samedi 21 février 2026

Sionisation de la sphère politico-médiatique française




Yonathan Arfi, président du CRIF :

"Rima Hassan, Aymeric Caron, David Guiraud, Thomas Portes...tôt ou tard vous serez rattrapés par la justice !"


Edouard Husson, historien :

"Est-ce qu'on se rend compte de la gravité d'une telle déclaration ?

Le président d'une association représentant des intérêts communautaires - qui doivent se soumettre à l'intérêt général comme le lui rappelle son label accordé par l'Etat et qui peut lui être retiré par le même Etat - ce président d'association, donc, appelle à traîner devant la justice des élus de la nation. Rien que ça !

Je me réveille un matin et je pousse un cri : Monsieur Dupont député ou Madame Martin, députée européenne doivent être traînés en justice parce que ce qu'ils racontent ne me plaît pas.

C'est d'autant plus surprenant que ces élus sont seuls, ou presque, dans les assemblées, à rappeler le droit international concernant le conflit palestinien. Cela ne plaît pas à Monsieur Arfi, qui a le droit d'avoir des opinions à lui mais non celui de vouloir en faire une politique. Jadis la France était connue et respectée pour sa défense farouche du droit international. C'était notre marque de fabrique, aussi bien celle de la monarchie que celle de la République. Cela nous vient de notre matrice historique, romaine. La France, quand elle est la France, ne peut pas supporter la moindre atteinte à l'égalité entre les peuples.

Voilà pourquoi les propos de Monsieur Arfi sont déplacés et mettent en cause le socle de notre République."


Shanna Messaoudi :

"Il y a une désionisation progressive des États-Unis : l'extrême droite comme la gauche se détachent désormais clairement du mouvement sioniste. Le soutien inconditionnel aux sionistes a fini par menacer les intérêts vitaux américains.

Cette influence sioniste est en train de se recentrer sur la France, où l’on observe actuellement une sionisation extrêmement rapide et agressive de la sphère politico-médiatique française.

Le fait que le sionisme perde du terrain aux États-Unis tout en s'implantant en France est une excellente nouvelle, car la France n'a ni le poids militaire ni l'influence diplomatique des États-Unis."




Quand et comment les plans et les conspirations de la Grande-Bretagne et du mouvement sioniste pour s’emparer de la Palestine ont-ils commencé (1840-1948) ?



par Dr. Naila Al-Waari


Londres – À commencer par le rôle de ses consulats à Jérusalem en 1839, les engagements de Palmerston en 1841 par lesquels la Grande-Bretagne s’engageait à réaliser le projet d’établir un foyer national pour les juifs en Palestine, le rôle du Comité technique en 1906, la Déclaration Balfour de 1917, l’occupation directe de la Palestine par la Grande-Bretagne, la promulgation du Mandat, l’adoption de l’Agence juive, la création de l’armée de la Haganah et l’autorisation de l’immigration juive.

Puis, en 1919, les services du cadastre furent fermés, la Banque ottomane fut dissoute et diverses pressions économiques furent exercées sur les Arabes de Palestine. En 1920, le ministère de l’Agriculture et le service du cadastre furent annexés à l’aile sioniste, et les lois foncières ottomanes furent modifiées afin de les mettre au service du foyer national juif. Ces modifications portèrent sur les lois d’expropriation, la loi de défense, la loi sur les villes, les travaux de colonisation, les listes de droits et de créances, l’inventaire des successions, le pillage des terres waqf, les accords de démarcation des frontières, l’annexion des sources d’eau, des lacs et des forêts, ainsi que sur la réattribution des terres de Jiftlik au nom du sultan Abdul Hamid II. Ce dernier avait inclus des terres menacées de confiscation au profit de l’État afin de les protéger du projet sioniste. Ces modifications inclurent également la modification de la classification des terres, le morcellement des terres communes, l’instauration d’une loi d’enregistrement minimal et la confiscation des terres palestiniennes avant même le prononcé des décisions de justice les concernant.

Tout cela ne suffisait pas, car le gouvernement britannique, durant le mandat, entreprit des actions extrêmement dangereuses en confisquant les principales voies d’eau ainsi que les ressources en eau et en minéraux, et en les confiant aux juifs sous forme de privilèges divers afin de leur garantir l’infrastructure nécessaire à l’établissement d’un foyer national. Le projet d’assèchement du lac Hula en est un exemple.

La British Society étudia les terres et les eaux de Palestine et conclut qu’il était possible d’irriguer ces terres si l’on parvenait à y acheminer l’eau depuis le nord. Ce fut l’un des premiers projets que le baron Rothschild envisagea avec enthousiasme, puisqu’il présenta en 1912 un projet d’assèchement du lac Hula afin d’y établir des colonies fertiles. La plupart d’entre nous connaissent l’histoire du projet d’assèchement du lac Hula, mené sous la supervision du Fonds national juif en 1948. Par la suite, on a prétendu que le lac était un marécage, un repaire de moustiques et d’insectes, et que les habitants du bassin du Hula étaient des tribus primitives atteintes de paludisme.

Les villageois furent déplacés par un massacre perpétré par l’armée de la Haganah, qui rassembla les hommes et les extermina. Les habitants fuyant la plaine du Hula, ainsi que les femmes, les personnes âgées et les enfants survivants, trouvèrent refuge près de Safed, avant d’être à nouveau déplacés vers le Liban et la Syrie.

À cela s’ajoutent les lois fiscales et douanières qui contribuèrent à appauvrir les paysans et à les pousser dans les bras des usuriers. Ces derniers s’emparèrent de leurs terres hypothéquées selon des plans infernaux visant à renforcer leur emprise sur la Palestine et son peuple, et à faire de la terre un fardeau pour ses propriétaires afin de faciliter leur expulsion. Le gouvernement a alors donné carte blanche à des monopoles financiers juifs, enregistrés sous des noms étrangers, pour piller la Palestine et instrumentaliser l’intérêt public au seul profit des juifs et de leurs colonies.

Quant à l’histoire des terres transférées aux juifs par des intermédiaires, des propriétaires terriens arabes libanais et syriens, et de grands propriétaires terriens palestiniens, j’y reviendrai plus en détail. Je tiens à préciser, pour la vérité historique, un fait important : un très petit nombre de Palestiniens, qu’ils soient propriétaires terriens, grands propriétaires terriens ou autres, ont participé, même modestement, à ce crime ou ont collaboré avec les sionistes. Voici quelques explications : premièrement, au début du projet sioniste et de son infiltration dans le pays, l’ignorance et le manque de sensibilisation à ce projet, qui, contrairement à ce que croyaient les plus pauvres et les plus naïfs, ne semblait pas menacer la patrie et la terre, ont été des facteurs déterminants. Deuxièmement, il y a eu une faiblesse de caractère, une soif de richesse et un manque de sentiment d’appartenance nationale. Parmi les autres raisons, on peut citer le fait que certains propriétaires terriens palestiniens cherchaient à améliorer et à moderniser l’agriculture et, faute de liquidités, ils ont eu recours à la vente d’une partie de leurs terres à cette fin.

Les médias sionistes se sont emparés de ces incidents, les exploitant pour publier des listes de familles ayant vendu leurs terres. Ils ont même exagéré les chiffres afin de minimiser le rôle de la Grande-Bretagne dans la destruction de l’économie palestinienne et la réforme du droit foncier et fiscal. La question de la vente des terres palestiniennes est devenue un sujet de conversation courant, au point que même les Arabes ont failli croire à cette invention injuste. Ils nous ont accusés de vendre nos terres. Pour clarifier les choses, les chiffres présentés par les sionistes concernant les terres achetées aux grands propriétaires terriens palestiniens indiquent que la superficie totale acquise par les juifs s’élevait à 261 000 dunams, soit moins de 1% de la superficie de la Palestine.

Ce chiffre ne représente que les contributions des propriétaires absents et des Palestiniens. La dure réalité réside dans les terres des agriculteurs qui ont été transférées par le biais de banques et de sociétés, via des prêts et des hypothèques agricoles, après la fermeture par les autorités britanniques de la Banque agricole ottomane (qui prêtait aux agriculteurs palestiniens à des taux d’intérêt bas) en 1920, en accord avec l’Agence juive. Après la fermeture de la centrale nucléaire, la Grande-Bretagne s’est employée à appauvrir les paysans palestiniens en augmentant les impôts, en les empêchant de vendre leurs récoltes ou d’importer des produits similaires, et en utilisant d’autres méthodes oppressives.

Ces mesures ont contraint les paysans palestiniens à se tourner vers des intermédiaires et des usuriers juifs qui les guettaient. Pris au piège, incapable de rembourser ses dettes, le paysan palestinien s’est vu confisquer ses terres par les usuriers, le forçant à quitter son foyer. La Société sioniste de développement foncier a ainsi réussi à s’emparer d’environ 500 000 dounams de terres palestiniennes arabes grâce à des prêts usuraires. Sur ces terres, confisquées aux paysans pauvres et arrachées de force, des colonies juives ont été établies en 1935, dans le cadre de la plus vaste opération de remplacement et de répartition stratégique d’immigrants juifs, touchant plus de 186 villages à travers la Palestine.

Source : The Intel Drop via Marie-Claire Tellier


vendredi 20 février 2026

Au dîner du CRIF, Sébastien Lecornu rejette la qualification de génocide à Gaza



Sébastien Lecornu a dénoncé une "stratégie sémantique" visant, selon lui, à "retourner l’accusation" contre les Juifs et à les faire passer de victimes à bourreaux. 

Il estime que l’emploi du terme "génocide" à propos de Gaza serait "une arme politique" destinée à relativiser la mémoire de la Shoah.


*******

Rima Hassan :

Je me permets de compiler toutes les sources sur le génocide pour notre premier ministre Sébastien Lecornu :

13 octobre 2023. Al-Haq, Al Mezan Center for Human Rights, et PCHR se réfèrent aux déclarations des dirigeants israéliens (Gallant, Katz, Ghassan Alian, etc) et avertissent sur des déclarations incitant au génocide.

13 octobre 2023. Raz Segal, historien israélien spécialiste des génocides, décrit ce qui se passe à Gaza comme un « cas d’école de génocide.

14 octobre 2023. Lemkin Institute for Genocide Prevention tire la sonnette d'alarme.

15 octobre 2023. Env. 800 juristes, universitaires et spécialistes du droit international, de l’étude des conflits et du génocide signent une déclaration alertant sur le risque de génocide à Gaza.

2 novembre 2023. 7 rapporteurs spéciaux UN20 alertent : « Nous restons convaincus que le peuple palestinien court un grave risque de génocide ».

16 novembre 2023. Une trentaine d’experts indépendants UN alertent, dans une nouvelle déclaration conjointe sur « le génocide en cours » à Gaza.

20 novembre 2023. La Commission internationale de juristes publie une note rappelant que « l'obligation de prévenir un génocide à Gaza, et le devoir d'agir qui en découle.

12 décembre 2023. La FIDH reconnaît qu’Israël mène un génocide.

26 janvier 2024. Mesures conservatoires Afrique du Sud vs Israël, Cour Internationale de Justice ; Ordonnance « risque plausible de génocide ».

28 mars 2024. Ordonnance CIJ la Cour constatait un « risque accru » de génocide et formulait des mesures supplémentaires et ordonne à Israël de garantir l’accès humanitaire.

13 août 2024. Omer Bartov, historien de la Shoah et des génocides à l’Université de Brown déclare à The Guardian que les actes d’Israël à Gaza remplissent la définition du génocide et qu’il n’y a plus « aucun doute » sur l’intention génocidaire.

20 septembre 2024. Le Comité spécial de l’ONU sur les pratiques israéliennes conclut qu’elles constituent des actes de génocide.

06 octobre 2024. Euro-Med publie le rapport De-Gaza: A Year of Israel’s Genocide and the Collapse of World Order.

29 octobre 2024. Amos Goldberg, historien israélien, réaffirme ce qu’il affirme depuis plusieurs mois : « Israël commet un génocide à Gaza ».

30 octobre 2024. L’ONG Forensic Architecture publie “A Cartography of Genocide”, un rapport de 827 pages concluant à un génocide.

29 novembre 2024 - W. Schabas, spécialiste du génocide, affirme dans Der Spiegel qu’il existe « un solide argument » pour qualifier ce qui se passe à Gaza de génocide.

4 décembre 2024. Amnesty International conclut dans son rapport "On a l'impression d'être des sous-humains" qu’Israël commet un génocide.

10 décembre 2024. L’ONG ECCHR conclut qu’Israël commet un génocide.

18 déc. 2024. Dans son rapport “Gaza: Life in a Death Trap”, MSF affirme que ses observations directes concluent qu’un nettoyage ethnique et un génocide sont en cours à Gaza.

18 déc. 2024. rapport Human Rights Watch accuse Israël de commettre un génocide (et le crime contre l’humanité d’extermination).

31 décembre 2024. Dans son rapport Generation Wiped Out: Gaza’s Children in the Crosshairs of Genocide, PCHR parle de génocide contre les enfants.

12 janvier 2025. Un rapport d’Al Mezan Center for Human Rights met en lumière l’impact dévastateur des politiques génocidaires d’Israël sur les droits et la santé reproductive des femmes palestiniennes.

23 janvier 2025. Al-Haq publie le rapport “The Systematic Destruction of Gaza’s Healthcare System: A Pattern of Genocide.

24 fév. 2025. L’historien spécialiste des génocides, Raz Segal, publie dans the Journal of Imperial and Commonwealth History: « l’assaut israélien sur Gaza est un cas d’école de génocide colonial, nourri par la suprématie juive et le soutien des US.

13 mars 2025. La Commission d’enquête indépendante des UN conclut dans le rapport « Plus qu’un être humain ne peut supporter», que les attaques contre la santé reproductive à Gaza constituent des actes génocidaire.

Source

*******

 Am Israël hay !
Le peuple d'Israël est vivant !


"Ils étaient PLUS D’UN MILLIER cette année à assister au dîner annuel du CRIF, organisé pour la quarantième fois — UN RECORD de participation." (Le Monde)

Le prix d’un couvert, environ 900 €. Sur cette somme, 800 € peuvent faire l’objet d’une déclaration via un formulaire Cerfa.

Parmi ces 800 €, 66 % sont déductibles des impôts, soit une réduction fiscale de 528 € pour les participants — un avantage financé par le contribuable français.




France. Rima Hassan, nouvelle sorcière



Hier appréciée des médias, la députée européenne Rima Hassan en est désormais exclue. Le président du Conseil représentatif des juifs de France (CRIF) l’accuse sur Radio J d’être « un danger », tandis que des ministres et des élus du Rassemblement national réclament la déchéance de sa nationalité. Le tout à la veille des élections municipales de mars 2026 où son parti, La France insoumise, est particulièrement dans le viseur de la sphère médiatique. Pourquoi tant de haine ?


Paris, place de la République, le 8 octobre 2025. L’eurodéputée LFI Rima Hassan (centre), de retour en France après plusieurs jours de détention en Israël. Elle a été arrêtée à bord de la flottille Global Sumud qui avait pour but de briser le siège imposé à la bande de Gaza.


Rima Hassan cumule nombre de handicaps. Jeune, elle est vilipendée par les seniors qui occupent les principaux médias ; femme, elle est détestée par les machistes de tous poils ; racisée, elle est soupçonnée de communautarisme ; Palestinienne, elle est considérée comme porte-parole du Hamas ; musulmane, elle est inévitablement terroriste ; juriste, elle manipule le droit ; LFIste, elle est assurément antisémite.

Ces a priori discriminatoires, jetés ensemble dans le chaudron de la haine, façonnent un portrait de Rima Hassan, repris sur les réseaux sociaux, sur les chaînes de télévision en continu, et même en tags sur les murs de certains quartiers.

Longtemps, la députée européenne a incarné le modèle de l’immigrée qui a réussi. Conjuguant élégance, parole facile et réflexion intellectuelle affirmée, la jeune femme séduit. Les médias l’invitent. Elle fait partie d’une série d’organismes en raison de son expertise sur le droit international et les immigrés, dont le Conseil global pour la diversité et l’inclusion, instance consultative du groupe L’Oréal, temple de la beauté, qu’elle rejoint en 2023.

Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes tant que la fameuse « Diversité » (avec une capitale chez L’Oréal) reste tranquille et consensuelle. Mais les attaques de groupes palestiniens, dont le Hamas, le 7 octobre 2023 changent la donne.

De la diva à la paria

Palestinienne, Rima Hassan ne peut se taire devant le traitement unilatéral qui est fait de cette action conduite principalement par le Hamas — qui se traduit par la mort de 1 219 Israéliens et l’enlèvement de 251 otages —, et qui occulte les exactions et le nettoyage ethnique des Palestiniens depuis 75 ans. Elle s’exprime le jour même de l’attaque, écrivant sur son compte X qu’il est « moralement inacceptable de se réjouir de la mort de civils ». En juriste, elle précise : « Ce qu’a fait le Hamas tombe sous le coup de la loi internationale, en crimes de guerre, crimes contre l’humanité. » Elle reprend même à son compte le mantra du moment : « Le Hamas est une organisation terroriste. » Elle le répétera plusieurs fois tout au long de l’année qui suit l’attaque. Mais cela ne suffit pas.

Les médias qui l’appréciaient hier la rejettent avec violence. Le tout dans un climat généralisé d’interdiction de manifester toute solidarité avec Gaza : le gouvernement érige le soutien à la Palestine en manifestation d’antisémitisme. Les autorités et leurs porte-voix médiatiques exigent que l’on « transforme notre empathie naturelle à l’égard des victimes israéliennes en un soutien à l’État d’Israël », dénonce Rima Hassan. C’en est trop : de diva, elle devient paria.

Rima Hassan est née le 28 avril 1992 dans le camp de réfugiés palestinien de Neirab, près d’Alep, en Syrie, où les familles de son père et de sa mère se sont installées, après avoir été chassées de leurs villages lors de la création d’Israël en 1948 et de la Nakba (la « catastrophe » de l’exil forcé). Sa mère, institutrice, finira par quitter mari et camp pour atterrir à Niort, dans les Deux-Sèvres, comme femme de ménage. Il lui faudra plusieurs années pour obtenir l’autorisation de ramener auprès d’elle ses deux filles — dont Rima, 10 ans — et ses quatre fils. Nous sommes en 2001.

Huit ans plus tard, Rima Hassan obtient la nationalité française. À 18 ans, elle n’est plus apatride, comme le sont les Palestiniens réfugiés. Après avoir décroché un master de droit international et organisations internationales à l’université Panthéon-Sorbonne en 2016, elle entame une thèse sur « le droit applicable dans les camps de réfugiés », tout en travaillant à l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra). Puis elle occupe, jusqu’en 2023, le poste de rapporteuse à la Cour nationale du droit d’asile (CNDA). En 2019, lasse de ne pas trouver d’informations fiables sur les réfugiés, elle crée l’Observatoire des camps de réfugiés, fondé sur un réseau de bénévoles chargé de collecter des informations, mais, aussi, d’enquêter, de cartographier et d’informer sur les camps de réfugiés à travers le monde. De la mobilisation civile à l’engagement politique, il n’y a qu’un pas, franchi dans le sillage des attaques du Hamas et de la riposte démesurée d’Israël.

Insultes et menaces de mort

En vue des élections au Parlement européen le 9 juin 2024, elle accepte de figurer sur la liste conduite par Manon Aubry (La France insoumise, LFI), afin de « faire entendre une voix palestinienne » à Bruxelles, explique-t-elle. Un an et demi plus tard, elle regrette de n’avoir pu obtenir les sanctions nécessaires contre Israël et notamment la suspension de l’accord d’association, conformément au droit international. Mais elle a réussi, avec d’autres, à faire du génocide en cours à Gaza un sujet central. « Qu’elle soit admirée ou critiquée, Hassan est devenue la voix d’une génération déterminée à confronter l’Europe à la politique de Gaza, et elle ne semble pas près de baisser le ton », affirme Politico, le journal en ligne, conservateur, fondé à Washington, qui l’a classée parmi les 28 personnalités les plus influentes de l’Union européenne (UE).

Mais ce choix de la députation européenne sur une liste LFI — le parti, à la différence des Verts, lui a proposé d’être candidate en position éligible — a un coût. Finis les portraits plutôt sympathiques dans Libération ou Le Monde — lequel devient très actif dans la chasse à cette nouvelle sorcière.

Dès l’annonce de sa candidature, son nom, l’adresse de son domicile et son numéro de téléphone sont diffusés sur les réseaux sociaux.

Elle est vilipendée pour oser parler d’apartheid et dénoncer la « politique génocidaire » du premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou. Pourtant, au même moment, en janvier 2024, la Cour internationale de justice (CIJ) conclut explicitement à « un risque de génocide contre les Palestiniens à Gaza ». Une réalité aujourd’hui reconnue par plusieurs instances de l’Organisation des Nations unies (ONU), des historiens israéliens, des organisations non gouvernementales et nombre de juristes…

Dès l’annonce de son engagement électoral, son nom, l’adresse de son domicile et son numéro de téléphone sont diffusés sur les réseaux sociaux. Elle est menacée de viol ou d’assassinat, même dans la rue. Elle doit changer de lieu de résidence. La campagne est si violente que plus de cinq cents élus et personnalités politiques nationales et européennes publient une « Tribune en soutien à Rima Hassan » pointant que « ce que l’on veut faire taire, c’est la Palestine et toutes les voix qui la défendent » (Médiapart, 2 février 2024).

L’initiative est sans effet. Dans son livre sur Les Nouveaux Antisémites, Nora Bussigny, chroniqueuse pour Le Point, Marianne, ou la revue controversée Écran de veille, aurait débusqué la preuve irréfutable de son antisémitisme : quand elle était adolescente, son compte Facebook contenait, accolé à son nom, un double 8, symbole souvent utilisé par les néonazis. La fine limière aurait aussi pu conclure que Hassan était cornaquée par Pékin, les 8 y étant synonymes de chance et d’abondance… Ces chiffres sont plus prosaïquement ajoutés par l’algorithme lors de la création d’un compte Facebook…

La fabrique à polémiques

Les « affaires » montées de toutes pièces se succèdent. La chaîne Youtube Le Crayon extrait d’une interview de Rima Hassan un passage lui faisant dire que « les actes du Hamas [du 7 octobre] sont légitimes ». L’intervention intégrale démontrerait la supercherie, ses propos sur le Hamas ne portant pas sur le 7 octobre. La chaîne refuse de la diffuser.

La jeune militante tente l’exégèse. En vain. Comme le dit avec sa finesse habituelle l’avocat franco-israélien Gilles-William Goldnadel sur CNews le 30 avril 2024 : « Elle a peut-être dit autre chose lors de l’émission Le Crayon, il n’en demeure pas moins que pour Rima Hassan, l’action du Hamas est légitime. » Autrement dit : même si elle ne l’a pas dit, elle pourrait le dire et de toute façon elle le pense. Aussi incroyable que cela puisse paraître, cette croyance est aussi celle de ministres et de dirigeants politiques.

Anticipant les propos qu’elle pourrait tenir, la direction de l’université Paris-Dauphine, celle de Sciences-Po et l’université de Strasbourg annulent les conférences qu’elle devait animer, prévues respectivement les 6 mai, 22 et 28 novembre 2024, invoquant un « risque de trouble à l’ordre public ». Chaque fois, la censure reçoit le soutien de la ministre de l’enseignement supérieur Sylvie Retailleau puis de son successeur Patrick Hetzel ainsi que du ministre de l’intérieur Bruno Retailleau.

Dans le même temps, Rima Hassan, visée par plusieurs plaintes, va être entendue deux fois par la police dans le cadre d’enquêtes pour « apologie du terrorisme », en avril 2024 puis en avril 2025, où elle est interrogée pendant plus de onze heures d’affilée. L’une des plaintes, formée par le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA), concerne un tweet adressé aux étudiantes et étudiants de Sciences-Po, les invitant « au soulèvement ». Un autre dépôt de plainte, pour « menaces », est relatif à un échange sur X avec l’eurodéputé des Républicains François-Xavier Bellamy, Hassan dénonçant la proximité de son groupe avec « le régime génocidaire israélien ». En revanche, silence radio sur le fait que, quelques jours plus tôt, le même Bellamy avait publiquement accusé la députée d’être « antisémite », l’empêchant d’occuper l’une des quatre vice-présidences de la commission des droits de l’homme du Parlement européen.

Une autre plainte contre Rima Hassan concerne une citation du psychiatre décolonialiste français Franz Fanon. Une autre, le célèbre poème « Carte d’identité » (1964) du poète palestinien Mahmoud Darwich :

Mais… si jamais on m’affame
Je mange la chair de mon spoliateur
Prends garde… prends garde
À ma faim
Et à ma colère !

La liste est longue et les prétextes aux accusations, divers…

La criminalisation du soutien à la Palestine

Les actions en justice se multiplient, leurs cibles aussi, alors que l’offensive israélienne s’intensifie, donnant corps à une forme de criminalisation du soutien à la Palestine.

L’Union juive française pour la paix (UJFP), le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), la présidente d’Europalestine Olivia Zémor, le secrétaire général de la CGT du Nord Jean Paul Delescaut, l’islamologue François Burgat, ou les députées Mathilde Panot et Danièle Obono en feront les frais…

Il est impossible d’obtenir de données précises sur les plaintes, mais le nombre de jugements prononcés pour « apologie du terrorisme » explose : 131 jugements rendus entre janvier et octobre 2023 ; 452, entre octobre 2023 et novembre 2024.

Ces « abus », selon l’expression de l’ex-juge d’instruction du pôle antiterrorisme Marc Trévédic, relèvent d’une stratégie soigneusement orchestrée. La démultiplication de ces procédures vise à étouffer toute voix critique de la politique d’Israël. Plus elles sont nombreuses, plus les chances d’en voir aboutir augmentent. Elles servent également de prétextes pour interdire conférences ou meetings de qui en fait l’objet.

Les « Israel Files » révèlent que le pouvoir israélien mène « une guerre juridique contre celles et ceux qui combattent les crimes israéliens devant la justice », en France et en Europe.

La grande majorité des dénonciations en justice proviennent d’une poignée d’organisations : l’Union des étudiants juifs de France (UEJF), le CRIF, l’Observatoire des juifs de France, l’Organisation juive européenne (OJE), la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), quelques personnalités plus ou moins liées à Elnet France et l’inévitable députée de la macronie, représentant les Français de l’étranger dont ceux d’Israël, Caroline Yadan — celle-là même qui manœuvre pour faire adopter par l’Assemblée nationale une loi criminalisant toute critique de la politique israélienne, avec la complicité de socialistes comme François Hollande et Jérôme Guedj. « C’est grâce à notre signalement que Rima Hassan a été convoquée [par la police] pour “apologie de terrorisme” », se vantait-elle sur Facebook, le 21 novembre 2025.

Ces vigies portent toutes, sans complexe, la parole d’Israël en France. En décembre 2024, Médiapart va révéler, avec les « Israel Files », sur la base d’e-mails internes du ministère israélien de la justice, les moyens déployés par le pouvoir israélien « pour mener une guerre juridique contre celles et ceux qui combattent les crimes israéliens devant la justice », en France et en Europe, en s’appuyant sur la « participation active du CRIF », notamment contre les militants du mouvement Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS).

Curieusement, les médias français, qui ne se privent pas de pointer des ingérences russes ou chinoises, ne reprennent pas ces révélations. Le Parlement européen non plus. Le président de la commission spéciale sur l’ingérence étrangère dans l’ensemble des processus démocratiques de l’Union européenne, Raphaël Glucksmann, n’a, lui non plus, rien vu…

Le grand dénigrement

Bien sûr, les propositions de Rima Hassan se discutent, comme celle d’un État binational, qui n’est d’ailleurs pas la position officielle de LFI. Mais cela relève du débat politique. Certaines de ses formulations ne sont pas très heureuses : elle traite de « raclure » Gérard Larcher, président du Sénat, compare défavorablement le ministre français de l’intérieur à son homologue tunisien, soulignant que le premier veut la priver de sa nationalité quand le second « assure [sa] protection lors de [ses] déplacements » à Tunis — les prisonniers politiques tunisiens apprécieront…

La jeune députée n’évite pas toujours le piège des réseaux sociaux, qui poussent aux ripostes immédiates et aux formules chocs. Il est vrai qu’à l’exception de quelques radios et télés alternatives, elle est boycottée par la presse. Y compris quand elle fait partie des rares Français embarquant en juin 2025 sur l’une des flottilles internationales contre le blocus de Gaza, en l’occurrence le Madleen.

Alors qu’Israël arraisonne la flottille et arrête les militants, le ministre des affaires étrangères Jean-Noël Barrot fustige la « vacuité d’une opération de com » et les « gesticulations de Mme Hassan ».

La plupart des radios et télévisions publiques commencent par ignorer l’événement, quand, en juin 2025, Causeur ou Marianne, des journaux à la ligne réactionnaire et relais de la politique israélienne, ironisent. Alors qu’Israël arraisonne le bateau dans les eaux internationales et arrête les militants, au lieu de s’inquiéter de cet acte de piraterie, le ministre des affaires étrangères Jean-Noël Barrot fustige, à l’Assemblée nationale le 11 juin 2025, la « vacuité d’une opération de com » et en particulier les « gesticulations de Mme Hassan ». Même son de cloche de la part du secrétaire national du Parti communiste français, Fabien Roussel : « Nous ne sommes pas là pour faire du buzz, notre action fait moins de bruit qu’une flottille qui part pour Gaza avec quelques kilos de pâtes et de farine et qui n’y arriveront jamais » (24 juin 2025).

L’humoriste Sophia Aram parlera trois mois plus tard sur France Inter de « deux kilos de pâté végan, un pack de Palestine Coca, et trois boîtes de protection périodiques », portés par des « militants islamistes ++ ». Rima Hassan était alors à bord de la flottille Global Sumud qui a reçu de nombreux soutiens… à l’étranger — dont ceux des gouvernements espagnol et colombien.

Une nouvelle génération d’acteurs politiques

La légitimité de Rima Hassan, en tant que Palestinienne et « enfant de la Nakba », à porter la lutte pour le droit au retour des Palestiniens est aussi ce qui lui vaut une telle charge de la part des relais pro-israéliens. Quand, sur le plateau de C ce soir, l’émission de débat de France 5, le 30 janvier 2023, elle assure avec émotion : « Ici, chacun d’entre vous peut se rendre dans le village de ses grands-parents, au nom de quoi devrais-je en être privée ? », personne ne peut lui porter la contradiction.

Issue de la société civile et de l’immigration, la députée européenne représente une nouvelle génération d’acteurs politiques. Elle a rejoint les rangs de LFI forte de sa liberté de parole et de son expertise de juriste internationale. Cela en fait la cible de la quasi-totalité des partis politiques. Au premier rang de l’offensive se trouvent Emmanuel Macron et ses troupes, qui, après avoir fait imploser la droite, espéraient constituer un « extrême centre » (avec une partie des Républicains et une partie du Parti socialiste) lors de la dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024. La promotion du Nouveau Front populaire par LFI a fait capoter le projet. Depuis, chacun de ses militants doit être déconsidéré.

Cette cabale contre Rima Hassan et LFI révèle un mal plus profond : la gangrène de l’islamophobie gagne progressivement la société.

Pas moins de six ministres ont dénoncé Rima Hassan, l’accusant, au choix, d’apologie du terrorisme, d’incitation à la violence et d’antisémitisme. Ils se sont retrouvés aux côtés de dirigeants et élus socialistes tels Jérôme Guedj, ou des Républicains tels Gérald Darmanin. Elle sert d’épouvantail pour que le cordon sanitaire électoral qui, hier, empêchait l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir frappe désormais LFI. Il s’agit de « faire barrage à LFI », commente le 10 juin 2024 la présentatrice de Radio J Eva Soto. Ce que résume parfaitement Le Point : « Jean-Marie Le Pen est revenu, il s’appelle Rima Hassan. »

Noël Buffet, ministre délégué à l’intérieur, et Patrick Mignot, ministre des relations au Parlement, sont allés jusqu’à réclamer, en mars 2025, sa déchéance de nationalité — ce qui est illégal, Rima Hassan ne bénéficiant pas d’une autre nationalité —, avec l’approbation de Bruno Retailleau. La déchéance est également exigée par Marion Maréchal, Jean-Philippe Tanguy puis Marine Le Pen. Il faut imaginer la violence symbolique que cela représente pour une jeune femme hier apatride. Aujourd’hui encore, Rima Hassan n’arrive pas à contenir son émotion quand elle en parle.

Mais que l’on ne s’y trompe pas. Cette cabale contre elle et LFI révèle un mal plus profond : la gangrène de l’islamophobie gagne progressivement la société. L’éditorialiste Nathalie Saint-Cricq peut assurer tranquillement sur France Info, le 3 décembre 2025, que des dirigeants LFI manient « l’antisémitisme pour séduire les électeurs musulmans » des banlieues qui, par essence, seraient antisémites. Quelques jours plus tard, Alain Minc, conseiller des puissants et théoricien de « la mondialisation heureuse », reprend l’accusation.

Comme le résume fort bien l’auteur étatsunien de romans graphiques Art Spiegelman dans un entretien croisé avec son alter ego Joe Sacco dans Libération, le 20 décembre : « L’antisémitisme est désormais un nom de code pour désigner toute sympathie envers les Palestiniens. » En France, il est devenu bien commode pour légitimer le racisme antimusulman et discréditer toute voix de gauche.

« Le Monde » dans ses œuvres

Avant d’être élue sur la liste La France insoumise aux élections européennes 2024, Rima Hassan était traitée dans le journal Le Monde comme une personnalité émergente dans le paysage français. Ses prises de position sur la Palestine et Israël étaient connues, comme en témoigne son portrait dressé dans M, le magazine du Monde. Un an après, celui dessiné sur une pleine page du quotidien par Christophe Ayad et Abel Mestre ressemble plutôt à un réquisitoire tout en sous-entendus.

Dès le chapeau, les adjectifs donnent le ton : ses positions sont « radicales », ses réparties sont « cinglantes » et son usage des réseaux sociaux est « agressif ». Les deux portraitistes évoquent ensuite la déchéance de nationalité réclamée à son encontre par deux ministres du gouvernement Bayrou, mais aussi par Marion Maréchal et l’imam Hassen Chalghoumi : « Au lieu de se faire oublier, elle a répliqué », commentent-ils. Une accusée qui se défend !

Et quand elle est refoulée à son arrivée à Tel-Aviv, le 24 février 2025, dans le cadre d’une visite d’élus du Parlement européen en Israël et en Cisjordanie, ce n’est pas Israël qui doit rendre des comptes, mais l’élue : son « voyage tenait plus de la provocation que du projet mûrement préparé ». Quant à la contestation du narratif de Tel-Aviv, à laquelle l’eurodéputée procède sans relâche, ils assurent que « Rima Hassan accordera toujours plus de crédit à la version du Hamas qu’à celle de l’armée israélienne. Mais [qu’]elle est aussi une élue française et semble parfois l’oublier »…

Le soupçon est permanent, qu’il porte sur l’existence de son mémoire de master ou sur son voyage en Syrie en janvier 2024, présenté comme « troublant », car, d’après les fins limiers, « il fallait alors de bonnes connexions avec le régime Assad pour pouvoir s’y rendre en tant que française ». Rima Hassan, agente secrète syrienne ou fille d’un père collaborateur ? « Elle n’a jamais pris position contre le régime d’Al-Assad », pointe l’article. La jeune femme y entreprenait un voyage de deuil : après la mort de sa mère, revoir son père dans son pays de naissance ; « un voyage personnel, intime, familial », d’après ses mots, ce qui, d’ordinaire, se respecte.

Bienveillants, les deux portraitistes finissent par s’inquiéter pour cette jeune femme. « Se rend-elle compte, écrivent les deux sachants, qu’elle est tout ce qu’exècre le Hamas : une femme, indépendante, de gauche, fumeuse et sans voile, décidée à mener sa vie privée à sa façon ? » Menteuse, palestinienne, pro-syrienne sur les bords, antisémite cachée, Rima Hassan est en plus complètement idiote. Merci de la démonstration.



jeudi 19 février 2026

Polémique aux JO d’Hiver 2026 : Le commentateur suisse Stefan Renna démonte l’équipe israélienne de bobsleigh



À Cortina c’est une voix suisse qui rappelle que l’étoile de David traîne dans son sillage un charnier nommé Gaza. La prouesse sportive ? Médiocre voire calamiteuse. La charge politique ? Dévastatrice.



Polémique aux JO d’Hiver 2026 : Le commentateur suisse Stefan Renna démonte l’équipe israélienne de bobsleigh


Par Yoann pour le Media en 4-4-2


Les Jeux Olympiques d’hiver de Milano Cortina 2026 ont accouché d’un commentaire aussi savoureux qu’embarrassant pour la délégation israélienne. Entre deux virages sur la piste de bobsleigh, c’est une voix suisse qui a osé rappeler que l’étoile de David traîne dans son sillage un charnier nommé Gaza. La performance sportive ? Médiocre, pour ne pas dire catastrophique. La charge politique ? Dévastatrice.

La mécanique du ridicule

Il fallait voir ce bob israélien négocier la piste de Cortina comme un éléphant dans un magasin de porcelaine. Adam Edelman, fier pilote sioniste “jusqu’à la moelle” comme il aime le clamer sur ses réseaux sociaux, et son freineur Menachem Chen ont offert au monde une démonstration de médiocrité technique aussi spectaculaire qu’involontaire. Leur engin, orné aux couleurs nationales, a caressé chaque paroi de glace avec une insistance maladroite, transformant cette descente en parcours du combattant contre les lois de la physique. Résultat des courses : une dernière place acquise avec la conviction des vaincus qui singent les vainqueurs, bras levés et sourire aux lèvres, comme si terminer loin derrière les Allemands méritait des célébrations nationales.

Le micro qui tue

C’est là que Stefan Renna, commentateur pour la Radio Télévision Suisse, a transformé l’essai. Tandis que l’image montrait ce ballet de médiocrité, sa voix posée a choisi de ne pas jouer le jeu de l’omerta olympique. Il a cité Edelman, ce pilote qui se revendique “sioniste jusqu’à la moelle”. Il a évoqué ses publications enflammées sur les réseaux, où l’homme qualifie l’intervention militaire à Gaza de “guerre la plus moralement juste de l’histoire”. Il a rappelé, sans trembler, que des instances internationales parlent de génocide. En deux minutes chrono, Renna a fait ce que le Comité international olympique refuse obstinément : établir un lien entre le sport et la réalité. Entre le bob qui dérape et les bombes qui tombent.

L’hypocrisie olympique

Car voilà l’os que ce commentaire a déniché : comment se fait-il que la Russie, bannie pour son intervention en Ukraine, reste au ban des nations pendant qu’Israël défile fièrement sous le drapeau étoilé ? Où est passée la cohérence du CIO, cette institution si prompte à moraliser quand il s’agit d’exclure Moscou, mais muette comme une tombe quand Tel Aviv perpétue ce que les experts qualifient de nettoyage ethnique ? Le sport, ce miroir aux alouettes, révèle soudain ses coutures idéologiques. La performance israélienne, aussi dérisoire soit-elle, devient symbole : celui d’une impunité que même la glace italienne ne parvient pas à geler.

Ces deux minutes de bob malmené auront accompli ce que des années de rapports onusiens peinent à produire : une prise de conscience collective, fût-elle fugace, que l’olympisme a deux poids, deux mesures. Et que certaines étoiles, sur fond bleu, brillent plus que d’autres dans l’indifférence complice des instances.



mercredi 18 février 2026

Marseille : des activistes sabotent l’usine Eurolinks, fournisseur de pièces de mitrailleuses pour Israël



À Marseille, des militants pro-palestiniens ont décidé de frapper fort. Ils ont ciblé l’usine Eurolinks, une entreprise qui fournit du matériel militaire destiné à Israël. Dans un communiqué et une vidéo diffusés en ligne, ils revendiquent le sabotage et affirment avoir sectionné les tuyaux d’arrivée d’eau de l’usine pour bloquer, ou au moins ralentir, la production.

Cette action ne sort pas de nulle part. Elle intervient après les révélations du média d’investigation Disclose. Les journalistes ont montré qu’Eurolinks avait organisé, à au moins trois reprises en 2023 et 2025, des livraisons de maillons de mitrailleuses. Ces pièces peuvent équiper des armes utilisées par l’armée israélienne contre les habitants de Gaza.

Ces révélations ont mis le feu aux poudres. Des dockers ont refusé de charger certaines cargaisons. Des militants ont bloqué l’usine une première fois en septembre 2025, puis à nouveau en octobre. Lors du second blocage, la police a interpellé plus d’une centaine de personnes. Plusieurs ont écopé d’un avertissement pénal probatoire, une mesure qui tient lieu de rappel à la loi.

En parallèle, une association de juristes a saisi la justice. Elle demande l’annulation des contrats entre Eurolinks et l’industrie d’armement israélienne, estimant que ces livraisons pourraient violer le droit international. Une audience est prévue le 23 mars prochain.

C’est dans ce climat tendu que les activistes ont choisi le sabotage. Dans leur communiqué, ils préviennent : « Tant que cette entreprise continuera d’armer la colonisation, elle continuera d’être la cible d’attaques ».


Israël installe un camp de concentration à Gaza Sud afin d’expulser les Palestiniens



Ce camp étroitement surveillé accueillera les Palestiniens qui “souhaitent quitter” Gaza après l’ouverture du checkpoint de Rafah.

Israël a défriché des terres dans le sud de Gaza pour y construire un camp de concentration étroitement surveillé pour les Palestiniens, en vue de leur expulsion de la bande de Gaza, a rapporté Reuters le 28 janvier, citant un général israélien à la retraite conseil de l’armée.

Le brigadier-général à la retraite Amir Avivi a déclaré à l’agence de presse dans une interview que le camp se construit dans une zone de Rafah détruite par les bombardements israéliens et dont les ruines ont été déblayées par des bulldozers.

“Avivi déclare que le camp sera utilisé pour héberger les Palestiniens qui souhaitent quitter Gaza et passer en Égypte, et ceux qui souhaitent rester”, a écrit Reuters.

Avivi ne s’exprime pas au nom de l’armée israélienne. Sa voix est toutefois écoutée en raison de son rôle prépondérant dans la création du Forum israélien pour la défense et la sécurité, un groupe représentant des milliers de réservistes militaires israéliens.

Les commentaires d’Avivi interviennent alors qu’Israël se prépare à une “réouverture limitée” du poste-frontière de Rafah entre Gaza et l’Égypte, dans le cadre du plan en 20 points du président américain Trump pour la bande de Gaza.

Reuters a rapporté au début du mois qu’“Israël veut s’assurer que le nombre de Palestiniens quittant Gaza soit supérieur à celui des personnes autorisées à y entrer”.

Immédiatement après le début des bombardements et de l’invasion de Gaza par Israël en octobre 2023, le ministère israélien du Renseignement a proposé d’expulser les 2,3 millions de Palestiniens de Gaza sous prétexte de préoccupations humanitaires.

Depuis, Israël a systématiquement détruit Gaza, rendant la bande de terre inhabitable et ne laissant aux Palestiniens d’autre choix que d’abandonner leurs maisons détruites et de partir vers l’Égypte et au-delà, si cela leur est permis.

Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, et le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, préconisent l’annexion de Gaza afin d’établir des colonies pour les Israéliens juifs sur les terres palestiniennes confisquées.

Le brigadier-général Avivi a déclaré qu’à l’heure actuelle, “pratiquement plus aucun Gazaoui ne vit à Rafah” restée sous le contrôle total d’Israël après le cessez-le-feu entré en vigueur en octobre 2025.

La plupart des Palestiniens de Gaza ont été contraints de se réfugier dans les quelque 47 % du territoire de Gaza qui ne sont pas sous contrôle direct israélien, où ils vivent pour la plupart dans des tentes de fortune, dans des conditions épouvantables et sous les pluies froides de l’hiver.

Il faut construire à Rafah des infrastructures capables de les accueillir, puis ils pourront choisir s’ils veulent partir ou non”, a déclaré Avivi.

Il a ajouté que cette structure sera probablement “un grand camp organisé” dont les entrées et les sorties seront surveillées et contrôlées à des postes de contrôle israéliens à l’aide de la reconnaissance faciale biométrique.

M. Avivi a ajouté que l’armée israélienne se prépare à une nouvelle offensive militaire, notamment à la reprise des attaques contre la ville de Gaza, sous prétexte de désarmer le Hamas.

Le camp de concentration construit à Rafah pourrait servir à héberger les Palestiniens fuyant une nouvelle offensive israélienne, a ajouté M. Avivi.

“Les plans sont prêts. L’armée attend l’ordre du gouvernement et du cabinet de renouveler ses manœuvres à Gaza”, a déclaré Avivi.

Les attaques israéliennes depuis le cessez-le-feu ont tué plus de 480 Palestiniens à Gaza, tandis qu’au moins 71 000 ont été tués par Israël depuis le début du génocide, selon les autorités sanitaires de Gaza.

Cependant, d’autres estimations suggèrent que des centaines de milliers de Palestiniens ont été tués.

Selon le Comité national pour les personnes disparues, “plus de 10 000 Palestiniens sont toujours ensevelis sous les décombres de Gaza, en train de se décomposer en silence, privés de sépulture et d’identité”.

Source: The Cradle

Traduit par Spirit of Free Speech 

via 


mardi 17 février 2026

Epstein et Israël : les preuves définitives de la collusion




Dans un courriel de septembre 2016 envoyé au milieu de la course présidentielle, Barak informe Epstein que la candidate démocrate Hilary Clinton devait être interviewée par la chaîne israélienne 2 et se demande si Epstein pourrait demander si le futur président Donald Trump serait intéressé à être interviewé par la station rivale, Channel-10.

Barak dit à Epstein que l'interview de Trump attirerait un "énorme pourcentage d'Israéliens et de la plupart des citoyens américains en Israël".

Un autre courriel révèle que le Premier ministre indien Narendra Modi a demandé l'avis d'Epstein sur l'organisation d'un voyage diplomatique en Israël en 2017.

L'intervention d'Epstein avait été demandée par le milliardaire indien et allié de Modi Anil Ambani. Ambani a déclaré à Epstein que les dirigeants demandaient des réunions avec des membres du cercle restreint de Trump, y compris Jared Kushner et Steve Bannon, avant la réunion de Modi.

Après la visite, Epstein a envoyé un e-mail à une personne qu'il appelait "Jabor Y" au sujet de la visite. « Le Premier ministre indien Modi a pris conseil. et a dansé et chanté en Israël au profit du président américain. ils s'étaient rencontrés il y a quelques semaines. ÇA A MARCHÉ. ! », a-t-il écrit.

Le même jour, il a écrit à Ambani : « La performance de vos gars était à la fois intelligente et bien exécutée. Bon travail. »

Un autre document révèle apparemment un complot visant à saisir les actifs gelés de la Libye, des mois après que le président libyen Mouammar Kadhafi a été évincé lors d'un coup d'État soutenu par l'OTAN. L'associé d'Epstein qui a envoyé l'e-mail suggère de demander du soutien pour l'entreprise auprès des agents du MI6 et du Mossad.

L'e-mail indique qu'environ 80 milliards de dollars de fonds libyens auraient été gelés, dont près de 33 milliards de dollars aux États-Unis.

« Et on estime que le nombre réel se situe entre trois et quatre fois ce nombre d'actifs souverains, volés et détournés », peut-on lire dans l'e-mail. « Si nous pouvons identifier/récupérer 5 à 10 % de cet argent et recevoir 10 % à 25 % à titre de compensation, nous parlons de milliards de dollars. »

« Mais la vraie carotte est de savoir si nous pouvons devenir leurs gars de prédite parce qu'ils prévoient de dépenser au moins 100 milliards de dollars l'année prochaine pour reconstruire leur pays et relancer l'économie », poursuit-il.

Des groupes américains pro-israéliens font également des apparitions dans les fichiers nouvellement publiés.

Il s'agit notamment du groupe Hillel de l'Université Harvard, qui a demandé des dons à Epstein en 2010 et 2011. En mai 2010, le président de Hillel de l'époque, Bernie Steinberg, a écrit à Epstein une lettre le remerciant pour son "soutien à Harvard Hillel et à la communauté juive de Harvard pendant ce moment important de l'histoire" et lui demandant d'apporter des contributions supplémentaires.

Ces derniers mois, plusieurs journalistes ont découvert des liens entre Israël et Epstein, y compris une série en cours Drop Site News qui se concentre sur ses liens avec le renseignement israélien. Cependant, ces faits sont souvent omis de la couverture générale du financier en disgrâce.

Newly released Epstein files reveal further ties to Israel




La vie sous tente à Gaza, entre maladie et désespoir quotidien


Gaza est confrontée à une crise sanitaire publique dans le contexte de la guerre menée par Israël, les déchets, les eaux usées et le manque d’hygiène entraînant des épidémies.

Ville de Gaza – La famille Abu Amr a été déplacée plus de 17 fois depuis le début de la guerre menée par Israël contre Gaza. Chaque déménagement a réduit ses options.

Aujourd’hui, elle vit dans une tente installée à côté d’une immense décharge dans le quartier de Remal, au centre de la ville de Gaza, l’un des rares endroits où elle a pu trouver de la place.

Pour cette famille, survivre est devenu un combat quotidien contre la pollution, la maladie et l’indignité.

« Nous disons toujours que nous vivons deux guerres à Gaza, l’une qui tue par les bombardements, et l’autre qui tue par les déchets », explique Saada Abu Amr, 64 ans, qui a été déplacée de Beit Lahiya et vit désormais à Gaza.

« Je souffre d’asthme et j’ai toujours mon inhalateur avec moi. Je le mets sous mon oreiller la nuit. Je l’utilise plusieurs fois pendant la nuit, car l’odeur des déchets bloque mes voies respiratoires. »

Sa belle-fille, Suryya Abu Amr, 35 ans et mère de cinq enfants, explique que l’hygiène de base est devenue presque impossible.

« Nous utilisons des produits d’entretien, mais nous ne pouvons pas continuer à dépenser tout ce que nous avons pour nettoyer ; les choses ne sont jamais propres dans une tente située près d’une décharge, surtout avec le manque d’eau », a-t-elle déclaré à Al Jazeera. « Nous sommes infectés par la gastro-entérite plusieurs fois par mois. »

« J’ai failli mourir une fois d’une gastro-entérite ; à l’hôpital, on m’a dit que c’était dû au manque d’hygiène », a-t-elle ajouté, décrivant comment elle avait été contrainte d’utiliser des toilettes partagées par des dizaines de personnes.

Cela n’a pas toujours été le cas. Avant la guerre, explique Suryya, la propreté était au cœur de sa vie quotidienne. « Je nettoyais ma maison plusieurs fois par jour. Avant la guerre, j’étais obsédée par le nettoyage. Je n’aurais jamais imaginé vivre ce cauchemar. »

Les Palestiniens de Gaza sont contraints de survivre comme ils peuvent, même dans des conditions épouvantables.

Pour Salem, 40 ans, le mari de Surrya, la décision de rester près de la décharge a été motivée par le désespoir.

« Mes enfants souffrent beaucoup en hiver et en été, lorsque l’odeur polluée est portée par le vent. Quand nous mangeons, nous ne pouvons pas avaler, nous avons envie de vomir », explique-t-il.

« Nous souffrons des insectes et des moustiques. Le visage de ma fille Sabaa, âgée de deux semaines, est couvert de piqûres de moustiques », ajoute-t-il.

Salem décrit comment les eaux usées s’infiltrent régulièrement dans la tente pendant les tempêtes. « Quand il y a du vent, les eaux usées s’écoulent sur notre tente et éclaboussent parfois nos vêtements. Nous n’avons pas de vêtements propres de rechange ; nous avons fui notre maison à Beit Lahiya sans emporter nos vêtements. Je dois parfois prier avec des vêtements sales. Je n’ai pas le choix ; je n’ai ni argent, ni eau, et c’est l’hiver, les vêtements mettent des jours à sécher. »

Les rongeurs, dit-il, sont également devenus une grave menace pour la santé. « Les rongeurs sont partout autour de nous ; nous venons tous de nous remettre d’une très mauvaise grippe. Mon père handicapé était sur le point d’en mourir ; les médecins ont dit que cela pouvait être dû à la contamination par l’urine des rongeurs. C’était presque similaire à une infection au coronavirus. »

Les enfants de la famille en paient également le prix. « Je perds mes cheveux à cause du manque d’hygiène ici ; j’ai aussi des infections cutanées », a déclaré Rahaf Abu Amr, 13 ans.

Crise sanitaire

Les professionnels de santé avertissent que l’accumulation des déchets, les eaux usées et le manque d’eau potable entraînent une recrudescence des maladies.

« La situation sanitaire à Gaza est catastrophique ; nous constatons des infections virales et bactériennes avec des complications graves que nous n’avions jamais vues ni traitées avant la guerre », a déclaré le Dr Ahmed Alrabiei, consultant en médecine interne et pneumologie et chef du service de pneumologie du complexe médical al-Shifa.

« On constate une augmentation des cas de syndrome de Guillain-Barré, de méningite, de gastro-entérite grave, d’affaiblissement du système immunitaire, d’infections respiratoires, d’hépatite A et d’asthme. Des cas suspects de choléra ont été signalés, mais heureusement, aucun cas n’a été confirmé », a-t-il déclaré à Al Jazeera.

« Les groupes les plus touchés par ces maladies sont les jeunes enfants de moins de deux ans, les personnes âgées et celles souffrant de maladies chroniques telles que le diabète et l’hypertension artérielle, celles atteintes de maladies auto-immunes telles que le lupus, les maladies rénales et les patients atteints de cancer », a-t-il déclaré.

Il a ajouté que les hôpitaux fonctionnent bien au-delà de leurs capacités. « La pression sur les hôpitaux est trop forte ; la capacité d’accueil est dépassée de 150 %. Dans le service de pneumologie, nous disposons de 20 lits pour plus de 40 cas. Les patients sont dans les chambres et les couloirs, ce qui augmente également les risques de propagation des infections parmi la population. »

Désespoir

La guerre génocidaire menée par Israël contre Gaza a eu des conséquences terribles sur la population : plus de 70 000 personnes ont été tuées. Mais elle a également détruit ou endommagé la majorité des bâtiments de Gaza, dans le cadre d’une campagne que de nombreux Palestiniens qualifient de tentative systématique visant à rendre Gaza invivable.

« Il y a une pénurie de médicaments, d’antibiotiques et d’équipements médicaux nécessaires au diagnostic, ce qui entraîne un retard dans le traitement de nombreux cas », a déclaré Alrabiei.

La ville de Gaza est confrontée à ce que les responsables municipaux décrivent comme l’une des crises humanitaires et environnementales les plus graves qu’elle ait connues, suite à l’effondrement quasi total des infrastructures d’approvisionnement en eau et d’assainissement causé par les attaques israéliennes.

« Plus de 150 000 mètres de canalisations et environ 85 % des puits d’eau de la ville de Gaza ont été détruits, sans compter la destruction totale de l’usine de dessalement d’eau », a déclaré Ahmed Driemly, responsable des relations publiques de la municipalité de Gaza.

Les déchets solides se sont également accumulés dans toute la ville après que les forces israéliennes ont bloqué l’accès à la principale décharge de Gaza, située à l’est.

« Plus de 700 000 tonnes de déchets solides s’accumulent dans la bande de Gaza, dont plus de 350 000 tonnes dans la seule ville de Gaza », a déclaré Husni Muhanna, porte-parole de la municipalité de Gaza.

« Cela a contraint la municipalité à créer une décharge temporaire sur le site historique du marché Firas, transformant la zone en un désastre sanitaire et environnemental, avec la prolifération d’insectes et de rongeurs et la fuite d’eaux usées dans le réservoir d’eau souterraine, en particulier avec les précipitations », a-t-il ajouté.

Les responsables municipaux affirment qu’ils opèrent dans des conditions extrêmement difficiles.

« La municipalité de Gaza est confrontée à un ensemble complexe d’obstacles qui l’empêchent de reprendre pleinement ses services », a déclaré M. Muhanna, citant la destruction des machines, les pénuries de carburant, les restrictions sur les équipements lourds, les risques sécuritaires et le déplacement de centaines de milliers de personnes.

« La municipalité de Gaza fonctionne selon un plan d’urgence limité qui ne répond pas à un plan global », a-t-il déclaré. « Les interventions se limitent à l’ouverture des égouts pluviaux à l’aide de moyens primitifs ; la municipalité de Gaza n’est plus en mesure d’effectuer l’entretien périodique des réseaux d’eau et d’égouts, de réhabiliter les routes ou de gérer les déchets conformément aux normes sanitaires. »

Nouvelle réalité

Malgré l’annonce d’une deuxième phase de cessez-le-feu soutenue par les États-Unis, les responsables affirment que les autorités israéliennes continuent d’entraver les efforts de reconstruction, ce qui fait craindre l’effondrement complet des systèmes d’approvisionnement en eau et d’assainissement et l’inhabitabilité permanente de quartiers entiers.

Cela signifie que la situation ne s’améliorera pas de sitôt pour les Palestiniens contraints de vivre dans des conditions insalubres.

Rojan Jarad, 38 ans, est mère de quatre enfants, dont l’un est handicapé. Sa famille a été déplacée du nord de Gaza et s’est réfugiée dans une salle de classe de la ville de Gaza.

Rojan explique que le manque d’accès aux toilettes a bouleversé la vie quotidienne de sa famille.

« Nous devions marcher très longtemps pour aller aux toilettes ; certains jours, nous ne mangeons pas et ne buvons pas beaucoup d’eau, afin de ne pas avoir envie d’aller aux toilettes », a-t-elle déclaré à Al Jazeera.

« Mes filles et moi faisons la queue dans une très longue file d’attente pour utiliser les toilettes publiques de l’école, qui sont sales à un point que je ne peux même pas décrire », a-t-elle ajouté.

« Dans un autre centre d’hébergement pour personnes déplacées, j’ai trouvé très difficile d’utiliser les toilettes publiques. Nous avons attrapé des infections à l’époque, alors j’ai décidé d’installer nos propres toilettes dans la tente à l’aide d’un seau. C’est humiliant. »

Auteur : Ola Al-Asi



lundi 16 février 2026

Regardez bien cette vidéo



Prenez le temps de la regarder vraiment.

Elle capture le moment où des colons israéliens agressent Mohammad Ayoub Abu Sabha, un homme palestinien, dans le village de Fakhit, en Cisjordanie.

Une meute contre un homme seul. Des bâtons, des coups, aucune défense possible. Ce n’est pas une rixe, ce n’est pas un affrontement, c’est un pogrom anti arabes.

Il est aujourd’hui hospitalisé, le crâne fracturé.

Regardez bien. Cette scène s’est déroulée pour commémorer l’Holocauste, pas à côté, pas après, mais dans ce cadre-là.

Regardez bien, parce que c’est cette réalité-là que l’on efface derrière les mots, les tribunes et les grandes leçons de morale.

Regardez bien ce que l’Occident protège, justifie et présente comme un modèle.

C’est la barbarie des colons à kippas.



Source : Tomy le Magnifique sur X



Quand les médias français s’illustrent dans la propagande israélienne pour blanchir la violence



Quand le journalisme abdique, la propagande s’installe et l’Occident médiatique devient le théâtre docile d’une violence narrative aussi létale que les armes qu’elle dissimule.

Depuis le 7 octobre 2023, la guerre israélo-palestinienne ne se joue pas seulement sur le terrain militaire, mais dans l’espace symbolique et cognitif. Les médias français et occidentaux, loin d’éclairer les faits, ont massivement choisi l’alignement, la simplification et l’effacement. Cette faillite n’est ni accidentelle ni marginale en ce sens qu’elle procède d’une culture de soumission structurelle à Washington et à Tel-Aviv. De la même manière que les dirigeants européens pratiquent une vassalité géopolitique sans la nommer, les médias reproduisent à leur tour une servilité informationnelle protégée par ceux-là, de Bottom-Up à Up-Down. Mais cette complicité politico-médiatique est-elle pleinement consciente, ou simplement le reflet d’une mécanique systémique complètement invisible au grand public ? Cette question sera examinée dans le contexte de la couverture médiatique du processus de génocide du peuple palestinien inféodé par Israël.

Dans ce contexte, l’article d’Alain Gabon pose un constat alarmant qui révèle que les médias français, loin de jouer leur rôle de contre-pouvoir, se sont mués en relais structurels de la propagande israélienne. Publié pendant le siège de Gaza, son analyse détaille comment cette couverture orchestrée et uniforme masque l’ampleur des crimes contre les Palestiniens et neutralise la visibilité de leur souffrance. Gabon met au jour les stratégies coordonnées de désinformation, d’effacement territorial et de manipulation du langage, révélant, comme indiqué plus haut, un alignement médiatique comparable à la vassalité des dirigeants européens envers Washington et Tel-Aviv.

Dans une approche combinant analyse critique des médias, analyse du discours et sociologie des organisations, le texte qui suit met au jour les mécanismes profonds de cette dérive historique, en examinant l’architecture industrielle de la propagande israélienne – où l’omission se transforme en arme – et en scrutant la langue employée comme véritable champ de bataille (sanitiser, dépolitiser, absoudre), afin d’en dévoiler les logiques institutionnelles jusque-là dissimulées.

De la vassalité politique à la servilité informationnelle

Les médias français dominants – BFMTV, LCI, France 2, TF1, Le Parisien, Le Figaro, Le Monde, Libération, Europe 1 – fonctionnent ici comme des chaînes logistiques de la narration coloniale, non comme des organes d’information au sens stricto sensu. Leur dangerosité est comparable à celle des cartels de drogue ou des groupes terroristes : non parce qu’ils tirent, mais parce qu’ils désensibilisent, normalisent et légitiment la mort de masse. Comme les cartels contrôlent des territoires, ces médias contrôlent le langage. Comme les groupes terroristes détruisent la peur du crime, ces rédactions détruisent la peur du mensonge. Ce ne sont plus des médias : ce sont des blanchisseurs de violence d’État, des launderers moraux au service d’une puissance coloniale. Le paradoxe est que ces médias français sont le reflet atypique de la plupart des médias mainstream qui animent les débats dans l’espace public du monde occidental, donnant comme l’impression qu’ils étanchent leurs soifs à la même source : le nazisionisme.

C’est exactement dans cette logique qu’Alain Gabon soutient que la transformation des médias français en relais structurels de la propagande israélienne contribue à masquer l’ampleur d’un processus qualifié de génocide contre le peuple palestinien. Malgré une inflexion temporaire de ton entre mai et octobre, alignée sur les critiques modérées de certains gouvernements occidentaux, cette évolution n’a relevé que d’une gestion médiatique des dégâts, sans remise en cause réelle de positions «massivement pro-israéliennes».

Plus loin, l’auteur montre que cette couverture repose sur des stratégies systématiques et coordonnées, communes aux chaînes publiques et privées, à la presse écrite du centre-gauche à l’extrême droite, à l’exception marginale de L’Humanité, quotidien communiste de moindre auditoire. Ces stratégies ont permis de neutraliser toute visibilité durable de la souffrance palestinienne, tout en continuant à reprendre dans leurs propres jargons, et parfois mot à mot, sans distance critique aucune, la rhétorique de Benjamin Netanyahou et de l’armée israélienne.

Il découle de l’analyse critique de ces stratégies si insidieusement élaborées et si sournoisement suivies, un premier mécanisme central qui est la désinformation par omission. Alors même que le caractère génocidaire de l’offensive israélienne a été reconnu par des universitaires spécialistes de l’Holocauste, par une commission indépendante de l’ONU et par des figures publiques juives israéliennes, les médias français, à l’instar d’autres médias de la fabrique occidentale, ont saturé leurs plateaux de responsables et propagandistes israéliens, tout en offrant un espace incontesté à des négationnistes du génocide. Armées de contre-vérités, des figures comme Georges Bensoussan et Caroline Fourest ont ainsi pu nier le blocus humanitaire, affirmer que les morts palestiniens étaient exagérés et devaient être «divisées par au moins cinq voire dix», ou relayer des récits fabriqués tels que celui des «bébés décapités», sans contradiction sérieuse.

Cette désinformation s’est accompagnée d’un effacement délibéré des réalités territoriales et humaines, notamment hors de Gaza. L’article d’Alain souligne que Le Parisien n’a pas couvert la Cisjordanie pendant onze mois, occultant ainsi une campagne continue de nettoyage ethnique. De même, les journaux télévisés de France 2 et TF1 ont drastiquement réduit la couverture de Gaza au plus fort de l’offensive, consacrant davantage de temps à des sujets futiles (actualités de célébrités et rumeurs sur les réseaux sociaux concernant Brigitte Macron), ce qui équivaut, selon l’auteur, à une censure active des crimes de masse commis contre les civils palestiniens.

Quand le langage efface les victimes pour blanchir la violence

Ici, le crime n’est plus seulement l’omission, mais la falsification sémantique. Les médias occidentaux – CNN, BBC, Reuters, AFP, The New York Times, The Guardian – forment une internationale de l’euphémisme, une Sainte-Alliance du vocabulaire propre. Ces rédactions se comportent comme des clowns tragiques de l’Empire, des prêtres de l’eau bénite coloniale, repeignant les charniers en «zones de tension». Leur servilité envers Tel-Aviv et Washington est le miroir exact de celle des dirigeants européens : même alignement, même lâcheté, même abdication morale. Ils ne rapportent pas le réel : ils le désinfectent, comme on nettoie une scène de crime avant l’arrivée des témoins. C’est exactement la même méthode qui est appliquée au conflit russo-ukrainien : la Russie est «agresseur» ; l’Ukraine est «agressée», ou encore la Russie est «mauvaise» ; l’Ukraine est «bonne». Sur leurs plateaux de télévision, ils s’exultent de joie lorsqu’un soldat russe tombe sur le champ de bataille ou lorsqu’un drone frappe un endroit en Russie, ou encore lorsqu’un attentat terroriste est perpétré sur le sol et contre un citoyen de celle-ci ; mais ils sont attristés lorsque l’une de ces choses se produit en Ukraine. Dans leur pensée idéologique, une âme russe n’est jamais l’équivalent d’une âme ukrainienne. Ce qui donne l’impression que les services de maternité en Occident reproduisent la hiérarchie des humains : les établis de par-ci et les marginaux de par-là, les occidentaux étant les établis et le reste du monde, les marginaux.

Par ailleurs, de l’article d’Alain, se dégage un second pilier de cette couverture tous azimuts : la sanitisation systématique du langage. Le génocide est, selon l’auteur, requalifié en «guerre contre le Hamas» ou en nouvel épisode du «conflit israélo-palestinien». Les termes fondamentaux – «colonisation», «colonialisme», «apartheid», «massacres», «territoires occupés» – sont évacués à la méthode de l’omniprésente Rina Bassist. Le «nettoyage ethnique» devient un «déplacement de population», les bombardements de civils sont décrits comme des frappes sur des «positions ennemies», et un État qualifié de «raciste, colonial et suprémaciste religieux» est présenté comme une «démocratie» appartenant à «l’Occident», pourtant gouverné (Israël), selon Gabon, pendant des années par un homme recherché par la Cour pénale internationale pour crimes contre l’humanité, meurtre et autres actes inhumains. La voix passive – «les Palestiniens meurent» – efface systématiquement la responsabilité israélienne, à la magie d’une fausse symétrie.

Ensuite, l’article insiste également sur les doubles standards structurels. Pour l’auteur, les instances de critique médiatique (Acrimed, Arrêt sur images, LMSI, Blast) ont documenté un cadrage radicalement pro-israélien : domination écrasante des voix pro-Netanyahou, marginalisation et disqualification des invités pro-palestiniens, accusés d’être «pro-Hamas». Cette asymétrie est flagrante dans le traitement des otages et prisonniers : la libération de 20 Israéliens a fait l’objet d’une couverture empathique et extensive, tandis que celle de 90 Palestiniens n’a été traitée que brièvement, ces derniers étant qualifiés de «prisonniers» et parfois assimilés collectivement à des «terroristes», y compris lorsqu’il s’agissait d’enfants.

Ces biais s’étendent, dans une dissymétrie absolue, à la géopolitique, notamment dans la réception du «plan de paix» de Trump, qui exige la démilitarisation et la «déradicalisation» des Palestiniens sans jamais envisager celles d’Israël, pourtant responsable d’un nombre incomparablement plus élevé de morts civiles.

Enfin, l’auteur identifie des procédés discursifs récurrents, tels que la reductio ad Hamas, la reductio ad 7 octobre, la fausse symétrie entre victimes, et le «présentisme fallacieux», qui consiste à effacer l’histoire longue de la colonisation et du nettoyage ethnique commencés en 1947. Toute tentative de contextualisation est alors assimilée à une justification de la violence.

La conclusion de l’article est sans appel : sur les plans professionnel et éthique, la couverture française d’Israël-Palestine constitue un «naufrage journalistique», aligné sur la politique étrangère française depuis l’ère Sarkozy. Les médias français se seraient montrés, selon l’auteur, plus pro-israéliens, propagandistes et inconditionnellement sionistes que nombre de journalistes israéliens, d’historiens de l’Holocauste ou de la Shoah, d’ONG comme B’Tselem, voire que l’ancien Premier ministre israélien Ehud Olmert lui-même. Le même comportement est observé dans la couverture de la guerre par procuration des nazisionistes contre la Russie en Ukraine depuis 2014 à la suite du coup Euromaïdan ayant porté Zelensky au pouvoir.

Il ne s’agit plus de demander si les médias français et occidentaux informent mal, mais pour qui ils travaillent réellement. À l’aune de la propagande israélienne, ils apparaissent non comme des observateurs, mais comme des acteurs du crime narratif, complices par le langage, l’omission et l’alignement.

L’on est désormais face à une responsabilité historique de juger ces médias non par leurs slogans de neutralité, mais par les morts qu’ils rendent invisibles. Car lorsqu’un journalisme choisit le camp de la puissance contre celui des victimes, il cesse d’être un contre-pouvoir et devient une arme de destruction morale massive.

Source : New Eastern Outlook 

dimanche 15 février 2026

Gaza est "une mine d'or immobilière"



Quand Smotrich, ministre israélien, estime que Gaza est "une mine d'or immobilière" et se dit "prêt à discuter avec les États-Unis" pour "partager les bénéfices de la vente de terrains" gazaouis.
On peut se poser un grand nombre de questions sur le 7-10-2023.


Source : Peace TV