samedi 2 mai 2026

Le meilleur alibi : le sionisme, un colonialisme travesti en mouvement de libération nationale





par Luis E. Sabini Fernández

Quel autre projet colonial, quel État a exercé le colonialisme le plus effréné, avec la plus grande impunité morale et psychique, que le sionisme ?

Il n’existe pas de cas identique, bien que certains s’en soient approchés. Telle la construction des USA, de l’Afrique du Sud – non pas la colonisation anglo-saxonne en plein pillage planétaire, mais les premiers établissements boers du XVIe siècle, contemporains des colonies nord-européens en Amérique du Nord. D’autres cas de colonialisme cherchant sa propre légitimation comme s’il n’était pas colonialiste, furent ceux des pieds-noirs en Algérie ou, passé le moment de la conquête, les pays du Río de la Plata. Mais aucun d’eux ne peut se comparer en termes de déni du caractère colonial au sionisme.

Le colonialisme sioniste est un cas unique avec un alibi exclusif ; celui que l’historien juif Norman Finkelstein a justement qualifié d’«industrie de l’Holocauste». Cette assurance idéologique est ce qui permettra à la «lutte pour la libération nationale» sioniste de jouir de la meilleure conscience tranquille, depuis le socialisme, depuis la pensée critique, depuis l’irréalité, en mentionnant la «libération des peuples opprimés», et lui conférera par là une portée et une profondeur sans pareilles dans l’élaboration idéologique et programmatique.

La première et principale difficulté de tout colonialisme réside dans le fait qu’il est très difficile de VOIR les colonisés.

Le sionisme s’est doté d’une série d’armures et d’alibis d’une ingéniosité indéniable, au point qu’il a également conquis les âmes de ses représentants, qui ne se sentaient nullement colonialistes, spoliateurs de terres étrangères, comme les Anglais en Afrique ou les Espagnols en Amérique.

Au tournant du XIXe au XXe siècle, le socialisme était devenu la solution entrevue, juste, adéquate, désirée, face aux «excès» du capital privé et de ses représentants, avec une énorme validité virtuelle (du moins dans notre Occident).

Le socialisme répondait culturellement et psychiquement, aussi bien à un Citizen Kane qu’à un Kurtz, si l’on se réfère à l’expansion capitaliste. Et il était également une réponse aux formations de l’État absolu, aussi bien d’un Louis XVI que du roi belge Léopold II, le pédagogue des mutilations.

Et peut-être la première armure idéologique du sionisme a-t-elle été de s’identifier au socialisme (et aussi au nationalisme ; une autre idéologie, alors contemporaine et également libératrice. Il y eut deux sionismes au début du XXe siècle ; l’un s’identifiant (en paroles) à une certaine démocratie sociale ; l’autre, nationaliste, dit révisionniste, de type nazi-fasciste).

Mouvement de libération nationale ou d’oppression nationale ?

Au milieu du XXe siècle, mes amis juifs et moi-même nous sentions socialistes, universalistes. Assez pour avoir des amis et même des conjoints non juifs, bien que mes amis se sentissent suffisamment juifs pour embrasser la construction d’Israël, faire l’aliyah pour se trouver, alors oui, dans une vraie patrie.

Le socialisme les amenait à rejoindre des kibboutz, un socialisme à visage juif. Certes, un socialisme juif, c’est-à-dire non universaliste (donc, pas socialiste). Mais presque ; nous étions invités à participer par des visites et des contributions à cette édification. Pas exactement tous ; Uruguayens, Argentins, Italiens, Suédois… Arabes non. Curieux. Ils étaient plus proches, pour ainsi dire à côté.

Mes amis kibboutzniks ne mentionnaient jamais un Arabe, quoi que ce soit d’arabe. Et ils étaient parmi les «rebelles», appartenaient à des kibboutz de gauche. Ils connaissaient et sympathisaient, par exemple, avec les «panthères noires» israéliennes, qui étaient les exclus de là-bas par les juifs dominants, ashkénazes. Les juifs mizrahim, d’origine arabe, généralement un peu plus foncés que les Ashkénazes d’origine européenne (avec ou sans passage par les pays américains).(1)

Il y avait alors un silence assourdissant concernant les Arabes, la population qui était peu à peu dépossédée. Résistant. Les accrochages de rue se succédaient et mes amis ne parlaient jamais des Arabes ; seulement que la police israélienne était honorable, qu’elle ne torturait pas parce que ses codes éthiques ne le permettaient pas (ni ne permettaient à la direction policière ou politique de l’employer…).

Ce «tant de pureté de conduite» contrastait avec les rapports journalistiques croissants qui disaient précisément le contraire (généralement de source palestinienne, qui n’était pas fiable pour mes amis).

Ni ceux qui étaient «mes amis», ni les autres n’eurent jamais un mot ni des yeux pour voir ce qu’un journaliste italien, Gennaro Carotenuto, vit en visitant Israël seulement quelques jours à l’aube du nouveau siècle : que les Israéliens gaspillaient l’eau dans des piscines et pour laver leurs voitures, alors qu’à quelques mètres, les Palestiniens manquaient d’eau ne serait-ce que pour donner à boire à leurs enfants (2) ; que les «difficultés» de rue entre Israéliens étaient traitées par des policiers, et avec les Palestiniens par des soldats de l’armée ; que les Israéliens avaient des maisons avec beaucoup de «confort» et les Palestiniens, en revanche, avaient des logements en mauvais état (bien que certains portent les traces d’une splendeur passée) et leurs habitants vivaient entassés (les règlements sur le logement refusaient aux Palestiniens le droit de construire ne serait-ce qu’une pièce, et par conséquent, ils devaient en permanence se réorganiser dans des espaces de plus en plus étroits, par exemple lors d’une naissance, ou en cas d’effondrement d’un bâtiment ou d’une confiscation publique pour étendre un service – israélien – de la ville. Les Palestiniens ne recevaient jamais plus de terre ni de permis de construire, quitte à «se débrouiller» avec ce qui leur restait… La politique de restriction, si caractéristique de l’étranglement à bas bruit du projet israélien.

Le dialogue avec mes vieilles connaissances s’est peu à peu rétréci jusqu’à cesser expressément. (3)

Se sentir socialiste, partisan de la fraternité universelle, quel bel alibi pour exercer une domination despotique !

Une Palestine sioniste

L’implantation de juifs, désormais sionistes, sur les terres palestiniennes, a eu dès le début des caractéristiques très nettes. Et contrairement aux immigrants qui, par exemple en Amérique du Sud, ont lentement imprégné leurs propres cercles sociaux et linguistiques, et ont créé des sociétés mixtes, dans le cas des immigrants organisés par le sionisme pour s’établir en Palestine, les traits furent constitutionnellement différents : ils venaient avec un plan général et préalable, disposé par le Fonds national juif (Keren Kayemeth LeIsrael) qui incluait l’apprentissage de la langue juive, l’hébreu, qui était resté pendant des siècles uniquement comme rituel de lecture religieuse. «Redonnant vie» à la langue dans la vie quotidienne. Et avec la langue, un réseau culturel général spécifiquement juif, sans imprégner un atome de la présence réelle et quotidienne de la population palestinienne, de sa culture et de ses religions (majorité musulmane, minorité chrétienne et une minorité encore plus petite, juive). Au début de ce processus (aliyah) parmi les juifs, il y aura des conflits et des escarmouches entre le Vieux Yichouv [communauté juive] et le Nouveau Yichouv ; y compris des conflits sanglants.

Il s’agissait de deux judaïsmes différents ; le sionisme ne tolérera pas la moindre concession à ce qui est vraiment historique en Palestine : son projet sera purement idéologique. (4)

Avec le temps, l’implantation sioniste effacera peu à peu ses traits les plus humanistes (Buber, Chomsky, Borojov) et accentuera son racisme et son suprémacisme les plus débridés (Ben Gourion, Zeev Jabotinski, Golda Meir, Ehud Barak, Yitzhak Rabin, Menahem Begin, Ayelet Shaked, Naftali Bennett, Ariel Sharon, Benyamin Netanyahou).

Nous en sommes ainsi à ce que Salahj Eddin qualifia très justement en 2001 de «fascisme théocratique». (5)

Temps du mépris biblique

Il est important de savoir que les traits colonialistes et leur brutalité intime et leur racisme ne sont pas des dérivations plus ou moins fortuites, comme le postulent tant de sionistes «de gauche». Ben Gourion lui-même – interviewé comme modéré et opposé au «sionisme de droite» – soutenait déjà en 1948, année inaugurale, que «toute la nation est l’armée» (6). Et il le corrobore lorsqu’il place (à quelques semaines de l’assassinat) parmi ses gardes du corps l’ignoble assassin de Folke Bernadotte, le premier médiateur de l’ONU, qui osa revendiquer des droits non seulement pour les juifs mais aussi pour les Palestiniens.

Pour comprendre la gravité du comportement israélien, il faut réaliser, comme le soutient Israel Shamir (juif converti au christianisme orthodoxe), que les atrocités que nous voyons quotidiennement commises par les Israéliens contre les Palestiniens, parfois en souriant, comme s’ils en jouissaient, ont des racines religieuses encore plus fortes que politiques : lorsqu’ils déclenchent des hostilités par surprise contre l’Iran un samedi et assassinent entre cent et deux cents fillettes, ils le font en pleine veille religieuse, agissant avec Dieu de leur côté, pensent-ils.

Face au poids, de plus en plus écrasant du sionisme dans le concert mondial, à sa domination sur l’État considéré comme le plus fort de la planète, nous pouvons revendiquer la présence de juifs, de nombreux juifs rompant leurs amarres avec un développement aussi monstrueux.

Martín Gak, lui-même juif engagé dans la dénonciation des crimes sionistes, a mené une formidable entretien avec Stephen Kapos (fév. 2026), un juif hongrois, à vrai dire un Transylvain né hongrois et après la Seconde Guerre mondiale avec le «redessinage» des frontières devenu roumain, né en 1937 et qui cette année, à 89 ans, se souvient lucidement de cette époque. Et il se souvient des «nazis» et des «juifs» d’alors.

Il brise tous les lieux communs et préjugés auxquels les médias d’incommunication de masse nous ont habitués. Lorsqu’il parle de l’armée nazie, qui occupait sa région natale, il dit : c’étaient «des gens normaux». «J’ai trouvé la Wehrmacht assez humaine». Des paroles «sacrilèges», pour La Voix de l’Amérique, par exemple.

Et il se souvient de sa visite à Haïfa, pour voir ses oncles qui avaient émigré en Israël après la Seconde Guerre mondiale. Il avait environ 20 ans et il voit [je suppose à la télévision] une manifestation de Palestiniens, pacifique, dans les rues (il ne précise pas si c’est à Haïfa ou dans une autre ville) et il voit soudain apparaître des hélicoptères armés qui déchargent leurs projectiles sur les manifestants. Il est horrifié, bien qu’il n’ait pas pu savoir si les Palestiniens étaient touchés par des projectiles (non) mortels ou par des balles réelles. Sa tante observe sa réaction et lui dit, étonnée, plutôt agacée : «Pourquoi tout ce chahut, tu ne vois pas que ce ne sont que des Arabes ?» Stephen a écarté l’idée de faire ou refaire sa vie en Israël.

Gilad Atzmon, un autre ex-juif, que nous pourrions appeler objecteur de conscience juif, nous rappelle : «les fréquentes mentions de violence et d’extermination des autres contenues dans la Bible hébraïque peuvent jeter quelque lumière sur l’abominable génocide que l’État juif pratique en ce moment à Gaza… sans montrer pour eux [pour les Palestiniens] la moindre once de miséricorde». («L’Ancien Testament et le génocide à Gaza», 8-1-2009)

Il nous est chaque jour plus clair, le titre formidable que Ron Unz, un autre juif lucide et audacieux, a donné à l’un de ses articles : «Israël sioniste comme nation assassine».

source : Tlaxcala via RI


1) La compagne d’un de mes amis, basanée et avec des ancêtres amérindiens, avait des difficultés à se déplacer seule dans les rues israéliennes dans les années 60, elle subissait tout le temps des agressions verbales. Et elle, qui n’était ni panthère, ni mizrahi, ni même juive, avait même des difficultés linguistiques pour se défendre.

2) L’approvisionnement en eau était et est administré par Mekorot, la compagnie publique régulatrice de l’eau, qui vend l’eau à des prix subventionnés aux juifs et à prix plus élevé aux Palestiniens appauvris.

3) En réaction, il m’a fallu subir la réprobation de compatriotes, non juifs, frères et sœurs de conjoints non juifs de juifs «de retour» qui s’installaient en Israël incarnant un retour irréel, mythique, totalement étranger à leurs biographies corporelles ou ethniques. 
Ashkénazes, Mizrahim, Séfarades, Falashas ne sont pas tous le même peuple (de Dieu).

4) Rarement j’ai vu le vieil apophtegme de l’admirable Francisco de Goya mieux vérifié : «Le sommeil de la raison engendre des monstres».

5) Palestina en lucha, Madrid, oct. 2001.

vendredi 1 mai 2026

Piraterie : l'Etat génocidaire intercepte la Flottille pour Gaza au large de la Crète



Les forces israéliennes ont arraisonné une flottille en route vers Gaza près de la Crète, reconnaissant son ampleur « exceptionnelle ».



La radio de l’armée israélienne a rapporté que les forces navales avaient commencé à prendre le contrôle des navires de la flottille « Global Sumud » en route vers Gaza, en les interceptant loin des côtes de la Palestine occupée.

Dimanche, la flottille Sumud a pris la mer dans le cadre d’une mission maritime visant à défier le blocus israélien imposé à Gaza et à acheminer de l’aide humanitaire à sa population.

Les militants à bord de la flottille Sumud, qui s’étaient mobilisés pour briser le siège de Gaza, ont déclaré que des navires militaires s’approchaient de leurs embarcations alors qu’ils se dirigeaient vers la bande de Gaza.

Selon un communiqué publié sur X, des navires israéliens auraient « encerclé la flottille dans les eaux internationales et menacé de procéder à des enlèvements et de recourir à la violence. Le contact avec 11 embarcations a été perdu, et les médias israéliens affirment que 7 bateaux ont été interceptés. »

Le compte officiel de la flottille Sumud a exhorté les gouvernements à agir sans délai et à « demander des comptes à Israël pour ces violations flagrantes du droit international ».

POUR DIFFUSION IMMÉDIATE :

La piraterie au grand jour : Israël enlève des civils de différentes nationalités en haute mer

Les forces israéliennes interceptent et arraisonnent des navires de Global Sumud à des centaines de kilomètres des côtes de Gaza ; elles brouillent les communications, enlèvent des civils et créent un précédent illégal dans les eaux internationales.

Mer Méditerranée – Les actions menées par Israël ce soir (mercredi 29 avril 2026) marquent une escalade dangereuse et sans précédent : l’enlèvement de civils au milieu de la Méditerranée, à plus de 600 milles de Gaza, sous les yeux du monde entier.

Soyons clairs sur ce dont il s’agit. Il s’agit de piraterie. Il s’agit de la saisie illégale d’êtres humains en pleine mer près de la Crète, une affirmation selon laquelle Israël peut opérer en toute impunité, bien au-delà de ses propres frontières, sans aucune conséquence.

Ce à quoi nous assistons, c’est une tentative de normalisation du contrôle israélien sur la Méditerranée elle-même et une escalade de l’impunité d’Israël. Aucun État n’a le droit de revendiquer, de contrôler ou d’occuper les eaux internationales. Pourtant, c’est exactement ce qu’Israël a fait, étendant son régime de contrôle vers l’extérieur, occupant la mer Méditerranée au large des côtes européennes.

Dans le cadre de son agression, la marine israélienne a intercepté des navires, brouillé les communications, y compris les canaux de détresse, et enlevé de manière agressive des civils. Il ne s’agit pas de zones frontalières contestées. Il s’agit d’eaux internationales.
Plus alarmant encore est le silence. Les gouvernements qui prétendent défendre le droit international n’ont, une fois de plus, rien dit. Pas de condamnations urgentes. Pas d’exigences immédiates pour la libération des otages. Pas d’appels à la responsabilité. Cette absence de réaction n’est pas de la neutralité, c’est une autorisation et c’est de la complicité.

Nous exigeons des réponses immédiates et des comptes :
Où sont les civils enlevés ? Où ont-ils été emmenés ? Les gouvernements européens ont-ils coordonné leurs actions avec les Israéliens pour faciliter ces enlèvements ?

Une question plus profonde demeure : comment a-t-on pu laisser Israël en arriver à un point où il peut procéder à des enlèvements au vu et au su de tous, contre des civils non armés, sans craindre de conséquences ?

Cela crée un précédent catastrophique et doit être condamné de la manière la plus ferme qui soit. Le silence des gouvernements du monde entier indique que le droit international s’applique de manière sélective et qu’Israël peut prendre pour cible la vie de civils, n’importe où dans le monde, à tout moment, sans aucune conséquence.

Nous exigeons que des comptes soient rendus.


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Un responsable israélien a déclaré que l’interception avait été délibérément menée près de l’île de Crète, à des centaines de kilomètres des côtes, invoquant la « taille exceptionnelle » de la flottille.

Le responsable a qualifié cette interception de « mission navale la plus complexe » depuis le début de la guerre.

29 avril 2026 – Al-Jazeera – Les forces militaires israéliennes ont intercepté des bateaux faisant partie de la flottille Global Sumud, en recourant à des drones, à des technologies de brouillage des communications et à des commandos armés pour arrêter la flotte humanitaire en pleine Méditerranée, selon les organisateurs et les médias israéliens.

« Nos bateaux ont été approchés par des vedettes militaires, s’identifiant comme ‘Israël’, pointant des lasers et des armes d’assaut semi-automatiques, ordonnant aux participants de se rendre à l’avant des bateaux et de se mettre à quatre pattes », a déclaré jeudi la mission humanitaire de la flottille Global Sumud.

« Des navires militaires israéliens ont illégalement encerclé la flottille dans les eaux internationales et ont proféré des menaces d’enlèvement et de violence », a déclaré la flottille dans un message publié sur les réseaux sociaux.

« Le contact avec 11 navires a été perdu et les médias israéliens affirment que 7 bateaux ont été interceptés. Les gouvernements doivent agir immédiatement pour protéger la flottille. »

La radio de l’armée israélienne a cité une source israélienne selon laquelle Israël aurait commencé à prendre le contrôle des navires humanitaires se dirigeant vers Gaza, et que sept des 58 navires de la flottille auraient été capturés près de l’île grecque de Crète.

Gur Tsabar, porte-parole de la Flottille mondiale Sumud, a qualifié l’abordage de ses navires par Israël d’« attaque pure et simple contre des bateaux civils non armés dans les eaux internationales ».
S’adressant à Al Jazeera depuis Toronto, au Canada, Tsabar a déclaré que l’assaut maritime se déroulait « à des centaines de kilomètres d’Israël », la flottille étant « encerclée et menacée sous la menace des armes ».

« C’est illégal au regard du droit international. Israël n’a aucune juridiction dans ces eaux. L’abordage de ces bateaux équivaut à une détention illégale – voire à un enlèvement en haute mer », a déclaré Tsabar.

« Il est essentiel que tous les gouvernements agissent dès maintenant. Chaque gouvernement a le devoir de protéger les plus de 400 civils qui se trouvent à bord et de faire respecter le droit international. Garder le silence en ce moment revient à se rendre complice. »

La Global Sumud Flotilla est une initiative civile lancée en 2025, qui rassemble des représentants d’organisations de la société civile, des militants et des bénévoles de nombreux pays.

Le déploiement actuel marque sa deuxième mission maritime dans le cadre de ce que les organisateurs décrivent comme la « Mission du printemps 2026 », au départ de l’Italie après des phases de coordination préalables à travers l’Europe.

Source

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Flottille de Gaza : Ankara dénonce un "crime de guerre"


Le Parlement turc a exhorté jeudi Israël à libérer immédiatement les militants détenus, y compris des ressortissants turcs, qualifiant l’interception de la Global Sumud Flotilla de piraterie et de "crime de guerre".

L’Assemblée a également adopté à l’unanimité une motion du président condamnant l’intervention armée d’Israël contre la Global Sumud Flotilla.

La motion, signée par le président du Parlement Numan Kurtulmus, a été lue en séance plénière avant d’être soumise au vote.

Le texte affirme qu’Israël a une nouvelle fois "manifestement violé le droit international", ajoutant une infraction supplémentaire aux actes en cours qualifiés de génocide et de crimes de guerre.

Rappelant que la Global Sumud Flotilla, une initiative civile et pacifique, a été attaquée dans les eaux internationales, la motion indique que les forces israéliennes ont entravé l’aide humanitaire et arrêté 175 militants pro-palestiniens, dont 20 citoyens turcs.

"Cet acte de piraterie constitue clairement un crime de guerre. Nous mettons en garde Israël, qui a dépassé toutes les limites de tolérance de l’humanité, et appelons à la libération immédiate des militants et de nos citoyens détenus de force", précise le texte.

La motion ajoute que la Grande Assemblée nationale de Türkiye, avec l’ensemble des partis politiques et des députés, exprime sa solidarité avec les citoyens détenus illégalement ainsi qu’avec tous les membres de cette initiative humanitaire visant à acheminer de l’aide à la population de Gaza.

Elle souligne également que la Türkiye poursuivra ses efforts pour établir les responsabilités devant les juridictions internationales pour tous les crimes commis par les forces israéliennes contre les membres de la flottille, en particulier les ressortissants turcs.
Le texte réitère enfin un appel à tous les parlements, assemblées parlementaires internationales et organisations afin d’adopter une position unifiée, de mettre fin à l’occupation, au génocide et à l’apartheid contre le peuple palestinien, de garantir un accès humanitaire ininterrompu à Gaza et de demander des comptes à Israël pour les crimes contre l’humanité.

Après la lecture de la motion, les vice-présidents des groupes parlementaires ont exprimé leur soutien, avant son adoption à l’unanimité.

Évolutions récentes concernant la flottille pour Gaza

La marine israélienne a intercepté mercredi soir des navires de la flottille alors qu’ils se dirigeaient vers Gaza pour tenter de briser le blocus de longue date imposé à l’enclave.

Selon les organisateurs, les forces israéliennes ont encerclé le convoi dans les eaux internationales près de l’île grecque de Crète, brouillé les communications et saisi 21 navires, tandis que 17 autres ont réussi à rejoindre les eaux grecques.

La flottille, qui transporte de l’aide humanitaire, vise à ouvrir un corridor maritime vers Gaza.

Cette intervention est intervenue quelques heures après des informations de médias israéliens selon lesquelles Israël se préparait à intercepter la flottille, composée d’environ 100 bateaux transportant près de 1 000 militants de plusieurs pays.
Israël impose un blocus à la bande de Gaza depuis 2007, laissant environ 1,5 million de Palestiniens sans abri sur une population d’environ 2,4 millions, après la destruction de leurs habitations lors de la guerre.

https://www.yenisafak.com/fr/actualites/flottille-de-gaza-ankara-denonce-un-crime-de-guerre-56101


Troisième TEMPLE : PIERRE HILLARD dévoile le SECRET de la guerre en Iran

 


Pierre Hillard, historien et auteur du livre « Histoire politique et mystique des temples de Jérusalem du roi David à Benyamin Natanyahou », est l’invité de Raphaël Besliu sur Géopolitique Profonde.

Guerre contre l’Iran : L’agenda messianique derrière le chaos géopolitique

Le Moyen-Orient vient de basculer dans une nouvelle ère de violence. Les États-Unis, agissant de concert avec Israël, ont engagé des hostilités directes contre l’Iran. Ce conflit provoque déjà un choc économique mondial sans précédent. Washington engage des ressources colossales dans une opération dont les bénéfices pour le citoyen américain semblent inexistants. Cette guerre ne ressemble à aucune autre par son ampleur financière et ses risques de déstabilisation globale.

L’explication officielle repose sur la légitime défense face à des menaces extérieures. Pourtant, une analyse plus profonde suggère des motivations bien plus vastes. Le sionisme semble aujourd’hui capable d’orienter la politique étrangère des grandes puissances occidentales. Selon toute vraisemblance, des courants religieux influents, comme la mouvance Loubavitch, pèseraient lourdement sur les choix stratégiques de l’État hébreu. Le projet du Grand Israël et la volonté de reconstruire le Troisième Temple ne seraient plus des hypothèses, mais des moteurs d’action.

Pourquoi l’Iran constitue-t-il l’obstacle ultime à cette mission aux accents eschatologiques ? Une paix diplomatique peut-elle réellement durer si les objectifs profonds sont d’ordre messianique ? Nous devons nous demander si les dirigeants actuels ne cherchent pas à hâter un dénouement historique au prix d’un embrasement généralisé. Les enjeux dépassent désormais la simple géopolitique classique pour toucher au sacré et à la survie des nations.


jeudi 30 avril 2026

Vanunu : "Israël est le seul pays qui refuse de signer le traité de non prolifération nucléaire"


Mordechaï Vanunu, avec en arrière-plan l’image satellite du centre de production de plutonium militaire de Dimona, en Israël


Emprisonné durant 18 ans à Jérusalem, pour avoir révélé, en 1986, qu’Israël possédait secrètement deux cent bombes atomiques, libéré en 2004, Mordechaï Vanunu, n’est toujours pas libre de ses mouvements. Il a demandé à bénéficier de la loi dite de « révocation de la citoyenneté israélienne » qui permet à la Cour suprême d’Israël de destituer de leur nationalité les Israéliens condamnés pour traîtrise ou espionnage. La Cour a refusé d’accéder à sa demande. Privé de liberté, cantonné à Jérusalem sous surveillance policière, toutes ses demandes de pouvoir quitter Israël lui ont été refusées. Nous l’avons vu la dernière fois en 2006. Il ne se sentait pas bien en Israël où, disait-il, tout le monde le considérait non pas comme un courageux lanceur d’alerte mais comme un traître. Il se savait espionné en permanence ; tel une bête traquée, il craignait d’être arrêté à tout instant. Ce qu’il nous a révélé, une année plus tôt, dans ce remarquable entretien au sujet du prétendu danger nucléaire iranien – un pays qu’Israël menace et diffame depuis plus de 30 ans – démontrait que les cruelles sanctions imposées par l’Occident à l’Iran, ainsi que les incessantes accusations au sujet de l’arme nucléaire, n’étaient que manœuvres et mensonges destinés à l’isoler, l’affaiblir et le saigner, pour assurer la prééminence d’Israël.

Nous remercions Mordechaï Vanunu de nous avoir accordé cet entretien tout en sachant les risques qu’il encourait, Israël lui interdisant de rencontrer et de parler à des journalistes. 

Silvia Cattori, journaliste indépendante.


Source : Lise Santolini sur X



Un peu de tourisme autour de Dimona (1957-2026)





En 1986, l’ingénieur israélien Mordechai Vanunu révélait l’étendue du site de recherches nucléaires secret, en Israël, à Dimona, dans le désert du Néguev. Nous republions ici le rapport qui fit le tour du monde (Dossier Nogtes et Documents PERIODIQUE BIMENSUEL 120 FB-23 FF – 7 FS ISSN 0772-3172 :

Dans le « Sunday Times » des 5 et 12 octobre 1986 paraissaient pour la première fois les révélations de 1l’ingénieur israélien Mordechai Vanunu au sujet du complexe nucléaire de Dimona. C’est dans ce complexe de plusieurs étages souterrains qu’Israël aurait produit une centaine d’ogives nucléaires et peut-être thermonucléaires. 


Extrait, LA COLLABORATION FRANCAISE au développement de la bombe atomique israélienne (p. 13-16)

Interrogé par le « Sunday Times », Francis Perrin, l’ancien chef du programme d’armement nucléaire français a admis que le gouvernement français avait fourni en secret à Israël la technologie de la bombe nucléaire. Ceci entre en contradiction avec les démentis officiels répétés pendant 30 ans par Paris et Tel Aviv. Perrin a également révélé que pendant deux ans, à la fin des années cinquante, la France et Israël avaient effectivement travaillé en étroite collaboration…

Israël s’est toujours refusé à confirmer ou nier qu’il possédait des armes nucléaires, mais a souvent répété qu'"Israël ne sera pas le premier à déployer les armes nucléaires au Moyen-Orient".

Perrin a déclaré qu’à l’époque, il avait compris qu’Israël avait informé le gouvernement américain qu’il était en train de mettre au point la bombe. 

La France est aussi demeurée silencieuse du fait que De Gaulle insistait sur le fait que la France avait construit pour Israël un réacteur civil à des fins pacifiques à Dimona, mais n’avait jamais construit une usine « de laquelle des bombes atomiques pourraient sortir un jour ».

Cependant, le Professeur Perrin, Haut Commissaire français à l’énergie atomique de 1951 à 1970, aujourd’hui âgé de 85 ans, se rappelle comment la France signa le contrat de construction de Dimona comprenant l’installation souterraine secrète de production de plutonium destinée aux ogives nucléaires israéliennes.

« En 1957, nous acceptâmes de construire un réacteur et une installation chimique de production du plutonium. Nous voulions aider Israël. Nous savions que le plutonium pouvait servir à la fabrication d’une bombe mais nous avons aussi considéré le fait qu’il pouvait être utilisé à des fin pacifiques ».

« Cela resta secret à cause des Américains. Nous avions un accord avec eux selon lequel des scientifiques français associés au travail sur les armes nucléaires au Canada pendant la seconde guerre mondiale, pourraient rentrer en France et utiliser leurs connaissances uniquement à condition de les garder secrètes. Nous avons estimé pouvoir donner les secrets à Israël à condition qu’ils les gardent pour eux ».

Lors d’une réunion en 1959, Perrin et De Gaulle tombèrent d’accord sur le fait que la coopération sur les armes nucléaires, qui avait commencé en 1957, devait cesser. Mais Perrin a dit que De Gaulle ne mit pas fin à la construction de l’usine de plutonium. Il déclara à l’équipe d'"Insight" : "C’était mon idée que nous ne devions pas aider Israël à faire des armes. On considérait que les militaires français commençaient à travailler trop étroitement avec Israël. Le Général De Gaulle mit fin à la collaboration sur l’armement nucléaire en 1959, bien qu’il acceptât de fournir l’usine de plutonium du fait que nous avions un accord réciproque; et nous pensâmes qu’il serait bon pour la France d’avoir cette possibilité de travailler avec Israël".

"Nous pensions que la bombe israélienne était destinée aux Américains, non pas pour la lâcher sur les Etats-Unis, mais pour dire : « si vous ne voulez pas nous aider dans une situation critique, nous exigerons votre aide, autrement nous utiliserons nos bombes atomiques. »

Selon lui, l’usine de plutonium de Dimona est semblable à la première usine française de plutonium à Marcoule dans la basse vallée du Rhône.

Vanunu purgea pour cela 18 ans de prison, à défaut d’y laisser sa vie (attentat attesté, mais raté).

En 2004, Israël Shamir, autre lanceur d’alerte israélien, lui rend hommage, sur un plan de fraternité chrétienne (tous deux convertis), voir https://plumenclume.com/2026/04/05/vanunu-le-lanceur-dalerte-par-israel-shamir-et-nous/.

En juin 2025, Israël fait craindre une attaque contre la centrale de Bushehr, en Iran https://www.trtworld.com/article/a606dab710a1

En mars 2026, un missile iranien frappe Dimona, en riposte à l’attaque israélienne sur la centrale de Natanz. 

Le 22 mars 2026, les villes de Dimona et Arad sont bombardées par l’Iran, bilan 200 blessés : 
VIDÉO. Israël: 200 blessés par des frappes iraniennes | TV5MONDE – Informations

« Selon des informations relayées par plusieurs sources, une attaque par missiles attribuée à l’Iran aurait visé la zone de Dimona en Israël, provoquant des dégâts matériels et plusieurs dizaines de blessés selon des bilans encore provisoires.

Dimona est notamment connue pour abriter le centre de recherche nucléaire du Néguev (Shimon Peres Negev Nuclear Research Center), une installation stratégique située dans le désert du Néguev, à proximité de la ville, et considérée comme l’un des piliers du programme nucléaire israélien. Mis en service au début des années 1960, ce complexe est entouré d’un haut niveau de confidentialité et est associé à des activités de recherche ainsi qu’à la production de matières nucléaires, bien que les autorités israéliennes maintiennent une politique de « flou stratégique » concernant son rôle exact.

Dans ce contexte, Dimona représente un site hautement sensible, dont la proximité avec des infrastructures nucléaires en fait un point particulièrement scruté en cas de tensions régionales. Les informations disponibles restent toutefois fragmentaires et non définitivement confirmées, tandis que la situation continue d’évoluer rapidement, suscitant une vive inquiétude au niveau international quant à une possible escalade du conflit. » https://directinfo.webmanagercenter.com/2026/03/21/urgent-dimona-site-nucleaire-israelien-touche-par-une-attaque-de-missiles-iraniens/

Le 3 avril 2026, ratage complet de l’opération annoncée de pillage des réserves d’uranium enrichi iranien, à Ispahan.

Le 4 avril 2026, plainte de l’Iran après les bombardements de centrales nucléaires, par Seyed Abbas Araghchi? Réseau Voltaire | Téhéran (Iran) | https://www.voltairenet.org/article224240.html

Calendrier 2026 des opérations contre les installations nucléaires iraniennes, extrait de l’article ci-dessus :Il est troublant de constater que, depuis le début de cette guerre criminelle le 28 février 2026, les agresseurs ont mené les attaques ci-après contre les installations nucléaires pacifiques de l’Iran, sans que les instances internationales compétentes n’émettent la moindre condamnation explicite :– le 1er mars, l’installation nucléaire de Natanz a été attaquée à deux reprises ;

– le 17 mars, un bâtiment situé à seulement 350 mètres de la centrale nucléaire de Bouchehr, qui est en activité, a été attaqué ;

– le 21 mars, plusieurs sites de la centrale nucléaire de Natanz ont été bombardés ;

– le 24 mars, un projectile a frappé le périmètre général du site de la centrale nucléaire de Bouchehr ;

– le 27 mars, le site de la centrale nucléaire de Bouchehr a été attaqué pour la troisième fois ;

– le 27 mars, l’usine de production d’eau lourde de Khondab-Arak a été attaquée ;

– le 27 mars, le site de traitement de l’uranium d’Ardakan-Yazd a été bombardé.

Références, voir aussi
https://fr.wikipedia.org/wiki/Programme_nucl%C3%A9aire_isra%C3%A9lien (1921-2018)

Atomic Power to Israel’s rescue : French Israeli nuclear cooperation (pdf) https://www.jstor.org/stable/30246784

Israël et la bombe, par Avner Cohen, L’histoire du nucléaire iranien https://www.editionsdemilune.com/collection-resistances/21-israel-et-la-bombe.html



Source :



mercredi 29 avril 2026

France : Saint-Étienne veut remplacer son jumelage avec une ville israélienne par une collectivité palestinienne




par Ayşe Başhoruz


La mairie de Saint-Étienne, dirigée par le maire Régis Juanico, a annoncé vouloir établir un jumelage avec une collectivité palestinienne, en substitution à un partenariat existant depuis 1974 avec la ville israélienne de Nof HaGalil.

La municipalité de Saint-Étienne (Loire), dirigée par le maire Régis Juanico à la tête d’une majorité de gauche hors La France insoumise, a annoncé vendredi 17 avril la «construction d’un jumelage» avec une collectivité palestinienne, selon le média français BFMTV. Cette démarche vise à remplacer le partenariat établi en 1974 avec la ville israélienne de Nof HaGalil.

La mairie affirme vouloir «placer son action de coopération sous l’égide du droit international et de la solidarité humaine», et évoque la volonté de créer «un nouvel acte fort de coopération internationale» avec une entité palestinienne. Elle estime par ailleurs que les échanges avec Nof HaGalil, ville d’environ 50 000 habitants, sont «suspendus de fait».

Le jumelage avec Nof HaGalil (anciennement Nazareth Illit) remonte à 1974, sous la municipalité de Michel Durafour. La ville israélienne avait été créée dans les années 1950 dans le cadre d’un projet de développement de la Galilée.

Dans son communiqué, la mairie de Saint-Étienne justifie ce changement par des considérations politiques et humanitaires, évoquant notamment la situation à Gaza et affirmant, selon les propos rapportés, une «vive préoccupation face à la tragédie du peuple palestinien».

L’annonce a immédiatement suscité des critiques du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) en région Auvergne-Rhône-Alpes. L’organisation estime que cette décision «ne sert ni la paix ni la justice» et «alimente les fractures», appelant les élus à la «responsabilité».

La prise de position municipale intervient également à la veille d’un rassemblement organisé par plusieurs organisations, dont La France insoumise Saint-Étienne, Urgence Palestine et l’Association France-Palestine Solidarité, réclamant la rupture du jumelage avec Nof HaGalil, selon le même média.

Sur le plan local, la décision municipale pourrait entraîner une réorganisation des coopérations internationales de la ville. Le futur jumelage avec une collectivité palestinienne n’a pas encore été formalisé.

À ce stade, aucune date officielle n’a été annoncée concernant la mise en place effective du nouveau jumelage avec une collectivité palestinienne. La municipalité indique poursuivre ses discussions dans ce sens, tandis que des mobilisations sont annoncées lors du prochain conseil municipal.

Source : Agence Anadolu via RI

mardi 28 avril 2026

Ne croyez pas Tucker Carlson ; les États-Unis n’ont jamais eu besoin du chantage israélien pour massacrer des innocents



par Garsha Vazirian


Ne croyez pas Tucker Carlson ; Trump est responsable de cette guerre. De My Lai à Minab, l’Amérique n’a jamais eu besoin du chantage israélien pour massacrer des innocents, et nous ne devons pas nous laisser prendre à son dernier piège.

La récente division au sein de la droite américaine a donné lieu à un scénario familier et malhonnête. Les défenseurs actuels et anciens de Donald Trump veulent désormais faire croire au monde entier qu’il n’est pas réellement responsable de ses paroles, de ses ordres ou des destructions qu’il commet.

Ils affirment que le président américain est un «esclave» des pressions israéliennes, victime de chantage, de kompromat et de menaces émanant de forces qui échappent à son contrôle.

Ce récit peut flatter Tucker Carlson et consoler les responsables de l’ascension de Trump, mais il est profondément trompeur.

Cela laisse entendre que les États-Unis sont un «gentil garçon» égaré par un parasite étranger. En réalité, Trump est un architecte volontaire et enthousiaste de ce carnage, et l’empire qu’il dirige est le moteur de sa propre destruction.

L’excuse qui en explique trop

Tucker Carlson, Candace Owens et Alex Jones ont tous pris leurs distances avec Trump au sujet de la guerre contre l’Iran et ont subi sa colère en retour.

Carlson a ouvertement suggéré que le chantage israélien pourrait expliquer le comportement de Trump, allant même jusqu’à décrire le président comme un «esclave» de forces auxquelles il ne peut résister.

Cela peut paraître radical, mais cela constitue une échappatoire politique. Cela transforme l’agression américaine en une attaque subie par l’Amérique plutôt qu’en une agression provoquée par l’Amérique.

Trump ne se comporte pas comme un homme entraîné malgré lui dans la catastrophe.

Il se vante, menace, humilie et s’attribue le mérite. Après ses crimes de guerre, il s’empare du micro et clame haut et fort sa force passée.

Le bilan de Trump

Le comportement de Trump envers l’Iran à lui seul devrait mettre fin à la théorie selon laquelle «il a été contraint».

Il s’est retiré de l’accord sur le nucléaire iranien (JCPOA), a imposé des sanctions de pression maximale, a autorisé l’assassinat du général Qassem Soleimani, puis a parlé de cet assassinat comme s’il s’agissait d’un triomphe personnel.

Il a raillé les critiques de la récente guerre contre l’Iran, les qualifiant de «perdants», de «cinglés» et de personnes «à faible QI» qui n’avaient pas le courage de le soutenir.

Dans son message du dimanche de Pâques 2026, il a proféré une menace grossière contre le peuple iranien, affirmant qu’il frapperait l’infrastructure énergétique nationale de l’Iran et que les Iraniens «vivraient en enfer». Il a ensuite surenchéri en avertissant qu’il détruirait toute la civilisation iranienne.

Le même schéma se répète ailleurs. Trump a parlé avec désinvolture de tuer des gens, de punir des familles et d’utiliser la force comme une démonstration de force.

Il se délecte de l’exercice de son pouvoir prédateur. C’est important, car le chantage ne crée pas une personnalité ex nihilo. Il ne fonctionne que si la personne qui subit la pression est déjà disposée à se soumettre à la brutalité.

Rien de tout cela n’excuse le rôle d’Israël. Son bilan est abominable, de la Nakba à Gaza et de Dahiyeh à Téhéran ; et ses actions dans la région sont monstrueuses.

Mais reconnaître cela ne signifie pas prétendre que Trump est innocent. Il savait parfaitement quel pouvoir il convoitait et dans quel système il s’engageait. Il voulait tout.
Un caractère constant de My Lai à Minab

Deux massacres racontent l’histoire mieux que n’importe quel discours.

My Lai, au Vietnam en 1968, n’était pas un accident de guerre. Des soldats américains ont délibérément assassiné des centaines de civils non armés, y compris des enfants, violé des femmes et des filles, puis l’appareil militaire s’est empressé de dissimuler ces crimes.

La réaction officielle a été le déni, la minimisation et la recherche d’un bouc émissaire suffisamment bas dans la hiérarchie pour absorber l’indignation publique.

Minab s’inscrit dans cette même lignée. La frappe contre cette école primaire du sud de l’Iran, lors de la phase initiale du conflit actuel, a tué des enfants et des enseignants et a ensuite été reléguée au second plan par le discours habituel des «erreurs» et des «renseignements obsolètes».

Les enfants de Minab ne seront jamais oubliés, et leur sang tache les mains du président américain qui s’est vanté de la létalité des missiles qui leur ont ôté la vie.

Voilà comment fonctionne l’Amérique.

Le tour de Carlson

La position actuelle de Carlson sur Israël est bienvenue et contient des observations pertinentes, mais elle s’arrête trop tôt.

Il a fait prendre conscience à de nombreux Américains qu’Israël était coupable du génocide de Gaza, avait contribué à plonger la région dans le chaos et avait maintenu un ordre politique brutal soutenu par l’argent, les armes et la couverture diplomatique des États-Unis.

Il a raison de souligner que l’affaire Epstein et ses liens avec les services de renseignement demeurent extrêmement importants. Mais il glisse ensuite vers le mythe rassurant selon lequel les États-Unis seraient fondamentalement bons, simplement induits en erreur par une puissance étrangère.

Ce mythe a joué un rôle déterminant pendant des décennies. Il permet à Washington de se présenter comme la superpuissance malgré elle, celle qui préférerait la paix ne serait-ce que pour le lobbying, le chantage, l’influence étrangère et le rôle de mauvais allié.

Mais les guerres américaines au Moyen-Orient n’ont pas commencé avec l’influence d’Israël, et elles ne s’y arrêtent pas. Le renversement de Mohammad Mossadegh en 1953, le soutien apporté à Saddam Hussein durant les huit années d’agression irakienne contre l’Iran, les sanctions, le sabotage, les assassinats et l’encerclement militaire sont autant d’événements antérieurs à la frénésie actuelle. L’appétit de l’empire était déjà bien antérieur à ce dernier prétexte.

À l’inverse, de nombreux universitaires et experts considèrent depuis des décennies qu’Israël est un instrument des États-Unis, dépendant de leurs armes, pièces détachées, renseignements, financements et de leur protection diplomatique. Cette relation fonctionne car Washington y trouve son compte. Israël peut absorber une partie du coût politique, mais la stratégie globale reste américaine.

Cette stratégie ne se limite pas à un seul lobby ou à un seul président. Elle est bipartite, structurelle et ancienne. Elle concerne la primauté, les routes pétrolières, la suprématie militaire et la confrontation avec des pays comme l’Iran, la Russie et la Chine.

Une fois ce point compris, l’explication selon laquelle «Israël a forcé Trump à agir ainsi» ressemble moins à une analyse qu’à une tentative de dissimulation. Elle dilue les responsabilités juste assez pour masquer les véritables mécanismes de la situation.

L’agent et le lieu de rencontre limité

Nous devons également porter un regard sceptique sur les personnalités médiatiques dites dissidentes, telles que Tucker Carlson.

Carlson, dont le père travaillait à la CIA et était une figure clé de l’appareil de guerre de l’information américain à la Voix de l’Amérique, est un homme aux liens étroits avec le monde du renseignement.

Son revirement soudain contre le lobby israélien pourrait n’être qu’une simple passade, une révélation tactique de certaines vérités visant à protéger un agenda plus profond.

Carlson est profondément impliqué dans le réseau Rockbridge et auprès de milliardaires comme Peter Thiel, dont l’influence est omniprésente dans l’actualité actuelle, de la démission de Joe Kent et des fuites concernant l’opposition de Vance à une attaque contre l’Iran à l’utilisation de la technologie de Palantir dans des zones de guerre.

Le réseau de Thiel s’étend également aux discussions sur les liens entre «anges et démons» et les phénomènes aériens non identifiés (PAN), un thème que Carlson a répété à plusieurs reprises et auquel Vance a récemment déclaré croire également.

Leur objectif n’est pas de mettre fin à l’empire américain, mais de le perfectionner en une version plus efficace, «Little Tech», sous l’égide de personnalités telles que JD Vance ou Joe Kent.

source : Tehran Times via China Beyond the Wall et RI

lundi 27 avril 2026

Cisjordanie : les colons infligent aux Palestiniens une violence sans limites




Par Theia Chatelle


Sur le terrain, en Cisjordanie, des étrangers qui s’interposent physiquement face aux colons israéliens m’ont confié que le militantisme de présence protectrice ne suffisait plus à mettre fin aux attaques violentes contre les Palestiniens.

MUKHMAS, Cisjordanie occupée – Quelques jours seulement après que des colons israéliens ont tué Nasrallah Abu Siyam, un Palestinien américain de 19 ans, ceux-ci erraient à nouveau dans les collines de Mukhmas, armés de gourdins et intimidant les habitants palestiniens.

Youssef Abu Ali possède un élevage de poulets à la périphérie de Mukhmas, un village palestinien comptant une importante population américaine, situé à quelques kilomètres seulement de Ramallah, le centre administratif de la Cisjordanie occupée.

Sa ferme se trouve à la frontière entre la zone B, placée sous contrôle civil palestinien et contrôle militaire israélien conformément aux accords d’Oslo, et la zone C, qui est sous le contrôle total de l’armée israélienne.

De ce fait, la ferme d’Abu Ali a été prise pour cible à plusieurs reprises par des colons israéliens qui cherchent à rendre ses conditions de vie si insupportables qu’il soit contraint de partir.

Grâce à l’aide de militantq israéliens et internationaux assurant une présence de protection, il est resté sur place. Mais alors que les colons deviennent plus violents, plus agresifs et plus audacieux, Abu Ali et les militants qui le soutiennent craignent que leur présence ne suffise plus.

Juste avant le début de la guerre en Iran, j’ai discuté avec des militants de Torat Tzedek sur le terrain, en Cisjordanie occupée. Torat Tzedek a été fondé en 2017 par le rabbin réformiste américain Arik Ascherman, qui a fait de la lutte contre le mouvement de colonisation en Cisjordanie l’œuvre de sa vie.

Dans les villages de Mukhmas et de Duma, j’ai rejoint les militants de Torat Tzedek pour observer de l’intérieur l’état du militantisme de présence protectrice en Cisjordanie, au milieu de ce qui semble être un flot continu de gros titres alertant la communauté internationale sur l’expansion effrénée des activités de colonisation et la violence des colons.

Alors que les colons erraient dans les collines quelques heures avant la fin du Shabbat, le jour de repos juif, Abu Ali a tenté de compter combien de colons s’approchaient de sa ferme. « J’en compte six », a-t-il dit avec inquiétude, avant d’ajouter : « Si d’autres viennent les rejoindre, nous allons avoir des ennuis. »

Des soldats sont également souvent présents. Akram Abu Ali, le cousin de Youssef, qui a été témoin du meurtre de Nasrallah Abu Siyam, a fait remarquer que l’armée israélienne avait encerclé la zone.

« Ils veulent simplement nous garder prisonniers. Ils nous piègent. Ils contrôlent nos déplacements », a-t-il déclaré. « Ils contrôlent les endroits où nous sommes autorisés à aller. S’ils ferment un poste de contrôle, par exemple », a-t-il ajouté, un trajet jusqu’à Ramallah, à un peu moins de 16 kilomètres de là, se transforme en un voyage de six heures.

Depuis plus d’un an, des militants se relaient pour dormir dans la ferme avicole d’Abu Ali, dans l’espoir que leur présence dissuade les colons de passer à l’attaque ou, si ceux-ci décident tout de même d’y faire irruption, qu’ils soient moins enclins à blesser ou à tuer Youssef, ou à endommager ses biens.

Selon les militants de Torat Tzedek, une organisation israélienne de défense des droits humains, à qui j’ai parlé quelques semaines avant la dernière escalade entre Israël et l’Iran, leur présence est plus importante que jamais.

Fin février, une communauté bédouine située juste au-delà des limites du village a été dépeuplée de force avec l’aide de l’armée israélienne, les résidents palestiniens emportant ce qu’ils pouvaient avant de devoir s’enfuir.

Le principe du militantisme de présence protectrice est simple. Si des étrangers et des Israéliens juifs s’interposent physiquement devant les colons israéliens qui cherchent à envahir et à commettre des actes de violence dans des communautés palestiniennes menacées, situées pour la plupart dans la zone C, ceux-ci seront moins enclins à passer à l’acte.

Cette tactique a été mise au point par l’International Solidarity Movement pendant la première Intifada, il y a près de trente ans, lorsque les militants escortaient les ambulances palestiniennes à travers les postes de contrôle et déblayaient les barrages routiers.

Aujourd’hui, une grande partie de ce travail se concentre sur la violence des colons dans la zone C.

Selon Yotam Wiseman, coordinateur au sein de Torat Tzedek qui se décrit comme « une sorte de militant à plein temps de la présence protectrice » depuis quelques années, la logique de ce type d’action a largement prévalu jusqu’au 7 octobre 2023.

Mais après le 7 octobre, les colons, de plus en plus enhardis, se sont montrés plus enclins à lancer une vague d’expansion, et le peu de marge de manœuvre dont disposaient autrefois les militants pour aider les Palestiniens a en grande partie disparu.

Le consensus grandissant parmi les militants de la présence protectrice avec lesquels j’ai discuté est que cette tactique pacifique ne fonctionne plus. Et les chiffres aboutissent à la même conclusion : plus de 50 communautés palestiniennes de la zone C ont été déplacées de force depuis le 7 octobre.

Avant le 7 octobre, le déplacement d’une communauté palestinienne dans la zone C était une rareté. Aujourd’hui, c’est monnaie courante, au point que des personnalités de l’establishment juif israélien et américain ont reconnu que la violence effrénée des colons en Cisjordanie remet en cause l’État de droit en Israël même.

Le mois dernier, le ministère israélien de la Défense a annoncé qu’un bataillon entier serait détourné des combats dans le sud du Liban pour contenir la violence des colons en Cisjordanie.

Et pourtant, la violence ne fait que s’intensifier. Samedi dernier, un Palestinien – Ali Majed Hamadneh – a été tué dans le village de Deir Jarir, au nord-est de Ramallah, dernier épisode en date d’une vague d’attaques qui a fait au moins 22 morts parmi les Palestiniens en Cisjordanie depuis le début de la guerre en Iran, le 28 février.

Des colons enhardis

Comme la théorie de la « présence protectrice » repose sur le privilège informel dont bénéficient les étrangers et les Israéliens juifs par rapport aux Palestiniens, et, dans le cas des Israéliens, sur leur statut juridique, elle suppose que les colons respectent dans une certaine mesure la loi israélienne, a souligné Wiseman.

En Cisjordanie, les Israéliens sont soumis au droit civil israélien, tandis que les Palestiniens sont soumis au droit militaire israélien.

« Mais de plus en plus, nous sommes attaqués par des colons qui n’hésiteraient pas à s’en prendre à la police et à l’armée », a déclaré Wiseman.

Ces militants font face à des colons déterminés à mener ce qu’ils décrivent comme des attaques de type pogrom, incendiant des villages et tuant des Palestiniens en toute impunité, rarement traduits en justice par les tribunaux israéliens et, dans certains cas, encouragés par des ministres israéliens.

Depuis 2020, les soldats et les colons israéliens ont tué au moins 1100 civils palestiniens en Cisjordanie, mais aucune mise en accusation n’a été prononcée en lien avec ces meurtres.

Qu’il s’agisse de militants chevronnés, engagés depuis vingt ans dans l’action de présence protectrice et qui ont vu se construire le mur de séparation et signer les accords d’Oslo, ou de jeunes militants israéliens qui ne se sont mobilisés qu’après le 7 octobre, un consensus se dégage : ils estiment avoir atteint les limites de la résistance non violente en Cisjordanie.

Pour Noah Benninga, directeur du Centre de recherche sur la communauté juive néerlandaise à l’Université hébraïque, qui milite pour la présence protectrice depuis la pandémie de COVID-19, les limites de la non-violence apparaissent particulièrement clairement lorsqu’on envisage le militantisme au niveau organisationnel.

« Pour les colons, s’ils sont tués, ils deviennent des martyrs de leur cause, celle de faire valoir les revendications juives sur les terres de Cisjordanie », a-t-il déclaré.

« Ces ‘jeunes des collines’ n’ont vraiment rien à perdre », a-t-il ajouté, faisant référence aux jeunes adultes en rupture avec la société qui squattent des avant-postes non autorisés à travers la Cisjordanie.

Aucun militant pour la protection n’a encore été tué par un colon pendant son service, mais ce n’est qu’une question de temps, a déclaré Benninga. Ce sont toutefois les Palestiniens qui ont subi le plus gros de la violence.

« La non-violence n’est pas une très bonne solution face à la violence, à moins que l’on veuille se faire assassiner », a ajouté Benninga.

Plus de militants pourrait changer la donne

Des organisations israéliennes de défense des droits de l’homme telles que B’Tselem ont critiqué la distinction entre les actes de violence commis par les colons israéliens et ceux perpétrés par l’État israélien, affirmant dans des publications récentes qu’il s’agit en réalité d’une seule et même chose.

Ce flou est visible sur le terrain. Il a été maintes fois rapporté que des soldats israéliens restaient passifs ou intervenaient activement aux côtés des colons lors d’attaques, et au moins une militante de la présence protectrice – l’Américaine Ayşenur Ezgi Eygi, âgée de 26 ans – a été tuée par des tirs de l’armée israélienne au cours des deux dernières années.

Assis avec un groupe de militants sur des chaises de jardin, face à ce qui venait d’être déclaré zone militaire interdite aux abords de Mukhmas, Rayy Tidhar, un militant israélien de 20 ans originaire de Tel-Aviv, a expliqué que s’ils avançaient de quelques mètres et que l’armée israélienne les apercevait, ils risquaient d’être arrêtés, alors que les colons entrant dans le village, pourtant soumis aux mêmes lois, seraient libres de se déplacer comme bon leur semble.

Pour ces militants, être témoins de l’accumulation de violences qui finissent par coûter la vie aux communautés palestiniennes, village après village, a mis à rude épreuve leur conviction que leur présence puisse avoir le moindre impact.

« L’une des choses les plus difficiles dans cette action, c’est de savoir que nous ne sommes tout simplement pas assez nombreux pour pouvoir tenir tête à une force militaire gigantesque, en lien direct avec les États-Unis », a déclaré Tidhar.

Selon le rabbin Arik Ascherman, il s’agit simplement d’un problème d’effectifs. S’il y avait 100 Israéliens à Mukhmas pour barrer la route aux colons qui tentent d’entrer dans le village, la situation serait tout autre, a-t-il déclaré.

Tidhar l’a formulé plus crûment : « Écoutez, nous sommes cinq ici en ce moment, vous compris, et deux d’entre nous sont palestiniens. Que sommes-nous censés faire si l’armée arrive ? »

Dans le brouillard de la guerre avec l’Iran, Duma, une autre communauté palestinienne de la zone C que Torat Tzedek s’efforçait de soutenir, a été détruite par des colons israéliens après que l’armée israélienne l’eut déclarée zone militaire fermée, ce qui laisse présager un avenir inquiétant pour leur travail en Cisjordanie.

« Duma ne sera pas la dernière », a déclaré Wiseman.



Theia Chatelle est une correspondante indépendante spécialisée dans les conflits, basée en Palestine. Elle a notamment écrit pour The Intercept, Zeteo, The Nation et Jewish Currents.

Theia parle arabe et espagnol et est une ancienne participante du Type Media Center et du Rory Peck Trust.


https://www.chroniquepalestine.com/cisjordanie-colons-infligent-aux-palestiniens-violence-sans-limites/




dimanche 26 avril 2026

Pourquoi Israël interdit l’accès des médias étrangers indépendants à Gaza




J’ai passé des heures et des heures à visionner des vidéos insoutenables et à croiser toutes les sources sérieuses en ne gardant que ce qui était vraiment attesté. C’est absolument effroyable.

Je pourrais tout autant vous parler de ce qui s’est passé le 10 décembre 2025 à Jabalia, au nord de Gaza : le jeune Zaher Nasser Shamia, âgé de 16 ans, a été tué près de la « Yellow Line », cette ligne de démarcation établie après le cessez-le-feu d’octobre 2025.

Zaher marchait avec des amis vers les cubes de béton jaunes après qu’on lui avait dit que l’armée israélienne s’était retirée ; il a été touché à la tête, probablement par un tir de drone quadcopter, et est tombé au sol encore vivant, en bougeant la tête. Ses amis ont fui sous les tirs nourris qui empêchaient tout secours. Quelques minutes plus tard, un bulldozer militaire israélien a roulé délibérément sur lui, lui sectionnant le corps en deux et le déchiquetant alors qu’il respirait encore.

Son oncle et d’autres témoins ont décrit la scène comme une exécution intentionnelle, dans un contexte de tensions récurrentes où des centaines de Palestiniens ont été tués ou blessés autour de cette ligne depuis le cessez-le-feu.

L’armée israélienne n’a pas publié de commentaire détaillé sur cet incident précis, se contentant comme d’habitude de cadrer ces événements comme des réponses à des menaces sécuritaires.

On comprend pourquoi Israël, présentée comme « la seule démocratie du Moyen-Orient », interdit l’accès des médias étrangers indépendants à Gaza depuis des mois : cela permet de maintenir un contrôle strict sur le récit et d’éviter que de telles images et témoignages ne se répandent librement.

Les propagandistes à la télé française disent que c’est faux. Mais c’est vrai, ce n’est pas de l’IA ou du montage et c’est très documenté. Ici, la vidéo de Ramzi Abu Sahloul, un homme abattu dans un groupe avec drapeau blanc en janvier 2024 à Khan Younès dans le sud de la bande de Gaza dans une zone dite « sécurisée ».

Filmée en direct par un cameraman d’ITV News :
https://www.itv.com/news/2024-01-23/moment-civilian-brandishing-white-flag-in-gaza-safe-zone-is-shot-dead

Ici la vidéo de deux hommes non armés (l’un agitant un tissu blanc, abattus puis enterrés par un bulldozer, en mars 2024, près de Gaza City) :
https://aljazeera.com/news/2024/3/28/israeli-soldiers-shoot-dead-two-unarmed-palestinian-men-in-gaza-video

Et le reportage de Democracy Now (avec extraits) :
https://democracynow.org/2024/3/28/head

Ou encore les frères Barbakh (15 et 20 ans, abattus malgré le drapeau blanc en janvier 2024 à Khan Younès) :


Reportage ITV News (avec images) : 


Source : Didier Maïsto


samedi 25 avril 2026

"I Felt I Was a Monster"




Dans Haaretz témoignages de soldats de Tsahal revenus de Gaza :

- un civil gazaoui en cage, déshabillé, qui se fait uriner dessus par un soldat de Tsahal devant d’autres soldats qui riaient.

- un soldat a vidé son chargeur de mitraillette sur un vieil homme accompagné de 3 enfants, il a craché sur les corps et les a traités de « fils de putes ».

- un autre soldat raconte qu’ils ont croisé un civil palestinien non armé qui levait les mains en l’air. Un soldat israélien « s’est approché de lui avant de l’abattre en le présentant comme un « terroriste éliminé ».

- un autre décrit comment des soldats de Tsahal « prenaient du plaisir à détruire » et volaient les biens des Palestiniens assassinés. Les soldats volaient « des appareils électriques, des colliers en or, de l’argent liquide, tout » et « appelaient ça une bénédiction de voler les Palestiniens ».

Source

vendredi 24 avril 2026

La France continue d’alimenter largement la machine génocidaire : un rapport accablant



Un rapport d’Urgence Palestine et de Palestinian Youth Movement, dont Le Monde a publié des extraits lundi soir, révèle que plus de 525 cargaisons d’équipements français à usage militaire ont été expédiées vers Israël entre octobre 2023 et mars 2026. Pour le gouvernement, il s’agit de matériel à vocation défensive ou destiné à être réexporté.

Le document de 66 pages, intitulé « Les dessous des exportations militaires françaises vers Israël », se veut aussi complet et précis que possible. Il démontre un flux régulier et diversifié d’équipements qui, à eux seuls, ne constituent pas des armes prêtes à l’emploi, mais alimentent l’industrie de défense israélienne en composants parfois essentiels.

Selon le rapport, « entre octobre 2023 et mars 2026, plus de 525 cargaisons de matériel militaire ont été expédiées par des fabricants français vers les industries israéliennes de défense et aérospatiales ». Les principaux exportateurs français recensés sont Sermat, ADR, Effbe France, Eurolinks, Savimex, Safran, Thales, Cimulec, Amphenol Air LB, Radiall, Aubert & Duval, Vishay MCB et Hutchinson. Du côté israélien, Elbit Systems, premier fabricant d’armes du pays, est à l’origine de la quasi-totalité des achats, que le rapport n’a pas pu chiffrer en quantités ou en valeur.

Plus de 90 % des expéditions, issues d’une cinquantaine de villes et de douze régions de France, ont été acheminées par la compagnie aérienne israélienne El Al. L’écrasante majorité de ces vols ont décollé de l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle, qui est aussi utilisé de façon intensive, selon le rapport, pour « le transit de fret militaire américain entre l’Amérique du Nord et Israël » : « Entre le 4 avril 2025 et le 25 octobre 2025, plus de 117 expéditions ont quitté différentes installations de Lockheed Martin [entreprise américaine et mondiale de défense et de sécurité] et de bases aériennes aux Etats-Unis à destination d’Israël, la majorité (79 %) étant acheminée vers la base aérienne militaire de Nevatim. » Toutes ces cargaisons auraient transité par le hub parisien de la société américaine de fret aérien FedEx, le plus important hors des Etats-Unis.

Parmi les industriels contactés par Le Monde, Thales, dont le rapport d’Urgence Palestine estime que quatre de ses filiales approvisionnent les divisions guerre électronique, drones, systèmes C4I (les fonctions de contrôle et commande et de renseignement) et radars au sol d’Elbit Systems, rappelle la position qu’il défend depuis des mois : « Depuis le 7 octobre 2023, Thales n’a exporté aucune arme ni aucun système létal vers les forces armées israéliennes, ni directement ni par l’intermédiaire de fabricants tiers ».

Aubert & Duval vend des tubes en acier équipant des obusiers ou des tanks à Elbit Systems mais se défend en jurant que « la licence d’exportation de matériel de guerre accordée par l’Etat français prévoit explicitement que le produit final (…) soit réexporté à des forces armées qui ne sont pas celles d’Israël ».

Le ministère des armées a ordonné, en octobre 2025, l’arrêt des exportations de la société Sermat vers Israël, avait révélé le média en ligne Disclose car celles-ci étaient non conformes à la législation. Ces contrats portaient notamment sur la fourniture d’alternateurs et de moteurs électriques pour des drones d’Elbit Systems.

Le cas d’Eurolinks, qui fabrique des maillons, c’est-à-dire les liens permettant de charger les munitions, est déjà connu grâce aux révélations de Dispose et de Marsactu, Mais, malgré les révélations de presse et le refus des dockers CGT de Marseille de charger une livraison en juin 2025, le rapport d’Urgence Palestine fait état « d’un flux continu de 12 expéditions documentées totalisant 9,94 millions de liens de munitions sur vingt et un mois ».

De fait, l’Etat français n’a pas annulé la licence d’Eurolinks. Celle-ci « ne donne pas droit à l’armée israélienne d’utiliser ces composants », avait déclaré en mars 2024 Sébastien Lecornu, alors ministre des armées, qui doivent uniquement entrer dans la fabrication d’équipements ensuite exportés par Israël.

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« Le décalage entre la politique officielle de la France et la réalité de sa chaîne d’approvisionnement, où des composants ont permis l’armement de drones au-dessus de Gaza, soulève de sérieuses questions quant à sa complicité », estiment Urgence Palestine et Palestinian Youth Movement, qui invoquent, notamment, le Traité sur le commerce des armes (TCA), signé et ratifié par la France en 2013, selon lequel « un Etat Partie ne doit autoriser aucun transfert d’armes (…) s’il a connaissance que ces armes pourraient servir à commettre un génocide, des crimes contre l’humanité, (…) des attaques dirigées contre des civils (…) ou d’autres crimes de guerre.»

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*Source : Europalestine.com


jeudi 23 avril 2026

La loi de la potence : Israël se prépare à exécuter des enfants palestiniens


Territoires occupés - Kidnapping d'un enfant palestinien par les troupes israéliennes d'occupation.



Selon la nouvelle loi israélienne sur la peine de mort, les enfants palestiniens, tout comme les adultes, pourraient, dans la pratique, se retrouver face à la potence. Cela pourrait en surprendre certains, voire être considéré comme une exagération. Malheureusement, il n’en est rien.

La loi sur la peine de mort, adoptée par la Knesset israélienne le 30 mars, prévoit la peine capitale pour les Palestiniens reconnus coupables d’avoir perpétré des attentats meurtriers.

Cette législation, souvent qualifiée de « loi sur la peine de mort pour les terroristes », exige que les exécutions aient lieu rapidement, dans un délai de 90 jours, tout en limitant fortement les possibilités de recours ou de commutation de peine, selon des organisations de défense des droits humains telles qu’Amnesty International et Human Rights Watch.

Elle répond à une revendication politique de longue date des dirigeants d’extrême droite israéliens visant à officialiser l’exécution comme outil de contrôle sur les Palestiniens.

Comme l’a affirmé à plusieurs reprises le ministre israélien de la Sécurité nationale, le fasciste Itamar Ben-Gvir, les personnes accusées de tels actes « méritent la mort », présentant ainsi la loi non pas comme une exception, mais comme une politique nécessaire.

Bien que la loi elle-même ne mentionne pas explicitement les enfants, elle ne les exclut pas non plus. Compte tenu du traitement réservé aux enfants palestiniens par Israël et de leur classification juridique, cette distinction n’est pas mineure : elle est décisive.

Defense for Children International–Palestine a indiqué dans son rapport de 2023 intitulé « Arbitrary by Default » que le système de détention militaire israélien soumet les mineurs palestiniens à des « mauvais traitements systématiques », institutionnalisés et « généralisés ».

Les rapports d’Amnesty International, d’Human Rights Watch et d’autres organisations de défense des droits de l’homme font état de pratiques abusives récurrentes, notamment des arrestations nocturnes, des violences physiques, des menaces et des pressions psychologiques.

Ces organisations soulignent que de nombreux enfants sont interrogés sans garanties juridiques adéquates, dans des conditions propices à la coercition et à l’obtention de faux aveux.

En vertu du droit international, les enfants sont des personnes protégées, ayant droit à des garanties spéciales imposées par la Quatrième Convention de Genève et de la Convention relative aux droits de l’enfant — qui interdisent toutes deux les traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Ce n’est toutefois pas le cas en Israël — un État qui a toujours considéré le droit international non pas comme contraignant, mais comme un obstacle à ses objectifs politiques et militaires.

Pour Israël, les enfants palestiniens sont souvent considérés non pas comme des civils, mais comme des menaces potentielles. Cette conception constitue une atteinte profonde à l’humanité et aux droits fondamentaux – une atteinte qui va encore plus loin que le langage cynique des « dommages collatéraux », en dépouillant préventivement les enfants de leur statut de civils.

Les responsables israéliens ont clairement exprimé ces points de vue.

La déclarationde Ben-Gvir n’était pas une aberration, mais le reflet d’un discours politique dans lequel la déshumanisation est banalisée.

Cela aussi a souvent été qualifié de simple racisme habituel dans la politique israélienne. C’est pourtant bien plus que cela.

Depuis le 7 octobre 2023, les enfants de Gaza ont été tués en nombre effarant : au moins 21 289 enfants recensés parmi plus de 71 800 Palestiniens tués, et plus de 44 500 blessés, selon la mise à jour de l’UNICEF de février 2026.

En Cisjordanie occupée, la tendance persiste, les enfants palestiniens étant de plus en plus souvent tués lors de raids militaires israéliens et de violences commises par les colons.

Compte tenu de tout cela, il n’est pas surprenant que la loi sur la peine de mort n’exempte pas les enfants du sort horrible qu’elle réserve aux Palestiniens qui résistent à l’occupation israélienne.

Pour être clair, la loi sur la peine de mort ne vise ni à punir ni à dissuader. Israël n’a pas besoin d’une loi pour tuer des Palestiniens, qu’il s’agisse de personnes engagées dans la résistance armée ou, comme cela a si souvent été le cas, de civils n’ayant aucune implication dans les hostilités.

Depuis des décennies, Israël procède à des assassinats, à des exécutions sommaires et à des opérations militaires de grande envergure qui ont causé la mort de milliers et milliers de Palestiniens.

Cette loi vise donc autre chose : la démonstration de force.

Elle ne diffère pas fondamentalement de la brutalité ostentatoire associée à des personnalités telles que Ben-Gvir, dont la rhétorique et le comportement envers les prisonniers palestiniens ont mis l’accent sur la domination, l’humiliation et le contrôle.

Mais cette démonstration de force comporte une conséquence mortelle : de nombreuses personnes risquent d’être tuées, y compris des enfants.

Bien que certaines voix au sein de la communauté internationale se soient élevées contre cette loi, ces réactions ont été limitées et de courte durée, rapidement éclipsées par d’autres événements.

Sans pression soutenue, Israël n’a aucune raison de s’abstenir de procéder à des exécutions – des décisions qui seront prises par des tribunaux militaires dépourvus des normes les plus élémentaires d’équité ou de respect du droit international.

Une fois que cela aussi sera normalisé, le seuil se déplacera à nouveau. Et les enfants seront inévitablement entraînés dans cette spirale.

Israël a déjà normalisé des pratiques autrefois jugées impensables. S’il normalise désormais l’exécution d’enfants, il franchira un seuil que même de nombreux régimes coloniaux n’ont pas ouvertement franchi.

Il doit y avoir une limite – car la poursuite de cette pratique ne se contentera pas de dévaster les Palestiniens, mais aura des répercussions bien au-delà, érodant les protections les plus élémentaires de la vie humaine elle-même.