jeudi 5 février 2026

L’occupation américaine de Gaza a commencé



Les plans du « Conseil de la paix » de Donald Trump indiquent que son objectif ne se limite pas à faire de Gaza un espace destiné aux élites fortunées, mais vise plutôt à placer l’enclave sous une occupation américaine permanente.

Par Mitchell Plitnick 


Cette semaine, Drop Site News a révélé un projet de résolution émanant du nouveau « Conseil de la paix » de Donald Trump. Ce texte expose ce qui constitue en substance la phase 2 du plan de paix irréaliste de Trump, qui a inauguré une nouvelle phase de violences à Gaza sous couvert d’un cessez-le-feu.

Les mesures décrites dans cette résolution font abstraction des réalités sur le terrain et dressent un tableau extrêmement sombre des intentions américaines pour Gaza. Loin d’abandonner l’imagerie absurde et offensante diffusée l’an dernier par Donald Trump dans une vidéo générée par intelligence artificielle, le montrant aux côtés d’Elon Musk sur une plage d’une Gaza méconnaissable, cette résolution constitue en réalité un plan d’attaque visant à transformer Gaza en un espace réservé aux plus fortunés, tel que l’a présenté Jared Kushner lors du Forum économique mondial de Davos la semaine dernière. Dans ce scénario, les seul·es Palestinien·nes autorisé·es à y rester auront été sélectionné.es pour servir le nouveau régime.

Il s’agira ainsi d’une Gaza placée sous occupation américaine permanente.

Le « Conseil exécutif » chargé de gouverner Gaza

Bien que le « Conseil de la paix » (Board of Peace, BoP) ait mobilisé l’attention, il ne constitue pas l’organe central pour Gaza. Le BoP est conçu comme une structure internationale destinée à concurrencer les Nations unies. Il est actuellement composé exclusivement de figures d’extrême- droite ou de dirigeants autocratiques, une configuration qui devrait perdurer.

Le BoP sera présidé par Donald Trump, dans un rôle personnel distinct de ses fonctions de président des États-Unis. Il disposera d’un contrôle total sur la composition du Conseil ainsi que d’un droit de veto absolu sur l’ensemble de ses décisions. Donald Trump restera à la tête du BoP jusqu’à ce qu’il choisisse de s’en retirer ou jusqu’à son décès, et il sera seul habilité à désigner son successeur. Il s’agit bien là d’un système autocratique clairement assumé.

Le BoP peut déléguer ses pouvoirs à sa convenance, ce qu’il a fait pour Gaza. L’organe appelé à gouverner le territoire est le « Conseil exécutif » (Executive Board, EB). Celui-ci ayant également d’autres domaines de compétence, il a à son tour délégué ses pouvoirs à une instance spécifique, le Conseil exécutif de Gaza (Gaza Executive Board, GEB). 

Nombreux sont les membres de l’EB à faire également partie du GEB

Parmi les membres du GEB figurent des personnalités bien connues, telles que Steve Witkoff, principal négociateur de Donald Trump ; Susan Wiles, sa cheffe de cabinet ; Jared Kushner, son gendre ; ainsi que Tony Blair, ancien Premier ministre britannique, impliqué dans l’invasion de l’Irak en 2003.

D’autres membres sont moins connus du grand public, mais l’ensemble de ces personnalités dessine une image préoccupante du fonctionnement envisagé pour ce Conseil.

Le ministre Hakan Fidan Ali Al-Thawadi est ministre des Affaires stratégiques du Qatar. Il a joué un rôle central dans les négociations entre les États-Unis et le Hamas au cours de l’année écoulée. Israël s’est opposé à sa nomination, sans toutefois manifester une opposition marquée. Al-Thawadi a noué une relation étroite avec Donald Trump.

Le général Hassan Rashad est le chef des services de renseignement égyptiens.

Marc Rowan est un milliardaire américain et un important donateur de la campagne présidentielle de Donald Trump. Il préside l’United Jewish Appeal-Federation of New York et occupe une place majeure au sein de la communauté juive américaine pro-israélienne. Rowan a joué un rôle central dans les tentatives de réduire au silence les critiques universitaires et étudiantes envers la politique israélienne à Gaza , tout comme dans la destitution de la présidente de l’Université de Pennsylvanie, Liz Magill, en 2024.

La ministre Reem Al-Hashimy est ministre d’État chargée de la coopération internationale aux Émirats arabes unis. Elle a été l’une des principales porte-parole des accords d’Abraham.

Nickolay Mladenov est un diplomate bulgare chevronné, ancien député européen et haut responsable des Nations unies. Il a travaillé étroitement avec Tony Blair au sein du Quartet, un organe international censé promouvoir une solution à deux États entre Israël et la Palestine, largement considéré comme un échec ; il a également soutenu les accords d’Abraham lors de leur signature. En tant que diplomate, Mladenov a bénéficié d’éloges publics de la part d’Israël, des États-Unis, de l’Autorité palestinienne ainsi que de dirigeants du Hamas. Il a également été nommé par Donald Trump « haut représentant pour Gaza », ce qui lui confère un rôle central et élargi dans la mise en œuvre du plan Trump. Pour autant, Mladenov avait exprimé des réserves sur le « deal du siècle » du premier mandat de Trump, ce qui soulève des interrogations sur les circonstances de son ralliement.

Yakir Gabay est un citoyen israélien et chypriote, milliardaire de l’immobilier. Il s’est récemment illustré par son implication dans des pressions exercées sur le maire de New York, Eric Adams, afin que la police intervienne contre les manifestations étudiantes pro-palestiniennes à l’université Columbia.

Sigrid Kaag est une diplomate de longue date des Nations unies et ancienne ministre des Affaires étrangères des Pays-Bas. Elle occupait jusqu’en juin dernier le poste de coordinatrice spéciale de l’ONU pour le processus de paix au Moyen-Orient. Elle n’a pas commenté sa supposée nomination au sein du GEB et sa participation reste incertaine.

Aucun.e Palestinien.ne ne siège au Conseil exécutif de Gaza. De surcroît, aucun de ses membres n’a d’antécédents connus de défense des intérêts palestiniens. Le Conseil exécutif (EB), auquel le GEB est censé servir de structure « consultative », est composé majoritairement des mêmes personnalités que le GEB : Witkoff, Wiles, Kushner, Blair et Rowan y siègent également, aux côtés du secrétaire d’État américain Marco Rubio et du secrétaire général adjoint du Conseil de sécurité nationale, Robert Gabriel.

Donald Trump a nommé au sein de l’EB le président de la Banque mondiale, Ajay Banga, ainsi que l’avocat Martin Edelman, proche à la fois de Trump et des Émirats arabes unis. Aryeh Lightstone, ancien conseiller de l’ambassadeur américain en Israël sous le premier mandat de Trump, David Friedman, et Josh Gruenbaum, fonctionnaire ayant travaillé étroitement avec Witkoff et Kushner, ont été désignés conseillers du Conseil exécutif.

Les Palestinien·nes exclu.es de la planification de l’avenir de Gaza

Bien qu’aucun.e Israélien.ne ne siège au Conseil exécutif, celui-ci est largement composé de soutiens radicaux de la droite israélienne et du Premier ministre Benyamin Netanyahou, ce qui rend le mandat volontairement flou de l’ensemble du dispositif d’autant plus préoccupant. La proposition publiée par Drop Site stipule que « les activités de reconstruction et de réhabilitation du Conseil seront exclusivement consacrées à ceux qui considèrent Gaza comme leur foyer et leur lieu de résidence »

Cependant, le texte ne prévoit aucune possibilité pour la population de Gaza de participer à la prise de décision concernant sa situation actuelle, encore moins son avenir. Le Conseil exécutif exerce un contrôle total sur l’ensemble du cadre juridique, tandis que la sécurité est confiée à une Force internationale de stabilisation (International Stabilization Force, ISF) dirigée par les États-Unis. Cette force doit être placée sous le commandement du major-général américain Jasper Jeffers. Donald Trump détient seul le pouvoir de révoquer le commandant de l’ISF et doit approuver personnellement toute nomination destinée à le remplacer. Le plan précise en outre que « seules les personnes qui soutiennent et agissent de manière cohérente avec le Plan global de Trump pour Gaza seront habilitées à participer aux activités de gouvernance, de reconstruction, de développement économique ou d’assistance humanitaire à Gaza ».

Le seul rôle actuellement envisagé pour les Palestinien·nes de Gaza consiste à mettre en œuvre les décisions prises à leur place.

En d’autres termes, tout Palestinien souhaitant participer, de quelque manière que ce soit, à la vie de Gaza devrait satisfaire au critère décisif imposé par Donald Trump : soutenir le contrôle américain externe de la bande de Gaza. Il en irait de même pour toute entreprise, ONG ou même tout individu désireux de contribuer, d’une façon ou d’une autre, à la reconstruction de Gaza, sur les plans physique, politique ou économique.

Dans l’idéal envisagé par Donald Trump et Jared Kushner, Gaza serait transformée en une vaste « ville-usine » (company town). La majeure partie du littoral serait consacrée au tourisme. Une large portion de la frontière orientale avec Israël serait dédiée à des zones industrielles et à d’immenses centres de données, reflétant très probablement les investissements massifs de Trump et de ses partenaires émiratis dans le domaine de l’intelligence artificielle. Entre ces espaces s’étendraient des zones résidentielles séparées par des parcs, des terres agricoles et des infrastructures sportives. En Cisjordanie, de tels parcs et zones agricoles sont fréquemment classés comme zones militaires fermées et réaffectés à d’autres usages par la puissance occupante. Comme cela apparaît clairement depuis le début, le seul rôle envisagé pour les Palestinien·nes serait de gérer l’application des décisions du Conseil exécutif. Autrement dit, des technocrates palestiniens, des ouvriers et des employés administratifs seraient « autorisés » à mettre en œuvre des décisions prises à leur place.

L’occupation américaine de Gaza

Cette résolution n’apporte que quelques éléments supplémentaires aux idées inabouties que Donald Trump avance depuis le mois d’octobre. Elle repose toujours sur l’hypothèse d’un avenir proche dans lequel le Hamas aurait volontairement déposé les armes, Israël se serait retiré de Gaza, et la Force internationale de stabilisation (ISF) aurait pris le contrôle de la sécurité avec l’assentiment des Palestinien·nes restant sur le territoire. Ces hypothèses relèvent entièrement de la fiction.

Le Hamas a répété à plusieurs reprises qu’il était disposé à discuter d’une mise hors service de ses armes, mais pas de leur abandon total. Dans un contexte où Israël finance de nouveau des groupes palestiniens armés dissidents à Gaza, un désarmement complet équivaudrait à un suicide pour de nombreux membres du Hamas, du Jihad islamique et d’autres factions. Les États-Unis évoquent la possibilité d’offrir une amnistie, voire un programme de rachat des armes. Toutefois, ces propositions apparaissent largement inopérantes si le désarmement expose les membres du Hamas à des risques mortels, même en supposant que Washington respecte ses engagements et qu’Israël ne cherche pas à traquer ces combattants. Par ailleurs, Israël manifeste une hostilité croissante à l’égard de l’ensemble de ce plan. Les autorités israéliennes privilégieraient une nouvelle offensive contre Gaza, d’autant plus qu’il n’y a désormais plus d’otages, vivants ou morts, à prendre en compte.

Le Premier ministre Benyamin Netanyahou affirme ouvertement qu’Israël n’autorisera aucune reconstruction à Gaza, où des civils, y compris des nourrissons, continuent de mourir non seulement sous les frappes militaires, mais aussi en raison du refus de fournir aux Palestinien·nes les matériaux nécessaires pour se protéger des rigueurs de l’hiver, et ce tant que le Hamas ne sera pas « désarmé ». Il affirme également qu’Israël maintiendra un « contrôle sécuritaire » sur Gaza de manière permanente. Israël a informé les États-Unis de son intention d’étendre la zone sous contrôle israélien dans la bande de Gaza, qui couvre déjà bien plus de la moitié du territoire, plutôt que de la réduire, comme le prévoit le plan de Donald Trump.

Ce qui est en train de se mettre en place à Gaza relève d’une nouvelle forme d’occupation étrangère. Cette fois, les États-Unis en seraient la force dominante sur le terrain, et une occupation dirigée par Washington rencontrerait une résistance comparable à celle rencontrée par l’occupation israélienne. Selon plusieurs sources, Israël a d’ores et déjà élaboré un plan pour une vaste opération militaire, marquant un retour à l’offensive massive de l’an dernier. Cette opération devrait être lancée en mars, sauf si les États-Unis s’y opposent explicitement. Par ailleurs, de nombreuses incertitudes subsistent quant à la composition éventuelle de la Force internationale de stabilisation (ISF). Si plusieurs États ont promis de soutenir le désarmement de Gaza, beaucoup se montrent réticents à participer à une telle force si des affrontements avec des groupes palestiniens armés sont prévisibles.

Cette réticence est largement compréhensible. Ce qui prend forme à Gaza correspond à un nouveau type d’occupation étrangère. Cette fois, les États-Unis seraient la principale force déployée sur le terrain, à moins qu’ils n’autorisent Israël à reprendre son offensive — une option que Donald Trump ne souhaite pas. Une telle évolution constituerait l’un des plus grands échecs de sa présidence et viendrait contredire son affirmation selon laquelle il aurait «mis fin aux guerres partout dans le monde».

Mais des troupes étrangères restent des troupes étrangères. Il est possible que l’administration Trump ait fini par croire pleinement à son propre discours absurde, qui est aussi celui d’Israël, selon lequel si l’oppression exercée sur les Palestinien·nes n’est pas israélienne, ceux-ci pourraient être contrôlés et renonceraient à lutter pour leur liberté. Cette vision repose sur l’idée que la cause palestinienne se réduirait exclusivement à une hostilité envers « les Juifs ». Or, une occupation dirigée par les États-Unis rencontrerait une résistance comparable à celle que rencontre l’occupation israélienne, y compris dans l’hypothèse où le Hamas serait désarmé.

Une occupation américaine de Gaza, exercée au nom d’Israël, serait tout aussi rejetée par les Palestinien·nes qu’une occupation israélienne soutenue par Washington. Il faudra peut-être du temps à la population de Gaza, épuisée par plus de deux ans et demi de guerre, pour se réorganiser et structurer une résistance significative, mais celle-ci émergera, comme cela a toujours été le cas. La solution est pourtant simple : garantir aux Palestinien·nes leur liberté et leurs droits. Mais cette option demeure hors du champ de réflexion de Washington et de Tel-Aviv. Ainsi se dessine une nouvelle occupation, qui ne sera en rien plus acceptable que l’ancienne.

Traduction pour l’Agence Média Palestine : C.B

Source : Agence Média Palestine

Version originale : Mondoweiss




De la Palestine à Minneapolis, l’ICE et Israël déchaînent la même barbarie coloniale




Comme beaucoup de Palestiniens avant elle, Renee Good est morte parce que des forces autoritaires ont décidé qu’elle ne méritait pas de vivre, et parce que l’ensemble du système juridique et politique est conçu pour garantir que leurs agents n’aient jamais vraiment à répondre de leurs crimes.

Le 7 janvier, à Minneapolis, des agents de l’ICE (United States Immigration and Customs Enforcement) ont tiré trois fois sur Renée Good à travers la vitre de sa voiture parce qu’ils ont eu l’impression qu’elle tentait de leur échapper. Ils ont ensuite empêché les ambulanciers de la secourir pendant quinze minutes, alors qu’elle se vidait de son sang sur le siège conducteur, avec son compagnon à ses côtés.

Quelques heures plus tard, la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, qualifiait Good, la femme qui venait d’être abattue en plein jour par un agent fédéral, de « terroriste nationale », affirmant que l’agent avait agi en légitime défense contre une femme qui aurait tenté de l’écraser avec son véhicule.

Si cela vous semble familier, c’est normal, car c’est exactement la même technique qu’emploie Israël chaque fois qu’il tue un Palestinien. Prenons l’exemple du 6 décembre, il y a quelques semaines à peine, lorsque des soldats israéliens à Hébron, dans le sud de la Cisjordanie occupée, ont ordonné à Ahmad Rajabi, âgé de 17 ans, d’arrêter sa voiture. Il l’a fait, mais ils l’ont quand même abattu. Ils ont empêché les services d’urgence de s’approcher d’Ahmad et ont également tiré sur eux. Il existe d’innombrables autres cas similaires à celui de Rajabi.

L’ICE et l’armée israélienne utilisent les mêmes méthodes, car ils sont issus du même système de violence d’État et de suprématie blanche – la même machine de contrôle racialisé qui a été perfectionnée en Palestine et délibérément importée dans les villes américaines parce qu’elle est bonne pour les affaires.

Comme l’a écrit Noura Erakat : « la violence impériale déchaînée contre les Palestiniens est revenue en boomerang frapper les citoyens étasuniens ».

Qualifier les victimes de « terroristes », c’est rendre les morts responsables de leur propre mort. Israël a passé des décennies à prétendre que chaque Palestinien tué à un poste de contrôle « tentait d’écraser des soldats », que chaque journaliste abattu alors qu’il portait un gilet de presse « opérait avec des combattants palestiniens », que chaque enfant tué représentait d’une manière ou d’une autre une menace immédiate nécessitant l’usage de la force létale.

Comment, sinon, justifier la transformation de Gaza en cimetière ?

C’est à cela que ressemble l’occupation partout où elle existe, dans tous les contextes où des agents armés opèrent en toute impunité sur des populations privées de protection juridique ou de pouvoir politique significatifs. Et, en plus des forces paramilitaires qui envahissent les rues, les systèmes numériques de l’occupation israélienne arrivent également aux Etats-Unis.

Palantir gère les systèmes de gestion des dossiers de l’ICE qui suivent et surveillent les immigrants afin de permettre des expulsions rapides, et cette même entreprise fournit des plateformes de ciblage basées sur l’IA pour les frappes aériennes militaires israéliennes qui décident quels Palestiniens tuer en utilisant des données qui incluent les communications privées entre les Palestiniens américains et leurs proches à Gaza.

Des entreprises israéliennes comme Elbit et Paragon fournissent des radars, des systèmes de surveillance et des logiciels espions directement à l’ICE et à la Sécurité intérieure.

L’Anti-Defamation League parraine des programmes d’échange entre forces de l’ordre dans le cadre desquels des policiers américains se rendent en Israël pour apprendre les « meilleures pratiques » en matière de gestion des points de contrôle, de répression des foules et de transformation de populations entières en menaces pour la sécurité.

Tous ceux qui vénèrent l’idole de la guerre bénéficient de la même impunité. L’immunité qualifiée aux États-Unis fonctionne exactement comme l’impunité dont jouissent les soldats israéliens lorsqu’ils tuent des Palestiniens, et crée un cercle vicieux juridique qui les protège structurellement de toute obligation de rendre des comptes.

Grâce à cette méthode, aucun nouveau meurtre ne peut constituer un précédent et il n’existe aucun précédent auquel se référer [1].

Les soldats israéliens assassinent sans arrêt des Palestiniens. Ces meurtres sont suivis d’enquêtes fictives, qui sont ouvertes puis discrètement clôturées des mois ou des années plus tard, et les poursuites judiciaires ne se concrétisent presque jamais. Vous vous souvenez de Shireen Abu-Akleh ?

Mais Renée n’est pas la première à avoir été assassinée par l’ICE. Au moins trente personnes détenues par l’ICE sont mortes rien qu’en 2025, ce qui en fait l’année la plus meurtrière pour les détenus de l’ICE depuis 2004.

Nous connaissons Renée parce que son meurtre a fait la Une, mais l’ICE a passé l’année 2025 à faire disparaître des corps de couleur foncée dont la plupart d’entre nous ne connaitrons jamais les noms.

Il convient également de mentionner que ces méthodes ne sont pas l’apanage de l’administration Trump, comme le proclament de nombreux démocrates. Créée à la suite des attentats du 11 septembre, elle a été adoptée par Obama et c’est lui-même et son parti qui ont mis l’ICE sur la voie qui en a fait la force militaire qu’elle est aujourd’hui. Le rôle de l’ICE est de terroriser les communautés d’immigrants, à coups d’arrestations, d’expulsions et d’assassinats, afin de faire comprendre à tous ceux qui, selon des critères de plus en plus restrictifs, ne méritent pas d’être protégés, que la survie est un privilège.

L’ICE dispose d’un budget de 170 milliards de dollars sur quatre ans, ce qui en fait la treizième armée la plus importante au monde.

Renée Good et Ahmad Rajabi sont morts parce que des forces paramilitaires toute puissantes ont décidé qu’ils ne méritaient pas de vivre, et parce que toute la structure juridique et politique existe précisément pour garantir que ces agents ne soient jamais vraiment punis pour leurs meurtres.

L’« arc moral » de l’univers [2] ne penche vers la justice que lorsque nous le forçons à le faire. Nous devons donc résister.

Résister signifie refuser d’accepter tout cela comme normal ou inévitable, parce que c’est comme ça. Cela signifie manifester pour exiger que l’agent qui a tué Renée Good soit poursuivi en vertu de la loi de l’État du Minnesota. Cela signifie s’organiser pour supprimer le financement et, à terme, imposer la dissolution totale de l’ICE, car il est impossible de rendre humaine une agence dotée d’un budget de 170 milliards de dollars pour terroriser les communautés.

Et cela signifie comprendre que la libération de la Palestine est, en fait, liée à notre sort, à nous tous. Et, comme les Palestiniens l’ont enseigné au monde, nous devons prendre notre liberté en main.

De Minneapolis à la Palestine, l’occupation doit être démantelée complètement et entièrement, sinon elle continuera à tuer et à étendre ses pouvoirs jusqu’à ce que plus aucun d’entre nous ne soit à l’abri.

Notes :

[1] Etablir un précédent, c’est « créer un cas juridique ou un événement pouvant servir d’exemple ou de règle pour des situations similaires à l’avenir ». Le droit anglo-saxon s’appuie sur la jurisprudence. C’est pourquoi il est capital d’établir des précédents.

[2] Une référence à la citation de Theodore Parker souvent utilisée par Martin Luther King : « L’arc de l’univers moral est long, mais il penche vers la justice. »


Auteur : Ahmad Ibsais





mercredi 4 février 2026

Une nouvelle semaine d’aide à Israël et de corruption en tout genre






par Philip Giraldi


S’agit-il vraiment d’un gouvernement ou d’une sorte de système de Ponzi ?


Depuis un an, le rituel matinal est devenu désagréable. Après le petit-déjeuner, lorsque l’on ouvre la page d’accueil de son ordinateur, on tombe immanquablement sur l’image de l’homme orange qui est malheureusement autrement connu sous le nom de président des États-Unis. La personne en question, qui se fait appeler Donald J. Trump, est invariablement renfrognée, rayonne de haine et lève son petit poing pour exprimer sa volonté de frapper quiconque l’a offensé en pensée, en parole ou en acte. L’article qui l’accompagne décrit généralement comment il est prêt à licencier quelqu’un au sein du gouvernement ou à punir un journaliste pour ne pas s’être incliné et prosterné face à la présence impériale de celui qui se décrit comme «l’homme de paix». Parfois, lorsqu’il a le vent en poupe, Trump menace de tuer soit un «ennemi», soit même tout un groupe ou un pays entier s’ils l’offensent. Il justifie sa sauvagerie en affirmant qu’il possède une sorte de «moralité» personnelle de haut niveau mais indiscernable qui lui permet de prétendre qu’il peut «faire tout ce qu’il veut» !

Au-delà de sa haine envers quiconque le contrarie ou le défie, il y a bien d’autres «problèmes» chez le président Trump, notamment son ignorance généralisée des cibles de sa colère. On pourrait penser que le fait de ne pas savoir que le Groenland et l’Islande sont deux pays différents n’a pas beaucoup d’importance, mais si l’on cherche à s’emparer du premier par la force si nécessaire, il est bon de savoir lequel est lequel. Et si l’on veut bombarder un endroit appelé Iran ou soutenir un génocide dans un endroit appelé Gaza, il serait peut-être judicieux de s’informer sur les intérêts nationaux importants qui justifient de telles actions, qui mettront le monde entier contre vous.

Beaucoup diront que Trump est ce qu’il est parce qu’il n’est pas maître de lui-même, mais qu’il est contrôlé, comme une marionnette maladroite dansant sur scène, par l’État d’Israël et les lobbyistes nationaux qui existent pour promouvoir les intérêts perçus de ce pays en contrôlant les médias des États-Unis et le gouvernement national des États-Unis. Actuellement, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou veut que Trump et les États-Unis fassent le gros du travail pour détruire l’Iran, et tout indique que l’homme orange, qui vient d’approuver une nouvelle aide militaire de 6,5 milliards de dollars à Israël sans le processus d’examen et l’autorisation nécessaires du Congrès, tentera de le faire, quel qu’en soit le coût pour le peuple américain. Restez à l’écoute !

Le soutien perpétuel à Israël n’est pas nécessairement surprenant, car Trump est apparu sur la scène politique, après ses divertissements avec Jeffrey Epstein et son apparition dans une série télévisée sans intérêt dans laquelle il a perfectionné son aptitude à licencier des gens, comme le candidat pro-juif autoproclamé à la présidence des États-Unis. Le 1er juillet 2015, Trump, alors âgé de 69 ans, a déclaré en ses propres termes qu’il était «le seul [candidat] à apporter un soutien réel à Israël. Les autres ne font que parler, sans agir. Ce sont des politiciens. Je suis fidèle à Israël depuis le jour où je suis né. Mon père, Fred Trump, était fidèle à Israël avant moi. Le seul qui apportera à Israël le soutien dont il a besoin, c’est Donald Trump».

Plus récemment, la participation de Donald à la fête de Hanoukka organisée à la Maison-Blanche a également confirmé son affiliation juive. Lors de la réception, Mark Levin, animateur de Fox News et fervent partisan d’Israël, a salué le président Donald Trump comme «le premier président juif». S’adressant à une foule de partisans lors du rassemblement, Trump a invité Levin à «dire quelques mots». «Venez ici. Et ces gens aiment Israël», a fait remarquer le président. Levin a embrassé Trump avant de crier : «Et lui aussi, il aime Israël !» Levin a ensuite salué Trump comme le premier président juif, rappelant qu’«il y a six ans, j’étais ici et j’ai dit que c’était notre premier président juif», ce à quoi Trump a répondu : «C’est vrai». Levin a poursuivi : «Aujourd’hui, il est le premier président juif à avoir exercé deux mandats non consécutifs. Nous vous remercions pour tout».

Il est intéressant de noter que, mis à part les promesses faites lors de sa campagne électorale à New York et Levin, il a été plausiblement affirmé que Trump est en effet le premier président juif par conversion, ayant peut-être fait cette démarche en 2017. Il a personnellement honoré à plusieurs reprises l’héritage du célèbre rabbin Menachem Mendel Schneerson de Chabad Lubavitch, qui lui aurait autrefois servi de tuteur. Et on peut noter que l’hypothèse selon laquelle Trump serait en fait juif au sens religieux est une possibilité qui a certainement été étayée par son comportement servile envers l’État juif pendant son mandat. Lui et sa famille sont, sans surprise, inscrits dans la base de données généalogique jewishgen.org.

Lors de la réception de Hanoukka mardi, Miriam Adelson, magnat israélien des casinos de Las Vegas et grande donatrice politique, a également déclaré publiquement et ouvertement que Trump pourrait briguer un troisième mandat présidentiel, malgré les limites constitutionnelles. Adelson a fait référence à ses discussions avec l’avocat répugnant Alan Dershowitz au sujet de la validité d’un autre mandat et s’est rangée à son avis en déclarant : «J’ai rencontré Alan Dershowitz et je lui ai dit : Alan, je suis d’accord avec toi. Nous pouvons donc le faire. Réfléchissez-y». Elle s’est également engagée à verser 250 millions de dollars supplémentaires pour financer une telle initiative, ce qui a incité le public à scander «Quatre ans de plus». Trump a salué le soutien d’Adelson et a souligné le plaidoyer de son défunt mari, Sheldon Adelson, en faveur d’Israël, en déclarant : «Il y a quinze ans, le lobby le plus puissant à Washington était le lobby juif. C’était Israël. Ce n’est plus le cas aujourd’hui». Trump a ensuite accusé certains députés d’être «antisémites», citant les représentantes Alexandria Ocasio-Cortez et Ilhan Omar, qui, selon Trump, «détestent le peuple juif». Trump a également reproché aux universités de protéger les sentiments anti-israéliens et a prédit que Harvard, qu’il poursuit en justice pour des amendes liées à l’antisémitisme, «paiera beaucoup d’argent».

En effet, les dons provenant de sources pro-israéliennes conditionnent le comportement de Trump et sont un moteur de son image de «homme d’affaires et promoteur immobilier». Même s’il est milliardaire, il cherche toujours à acquérir davantage. La dignité de sa fonction, qui pourrait, chez tout autre président à l’exception de Bill Clinton, freiner sa soif d’argent et de cadeaux, n’a pas découragé Donald Trump. Le New York Times a récemment rendu compte de cette tendance du président, qui est prêt à utiliser ses pouvoirs réglementaires et autres pour soutirer de l’argent à des gouvernements, des entreprises et d’autres organisations étrangers afin d’en faire profiter lui-même et sa famille.

L’article du Times fournit des détails considérables sur la manière dont la famille Trump a bénéficié de 1,4 milliard de dollars au cours de l’année écoulée grâce à divers stratagèmes mis en place directement ou indirectement par le président. L’article pose la question suivante : «Combien d’argent Donald Trump a-t-il empoché grâce à la présidence depuis sa deuxième élection ? Nous avons fait le calcul…» Commençons par les accords de licence. Des entreprises étrangères, souvent avec la participation de leurs gouvernements, paient pour utiliser le nom Trump sur des bâtiments. Et le timing est souvent suspect. Environ un mois après que les Trump ont lancé ce projet à l’extérieur de Hanoï, l’administration a accepté de réduire les droits de douane qu’elle menaçait d’imposer au Vietnam. Et puis il y a Melania. «Et c’est reparti. Il fait la promotion du documentaire de sa femme». Les Trump empochent 28 millions de dollars pour ce documentaire. Amazon a payé beaucoup plus que les offres concurrentes et bien plus que ce que la société avait payé pour des projets similaires. Mais Jeff Bezos a de nombreuses raisons de chercher à s’attirer les faveurs de l’administration, qu’il s’agisse de contrats dans le domaine spatial et de la Défense ou de la réglementation antitrust. Et puis il y a les procès. «ABC News». «Meta». «Paramount». «YouTube a accepté de payer plus de 24 millions de dollars». «16 millions de dollars». «25 millions de dollars». «Pourquoi Elon paie-t-il 10 millions de dollars à Donald Trump ?» Aucun de ces procès n’était justifié sur le fond. Mais plutôt que d’affronter un président vengeur devant les tribunaux, ces entreprises ont conclu un accord, et Trump a gagné plus de 90 millions de dollars. «Le Pentagone dit avoir accepté le Boeing 747 du Qatar. Ils nous offrent un avion gratuit. Merci beaucoup». Trump prévoit d’emporter avec lui le cadeau de 400 millions de dollars du Qatar après sa présidence. Et il semble reconnaître que cela changera la façon dont il traite ce pays. «Ils seront protégés par les États-Unis». Mais la plus grande source de revenus de la famille est la cryptomonnaie. Les personnes qui souhaitent influencer la politique fédérale, notamment les étrangers, peuvent acheter la cryptomonnaie de la famille Trump et transférer efficacement de l’argent aux Trump. Ces transactions sont souvent secrètes, mais certaines ont été rendues publiques, comme l’année dernière, lorsqu’une société d’investissement des Émirats arabes unis a annoncé un accord de 2 milliards de dollars avec la société Trump. Deux semaines plus tard, le président a donné à ce pays l’accès à des puces informatiques de pointe. Les Trump ont gagné au moins 867 millions de dollars grâce à diverses cryptomonnaies. Au total, Trump a empoché plus de 1,4 milliard de dollars. C’est 16 822 fois le revenu médian des ménages américains. Et voici le problème. Nous avons fait cette estimation à partir de données publiques. Ce chiffre est donc un minimum, et non un compte rendu complet. «Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous. Demandez ce que vous pouvez faire pour votre pays».

Et tout cela n’inclut pas les manœuvres parallèles telles que les événements sportifs, notamment la course automobile Indy Formula One à Washington en août, le projet de mémorial Arch, le stade devant la Maison-Blanche pour le prochain événement de lutte UFC, la salle de bal de la Maison-Blanche en cours de construction et d’autres «améliorations», ainsi que la reprise des Kennedy and Peace Centers. Mais tout cela n’est rien comparé au procès intenté pour 10 milliards de dollars que le président, ses deux fils et les intérêts commerciaux de Trump ont intenté contre l’Internal Revenue Service (IRS) en raison d’une fuite des dossiers fiscaux de Donald Trump couvrant notamment la période de son premier mandat. Réfléchissez à ce qu’il est en train de faire : il est à la tête du gouvernement américain et poursuit ce même gouvernement pour une somme colossale qui l’enrichira, lui et sa famille, et qui devra être payée d’une manière ou d’une autre par les contribuables américains. Comme à son habitude, le président Trump s’est emporté contre Karen Travers, correspondante de ABC News à la Maison-Blanche, lorsqu’elle lui a posé des questions sur l’argent du procès, lui lançant : «Vous êtes une personne très bruyante !»

Trump tire parti de la loi fédérale qui protège la confidentialité des déclarations fiscales des Américains. La divulgation abusive d’informations fiscales est passible de sanctions pénales, mais les personnes peuvent également poursuivre le gouvernement si l’Internal Revenue Service révèle leurs informations. C’est toutefois la première fois qu’un président en exercice intente un tel procès. La plainte du président Trump, déposée la semaine dernière devant un tribunal fédéral de Miami contre l’IRS et le département du Trésor, a créé une situation inimaginable dans laquelle des agences fédérales font face à un procès intenté par le chef de l’exécutif, qui réclame dans ce cas au moins 10 milliards de dollars de dommages et intérêts.

Selon le rapport du Times, «il s’agit d’un énorme conflit d’intérêts», selon Richard Painter, avocat en chef chargé de l’éthique à la Maison-Blanche sous l’administration George W. Bush. Painter a fait remarquer que «ses propres collaborateurs [ceux de Trump] pourraient se retourner et dire : «Donnons quelques milliards à la famille Trump. C’est une bonne affaire»». La fuite des déclarations fiscales a été le fait de Charles Littlejohn, un ancien sous-traitant de l’IRS, qui n’était même pas un employé du gouvernement, et qui a été condamné à cinq ans de prison pour son crime.

Il est intéressant de noter que ce n’était pas la première tentative de Trump pour obtenir des paiements du département de la Justice, puisqu’il avait déjà exigé que le département lui verse environ 230 millions de dollars en compensation des enquêtes fédérales menées à son encontre lorsqu’il était candidat contre Hillary Clinton. Le département de la Justice a également répondu aux demandes présidentielles visant à ce que le gouvernement poursuive les personnes qu’il considère comme ses ennemis politiques.

Voilà, vous savez tout. La semaine dernière, Donald Trump a, comme toujours, tout fait pour aider Israël et s’enrichir personnellement. Si cela doit permettre de rendre aux États-Unis leur grandeur, il est difficile de voir exactement comment cela va se passer. Si vous avez des doutes sur la bonne foi du dirigeant de notre pays et que vous souhaitez le soutenir, c’est peut-être le moment idéal pour aller voir le documentaire «Melania», afin d’être rassuré tout en mettant un peu plus d’argent dans la poche de Trump. Il vous en serait très reconnaissant !

Source : The Unz Review via RI



La guerre passée sous silence






La campagne de choc et de terreur que mène Israël en Cisjordanie.

Une politique “choc et terreur”. Cette expression décrit exactement ce qu’Israël pratique en Cisjordanie occupée depuis le 7 octobre 2023 et le début du génocide à Gaza.

Dans son livre "La Stratégie du choc", Naomi Klein définit cette notion de “choc et de terreur” non seulement comme une stratégie militaire, mais surtout comme une stratégie politique et économique exploitant les traumas collectifs, qu’ils résultent de la guerre, d’une catastrophe naturelle ou d’un krach économique, pour imposer des politiques radicales qu’on rejetterait en temps normal. Selon l’auteure, les sociétés en état de choc sont déstabilisées et vulnérables, permettant ainsi aux détenteurs du pouvoir de procéder à des transformations radicales alors que l’opposition est divisée ou totalement dépassée.

Si cette pratique fait souvent parler d’elle dans le contexte de la politique étrangère américaine, de l’Irak à Haïti, Israël en use plus fréquemment dans une plus grande cohérence et avec plus de ruse. Contrairement aux États-Unis, qui appliquent cette approche de manière épisodique dans des zones de conflit lointaines, Israël y a recours sans relâche contre un peuple prisonnier sous son contrôle militaire direct.

Cette stratégie “choc et terreur” israélienne est depuis longtemps la politique par défaut pour réprimer les Palestiniens. Elle est mise en œuvre depuis des décennies dans les territoires palestiniens occupés, et s’étend aux pays arabes voisins chaque fois que les objectifs stratégiques d’Israël l’exigent.

Au Liban, ce concept a été baptisé “doctrine Dahiya”, en référence au quartier du même nom à Beyrouth, systématiquement détruit par Israël lors de la guerre de 2006. Cette stratégie préconise le recours à une violence disproportionnée contre les quartiers résidentiels, le bombardement délibéré des infrastructures et la destruction de quartiers entiers pour dissuader toute forme de résistance en recourant à des punitions collectives.

Gaza a été l’épicentre de sa mise en œuvre par Israël. Dans les années précédant le génocide, les autorités israéliennes ont progressivement présenté leurs attaques contre Gaza comme des guerres “maîtrisées” et localisées, destinées à contenir ponctuellement la résistance palestinienne.

Ces opérations ont été présentées comme le concept de la “tonte de l’herbe” par les stratèges militaires israéliens, une expression désignant le recours régulier à une brutalité écrasante pour “rétablir la dissuasion”. Selon cette logique, la situation à Gaza ne peut être résolue politiquement, sauf par des destructions récurrentes.

Ce qui se déroule en Cisjordanie depuis le début du génocide à Gaza suit un schéma étonnamment similaire.

Dès octobre 2023, Israël a orchestré une série d’attaques sans précédent à travers la Cisjordanie. Ces opérations ont inclus des raids militaires à grande échelle dans les villes et camps de réfugiés, des frappes aériennes systématiques (rares en Cisjordanie), le déploiement massif de véhicules blindés, ainsi qu’une recrudescence de la violence des colons, avec le soutien ou la collaboration directe de l’armée israélienne.

Le nombre de morts est monté en flèche, avec des centaines de Palestiniens tués en quelques mois, dont de nombreux enfants. Des camps de réfugiés entiers, comme à Jénine, Nur Shams et Tulkarem, ont été systématiquement détruits : les routes ont été défoncées, les maisons rasées, les réseaux d’eau et d’électricité détruits et l’accès aux soins médicaux sévèrement restreint. L’armée israélienne a assiégé à plusieurs reprises diverses communautés, bloquant l’accès aux ambulances, aux journalistes et aux organisations humanitaires.

Simultanément, Israël a accéléré le nettoyage ethnique des communautés palestiniennes, notamment dans la zone C. Des dizaines de villages bédouins et ruraux ont été vidés de leur population par la force, grâce à une combinaison d’ordres militaires, d’attaques de colons, de démolitions de maisons et de restriction d’accès aux terres et à l’eau. Les familles ont été expulsées, victimes d’une terreur systématique, rendant leur vie quotidienne insoutenable.

Pourtant, la période la plus sanglante de l’agression israélienne en Cisjordanie depuis la deuxième Intifada (2000-2005) a été largement ignorée, car l’attention internationale était focalisée sur le génocide perpétré par Israël à Gaza. L’anéantissement de Gaza a relégué la violence en Cisjordanie au second plan dans l’imaginaire mondial, alors que ses conséquences à long terme pourraient s’avérer tout aussi dévastatrices.

Parallèlement, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, et sa coalition extrémiste se sont montrés sous un jour peu reluisant, sans aucune retenue et motivés par l’idéologie, prêts et capables d’étendre le cycle de destruction bien au-delà de Gaza, en Cisjordanie et au-delà des frontières d’Israël, dans les pays arabes voisins. Cet extrémisme constitue désormais leur stratégie politique.

Les conséquences sont désormais irréfutables. De vastes zones de Cisjordanie ont été dévastées. Des communautés entières ont été rayées de la carte, leur cohésion sociale et physique ayant été délibérément démantelée. Selon l’UNRWA, plus de 12 000 enfants palestiniens sont toujours déplacés, un chiffre suggérant clairement que ces déplacements pourraient être permanents plutôt que temporaires.

L’histoire nous offre pourtant un enseignement essentiel. La lutte des Palestiniens contre le colonialisme israélien a démontré à maintes reprises leur capacité à ne pas accepter passivement l’oppression. Malgré la paralysie et la division de ses dirigeants politiques, la société palestinienne a toujours su renouveler sa résilience.

Israël le sait aussi. Il sait que le traumatisme ne dure pas éternellement, que la peur finit par faire place à la révolte et qu’une fois le choc initial estompé, les Palestiniens se réorganisent et ripostent contre les conditions de domination imposées par l’État hébreu.

C’est donc une course contre la montre qui se joue actuellement. Israël cherche à ancrer ce qu’il espère voir devenir une nouvelle réalité irréversible sur le terrain, une réalité propice à l’annexion officielle, à la normalisation du régime militaire permanent et à parachever le nettoyage ethnique d’une grande partie de la population palestinienne.

C’est pourquoi il est essentiel de mieux comprendre et analyser les événements actuels en Cisjordanie. Si cette réalité n’est pas prise en compte, les plans israéliens se poursuivront sans opposition. Dénoncer, résister et finalement vaincre ces agissements ne relève pas seulement de l’analyse politique, mais constitue un impératif moral indissociable du soutien au peuple palestinien dans sa quête de dignité et de liberté.

Source : Savage Minds ... via

Traduit par Spirit of Free Speech


mardi 3 février 2026

La place de Tony Blair, c’est devant un tribunal pour criminels de guerre




Donald Trump confirme qu’il nomme l’ancien Premier ministre britannique parmi les membres fondateurs de son nouveau conseil d’administration chargé de superviser Gaza après la guerre. Voici pourquoi c’est une très mauvaise idée.

Il fut un temps où Donald Trump croyait que seul Jared Kushner pouvait résoudre le conflit israélo-palestinien. « Si tu ne parviens pas à instaurer la paix au Moyen-Orient, personne ne le pourra », a-t-il déclaré à son gendre à la veille de son investiture en 2017, avant de nommer de manière surprenante ce promoteur immobilier alors âgé de 36 ans en charge de ce dossier.

Aujourd’hui, un an après le début de son deuxième mandat, Trump place ses espoirs de paix au Moyen-Orient dans une personnalité avec beaucoup plus de « bouteille », mais aussi beaucoup plus controversée : Tony Blair, 72 ans.

Oui, ce même Tony Blair.

Extrait de la BBC vendredi :


« L’administration Trump a nommé le secrétaire d’État américain Marco Rubio et l’ancien Premier ministre britannique Sir Tony Blair comme deux des membres fondateurs de son « Conseil de paix » pour Gaza.

Steve Witkoff, envoyé spécial de Trump au Moyen-Orient, et Jared Kushner, gendre du président, feront également partie du « conseil d’administration fondateur », a déclaré vendredi la Maison Blanche dans un communiqué.

Trump présidera le conseil, qui fait partie de son plan en 20 points visant à mettre fin à la guerre entre Israël et le Hamas. »

Pardon ? Confier à Tony Blair la responsabilité de tout effort de paix au Moyen-Orient revient à nommer un pyromane chef des pompiers ou un cambrioleur chef des détectives.

C’est cet homme qui s’est allié à George W. Bush pour envahir et occuper illégalement l’Irak, une guerre qui a causé la mort de centaines de milliers d’Arabes, déchiré tout un pays du Moyen-Orient et déclenché l’extrémisme et le terrorisme dans toute la région.

Rappelons-nous : Blair n’a pas seulement soutenu l’invasion de Bush en 2002 et 2003. Il en a été le principal promoteur en dehors des États-Unis, colportant avec enthousiasme des mensonges sur les armes de destruction massive tout en ignorant cyniquement les manifestations de masse dans les rues du Royaume-Uni.

Il ne s’est jamais excusé pour l’Irak.

Il y a ensuite le bilan de Blair sur Israël et la Palestine elle-même, qui devrait également le disqualifier de ce soi-disant « Conseil de la paix ». En tant qu’envoyé au Moyen-Orient pour le soi-disant « Quartet », un groupe composé des États-Unis, de l’ONU, de l’UE et de la Russie, entre 2007 et 2015, l’ancien Premier ministre britannique n’a accompli… pratiquement rien. Zéro. Nada. Rien.

Les responsables palestiniens l’ont qualifié de « inutile, inutile, inutile ». Même les diplomates occidentaux les plus bienveillants ont conclu qu’il était « inefficace » dans son travail et qu’il n’avait « aucune crédibilité dans cette partie du monde ».

Au moment où il a quitté son poste au sein du Quartet, la population des colons israéliens dans les territoires palestiniens occupés avait augmenté de plus de 100 000 personnes.

Le solde bancaire de Blair a également augmenté, l’ancien Premier ministre ayant opportunément lancé une carrière de consultant au moment même où il devenait envoyé spécial au Moyen-Orient. Le Financial Times a rapporté en 2015 que « sa liste de clients comprenait PetroSaudi, une compagnie pétrolière liée à la famille royale saoudienne, JPMorgan et Mubadala, un fonds souverain d’Abou Dhabi ».

Blair a passé son temps en tant qu’envoyé du Quartet non seulement à encaisser des chèques provenant de régimes autoritaires de la région, mais aussi à promouvoir des arguments en faveur d’Israël.

« En matière de sécurité, je suis à 100 % du côté d’Israël », a-t-il déclaré en 2010. Il a même prononcé un éloge funèbre lors des funérailles de l’ancien Premier ministre israélien Ariel Sharon en 2014.

Et, en termes de négociations réelles, comme l’a déclaré le haut responsable palestinien Nabil Shaath lorsqu’il a démissionné en 2015, Blair « n’a jamais proposé quoi que ce soit que les Israéliens n’aient pas accepté ».

L’année dernière, même le Washington Post a souligné les relations « chaleureuses » entre Blair et Benjamin Netanyahu et a cité un responsable israélien qui a déclaré : « Les Israéliens aiment vraiment Tony Blair ».

C’est donc à cet homme que les Palestiniens devraient désormais faire confiance pour superviser la reconstruction de Gaza ? Ainsi que leur propre libération éventuelle de l’occupation israélienne ? Vraiment ?

Le bilan de Blair au Moyen-Orient est marqué par des échecs répétés, des préjugés éhontés et des massacres à grande échelle. Pourquoi diable le sort des Palestiniens de Gaza, bombardés et assiégés, devrait-il être décidé par un homme déjà couvert du sang des Arabes ?

L’arrogance, la bellicisme et la déférence de Blair envers Israël symbolisent également tout ce qui ne va pas dans l’approche occidentale du Moyen-Orient. Qu’il s’agisse du soutien d’Arthur Balfour au sionisme en 1917 ou du soutien de Tony Blair au génocide en 2025, la vérité est que nous avons besoin de moins de colonialisme britannique et de plus d’autodétermination palestinienne.

Remettre Gaza entre les mains d’un conseil de nouveaux vice-rois occidentaux, dont Blair parmi tous les autres, serait un nouveau chapitre provocateur dans le long livre des injustices imposées au peuple palestinien.

La communauté internationale devrait demander des comptes à Blair pour l’un des pires crimes du XXIe siècle – l’attaque illégale et catastrophique contre l’Irak – au lieu de lui offrir un autre poste prestigieux au Moyen-Orient.

L’ancien Premier ministre britannique devrait se rendre à La Haye, pas à Gaza.

Les habitants de cette bande de terre bloquée ont enduré plus de deux années de génocide, de famine et de nettoyage ethnique. Leurs souffrances se poursuivent, jour après jour, massacre après massacre.

Pensez-vous qu’ils veulent que Tony Blair les sauve ? Non, ils veulent leur liberté.

Mehdi Hassan





lundi 2 février 2026

Gaza : triomphe du silence coupable



Proche-Orient : comment en est-on arrivé là ?

Blocus humanitaire, nombre astronomique de morts, amputations sans anesthésie, destructions d’infrastructures publiques, corps brûlés vifs, ville quasi rasée… Sur Gaza, comment avons-nous fait pour accepter ce que l’on qualifie d’inacceptable ? Comment expliquer que, 27 mois après le 7 octobre, la population gazaouie est toujours traitée de façon inhumaine ?

S’ajoute à cela la violence déchainée des militaires israéliens et des colons en Cisjordanie ainsi que de forts traumas psychiques pour toute la population palestinienne.

Malgré la libération des otages et la mise en place d’un semblant de cessez-le-feu, les horreurs continuent. En France, il est impossible de parler de cette tragédie : on est accusé de vouloir diviser la société française, d’importer le conflit. Si quelqu’un ose mettre en avant la réalité à Gaza, il est marginalisé et subit des répercussions sur le plan professionnel et personnel. En revanche, ceux qui reprennent la sémantique du gouvernement israélien et nient le génocide sont mis en avant dans l’espace médiatique et sont récompensés.

Sur Gaza et la Palestine, on ne pourra pas dire qu’on ne savait pas. Nombreux sont ceux qui, en revanche, pourront dire « je savais mais je me suis tu par lâcheté, pour ne pas avoir de soucis ». C’est le triomphe du silence coupable.




dimanche 1 février 2026

“On n’aime pas les génocidaires” : Olivia Zemor démonte la loi Yadan




Interviewée par Nouvelle Aube, Olivia Zemor, présidente d’EuroPalestine, critique frontalement la proposition de loi Yadan. Selon elle, ce texte assimile l’antisionisme à l’antisémitisme et vise à intimider les soutiens de la cause palestinienne. Elle affirme que la colère croissante contre Israël s’explique par la situation à Gaza et par des pratiques qu’elle qualifie de crimes de masse. La militante estime que cette stratégie judiciaire renforce paradoxalement l’antisémitisme, en invisibilisant les voix juives antisionistes et en criminalisant la solidarité avec les Palestiniens.

Une loi pour criminaliser l’antisionisme

Pour Olivia Zemor, la proposition de loi portée par la députée Caroline Yadan s’inscrit dans une continuité répressive. Selon elle, il ne s’agit pas d’une lutte sincère contre l’antisémitisme, mais d’une tentative d’intimidation politique.

"Ce qu’ils essaient de faire depuis toujours, c’est intimider les gens, multiplier les procès, inventer de nouveaux délits et faire peur", affirme-t-elle.

La présidente d’EuroPalestine reconnaît l’existence d’une hostilité croissante envers Israël dans l’opinion publique mondiale. Elle l’explique par les événements récents à Gaza.

"On n’avait jamais vu un génocide à Gaza. On est passé d’un camp de concentration à un camp d’extermination", déclare-t-elle.

Selon elle, cette indignation ne relève pas de la haine, mais d’une réaction morale face à des crimes documentés.

"On n’aime pas les génocidaires en général. C’est une colère, une indignation, un dégoût croissant", ajoute Olivia Zemor.

Répression judiciaire et instrumentalisation de l’antisémitisme
Olivia Zemor rappelle que la France joue un rôle central dans la criminalisation des soutiens à la Palestine.

Elle souligne que les poursuites judiciaires ne viennent pas uniquement de structures privées, mais directement de l’État.

"Ce n’est pas le lobby israélien qui poursuit, c’est directement le gouvernement, le ministère de la Justice", explique-t-elle.

EuroPalestine a été poursuivie pour la première fois en 2002 pour des appels au boycott d’Israël.

Depuis, l’association a remporté l’ensemble de ses procès, y compris devant la Cour européenne des droits de l’homme.

"Le boycott est aujourd’hui légal. On ne peut plus nous empêcher d’y appeler", rappelle-t-elle.

La militante estime que l’amalgame entre judaïsme et politique israélienne nourrit l’antisémitisme.

"Assimiler juifs et Israël, c’est inciter au développement de l’antisémitisme", affirme-t-elle.

Elle dénonce également l’effacement médiatique des juifs antisionistes, opposés à la colonisation et à l’apartheid.

La Palestine comme boussole politique mondiale

Pour Olivia Zemor, la question palestinienne dépasse le seul cadre du Proche-Orient.

Elle y voit un marqueur central de la dérive autoritaire des sociétés occidentales.

"La résistance palestinienne est une boussole", affirme-t-elle.

Selon elle, l’incapacité à défendre les droits des Palestiniens ouvre la voie à une fascisation globale.

"Si on n’arrive pas à défendre les Palestiniens, la fascisation croissante de nos sociétés ne s’arrêtera pas là", prévient-elle.

Elle appelle à une mobilisation large, transconfessionnelle et internationale.

"Qu’on soit juif, chrétien, musulman ou athée, on refuse de se taire", conclut-elle.






"Palestine, le droit à l’existence"

 



Meriem Laribi sera l’invitée de la librairie Le Monte-en-l’air (2, rue de la Mare, 75020 Paris), le mercredi 11 février à 19h30 à l’occasion de la sortie de son nouvel ouvrage "Palestine, le droit à l’existence" aux éditions Critiques.

Présentation de l’ouvrage par la maison d’édition :

Dans cet essai percutant, Meriem Laribi démonte la fiction de la « solution à deux États », pilier du discours occidental sur la Palestine. Présentée comme voie de paix, elle masque un ordre colonial imposé sur le terrain. L’auteure retrace l’histoire de la dépossession palestinienne, de la création d’Israël à l’offensive actuelle d’annexion et d’effacement. Elle démonte la rhétorique qui justifie les crimes d’Israël et interroge l’adhésion européenne au projet sioniste, entre culpabilité historique et racisme envers les peuples arabes. Cet essai appelle à écouter ceux qu’on n’entend jamais : les Palestiniens, dans toute leur pluralité - musulmans, chrétiens, juifs et autres.



Yémen, agression américano-saoudienne-émiratie





Ce samedi 31 janvier, l'agression américano-saoudienne-émiratie a ciblé des civils, leurs biens et des infrastructures publiques et privées dans plusieurs gouvernorats, faisant des morts et des blessés.

Le 31 janvier 2026, trois femmes et trois enfants de la famille Fawaz al-Azki ont été tués et sept autres personnes, dont des enfants et des femmes de la famille Nawfal, ont été blessées lorsque l'aviation a ciblé des habitations civiles dans le quartier d'al-Rahba, district de Bani al-Harith, à Sana'a.

Les avions ont également mené des frappes aériennes sur le parc Farah Land, dans le quartier d'Asr, causant d'importants dégâts à de nombreuses maisons avoisinantes. Ils ont également ciblé le parc du 21 septembre dans le district de Ma'in par plusieurs frappes aériennes, endommageant de nombreuses habitations civiles. De plus, ils ont bombardé le bâtiment de l'université Reine Arwa, rue 60, causant d'importants dégâts.

La coalition dirigée par l'Arabie saoudite a lancé deux frappes aériennes contre la centrale thermique de Mocha, dans le gouvernorat de Taïz, détruisant complètement les principaux réservoirs de carburant et endommageant plusieurs autres installations qui avaient déjà été ciblées et rendues inopérantes.

La coalition a également lancé plus de 20 frappes aériennes sur le carrefour d'Al-Jawf, Al-Faradha, Al-Khanq et la route principale reliant Sanaa et Ma'rib, dans le gouvernorat de Ma'rib, ainsi que quatre frappes aériennes sur le district de Sarwah et plus de 100 frappes aériennes sur le carrefour d'Al-Jawf, dans la zone d'Al-Jada'an.

La coalition a mené plusieurs frappes aériennes sur l'aéroport international d'Hodeïda, une sur Naqil Bin Ghaylan dans le district de Nihm, et cinq sur le village de Qarman dans le district de Bani Matar (gouvernorat de Sanaa), causant d'importants dégâts aux terres agricoles et aux pâturages.

Dans le gouvernorat de Sa'dah, la coalition a mené six frappes aériennes sur le district de Baqim et la région de Takhya, ciblant des exploitations agricoles et des biens civils, ainsi qu'une série de frappes sur le district d'Al-Dhaher et diverses zones du district de Razih.

Le 31 janvier 2017, deux civils ont été tués et plusieurs autres blessés lors d'une frappe aérienne menée par la coalition dirigée par l'Arabie saoudite contre une confiserie du marché central de la ville côtière de Mocha, dans le gouvernorat de Taïz. La coalition a également ciblé le pont reliant le district de Mocha au gouvernorat d'Hodeïda par trois frappes aériennes.

Les avions de la coalition ont ciblé le pont d'Arfan, dans le district côtier de Mocha, lors de trois frappes aériennes. Le pont a été entièrement détruit et la principale route desservant le district de Mocha a été coupée. Plusieurs voitures et camions circulant sur cette route ont également été endommagés.

Deux civils ont été blessés lors d'une frappe aérienne menée par la coalition contre le pont de Jubah, dans le district de Hays, gouvernorat de Hodeidah. La coalition a également mené trois frappes aériennes contre la station de transmission radio du district d'Al-Marawi'ah.

Les avions de la coalition ont aussi mené une frappe aérienne sur Wadi Sarim, dans le district de Harib Al-Qaramish, une autre sur la zone d'Al-Mahjazah et une troisième sur la zone d'Al-Najd, dans le district de Sirwah, gouvernorat de Marib. Parallèlement, des mercenaires ont bombardé plusieurs zones de Sirwah avec de l'artillerie lourde, endommageant des habitations et des exploitations agricoles.

L'aviation ennemie a largué deux bombes à fragmentation sur des exploitations agricoles et des habitations dans la zone d'Al-Abdeen, dans le gouvernorat de Sa'dah, et a mené deux frappes aériennes sur Wadi Al-Daqiq, dans le gouvernorat de Kataf, à l'aide de bombes à fragmentation. Elle a également ciblé un centre de santé dans la zone d'Ibn Huwaidi et mené une frappe aérienne sur la zone d'Adhiq, dans le même district.

L'aviation ennemie a ciblé la zone de Harib Nihm, dans le district de Nihm, dans le gouvernorat de Sana'a, par une frappe aérienne, et a mené trois frappes aériennes sur Al-Rabou'ah, dans le district d'Asir.

Le 31 janvier 2018, 17 civils ont été tués et plus de 20 autres blessés lors de deux frappes aériennes menées par l'aviation ennemie sur le pont d'Al-Abraat et un marché dans la zone d'Al-Mafkhadh, dans le district de Qafleh Adhar, dans le gouvernorat d'Amran.

L'aviation saoudienne a mené deux frappes aériennes sur le secteur d'Al-Shariyah, dans le district de Bani Hashish (gouvernorat de Sanaa), endommageant des biens et des habitations. Elle a également ciblé une ferme dans le secteur de Dhala' lors d'une frappe aérienne, endommageant celle-ci ainsi que plusieurs maisons voisines.

Les avions de combat de la coalition dirigée par l'Arabie saoudite ont mené cinq frappes aériennes sur le secteur d'Al-Hashishiyah, dans le district de Shu'ub (Sana'a), causant d'importants dégâts aux habitations et aux biens civils. Ils ont également mené cinq frappes aériennes sur les districts de Haradh et Midi (gouvernorat de Hajjah) et deux frappes aériennes sur le district d'Al-Luhayyah (gouvernorat d'Al-Hudaydah).

Le 31 janvier 2019, deux enfants ont été tués et des habitations et des exploitations agricoles civiles ont été endommagées par des tirs de missiles et d'artillerie saoudiens visant le district de Razih (gouvernorat de Sa'dah).

Un civil a été tué et un autre blessé lors d'une série de frappes aériennes sur la zone d'Al-Ghawiya, dans le district de Bilad Al-Ta'am, gouvernorat de Raymah.

Un civil a été blessé lorsqu'une frappe aérienne de la coalition dirigée par l'Arabie saoudite a ciblé son véhicule dans la zone d'Al-Manaq'a, dans le district de Mustaba, gouvernorat de Hajjah.

Un civil a été tué et deux femmes blessées lorsque des mercenaires ont bombardé leur maison dans le village d'Al-Manqam, dans le district d'Ad-Durayhimi, gouvernorat d'Al-Hudaydah. Les mercenaires ont également tiré plus de 15 roquettes Katioucha sur le village d'Al-Za'faran et ses environs, dans la zone du kilomètre 16, dans le même district.

La coalition dirigée par l'Arabie saoudite a lancé dix frappes aériennes sur des exploitations agricoles civiles dans le district d'Al-Jarahi, tandis que des mercenaires ont bombardé la zone du kilomètre 7 et la périphérie de la ville d'Al-Hudaydah à l'artillerie et à la mitrailleuse.

Le 31 janvier 2020, la coalition dirigée par l'Arabie saoudite a mené une frappe aérienne sur le quartier d'Attan, dans la capitale Sanaa, ainsi qu'une autre sur le district d'Arhab, une sur le district de Bani Matar et huit sur le district de Nihm, dans le gouvernorat de Sanaa.

Les avions de combat de la coalition ont également mené quatre frappes aériennes sur le district de Majzar, dans le gouvernorat de Ma'rib, sept sur le quartier d'al-Aqaba, dans le district de Khabb wa ash-Sha'af, dans le gouvernorat d'al-Jawf, et deux sur al-Rabu'ah et Majazah, dans le gouvernorat d'Asir.

Dans le gouvernorat d'al-Hudaydah, des mercenaires ont bombardé le quartier d'al-Dhubiani et d'autres zones résidentielles de la 50e rue, dans la ville d'al-Hudaydah, avec plus de 15 obus d'artillerie, et ont tiré trois missiles guidés à l'est de Hays. Un bulldozer militaire de la coalition a également érigé des fortifications près du point de contrôle d'al-Hashidi, dans la zone du Kilo 16 du district d'ad-Durayhimi. Parallèlement, des avions de combat ont mené un raid aérien sur le district d'ad-Duhay.

Le 31 janvier 2021, les avions de combat de la coalition ont mené six raids aériens sur les districts de Sarwah, Madghal et Majzar, dans le gouvernorat de Ma'rib. L'armée saoudienne a, quant à elle, lancé des tirs de missiles et d'artillerie sur des villages peuplés du district frontalier de Razih, dans le gouvernorat de Sa'dah.

Des avions de reconnaissance ont mené six raids sur la 50e rue à Hodeidah, la zone du Kilo 16 dans le district d'ad-Durayhimi, la zone d'Al-Fazah et la ville d'At-Tuhayta. Parallèlement, des mercenaires ont établi de nouvelles fortifications au Kilo 16 et ont bombardé plusieurs zones avec 424 obus d'artillerie et divers types d'armes à feu.

Le 31 janvier 2022, un civil a été tué et un autre blessé par des tirs de missiles et d'artillerie saoudiens dans le district frontalier de Shada, dans le gouvernorat de Saada. Deux frappes aériennes ont également été menées dans le district de Kataf.

Une jeune fille a été blessée par des éclats d'obus de mortier tirés par les mercenaires de l'agression dans la zone d'Al-Jabaliyah, district d'At-Tuhayta, dans le gouvernorat de Hodeidah. Ces derniers ont également bombardé plusieurs zones avec 262 obus d'artillerie et divers types d'armes à feu, et ont établi de nouvelles fortifications dans les districts de Hays et d'Al-Jabaliyah. Des avions de reconnaissance ont également mené trois raids sur Hays.

Les avions de combat de la coalition dirigée par l'Arabie saoudite ont mené huit frappes aériennes ciblant la zone d'Al-Anin, dans le district de Jabal Habashi, et Al-Kadha, dans le district d'Al-Ma'afer, ainsi que trois frappes aériennes ciblant la zone de Tabisha, dans le district de Sabir Al-Mawadim, dans le gouvernorat de Taiz. Ils ont également mené une frappe aérienne sur le district de Rada'a, dans le gouvernorat d'Al-Bayda, et une autre sur Shawaba, dans le district de Dhibin, dans le gouvernorat d'Amran.

Dans le gouvernorat de Marib, les avions de la coalition ont mené huit frappes aériennes sur le district d'Al-Jubah, six sur Al-Balq, dans le district d'Al-Wadi, trois sur le district de Harib, trois sur le district de Ragwan et deux sur le district de Majzar.

Les avions de la coalition ont également mené cinq frappes aériennes sur les zones d'Al-Yatma et d'Al-Mahashma, dans le district de Khabb wa ash-Sha'af, dans le gouvernorat d'Al-Jawf, cinq sur l'ancienne station de radio du quartier d'Al-Hasaba, dans la capitale Sanaa, trois près du bâtiment de la télévision et deux sur le quartier résidentiel d'Al-Siyana, dans le district d'Al-Thawra.

Le 31 janvier 2023, les mercenaires ont établi des fortifications de combat dans le district de Hays, dans le gouvernorat d'Al Hudaydah, et ont bombardé plusieurs zones avec de l'artillerie et diverses armes à feu.





Une étude confirme qu'Israël a largement utilisé du phosphore blanc dans des zones civiles du sud du Liban




Ahmad Baydoun, chercheur en renseignement de sources ouvertes à l'Université de technologie de Delft, a documenté l'utilisation généralisée par Israël de munitions au phosphore blanc dans le sud du Liban pendant les hostilités entre octobre 2023 et novembre 2024.

Son enquête a permis de recenser 248 frappes israéliennes en géolocalisant des photos et des vidéos et en recueillant des témoignages de résidents.

Les résultats montrent qu'une grande partie des attaques ont touché des zones civiles et agricoles, malgré les restrictions internationales interdisant l'utilisation d'armes incendiaires telles que le phosphore blanc dans les zones densément peuplées.

Selon l'étude, 39 % des frappes recensées ont eu lieu au-dessus de zones civiles et 16 % au-dessus de terres agricoles.

Baydoun a déclaré que 91 % des frappes au phosphore blanc ont eu lieu avant l'entrée des forces israéliennes au Sud-Liban en octobre 2024, contredisant directement la version officielle d'Israël.

Les résultats ont été publiés sur une carte interactive en octobre 2025, permettant aux résidents d'identifier les dommages causés aux maisons et aux terrains.

The Cradle


samedi 31 janvier 2026

Le nombre réel de morts à Gaza : 680 000

 

 Francesca Albanese, Rapporteuse spéciale des Nations Unies :

« Certains experts et scientifiques estiment le nombre réel de morts à Gaza à 680 000. » 

« Si ce chiffre est confirmé, 380 000 d’entre eux sont des enfants de moins de cinq ans. »




Le BETAR, groupe pro-israélien extrémiste, accepte de suspendre ses activités à New York


Le maire de New York, Zohran Mamdani, à propos de la fermeture du Betar à New York :

« Pendant des années, le Betar a semé la haine à travers New York, propageant l'extrémisme islamophobe et harcelant ceux qui ne partageaient pas ses idées. Leur sectarisme n'a pas sa place dans notre vie politique, et je suis reconnaissant au procureur général de New York pour son engagement indéfectible en faveur de la justice. »



par Liam Stack


La procureure générale de New York, Letitia James, a annoncé mardi un accord avec le Betar US, un groupe pro-israélien extrémiste, après que l'organisation a accepté de mettre fin à ce que son bureau a décrit comme une « persécution généralisée des New-Yorkais musulmans, arabes, palestiniens et juifs » qui n'étaient pas d'accord avec ses opinions sur le Moyen-Orient.


Le bureau de Mme James a indiqué que le groupe avait accepté de dissoudre ses activités à New York, qui gèrent ses opérations aux États-Unis, bien que cela n'ait pas été exigé dans le cadre de l'accord, qui faisait suite à une enquête ouverte en mars dernier.

L'organisation est également tenue de déposer des rapports de conformité annuels pour les trois prochaines années et s'expose à une amende de 50 000 $ en cas de non-respect de l'accord. On ignore pour l'instant comment cet accord affectera les activités de terrain du groupe ou sa présence lors des manifestations.

« New York ne tolérera aucune organisation qui recourt à la peur, à la violence et à l’intimidation pour museler la liberté d’expression ou cibler des personnes en raison de leur identité », a déclaré Mme James dans un communiqué. « L’enquête menée par mon bureau a mis au jour un schéma alarmant et illégal de harcèlement et de violence motivés par la haine, visant à terroriser les communautés et à faire taire les manifestations pacifiques. »

Le bureau de Mme James a déclaré que des membres du groupe s'étaient introduits par effraction dans des domiciles privés pour voler et détruire des drapeaux palestiniens, avaient menacé de dénoncer les manifestants aux services d'immigration, avaient forcé des personnes à porter des bipeurs en référence à l'opération israélienne de 2024 qui avait tué une douzaine de personnes et en avait blessé des milliers d'autres au Liban avec des bipeurs explosifs, et avaient harcelé et menacé des professeurs d'université juifs qu'ils considéraient comme déloyaux envers Israël et le judaïsme.

Mardi, Betar US n'a pas immédiatement répondu à une demande de commentaires. Mais peu après l'annonce de l'accord, l'organisation a publié une série de déclarations sur X, dont une affirmant qu'elle était « l'un des mouvements sionistes les plus anciens et les plus importants au monde ».

« Le Betar représente le sionisme traditionnel, une organisation sans laquelle l’État d’Israël n’existerait pas », a-t-on déclaré.

L’organisation a ensuite ajouté : « Le Betar réfute toutes les allégations d’actes répréhensibles. »

Le Betar a été fondée en 2024 comme une émanation d'un mouvement sioniste de droite créé en 1923 en Lettonie par Ze'ev Jabotinsky, un militant juif de la Palestine mandataire avant la création de l'État d'Israël. La branche américaine est enregistrée comme association à but non lucratif dans le comté de Westchester et sollicite des dons, mais n'a jamais été enregistrée auprès du bureau des organismes de bienfaisance de l'État, a indiqué le bureau de Mme James. Le groupe affirme que son siège social mondial se trouve à Tel Aviv.

Ce groupe, qui affirme avoir des antennes dans 10 pays, déclare en ligne que sa mission est de « donner aux Juifs les moyens de rester forts, de s'exprimer et de défendre leur héritage et Israël contre toutes les menaces ».

Selon le procureur général, le Betar a poursuivi sa mission en violant à plusieurs reprises la loi de l'État de New York sur les droits civiques et en se livrant à « un schéma de violence et de harcèlement motivé par une hostilité explicite envers les groupes protégés », notamment les minorités raciales et religieuses.

Le bureau de Mme James a indiqué que le groupe célébrait les violences perpétrées contre les Palestiniens à Gaza, déclarant publiquement : « Nous exigeons du sang à Gaza » et que le nombre de bébés morts sur place était « insuffisant ». D’après des communications privées découvertes lors de l’enquête, des membres du groupe affirmaient également que la violence n’était pas une « mauvaise chose » car « nous sommes en guerre. La violence est nécessaire. »

Le Betar US s'est également heurté à d'autres groupes pro-israéliens et juifs. L'Anti-Defamation League a qualifié le Betar d'organisation extrémiste en février dernier.

En réponse, le Betar a déclaré que l'ADL était également « extrémiste » et que sa désignation était « non seulement fausse, mais profondément antisémite ». L'organisation a également affirmé qu'elle « cherche à délégitimer les Juifs sionistes fiers de leur identité et qui adhèrent à la force, à l'autodéfense et au leadership juifs ».

Mardi, l'ADL n'a pas répondu à notre demande de commentaires.

Le bureau du procureur général a déclaré que le groupe encourageait ses membres à apporter des armes, notamment des couteaux, aux manifestations au cours desquelles des violences ont éclaté, y compris une manifestation en février dernier au cours de laquelle une personne a été poignardée.

Lors d'un autre incident survenu en septembre 2024, un membre de la direction nationale du Betar a agressé une manifestante. Le groupe s'est félicité de cet acte en diffusant la vidéo en ligne, a indiqué le bureau de Mme James. Aucune poursuite n'a été engagée suite à ces deux incidents, a précisé une porte-parole du procureur général.


Liam Stack est un journaliste du Times qui couvre la culture et la politique de la région de New York.

Source :

Traduction Google