècle à l’égard d’un intellectuel iranien dit tout de la stature universelle de Shariati – et de l’ignorance abyssale de ceux qui prétendent aujourd’hui bombarder son pays au nom de la liberté.

Le Rouge contre le Noir

C’est ici que Shariati devient véritablement dangereux – pour le Shah, pour les mollahs, et en définitive pour tous les pouvoirs sans exception. Sa distinction entre le chiisme safavide et le chiisme alavide est une bombe théologique et politique dont la mèche brûle encore. (5)

Le chiisme safavide – le chiisme noir – transforme la mémoire de Karbala en liturgie de la défaite, en esthétique institutionnalisée de la lamentation. Le deuil de l’imam Hussein devient un spectacle annuel qui maintient le peuple dans une posture permanente de victimisation, incapable d’action, dans l’attente du retour du Mahdi. C’est, dit Shariati sans détour, un opium du peuple – mais un opium islamique, infiniment plus efficace que la version marxiste, parce qu’il parle le langage du cœur et anesthésie la raison par les larmes.

Le chiisme alavide – le chiisme rouge – est le chiisme des origines, celui de Karbala, non comme défaite mais comme choix. Car Hussein savait qu’il marchait vers la mort. Il avait les renseignements. Il connaissait la supériorité numérique des forces de Yazid. Et il a marché quand même – non par fatalisme, mais comme acte fondateur : dire à toutes les générations futures que l’injustice n’est pas un destin, qu’on peut dire non, que le refus est un acte sacré.

Pour Shariati, pleurer Hussein sans comprendre pourquoi il est mort, c’est trahir Hussein. La formule est cinglante. Elle atteint sa cible. Et elle porte bien au-delà de l’Iran : combien de révolutions ont été trahies par leurs héritiers, qui ont gardé le vocabulaire en abandonnant l’esprit ?

Shariati et Bennabi

Nous devons marquer une pause ici. Car si Shariati nous a frappés par son radicalisme, c’est Malek Bennabi – fils de Tébessa, ce géant trop souvent réduit à une seule citation – qui nous a donné les outils pour comprendre Shariati dans toute sa profondeur.

Bennabi (1905-1973) est, aux côtés de Shariati, l’un des plus grands penseurs politico-théologiques du monde islamique du vingtième siècle. Scientifique de formation et génie autodidacte, il a passé une partie de sa vie à Paris avant de rentrer en Algérie après l’indépendance, où il a dirigé l’Institut islamique supérieur d’Alger jusqu’à sa mort en 1973.

Son concept central est celui de la colonisabilité, c’est-à-dire la disposition intérieure qui rend un peuple vulnérable à la colonisation. Pour Bennabi, le colonisateur ne peut coloniser que ceux qui se laissent coloniser – non par lâcheté innée, mais parce qu’une civilisation en déclin perd sa cohésion interne, sa vitalité idéologique et, surtout, sa capacité à produire de nouvelles idées. (6)

Le diagnostic de Bennabi est brutal : le monde islamique n’a pas été colonisé parce que l’Occident était fort. Il a été colonisé parce qu’il était vide – vide d’idées, vide de projets, et vide de cette ʿasabiyya au sens khaldounien, cette énergie sociale cohésive qui seule permet à une civilisation de se défendre et de se projeter dans l’avenir. (7)

Bennabi développe sa théorie des trois mondes constitutifs d’une civilisation : le monde des idées, le monde des personnes et le monde des choses. Une civilisation meurt quand le monde des idées se tarit. Elle peut encore avoir des richesses et des populations – comme le monde arabe pétrolier – mais sans ferment d’idées, elle n’est qu’un corps sans âme, une carcasse à coloniser. (8)

Bien qu’ils aient évolué dans des cercles intellectuels islamiques proches (dans les années 1960-1970) et qu’ils aient partagé des idées sur la révolution culturelle et sociale, aucune preuve documentaire directe ni aucun témoignage historique largement attesté ne confirme une rencontre physique entre Malek Bennabi et Ali Shariati. Leur connexion était avant tout intellectuelle et idéologique – tous deux insistant sur la nécessité de passer d’un islam «hérité» (traditionnel) à un islam «conscient» ou engagé, capable de répondre aux défis de la modernité et de la décolonisation. Cette connexion était donc essentiellement littéraire : Shariati était un lecteur assidu de Bennabi ; il l’appelait affectueusement «le guide» et s’inspirait abondamment de ses concepts, notamment celui de la «colonisabilité» et de la nécessité de reconstruire l’individu avant de reconstruire la société.

«La puissance ne réside pas dans le nombre de soldats mais dans la cohésion du groupe, dans l’ʿasabiyya. Quand elle se décompose, l’empire tombe, même s’il dispose de toutes les ressources matérielles» (9). Ibn Khaldoun l’a dit sept siècles plus tôt. Bennabi l’a traduit en termes modernes. Shariati l’a mis en feu.

La vision de Shariati est principalement exposée dans un livre (10). Mettant en garde contre les risques d’aliénation et de perte des repères culturels et religieux auxquels sont exposés les musulmans et les sociétés musulmanes sous l’influence croissante des modèles occidentaux, il préconise un retour à soi, insistant sur le fait que c’est là la seule manière de répondre à tous les besoins et de satisfaire les consciences. Une personnalité musulmane forte et consciente d’elle-même est le fondement d’une société capable de répondre aux exigences et aux défis contemporains. Mais revenir à soi, s’empresse-t-il d’ajouter, implique avant tout de savoir qui l’on est. Il soutient que cette identité musulmane ne peut se définir selon de vieilles traditions dépassées, mais selon les enseignements profonds de l’islam, ceux-là mêmes qui sont facteurs de liberté, de modernité et de progrès. Il a écrit à ce sujet : «Il y a beaucoup de présupposés qui dénaturent notre culture, et il aurait mieux valu que l’Européen nous dise que nous n’avons aucune culture, aucune littérature, aucune science, aucune civilisation, ni aucune religion. Nous aurions pu alors amener notre génération à se redécouvrir son soi, à combler tous ses besoins et à satisfaire sa conscience et son entendement. Au lieu de cela, nous sentons actuellement l’odeur de la haine qui flotte dans l’atmosphère, dans les sentiments et dans les esprits, et alors même que nous sommes sur le point de parler du soi, nous courons chercher refuge auprès des modèles occidentaux. C’est la raison pour laquelle Aimé Césaire peut dire : “Revenons à nous-mêmes”. Mais moi, je ne peux m’empêcher de demander : “À quel soi ?” S’agit-il de ce soi dénaturé qui nous a été exposé ? Non, il est impossible de revenir à un tel Soi. Cela reviendrait à s’accrocher à la tradition et aux choses anciennes et dépassées et à reculer devant le progrès».

Shariati raconte que la publication de son ouvrage intitulé «Az Kuja Biyāvarim ?» (traduit en français sous le titre «Retour à soi», dans lequel il questionne le point de départ du renouveau intellectuel et spirituel des sociétés musulmanes contemporaines) provoqua un grand tollé parmi les penseurs de son époque qui lui étaient opposés. Au point qu’il fut sur le point d’être traduit en justice. On l’accusait d’être un «adorateur réactionnaire des traditions» et un «élément refusant l’avenir et hostile au progrès», «pleurant le passé». Ceux qui l’accusaient de tels «crimes», dit-il, «n’allèrent cependant pas au fond des choses, se contentant de présenter mon livre comme une pièce à conviction».

Abou Dharr

Nous devons aussi parler de l’Abou Dharr de Shariati. Car là, il touche quelque chose qui transcende l’Iran, transcende le chiisme et parle à tout homme et toute femme – croyant ou non – qui refuse l’injustice économique comme fatalité divine ou naturelle.

Abou Dharr al-Ghifari était un compagnon du Prophète Mohammed qui refusait l’accumulation des richesses, prenait publiquement le parti des pauvres contre les gouverneurs omeyyades, et fut exilé dans le désert de Rabadha, où il mourut seul en 652 de notre ère, fidèle à ses convictions jusqu’à son dernier souffle. Shariati a écrit à son sujet : «Ce que Marx a dit avec les concepts du dix-neuvième siècle, Abou Dharr l’a dit avec ceux du septième. Mais Abou Dharr parlait le langage de la conscience d’une société, non d’une théorie importée» (11). Cette idée est explosive pour plusieurs raisons simultanées. Elle permet à Shariati de décoloniser la gauche iranienne : nul besoin d’emprunter un cadre marxiste occidental pour critiquer l’injustice – l’islam lui-même, dans ses textes fondateurs, contient la critique. Elle désarme aussi le clergé conservateur qui assimilait tout discours sur la justice économique au communisme athée. C’est un double mouvement de libération intellectuelle que peu de penseurs au monde ont accompli avec une telle élégance. C’est précisément pour cela que les mollahs traditionnels le haïssaient. Non pas parce qu’il avait tort. Mais parce qu’il avait raison.

Entre Couronne et Turban

Shariati avait le privilège rare – et dangereux – de se faire des ennemis dans tous les camps en même temps. Dans l’histoire de la pensée, c’est souvent le signe que l’on a touché quelque chose de vrai, quelque chose que tous les pouvoirs ont intérêt à faire taire.

La SAVAK – la police secrète du Shah, créée en 1957 avec l’assistance multiforme de la CIA et du Mossad (12) – disposait de pouvoirs d’arrestation illimités et a commis un nombre considérable d’assassinats au sein de l’opposition. Elle fut démantelée lors de la Révolution islamique de 1979 par l’imam Khomeiny. La SAVAK le classait comme «marxiste islamique». Arrêté, emprisonné deux fois, assigné à résidence et harcelé sans relâche pendant des années, il continua d’écrire, de donner des conférences clandestines et de former des générations de jeunes Iraniens qui allaient faire une révolution qu’il n’aurait lui-même pas voulu voir évoluer ainsi.

Mais le clergé traditionnel ne le portait pas davantage dans son cœur. Sa méthode – encourager les croyants à lire et interpréter le Coran directement, sans intermédiaire clérical – menaçait tout l’édifice du pouvoir religieux institutionnel. Il fut accusé d’être, tour à tour, wahhabite, communiste, moderniste et agent de l’étranger. L’ayatollah Khomeiny lui-même entretenait avec Shariati des relations profondément ambiguës. Il reconnaissait son influence sur la jeunesse – précieuse pour la révolution en cours à l’époque – mais se méfiait de sa pensée indépendante, de son anticléricalisme radical et de sa conviction absolue que la révolution islamique n’avait besoin d’aucune tutelle cléricale. C’est le paradoxe tragique de toute sa vie : Shariati a intellectuellement préparé une révolution dont il n’aurait jamais voulu le résultat.

Il est particulièrement intéressant de mentionner ici les remarques du Guide suprême récemment assassiné, Sayyid Ali Khamenei, sur Shariati en 1969, c’est-à-dire durant la dernière année de la vie de Jalal Al Ahmad (13), lorsque ce dernier vint à Machhad : «Nous nous sommes alors réunis en présence du Dr. Ali Shariati et d’un certain nombre d’amis. Quand la conversation en est venue aux oulémas, feu Al Ahmad s’est tourné vers Ali Shariati et lui a demandé pourquoi il critiquait avec tant d’insistance les hawzas plutôt que de s’attaquer aux intellectuels. La réponse du Dr. Shariati nous donne une indication sur la façon dont il distinguait les “gens de spiritualité” en tant qu’ils incarnent une certaine position et situation, et les “gens de spiritualité” en tant qu’oulémas. Il dit : “La raison pour laquelle je critique les hawzas avec tant d’insistance, c’est que nous attendons beaucoup d’elles, alors que nous n’attendons pas grand-chose de notre élite intellectuelle qui a grandi dans les bras de la culture occidentale. La hawza est le roc solide duquel nous espérons voir émerger bien des choses. C’est seulement lorsqu’elle ne remplit pas sa fonction que nous la critiquons”».

Khamenei ajoutait que «L’œuvre de reconstruction en question doit donner naissance à une nouvelle étape, qui sera bénéfique pour notre génération. En d’autres termes, ce dont nous avons besoin aujourd’hui, c’est de lire Shariati en même temps que Motahari. Ce qui émerge de ce recoupement entre la beauté des idées de Shariati et la maîtrise de la pensée islamique de Motahari c’est précisément ce dont notre génération actuelle a besoin. Ce qui fait de Shariati un précurseur, c’est sa capacité extraordinaire à reformuler l’islam dans le langage moderne qui s’accorde avec la génération de son temps. Si plusieurs l’ont précédé dans cette voie, aucun n’a connu le succès qui a été le sien». (14)

La Mort mystérieuse

En juin 1977, épuisé par des années de surveillance et d’intimidation, Shariati quitta l’Iran pour l’Angleterre. Le 18 juin 1977 – à peine trois semaines après son arrivée à Southampton – il fut retrouvé mort dans son appartement. Il avait 43 ans.

Cause officielle : arrêt cardiaque. Pas d’autopsie approfondie. Pas d’enquête sérieuse. L’affaire fut classée avec une rapidité suspecte, comme si l’on souhaitait que la question fût réglée avant même d’avoir été examinée. La SAVAK avait une réputation bien documentée d’éliminer ses cibles à l’étranger par des moyens médicalement indétectables (15). Le moment est troublant : Shariati venait de commencer à tisser des liens avec les réseaux d’opposition iraniens en Europe, travaillait sur de nouveaux textes, et se trouvait – selon ses proches – dans une forme intellectuelle meilleure que jamais.

Shariati est enterré à Damas, près du sanctuaire de Sayyida Zaynab – la sœur de l’imam Hussein qui, ayant survécu à Karbala, porta le message de la résistance jusqu’à Damas devant Yazid lui-même. Une géographie symbolique qui ressemble à un testament.

La révolution qu’il avait conçue éclatera deux ans plus tard, en 1979. Son portrait était partout dans les rues de Téhéran. Des millions de manifestants scandaient son titre : Mo’allem-e Enq elāb – le Professeur de la Révolution (16). Mais le pouvoir tomba aux mains du clergé institutionnel – précisément ceux qu’il avait critiqués. L’architecte avait dessiné les plans. D’autres ont construit autrement. Et très vite, son islam de protestation devint gênant pour un État désormais réclamant l’obéissance.

Amir Nour est un chercheur algérien en relations internationales. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont «L’Orient et l’Occident à l’heure d’un nouveau Sykes-Picot», «L’Islam et l’ordre du monde» (Éditions Alem El Afkar, Alger, 2014 et 2021), et «The Monstrosity of Our Century : The War on Palestine and the Last Western Man» (Clarity Press, Géorgie, États-Unis, 2026).

Laala Bechetoula est un historien indépendant, journaliste et analyste géopolitique algérien. Il publie régulièrement sur les guerres contemporaines et la géopolitique du monde islamique sur des plateformes telles que Countercurrents, Global Research, Mondialisation.ca, IslamiCity, Réseau International, Le Quotidien d’Oran, Sri Lanka Guardian.


  1. Ali Rahnema, «An Islamic Utopian : À Political Biography of Ali Shariati», I.B. Tauris, 1998.
  2. Frantz Fanon, «Les Damnés de la Terre, préface de Jean-Paul Sartre», François Maspero, Paris, 1961, p. 61.
  3. Ervand Abrahamian, «Khomeinism : Essays on the Islamic Republic», University of California Press, 1993. Citation tirée de la conférence «Revolutionary Islam and Its Legacy», Columbia University, 2008.
  4. Citation de Jean-Paul Sartre sur Shariati rapportée par PBS Frontline/Tehran Bureau, «Shariati on Religious Government», 2009.
  5. Ali Shariati, «Tashayyoʿ-e Alavi va Tashayyoʿ-e Safavi», conférences à la Husseyniyeh Ershad, Téhéran, 1971-1972.
  6. Malek Bennabi, «Vocation de l’Islam», Seuil, Paris, 1954 (réédité Berti, Alger, 2006).
  7. Malek Bennabi, «Les Conditions de la Renaissance», Alger, 1949.
  8. Malek Bennabi, «Le Problème des idées dans le monde musulman», El Borhane, Alger, 1970.
  9. Ibn Khaldoun, «La Muqaddima : Introduction à l’Histoire universelle», trad. Vincent Monteil, Sindbad, Paris, 1967, vol. I, ch. II.
  10. Ali Shariati, «Retour à soi», Dar Alburaq, Beyrouth, Liban, 2011.
  11. Ali Shariati, «Abuzar : The God-Worshipping Socialist», Téhéran, 1956 ; et «Islam and Marxism», Téhéran, 1968.
  12. Abbas Milani, «The Shah», Palgrave Macmillan, 2011, ch. 12 ; Amnesty International, Rapport annuel sur l’Iran 1974-1978, Londres.
  13. Jalal Al Ahmad (1923-1969) : intellectuel, romancier et critique social iranien majeur, connu pour avoir forgé le concept influent de gharbzadegi («Occidentosite»), critique de la dépendance culturelle de l’Iran envers l’Occident.
  14. Revue Al-Wihdat, n° 126, pp. 46-37, Rajab 1994.
  15. Amnesty International, «Political Prisoners in Iran», Londres, 1976.
  16. Oxford Academic, «Ali Shariati : The Believing Revolutionary», in Justice in Islam, 2022.

dimanche 19 avril 2026

Jésus dans le Talmud, de Peter Schäfer






Peter Schäfer (né en 1943 à Mülheim, Allemagne) est un grand spécialiste allemand du judaïsme ancien et du christianisme primitif. Professeur à la Freie Universität de Berlin (1983-2008), puis titulaire de la chaire d’études juives à Princeton (1998-2013), il est reconnu pour ses travaux sur le judaïsme rabbinique, la mystique juive, la magie juive et l’histoire du judaïsme tardif. Auteur prolifique, il a publié de nombreux ouvrages, articles et éditions critiques. Il a dirigé le Musée juif de Berlin de 2014 à 2019, mais a démissionné après des polémiques liées à la position du musée sur le mouvement BDS. Sa démission a suscité un large soutien de la part de directeurs de musées et d’universitaires en études juives. Schäfer est membre de l’American Academy of Arts and Sciences et de l’American Philosophical Society. Il a reçu plusieurs distinctions, dont le Prix Leopold Lucas (2014) et l’ordre Pour le Mérite pour les sciences et les arts (2021). Pour "Jesus in the Talmud", il a bénéficié des relectures et des suggestions de chercheurs notables, tels que Richard Kalmin du Jewish Theological Seminary of America et son mentor, Martin Hengel, pour la rédaction de son manuscrit.

Jesus in the Talmud (2007) explore la représentation de Jésus de Nazareth dans le Talmud, le document fondamental du judaïsme rabbinique de l'Antiquité tardive. L'auteur rejette l'idée que le Talmud est une source historique non fiable pour Jésus, comme l'a suggéré Johann Maier, auteur de livres de référence sur Jésus. Au lieu de cela, le livre postule que les récits rabbiniques sur Jésus sont des contre-récits délibérés et sophistiqués aux histoires de sa vie et de sa mort dans les Évangiles. Ces récits supposent une connaissance détaillée du Nouveau Testament, en particulier de l'Évangile de Jean.

Le livre met en évidence une distinction significative entre les sources palestiniennes et babyloniennes. Les sources palestiniennes sont plus retenues, se concentrant sur les origines de l'Église chrétienne et la menace qu'elle représente pour l'autorité rabbinique. En revanche, le Talmud de Babylone (Bavli) est beaucoup plus direct et audacieux dans son traitement de Jésus, de sa vie et de sa destinée. Cette différence est attribuée aux contextes historiques et politiques distincts : les juifs de Palestine étaient sous la domination romaine et chrétienne croissante, tandis que les juifs de Babylone, dans l'Empire sassanide, vivaient dans un environnement non-chrétien, voire anti-chrétien, leur permettant d'exprimer plus librement leurs sentiments anti-chrétiens.

Le livre organise les récits talmudiques sur Jésus autour de plusieurs motifs principaux :

La famille de Jésus et la sexualité : Le Talmud babylonien présente Jésus comme un mamzer (BÂTARD), le fils d'une femme adultère nommée Miriam et d'un certain Pandera, supposément un soldat romain. Ce récit est une parodie directe de l'affirmation du Nouveau Testament selon laquelle Jésus est né d'une vierge et est d'origine davidique. L'auteur souligne que le fait d'être un bâtard limitait l'intégration de Jésus dans la communauté juive, l'empêchant de fonder un "nouveauIsraël".

Jésus comme mauvais disciple : Le Talmud dépeint Jésus comme un fils ou un disciple qui "gâche son plat" (maqdiah tavshilo) en menant une VIE LICENCIEUSE, suggérant une infidélité conjugale, possiblement liée à Marie Madeleine. Une autre histoire le décrit comme un "disciple frivole" de Yehoshua b. Perahya, qui, après un malentendu et l'excommunication, se tourne vers l'idolâtrie et donne naissance à la secte chrétienne.

La magie de Jésus : Jésus est qualifié de SORCIER ou de magicien, ayant acquis des pouvoirs en Égypte. Les récits incluent des guérisons effectuées "au nom de Jésus fils de Pantera/Pandera" par des hérétiques, ce qui, pour les rabbins, représentait une menace à leur autorité. Le Talmud critique non pas la magie en soi, mais l'autorité concurrente qu'elle implique.

L'exécution de Jésus (idolâtrie et blasphème) : Le Talmud babylonien décrit l'exécution de Jésus non pas par crucifixion romaine, mais par lapidation suivie de pendaison, conformément à la loi juive. La raison invoquée est qu'il a pratiqué la sorcellerie et a "entraîné et séduit Israël "(vers l'idolâtrie). Le Talmud insiste sur la responsabilité juive, affirmant que Jésus a été LÉGITIMEMENT EXÉCUTÉ comme blasphémateur et idolâtre. La mention d'une annonce publique par un héraut 40 jours avant l'exécution est interprétée comme une moquerie des prophéties de Jésus concernant sa résurrection.

Les disciples de Jésus : Le Talmud présente cinq disciples de Jésus (Mattai, Naqqai, Netzer, Buni, Todah) et leurs "batailles de versets bibliques" avec les juges. Ces dialogues sont des parodies théologiques des affirmations chrétiennes sur la messianité de Jésus, son innocence, sa Résurrection, sa filiation divine, et son rôle de sacrifice de la nouvelle alliance.

Le châtiment de Jésus en Enfer : L'un des récits les plus étranges du Talmud babylonien dépeint Jésus subissant un châtiment éternel en ENFER, assis dans des EXCRÉMENTS BOUILLANTS. Cette punition est interprétée comme une parodie malveillante de l'Eucharistie et de la promesse de Jésus que ceux qui mangent sa chair et boivent son sang auront la vie éternelle.

En conclusion, le livre soutient que les textes du Talmud babylonien, malgré leur fragmentation et l'influence de la censure chrétienne visible dans les manuscrits ultérieurs, constituent un contre-Évangile audacieux et puissant. Ils révèlent une communauté juive confiante qui utilise la parodie, l'inversion et la distorsion délibérée pour contester les fondements de la foi chrétienne, en particulier l'Évangile de Jean, connu pour son fort penchant anti-juif.

Méfiez-vous de ceux qui vous disent que Jésus n'apparaît pas dans le Talmud : ce sont des menteurs.

Paul-Éric Blanrue.



samedi 18 avril 2026

Un mariage à Gaza malgré les bombardements israéliens




À Gaza, une famille palestinienne a célébré un mariage sur la plage malgré les bombardements israéliens. Cette cérémonie, organisée dans un contexte de guerre et de destructions massives, a offert un moment de répit aux proches des mariés. Les images diffusées montrent une scène à la fois joyeuse et marquée par la gravité de la situation. Ce mariage symbolise la résilience du peuple palestinien, déterminé à préserver ses traditions et à continuer de vivre malgré les frappes et le blocus qui frappent l’enclave.

En plein génocide israélien à Gaza, une famille palestinienne a célébré un mariage sur une plage de l’enclave assiégée. La cérémonie, organisée dans des conditions précaires, a offert un rare moment de répit au milieu des bombardements incessants.

Des images relayées sur les réseaux sociaux montrent les mariés entourés de leurs proches, dans une atmosphère à la fois festive et empreinte de gravité. En arrière-plan, les traces de destruction rappellent la réalité quotidienne vécue par les habitants de Gaza.

Résilience palestinienne face à la guerre à Gaza

Ce mariage illustre la volonté du peuple palestinien de maintenir ses traditions malgré la guerre. Dans un contexte marqué par les frappes israéliennes et le blocus, ces moments de célébration prennent une dimension symbolique forte.

Ils témoignent d’une forme de résistance civile, où la vie continue malgré les pertes humaines et les destructions. Pour de nombreuses familles, préserver ces rites constitue un acte de dignité et d’espoir face à une situation humanitaire critique.

https://www.yenisafak.com/fr/video/international/mariage-a-gaza-sous-bombardements-israeliens-55318


vendredi 17 avril 2026

Même en usant de la violence la plus extrême, l’État génocidaire ne fera pas disparaître les Palestiniens




Par Salman Abu Sitta


Israël dispose d’une puissance militaire écrasante, mais le pouvoir moral ancré dans la paix et la justice est totalement absent du sionisme. C’est ce pouvoir qui a inspiré des millions de personnes à scander « Libérez la Palestine » dans les villes du monde entier comme jamais auparavant.

Alors que j’écris cet article au Koweït, j’entends le sifflement des drones qui survolent ma tête, en provenance et à destination de l’Iran, d’Israël et des bases militaires américaines de la région.

C’est un bon exemple de la puissance des armes. Mais elle est bien inférieure à la puissance de la pensée.

Benjamin Netanyahu, accusé de crimes de guerre, n’est pas réputé pour sa sagesse historique, mais il a involontairement mis le doigt sur l’analogie entre Gengis Khan et Jésus-Christ — c’est-à-dire entre le pouvoir des armes et le pouvoir de la pensée.

Le pouvoir des armes est éphémère. Il se dissipe et disparaît en peu de temps lorsque sa source ne peut plus maintenir son pouvoir. L’histoire regorge d’exemples de ce genre. Hitler en est un bon exemple. Netanyahu et le sionisme en sont des exemples en devenir.

Le pouvoir de la pensée est durable. Aujourd’hui, des milliards de personnes adhèrent au christianisme et à l’islam sans que le pouvoir des armes ne les contrôle.

J’ai été témoin du parcours des deux.

Depuis 1948, lorsque je suis devenu réfugié à l’âge de dix ans, après l’invasion sioniste de la Palestine, j’ai été témoin et j’ai vécu l’expérience de la Nakba de 1948, de l’agression tripartite de 1956, de la crise du détournement du Jourdain en 1964 lorsque Israël a construit le National Water Carrier, des attaques contre le Liban en 1982 et 2006, de l’Intifada (1987-2005), la guerre d’octobre de 1973, l’invasion du Koweït par l’Irak en 1990, la Grande Marche du retour de 2014 à 2018, la tentative de retour des réfugiés de Gaza dans leurs foyers en octobre 2023.

Aucun de ces événements, aussi meurtriers soient-ils, n’a changé la donne.

Israël attaque la Palestine et les pays de la région, avec l’aide des États-Unis, pour atteindre son objectif permanent : leur assujettissement. Il n’y est pas parvenu en sept décennies.

Son hostilité est bien ancrée dans la région. Sa position dans le monde en tant qu’État paria est confirmée. Il n’a pas compris que la puissance des armes n’est pas éternelle.

La puissance de la pensée, c’est-à-dire fondée sur la paix et la justice, est absente de la mentalité sioniste. D’autre part, les Palestiniens n’ont jamais faibli dans leur détermination à rentrer chez eux.

Sur la scène mondiale, le tableau est plus clair. Il y a environ 2 milliards de chrétiens dans le monde. Ils ont suivi le message de Jésus-Christ qui est apparu il y a 2000 ans et continueront à le faire.

Il y a aujourd’hui environ 2 milliards de musulmans. Ils ont suivi le message de Mohammad, qui a vu le jour il y a 15 siècles. On peut affirmer qu’ils constituent aujourd’hui la religion dont le nombre d’adeptes croît le plus rapidement.

L’héritage d’Israël au cours des sept dernières décennies repose sur l’occupation, les meurtres, le nettoyage ethnique et le génocide.

Au cours de la même période, la population palestinienne est passée de 1,5 million à 15 millions. Aujourd’hui, la moitié d’entre eux vit sur sa terre natale, mais sous occupation et dans un régime d’apartheid.

L’autre moitié est dispersée à travers le monde, représentant la Palestine réduite au silence. De nombreuses personnalités les représentent alors qu’ils ne se trouvent pas dans leur patrie occupée, comme Edward Said, Ghada Karmi, Susan Abulhawa et bien d’autres. Ils diffusent la véritable histoire à travers le monde.

Aujourd’hui, les Palestiniens comptent le plus grand nombre de titulaires de doctorat par habitant au monde. Ils réussissent partout où ils vont : en politique, en science et dans la finance. Pourtant, Israël, pays désormais peuplé de nouveaux immigrants d’Europe de l’Est, les prive du droit de rentrer chez eux.

Le cri « Libérez la Palestine » résonne dans les rues des villes du monde entier comme jamais auparavant.

Pour les Palestiniens, le droit au retour est sacré, légal et inévitable. Ils n’y renonceront pas et, sans aucun doute, ils l’obtiendront.

Ainsi, le pouvoir de la pensée l’emportera sur le pouvoir des armes.

Source



jeudi 16 avril 2026

Le monde peut-il survivre à Israël ?



par Gilad Atzmon

Le jour où l’Iran a abattu un F-15E et un A-10, il a également confirmé avoir réduit plus de 160 drones en un tas d’épaves au sol.

Cela représente un échec complet et systématique de la doctrine aérienne usraélienne. Cela signifie que l’Iran maintient sa défense aérienne et parvient à protéger son ciel partout où cela compte – au-dessus des villes, des infrastructures énergétiques, de l’industrie pétrolière, des installations nucléaires, et plus encore.

Pendant ce temps, ce sont l’armée usaméricaine et Israël qui ont complètement échoué à protéger le ciel au-dessus de leurs propres têtes. La totalité des bases US dans la région a été anéantie par les missiles balistiques iraniens. Les actifs les plus stratégiques du Golfe sont désormais à la merci de l’Iran, et en ce qui concerne l’archimonstre global qu’est Israël, il est soumis à un flux constant de tirs balistiques iraniens. Les Israéliens ont perdu leur capacité d’interception. Tout porte à croire qu’Israël a renoncé à protéger ses villes et ses actifs, très probablement parce que ses stocks de missiles Arrow-3 sont quasi épuisés.

En l’état actuel des choses, l’USAmérique est désespérée pour un cessez-le-feu et cherche sans fin une stratégie de sortie. Les Iraniens n’aident pas. L’Iran veut que l’USAmérique quitte la région. De plus, les soutiens de l’Iran veulent voir l’USAmérique à genoux sur la scène mondiale, et ils ont de fortes chances de réussir.

En ce qui concerne l’État juif, la situation est plus compliquée. Israël voit que cette guerre pourrait bien être sa dernière. Il voit qu’on le rend responsable de la catastrophe énergétique mondiale actuelle. Il voit la perspective des USA quittant le combat la queue entre les jambes, laissant l’État juif seul face à un Iran en position de supériorité.

Si cette guerre visait initialement la survie du régime iranien, à peine quelques semaines plus tard, c’est désormais la survie de l’État juif qui ne tient qu’à un fil.

Le seul point à garder à l’esprit à cet égard est qu’Israël est une superpuissance nucléaire animée par une éthique génocidaire et suicidaire d’inspiration judaïque.

La direction messianique des zélotes israéliens est réconfortée par l’idée de sombrer avec l’humanité tout entière – ce que l’on appelle aussi l’option Samson. S’il y a jamais eu un espoir de démanteler cette entité cancéreuse de manière harmonieuse et pacifique, cet espoir a peu de chances de se concrétiser.

Source : Fausto Giudice

Via :
https://reseauinternational.net/le-monde-peut-il-survivre-a-israel/




mercredi 15 avril 2026

Trump et le Belshazzar biblique



par E. Michael Jones


«Mene, Mene, Tekel, Uparsin» : Donald Trump serait-il le nouveau Belshazzar ?

Le Vendredi saint, les catholiques célèbrent le jour où les juifs mirent à mort le Christ. Cela peut sembler étrange de célébrer un tel événement, mais les Serbes commémorent bien la bataille de Kosovo Polje et les Texans célèbrent leur défaite à Alamo ; on peut donc supposer qu’il est compréhensible que les chrétiens célèbrent la défaite la plus catastrophique de l’histoire de l’humanité.

Méditons un instant sur ce qu’a dû être le vendredi soir après que le corps du Christ eut été descendu de la croix. Imaginez à quel point les apôtres ont dû se sentir anéantis, rassemblés dans la chambre haute, terrifiés à l’idée que ce qui était arrivé au Christ leur arriverait bientôt. Affronter une mort cruelle comme celle qu’avait subie le Christ était déjà assez terrible, mais ils savaient désormais qu’ils seraient appelés à mourir pour une cause que tout le monde reconnaissait comme perdue d’avance.

Ils seraient pourchassés jusqu’à la mort, sachant que tout ce discours sur l’amour de Dieu et la fraternité universelle des hommes, le royaume des cieux dans la vie à venir et l’affirmation selon laquelle le joug du tyran avait été brisé — tout cela n’était rien d’autre qu’une illusion, un rêve chimérique, eine Schnappsidee. Tout cela n’était qu’opium. Karl Marx allait finir par avoir raison pour avoir affirmé, des siècles plus tard, que la religion était l’opium du peuple. La seule chose qui comptait dans ce bas-monde, c’était la force brute.

Ce jour-là, Ponce Pilate obtenait donc enfin la réponse à sa question, lorsqu’il avait demandé à Jésus : «Qu’est-ce que la vérité ?» La vérité, c’est l’opinion des puissants. Bibi Netanyahu allait lui aussi avoir raison. Gengis Khan était plus puissant que Jésus-Christ. La force fait le droit. Fin de l’histoire.

De l’autre côté de la ville, les juifs se rassemblèrent pour célébrer leur victoire. Pas n’importe quels juifs, pas tous les juifs, mais les chefs juifs, Anne et Caïphe, étaient certainement bien là. Essayez d’imaginer la satisfaction suffisante sur leurs visages et comparez-la à l’amère désillusion sur les visages des apôtres cette nuit-là. Rien d’indécent ici. Pas d’exaltation vulgaire du genre de celle à laquelle on s’attendrait de la part d’un bouffon comme le rabbin Shmuley. Non, pensez aux juifs les plus distingués que vous ayez jamais rencontrés, Natty Rothschild, le rabbin Stephen Wise, et à leurs petits gestes d’autodérision alors qu’ils se félicitent mutuellement au moment de leur plus grand triomphe, le jour où ils ont tué Dieu et prouvé qu’ils appartenaient à la race supérieure qui se tenait au-dessus de tout ce que Moïse avait interdit.

Où sont les chefs juifs ?

Et puis pensez à aujourd’hui, en ce Vendredi saint 2026, un autre moment de triomphe juif où le Premier ministre Netanyahou, après 40 ans, a enfin réussi à convaincre les États-Unis d’attaquer l’Iran, réalisant ainsi le rêve de sa vie. Pensez à l’endroit où il se trouve en ce moment. Pensez à l’expression sur son visage ou sur celui de Ben Gvir, de Bezelal Smotrich, de Jonathan Greenblatt ou de quiconque se trouve à ses côtés en ce moment, et vous aurez une idée du revirement dramatique qui se produisit entre le Vendredi saint et le premier dimanche de Pâques, lorsque le Christ est ressuscité du Tombeau en triomphe. Vous comprendrez aussi pourquoi nous célébrons ces deux jours.

Où est Bibi maintenant ? Il se cache comme un rat dans les égouts sous les décombres de Tel-Aviv ou vole dans un avion qui ne peut atterrir, se demandant comment les choses ont pu changer si rapidement et si radicalement. Comment Tel-Aviv peut-elle désormais ressembler à Gaza ? Après que les juifs eurent tué le Christ, Dieu leur accorda encore 40 ans pour se repentir, puis il détruisit leur temple. Dieu a permis aux juifs d’occuper la Palestine moderne pendant 80 ans, et maintenant il permet à la Perse de mettre fin aux fantasmes juifs sur lesquels l’État d’Israël a été bâti : l’idée que la nation d’Israël pourrait violer la loi de Moïse pour toujours, le fantasme selon lequel les juifs pourraient tuer Dieu et, comme le disait Moïse Hess, se vénérer eux-mêmes ainsi que leur ADN sacré à Sa place, le fantasme selon lequel les juifs pourraient continuer à assassiner des femmes et des enfants innocents et que Dieu n’entendrait pas les cris des pauvres parce que les juifs avaient tué Dieu, le fantasme selon lequel ils pourraient vénérer Moloch en toute impunité en avortant leurs propres enfants, le fantasme selon lequel le Dieu qu’ils avaient tué ne pourrait pas les arrêter.

L’avenir du lobby juif aux États-Unis

Plus dangereux que tous les fantasmes ci-dessus, voici celui que les juifs nourrissent actuellement : que les Américains ne les tiendront pas pour responsables de la destruction des États-Unis. À l’instar des fantasmes d’Annas et de Caïphe, qui ont disparu il y a 2000 ans lorsque le Christ est ressuscité des morts, le fantasme selon lequel les Américains ignoreront ce que les juifs ont fait à notre pays et ne leur demanderont pas de rendre des comptes de manière très concrète s’effondre aujourd’hui sous une pluie torrentielle de missiles et de drones perses. Dans une interview avec Glenn Diesen, le professeur John Mearsheimer de l’université de Chicago affirme que la défaite de l’Amérique aurait de graves conséquences pour les juifs américains :

Presque toutes les personnes que je connais pensent que ce sont Israël et le lobby qui nous ont entraînés dans cette guerre. S’il y a une catastrophe, il y a un grand risque que les gens disent que les juifs sont responsables de cette guerre, ce qui est tout simplement faux car un grand nombre de juifs s’y sont opposés, et le lobby israélien est composé de sionistes chrétiens comme de juifs, et tous les juifs n’appartiennent en aucun cas à ce lobby… Il y a ici un réel danger : si cette guerre tourne vraiment très mal… et que les gens la perçoivent comme une guerre dont Israël et le lobby sont les principaux responsables, cela pourrait provoquer une vague d’antisémitisme non seulement aux États-Unis, mais aussi en dehors des États-Unis, et je pense en fait que beaucoup de membres du lobby ainsi que de nombreux juifs américains comprennent ce danger. Je pense donc que si les choses avancent à grand pas vers le précipice, ce n’est pas le lobby qui va exercer beaucoup de pression sur Trump pour qu’il conclue un accord avec les Iraniens ; il redoute la menace potentielle d’une augmentation massive de l’antisémitisme résultant d’une guerre perdue, une guerre catastrophique dont la responsabilité serait imputée à Israël et au lobby.

En réponse, Diesen a brouillé encore davantage les pistes en affirmant que «beaucoup de détracteurs de cette guerre sont juifs, et beaucoup de ses partisans sont des sionistes chrétiens». Il a ensuite qualifié ceux qui ont tendance à imputer aux juifs l’attaque contre l’Iran de «racistes», des gens qui «sont rarement rationnels dans leur rhétorique».

En fait, le professeur de relations internationales John Mearsheimer est également un nominaliste, et il fait preuve d’une incapacité typiquement nominaliste à élaborer les catégories appropriées. Tout anglophone a en quelque sorte une prédisposition génétique à commettre des erreurs de catégorie,à la suite de Guillaume d’Ockham, qui pensait que tous les universaux étaient des catégories de l’esprit. Qu’est-ce qu’une erreur de catégorie ? Des agences gouvernementales entières reposent sur des erreurs de catégorie, le meilleur exemple étant le Bureau of Alcohol, Tobacco, and Firearms. Nous savons tous qu’au Kentucky, l’alcool et le tabac constituent deux des trois principaux groupes alimentaires. Si les législateurs de Washington avaient ajouté le chocolat aux deux premiers articles, tout aurait été parfait, du moins au Kentucky. Mais non, ils ont commis une erreur de catégorisation en mettant dans la liste les armes à feu. Puis ils ont ajouté les explosifs, aggravant ainsi leur erreur de catégorisation initiale.

Cette déficience mentale se manifeste invariablement lorsqu’on aborde la participation des juifs à la guerre actuelle, et tout ce que le reste du monde considère comme mauvais. Ainsi, selon le langage contemporain, il est permis — voire louable — de dire que «les juifs» ont remporté un nombre disproportionné de prix Nobel. Le terme «les juifs» dans ce cas-ci est une catégorie de réalité solide comme le roc. Dès qu’une note de désapprobation transparaît dans des déclarations telles que «Les juifs sont derrière le mariage gay» ou «L’avortement est un sacrement juif», le terme «les juifs» devient la catégorie mentale la plus fragile et une indication certaine que la personne qui a utilisé ce terme est un antisémite furieux.

Ainsi, dans certains cercles du moins, il est permis de dire que les Israéliens commettent un génocide à Gaza, mais dès que l’on précise que ces Israéliens sont juifs, l’antisémitisme montre son visage hideux, et l’on risque d’être banni de la bonne société. Le professeur Mearsheimer s’aventure imprudemment sur ce terrain en refusant de considérer «les juifs» comme une catégorie de réalité nécessaire à toute discussion sur la politique étrangère américaine et la guerre actuelle en Iran. Le terme «les juifs», comme je l’ai dit à maintes reprises en discutant de l’utilisation par saint Jean du terme «hoi Iudaioi» dans son évangile, n’est pas synonyme de «tous les juifs», mais constitue une catégorie de réalité. L’Église catholique le précise clairement dans Nostra Aetate, qui affirme que les autorités juives et ceux qui les suivaient ont insisté pour que le Christ soit mis à mort ; cependant, ce qui s’est passé lors de Sa Passion ne peut être imputé à tous les juifs, sans distinction, alors vivants, ni aux juifs d’aujourd’hui».

Le terme utilisé par saint Jean pour désigner «les autorités juives et ceux qui les suivaient» est «hoi Iudaioi», qui se traduit en français par «les juifs». Exprimant la même idée d’une autre manière, saint Paul a affirmait que «les juifs sont le peuple qui a tué le Christ» (1 Th 2, 15). En utilisant le même terme que saint Jean, saint Paul affirme que «les juifs» constituent une collectivité politique qui agit selon ce qu’elle perçoit comme ses intérêts politiques, même lorsqu’elle ne dispose pas de son propre État. Cette collectivité n’inclut pas «tous les juifs», c’est-à-dire toute personne née d’une mère juive. Personne n’a jamais dit que la Sainte Mère de Jésus avait insisté pour que son fils soit mis à mort. Personne n’a jamais dit que Jean, le disciple bien-aimé, se tenait au pied de la croix et criait «Crucifiez-le ! , même si tous deux appartenaient à la catégorie «tous les juifs».

Le Grand Sanhédrin et ses satellites

À l’époque de Jésus, les «autorités juives» étaient connues sous le nom de Sanhédrin. Aujourd’hui, le Sanhédrin porte un nom différent. Il est connu sous le nom de «Conférence des présidents des principales organisations juives américaines», un «organisme faîtier» qui «coordonne les questions de politique nationale et internationale», pour les organisations suivantes : l’Anti-Defamation League (ADL), l’American Jewish Committee (AJC), l’American Jewish Congress, l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC), la Zionist Organization of America (ZOA), J Street, une «organisation progressiste pro-israélienne qui prône une solution à deux États et la diplomatie parallèlement à la sécurité d’Israël», B’nai B’rith International, la loge maçonnique juive dont l’un des principaux objectifs est la promotion des théories de Sigmund Freud, Hadassah, l’organisation sioniste féminine, et le Centre Simon Wiesenthal, qui «joue un rôle de premier plan dans la mémoire de l’Holocauste, la lutte contre l’antisémitisme et l’éducation à la tolérance».

Cette liste n’est pas exhaustive. Elle n’inclut pas les groupes juifs de facto tels que le Southern Poverty Law Center, l’American Civil Liberties Union, Pornhub, Only Fans et la rédaction de la National Public Radio, mais elle établit le fait que «les juifs» constituent une catégorie de réalité qui existe dans des bâtiments réels, à des adresses réelles, et qui peut être poursuivie en justice pour obtenir des dommages-intérêts, en tant que cible concrète de la rage qui ne manquera pas de balayer ce pays lorsque ses citoyens prendront conscience du mal qu’ils ont causé en entraînant l’Amérique dans une guerre qu’elle ne peut pas gagner.

Les procès contre Meta

Les récentes poursuites judiciaires contre Meta constituent un précédent juridique pour traiter avec les organisations susmentionnées. Fin mars 2026, Meta a perdu un procès au Nouveau-Mexique concernant des allégations selon lesquelles ses plateformes nuisent aux enfants et aux adolescents en raison de fonctionnalités addictives et de mesures de sécurité insuffisantes pour les enfants, et la société a été condamnée à payer 375 dollars d’amende. Meta a ensuite perdu une affaire similaire en Californie. Selon Grok : «Ces défaites consécutives […] sont considérées comme un tournant potentiel dans le cadre plus large des poursuites judiciaires concernant les préjudices causés aux jeunes par les réseaux sociaux» et pourraient s’appliquer à des sites pornographiques gérés par des juifs comme Pornhub et OnlyFans. Si les tribunaux peuvent conclure que la pornographie a causé du tort aux Américains, qui peuvent désormais poursuivre Meta, pourquoi ne pourraient-ils pas tirer la même conclusion au sujet du sionisme et tenir l’AIPAC responsable de milliards de dollars de dommages-intérêts dûs aux victimes ?

Si Mearsheimer a raison de prédire qu’une vague de colère balayera l’Amérique à la suite de la défaite dans la guerre contre l’Iran, la réponse appropriée consiste à canaliser cette colère de manière à tenir «les juifs» pour responsables de leurs actes plutôt que de prétendre que «les juifs» n’existent pas en tant que catégorie. Ce déni de la réalité ne fera qu’accroître la colère et pourrait conduire à des attaques aveugles contre des juifs visibles, par exemple des groupes orthodoxes comme Neturei Karta, qui est antisioniste. Comme l’a dit Jacob Maze, grand rabbin de Moscou, en 1921 : «Les Trotskys font les révolutions, et les Bronsteins paient la note.» Si c’est ce genre de violence aveugle que le professeur Mearsheimer avait à l’esprit, ses craintes sont fondées, même si ses catégories ne le sont pas. «Les juifs», ce n’est pas synonyme de «tous les juifs». Yehuda Litmann, abonné au magazine Culture Wars et contributeur régulier à sa rubrique courrier des lecteurs, a déclaré qu’il devenait un meilleur juif grâce à la lecture des articles que nous y publions. Nous n’avons pas besoin que des voyous s’en prennent aux juifs visibles parce que «tous les juifs» sont devenus odieux aux yeux du monde à cause des actions de «les juifs».

Qui sont «les juifs» ?

Prétendre que «les juifs» n’existent pas en tant que catégorie ou qu’ils ne nous ont pas mis dans ce pétrin ne fera qu’empirer les choses et augmenter le risque de violence. La rage continue de monter. «Les juifs» viennent d’annoncer que les soldats israéliens n’accompagneront pas les troupes américaines qui doivent désormais mener une invasion terrestre de l’Iran, ce qui ne profite qu’à Israël. Même une figure de l’establishment comme George Will a eu du mal à contenir son indignation lorsqu’il a rapporté cette information.

Les Américains doivent identifier «les juifs» et les tenir pour responsables des dommages irréparables qu’ils ont causés à notre réputation internationale en veillant à ce qu’ils ne puissent plus jamais recommencer. Une façon d’atteindre cet objectif serait de saisir les actifs de groupes tels que l’AIPAC, l’ADL et le SPLC et de les distribuer sous forme de réparations à tous ceux qu’ils ont combattus ou diffamés. Y a-t-il quelque chose de mal dans cette idée ? Le professeur Mearsheimer, coauteur de l’ouvrage de référence sur le lobby israélien, nous dit-il que l’AIPAC devrait sortir indemne de la plus grande débâcle de politique étrangère de l’histoire américaine ?

Tout comme Nostra Aetate fournit la catégorie nécessaire à cette discussion en définissant (et en réhabilitant) «les juifs» comme une catégorie de réalité qui englobe «les dirigeants juifs et leurs partisans», le catholicisme peut fournir des orientations sur la manière de traiter le mécanisme qui a permis que cela se produise, à savoir l’usure et l’utilisation de gains illicites issus de l’usure pour corrompre des membres du Congrès. Dans sa lettre à Marguerite de Flandre intitulée «De regimine Judaeorum ad Ducissam Brabantiae» («Sur le gouvernement des Juifs, à la duchesse de Brabant»), saint Thomas d’Aquin donne des conseils pratiques sur la manière dont Marguerite devrait faire face aux graves problèmes économiques que l’usure avait créés dans son royaume. Les juifs n’ont pas le droit de conserver des richesses issues de l’usure, autre terme pour désigner des gains mal acquis, qui ne leur appartiennent pas véritablement ; mais il faut faire preuve de retenue dans l’appropriation de cet argent afin de garantir que «les subsides nécessaires à la vie ne leur soient en aucune manière retirés… il semble que ce soit là ce qu’il convient d’observer, à savoir que… les services qui leur sont imposés n’exigent pas de choses auxquelles ils n’étaient pas habitués par le passé». Le prince n’a pas le droit de s’approprier ces fonds à des fins personnelles à moins peut-être qu’il ne s’agisse de biens que les juifs vous ont extorqués, à vous ou à vos ancêtres, jusqu’à présent. Si, toutefois, ils possèdent des biens qu’ils ont extorqués à d’autres, ces biens, une fois exigés d’eux, vous devrez les restituer à ceux à qui les juifs étaient tenus de les rendre. … Sinon, ces fonds usuraires devraient être mis de côté à des fins pieuses, selon le conseil de l’évêque diocésain et d’autres hommes intègres, ou même pour l’utilité commune de votre pays si une nécessité se profile ou si l’utilité commune l’exige.

Que doivent «les juifs» et à qui ?

Personne ne dispose actuellement du pouvoir politique nécessaire pour mettre en œuvre une telle expropriation. Si, toutefois, la défaite américaine en Iran s’avère aussi catastrophique que le laisse entendre Mearsheimer, ce pouvoir pourrait émerger dans son sillage. Depuis son élection en 2025, le maire de New York, Zohran Mamdani, a mené une campagne agressive en faveur d’une augmentation des impôts pour les hauts revenus afin de combler le déficit budgétaire de plusieurs milliards de dollars de la ville. Fin 2025 et début 2026, Mamdani a proposé d’imposer une surtaxe de 2 points de pourcentage sur l’impôt sur le revenu des particuliers de la ville de New York pour les résidents gagnant plus d’un million de dollars par an. Cet impôt sur le revenu majoré a été qualifié à tort d’«impôt sur la fortune». Un véritable impôt sur la fortune ne taxe pas le revenu ; il taxe la fortune et peut être utilisé pour exproprier les gains usuraires lorsque la volonté politique de régler la question juive se manifestera.

Contraint à une guerre qu’il a tout fait pour éviter, l’Iran insiste désormais sur le fait qu’il ne reviendra pas à un statu quo antérieur corrompu. Les Américains qui ont été contraints de payer pour une guerre de plus dont le seul bénéficiaire est Israël, grâce à l’AIPAC et à des soutiens juifs comme feu M. Radvinsky, qui a versé 11 millions de dollars de gains mal acquis provenant de son site porno Only Fans dans les caisses de l’AIPAC, ne devraient pas non plus être contraints à ce statu quo antérieur. Le système de contrôle juif de notre Congrès et de notre culture doit être démantelé, et à l’heure actuelle, les Iraniens sont les seuls acteurs géopolitiques qui ont la volonté et les moyens d’atteindre cet objectif.

Ce n’est pas la première fois que les Iraniens, ou les Perses comme on les appelait alors, jouent un rôle crucial dans l’histoire du salut. Lorsque Belshazzar, fils de Nabuchodonosor, l’homme que Jérémie qualifiait de «serviteur de Dieu» en raison du rôle qu’il avait joué dans le châtiment d’un Israël incorrigible, profana les vases du Temple pour impressionner sa suite lors de leurs festivités ivres, une main apparut de nulle part et écrivit sur le mur de sa salle de banquet : «Mene Mene Tekel Upharsin», une phrase en araméen qui signifie : «Tu as été pesé et trouvé insuffisant, et ton royaume sera divisé et donné aux Perses.» Daniel expliqua à Belshazzar et à son père que «le Très-Haut règne au-dessus de la royauté des hommes (Daniel 4:14)», mais Belshazzar dut apprendre à ses dépens qu’aucun roi terrestre n’est au-dessus de la loi morale de Dieu : il fut destitué, puis aveuglé, et laissé à ses méditations sur son sort jusqu’à finir par mourir en exil. «Mene, Mene, Tekel, Upharsin» n’est pas simplement une énigme antique ; c’est «une déclaration biblique dramatique selon laquelle Dieu compte, pèse et répartit le sort des nations et des individus selon Sa justice. L’histoire du festin de Belshazzar reste un avertissement théologique intemporel : aucun pouvoir, aussi grand soit-il, n’échappe au regard divin.»

À l’instar de Nabuchodonosor, Donald Trump «a tué qui bon lui semblait, épargné qui bon lui semblait, promu qui bon lui semblait, rabaissé qui bon lui semblait. Mais parce que son cœur s’est gonflé d’orgueil et que son esprit s’est raidi d’arrogance, il a été dépouillé de son trône souverain et dépouillé de sa gloire.» À l’instar de Nabuchodonosor, l’orgueil et l’arrogance de Donald Trump sont devenus si grands qu’ils l’ont privé de raison ; «son cœur s’est complètement bestialisé ; il a vécu parmi les ânes sauvages, il s’est nourri d’herbe comme les bœufs, son corps a été trempé par la rosée du ciel, jusqu’à ce qu’il ait appris que le Très-Haut règne sur l’empire des hommes et nomme qui il veut pour le gouverner.»

Le rôle de l’Iran

Au moment où nous écrivons ces lignes, Trump envisage de limiter les dégâts en se retirant de la région, laissant l’Iran contrôler le détroit d’Ormuz. Nous prions pour qu’il suive l’exemple de Nabuchodonosor, qui avait finalement repris ses esprits après une période de démence et avait admis que «le Très-Haut règne au-dessus de la royauté des hommes». Mais il pourrait finir comme Belshazzar, le chef aveugle d’un peuple aveugle. «Caecus dux, caici populi» est la phrase que Silvio Aeneas Piccolomini, devenu le pape Pie II, appliqua à Jan Zizka, le général hussite. Belshazzar avait été littéralement aveuglé par le roi chaldéen qui infligea le châtiment de Dieu à Israël en précisant pourquoi : parce que «tu n’as pas humilié ton cœur… Tu as défié le Seigneur des cieux».

Cyrus, le roi perse qui vainquit Belshazzar, libéra les captifs hébreux et leur dit de retourner à Jérusalem pour reconstruire le temple. Dieu utilise désormais la Perse pour infliger un châtiment à Israël. Prions pour que ce même châtiment détruise le lobby israélien et libère l’Amérique de ses oppresseurs juifs. Trump doit tenir compte des avertissements qui émanent actuellement de Téhéran et abandonner ses partenaires juifs infidèles, de peur de finir comme Belshazzar.

source : The Unz Review via Entre la Plume et l’Enclume












mardi 14 avril 2026

La loi Yadan rendrait illégale toute critique d’Israël



Illustration criminalisable


Prof. Matthias Moosdorf :


La France est sur le point d’adopter à son tour des lois similaires à celles qui sont actuellement en cours d’adoption ou en vigueur dans des États des États-Unis, au Canada, au Royaume-Uni, en Nouvelle-Zélande et en Australie :

Cela rendrait illégale toute critique d’Israël et criminaliserait toute déclaration qui serait même vaguement considérée comme sympathisante envers ceux que le gouvernement français définit comme une « organisation terroriste ». Cette loi transformerait de facto la politique étrangère de la France en un dogme intouchable, imposé sous peine d’emprisonnement.

On pourrait littéralement être condamné à cinq ans de prison si, aujourd’hui, on se levait pour défendre Nelson Mandela pendant l’apartheid (l’ANC figurait sur toutes les listes occidentales de terroristes) ou pour la propre Résistance de la France contre l’Allemagne national-socialiste – qualifiée de « terroriste » par le régime de Vichy et l’occupation nazie.

La nouvelle loi s’appelle « loi Yadan », du nom de sa conceptrice Caroline Yadan, une députée qui représente les expatriés français en Israël. La loi est déjà passée en commission et sera soumise à un vote complet du Parlement le 16 avril – dans trois jours – sous une procédure accélérée très inhabituelle. Sept des onze groupes parlementaires ont annoncé qu’ils voteraient oui, et la loi devrait être adoptée.

Que dit la loi ? (texte intégral ici :

https://assemblee-nationale.fr/dyn/17/textes/l17b2358_texte-adopte-commission) :

1) L’article 1 introduit le concept d’« incitation implicite » au terrorisme et le punit de cinq ans de prison et d’une amende de 75 000 €. Selon cette disposition, il pourrait devenir un délit effectif de décrire autrement qu’en les qualifiant de terroristes des personnes que la France désigne comme telles. Le concept clé est : Que signifie « incitation implicite au terrorisme » ?

Personne ne le sait. Et c’est précisément le but. Cela signifie ce qu’un procureur voudra bien y mettre : un dossier absolument solide pourrait être monté pour arguer, par exemple, que citer le droit international au droit de résistance des peuples occupés constitue une « incitation implicite au terrorisme ». Le plus célèbre juge antiterroriste de France, Marc Trévidic, déclare qu’il n’a rien vu de comparable au cours de toute sa carrière. (https://x.com/CharliesIngalls/status/2043333726541619459?s=20)

Devenir le censeur des pensées des autres, tenter de deviner ce qu’une personne a vraiment voulu dire. Même les services de renseignement allemands interprètent déjà maintenant les termes en détournant leur sens vers une intention projetée.

2) Le même article étend également le délit de « glorification du terrorisme » à la « minimisation ou banalisation de manière outrageante d’actes de terrorisme ». C’est encore plus fou : Jusqu’à présent, la « glorification du terrorisme » signifiait effectivement exprimer une évaluation positive d’« actes de terrorisme » (ce qui est déjà insensé, car le terroriste de l’un est toujours le combattant de la liberté de l’autre). Désormais, un juge pourrait décider que fournir un contexte, expliquer des causes ou condamner de manière insuffisante une action équivaut à une « banalisation » du terrorisme – et cela serait désormais punissable de cinq ans de prison. Ainsi, un professeur d’histoire qui expliquerait les origines du Hamas ou du Hezbollah, en fournissant un contexte, pourrait se voir reprocher par un procureur que cette contextualisation est une banalisation. Il en irait de même pour un journaliste, un chercheur ou quelqu’un sur les réseaux sociaux qui dirait : « Oui, c’était horrible, mais voici pourquoi c’est arrivé. » Ce « mais » deviendrait un crime, car il s’agit de banalisation.

Si cette loi est adoptée, la France – le pays qui a offert au monde la Déclaration des droits de l’homme, le pays dont l’identité nationale repose sur la Résistance – rendrait illégal l’emploi du mot « résistance » pour quiconque n’est pas soutenu par le gouvernement lui-même. Jean Moulin serait poursuivi. De Gaulle serait poursuivi. Les seuls qui ne le seraient pas sont ceux qui se taisent. Ce qui, bien sûr, est tout le sens de l’affaire.

Est-ce la démocratie ?

https://assemblee-nationale.fr/dyn/17/textes/l17b2358_texte-adopte-commission#


Pourquoi Israël est un “État” en faillite




Israël n’est pas une société, mais une réserve humaine où le bétail est gavé de suprématie, endoctriné pour confondre “liberté” & tirs à volonté, muni d’armes en guise de conscience.

Depuis sa création illégale, l’entité sioniste a tenté de normaliser, légitimer et asseoir son existence non pas par la coopération ou la collaboration, mais via la violence et la coercition. Force est de constater aujourd’hui que tous les peuples que cette entité a cherché à exterminer, toutes ces mères privées de leurs enfants et ces enfants privés de leur mère, ne céderont jamais face à l’occupant. Cette entité, un “pays” de seulement 9 millions d’habitants, surestime largement ses capacités et ruine son économie avec cette guerre. Combien de temps encore les États-Unis, cette autre économie accro à la guerre, vont-ils les soutenir ?

La guerre contre l’Iran marque le début de la fin pour Israël, car elle implique un investissement dans une myriade de guerres futures. Les génocides ne sont jamais oubliés. Les agresseurs ne sont jamais pardonnés. Et 160 écolières assassinées seront un jour vengées.

Mais la politique d’agression poursuivie depuis des décennies par l’entité sioniste n’a pas seulement affecté les nations qu’elle a détruites. Elle a créé un “état” de 9 millions d’habitants accros à la violence, au racisme, à la guerre, au meurtre et au génocide. Ce qu’Israël a fait subir à son propre peuple défie l’entendement. C’est de loin le lieu le plus violent sur Terre, où tout “citoyen” est enrôlé dans l’armée, et où l’enrichissement du pays provient de la spoliation : des terres, des ressources et de la dignité humaine.

“Nous les traquerons et les tuerons” : cette rhétorique hitlérienne ne cesse de fuser des États-Unis des Pédophiles (USP) et de l’entité raciste, sadique, ultra violente et primitive. Leurs dirigeants sont des barbares. C’est une ironie suprême que les enfants et petits-enfants de ces mêmes survivants d’Auschwitz rabaissent aujourd’hui la vie humaine à son plus bas niveau : assassiner un nouveau dirigeant iranien tous les quelques jours, puis s’en vanter sur la scène internationale comme s’ils venaient d’exterminer un cafard de plus. Ils ne mesurent pas la nature barbare de leur langage car ils vivent dans la bulle du prédateur : tant les États-Unis qu’Israël sont des entités en faillite, car la guerre est leur principal vecteur économique, et la barbarie leur contrat social avec leurs “citoyens”. Ce ne sont pas des sociétés, mais des réserves humaines où le bétail est gavé de suprématie, endoctriné pour associer “liberté” et tir à volonté, muni d’armes en guise de conscience. Ils sont même incapables d’envoyer leurs pédophiles en prison. Voilà ce qu’est un État en faillite.

Nous devons impérativement maintenir notre engagement en faveur de la paix. Car si la guerre s’impose comme l’option par défaut, la paix n’est jamais acquise : elle ne peut qu’être apprise, méritée et soigneusement préservée.


https://ssofidelis.substack.com/p/pourquoi-israel-est-un-etat-en-faillite


lundi 13 avril 2026

La loi « Yadan » a pour objectif d’imposer le silence sur le génocide à Gaza




Par Thierry M.


La proposition de loi « visant à lutter contre les formes renouvelées de l’antisémitisme » est portée par Caroline Yadan, députée de la 8ème circonscription des Français établis hors de France (incluant Israël). Succédant à ce poste à Meyer Habib, elle a quitté (tout en lui restant apparentée) le groupe parlementaire EPR – Ensemble pour la République – pour protester contre la reconnaissance par la France de l’Etat de Palestine.


Je signe la pétition contre la loi Yadan !

Pour ce texte (devant être examiné par les députés le 16 avril 2026), le gouvernement a engagé la procédure accélérée (ouvrant la possibilité d’une seule lecture à l’assemblée et au sénat) et a mis l’assemblée sous tension en cherchant à en précipiter l’examen.

L’objectif affiché de cette proposition de loi est louable. Il faut bien sûr lutter contre l’antisémitisme et toute forme de racisme. Le problème est que cette loi vise en réalité à museler les critiques d’Israël. C’est une loi à la fois inutile et dangereuse pour la liberté d’expression, et pour notre démocratie.

Le titre même de la loi, cette notion de « nouvel antisémitisme », pose question.

D’après Madame Yadan, la « haine de l’État d’Israël est aujourd’hui consubstantielle à la haine des Juifs ». Elle associe donc critique de l’Etat d’Israël et antisémitisme. Cela peut exister dans certains cas, et il existe déjà des lois pour le combattre.

Le problème de fond est que cette notion de nouvel antisémitisme ne correspond à aucune réalité, comme affirmé très clairement par la CNCDH (Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme), organisme ayant le rôle officiel de Rapporteur national sur la lutte contre le racisme.

[La CNCDH] ne peut donc aujourd’hui que renouveler ses critiques à l’encontre du postulat au fondement de cette proposition de loi, postulat selon lequel il existe un lien « consubstantiel » entre la haine des Juifs et la haine de l’État d’Israël. […] Ce n’est aucunement avéré dans les faits.

La députée Yadan n’a pas auditionné la CNCDH lors de l’élaboration de cette loi [1]. Craignait-elle d’être contredite ?

Par ailleurs, cette proposition de loi s’appuie sur une définition de l’antisémitisme promue par l’Alliance Internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA) [2].

Cette définition de l’IHRA semble faire l’unanimité contre elle : elle est contestée par l’ONU [3], par de nombreuses ONG, des organisations juives, et même par l’auteur lui-même de cette définition, qui dit qu’elle n’avait pas pour but d’être utilisée à des fins juridiques [4]. Elle est, par contre, promue depuis plusieurs années par le gouvernement israélien et ses relais qui veulent faire taire les critiques d’Israël.

Pour cette proposition de loi visant à lutter contre l’antisémitisme, force est de constater qu’il n’y a aucun consensus dans la communauté juive elle-même, alors que cela devrait être le cas pour un tel sujet :

Cette proposition de loi entérine la prétention d’Israël à représenter tous les juifs du monde. Par l’assignation identitaire des Français.e.s juif.ve.s dont elle est porteuse, elle les expose en faisant mine de les protéger. [5]

Pour en venir au niveau du texte de loi lui-même :

L’article 1 « précise, renforce et étend le champ du délit de provocation à des actes de terrorisme ou d’apologie publique de tels actes, délit prévu à l’article 421-2-5 du code pénal ».

Cet article de la loi française est déjà (lui aussi) très contesté dans son état actuel. Par de nombreuses ONG. Par l’ancien juge antiterroriste Marc Trévidic : initialement favorable à cette loi, il a pu en constater les dérives, et appelle aujourd’hui à « oser faire marche arrière ». Cet article du Code Pénal est également critiqué dans cette lettre adressée au président Macron et à son gouvernement par trois rapporteurs spéciaux :

Nous exhortons la France à réexaminer et modifier cette infraction afin de garantir la conformité du droit français avec le droit international relatif aux droits humains[…]. La formulation de l’infraction en des termes généraux, ambigus et incertains sur le plan juridique, entraîne des « abus du pouvoir discrétionnaire » et des atteintes « à la protection de la liberté d’expression et à la liberté d’échanger des idées dans un système démocratique solide ». [6]

Aujourd’hui, de nombreuses personnes, syndicalistes, militants, sont sous le coup de procédures abusives pour apologie du terrorisme. Et il s’agirait d’en élargir encore les contours, comme précisé par le juriste François Dubuisson [7] :

Un tel élargissement est susceptible de faire craindre qu’on veuille faire entrer dans le cadre de l’apologie du terrorisme des discours de contextualisation. […Ce qui] présenterait un danger évident pour le débat public d’intérêt général, qu’il soit académique, politique, médiatique ou militant.

Si ce projet de loi passe en l’état, pourra-t-on encore dire qu’un peuple opprimé a le droit à la résistance, tel que défini par le droit international ? A coup sûr, les « procédures baillons » vont pleuvoir…

L’article 2 de cette proposition de loi introduit une nouvelle infraction qui incrimine l’appel public à la destruction d’un État reconnu par la République française. L’« appel à la destruction d’un État » étant un concept complètement nouveau et particulièrement flou.

Cet article permettra-t-il, par exemple, de criminaliser le slogan « From the river to the sea » [8] ? Sera-t-il encore permis d’appeler à établir un seul État binational en Palestine? Ou de contester la nature de l’État d’Israël, et sa loi État-nation du peuple juif de 2018 qui ne reconnaît le droit à l’autodétermination qu’à ses citoyens juifs, et qui « considère le développement de la colonisation juive comme une valeur nationale » ?

On perçoit les motivations des promoteurs de ce texte et les dangers en découlant, tout en demeurant « dubitatif quant à la nécessité d’introduire un tel délit, dont la substance est susceptible d’être déjà largement couverte par des infractions existantes » (F.Dubuisson).

Les articles 3 et 4 de cette proposition de loi n’ont pas appelé de remarques de fond de la part des auteurs précités. L’article 3 procède « à un élargissent bienvenu des conditions de recevabilité des associations antiracistes qui souhaitent se porter partie civile » (CNCDH). L’article 4 « n’innove guère » (F.Dubuisson) [9].

Cette loi est bien dangereuse pour la liberté d’expression….et inutile :

« La lutte contre l’antisémitisme n’a pas besoin de nouvelles incriminations mais de la pleine et juste application des délits prévus à cette fin » (CNCDH)

…ainsi que d’une mise œuvre effective des plans d’actions existant.

Nos députés seront-ils sensibles à ces arguments ?
Références :

1- Listes des personnes entendues dans le rapport de la commission des lois p.109

2- Définition adoptée en 2019 par l’assemblée nationale (via une résolution non contraignante et excluant les exemples associés à la définition). Le texte de la proposition de loi regrette (dans son exposé des motifs) son « caractère non-contraignant » et « appelle à renforcer le cadre juridique existant », tout en citant certains exemples de la définition IHRA. Une façon d’orienter les interprétations futures du texte ?
Notons par ailleurs que la définition de l’IHRA est utilisée par certains services pour le recensement des actes antisémites, ce qui appelle à les interpréter avec une certaine prudence, comme expliqué dans cet article de Sarra Grira.

3- Rapport de la Rapporteuse spéciale sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression (A/79/319), Nations Unies, 23 août 2024, § 80-81. La définition de l’IHRA « ne répond pas aux normes juridiques internationales relatives à la restriction ou à l’interdiction de la liberté d’expression », « La principale erreur conceptuelle » étant la « confusion inhérente qui y est faite entre le sionisme, idéologie politique, et l’antisémitisme ».

4- Définition également contestée par les auteurs de la Déclaration de Jérusalem sur l’antisémitisme, rédigée par des spécialistes de la question, en réaction à la définition de l’IHRA.

5- Le Média, Tribune : « Mesdames et Messieurs les député.e.s, rejetez la proposition de loi Yadan, destinée à interdire la critique de l’État d’Israël », 12 janvier 2026.

6- Tant F.Dubuisson que les rapporteurs spéciaux font référence à la Convention du Conseil de l’Europe pour la prévention du terrorisme de 2005 (dont la France est signataire), qui encadre l’infraction de manière plus rigoureuse, deux conditions devant être remplies : la démonstration d’une volonté d’inciter à commettre un acte terroriste et de l’existence d’un risque réel de passage à l’acte. Se référer à l’article de 5 de cette convention et à son rapport explicatif (par. 99 et 100).

7- Voir également cette intervention de F.Dubussion. En compagnie d’Irène Kahn, rapporteure spéciale de l’ONU sur la liberté d’expression, et Sarra Grira, rédactrice en chef d’Orient XXI. (auteure de cet article).

8- Comme précisé dans ce compte-rendu par le député Sylvain Maillard « il est ressorti des auditions que nous avons menées que le slogan « From the river to the sea » était un slogan à portée antisémite ».

9- Si certains considèrent qu’accuser Israël de génocide relève de l’antisémitisme et voudraient utiliser cette proposition de loi pour le condamner, cela ne devrait pas être le cas dans la version du texte (issue de la commission des lois avec prise en compte des remarques du Conseil d’Etat) devant être examinée prochainement à l’assemblée.

Auteur : Thierry M.

Thierry M. est militant de l'Association France Palestine Solidarité (AFPS) à Brest.