lundi 23 février 2026

Du Nil à l’Euphrate : Les propos d’un ambassadeur américain font polémique

 



Le 20 février 2026, lors d’un entretien diffusé aux États-Unis avec le commentateur conservateur Tucker Carlson, l’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, a déclaré qu’il serait « acceptable » qu’Israël s’étende aux territoires compris entre le Nil et l’Euphrate. Il évoquait une interprétation biblique des frontières israéliennes.

Face aux réactions, le diplomate a ensuite parlé d’une « déclaration quelque peu hyperbolique », tout en ajoutant que si Israël remportait une guerre et conservait ces terres, « ce serait une autre discussion ».

Nommé par le président américain Donald Trump, Huckabee n’a pas fait l’objet de commentaire officiel immédiat du département d’État après la diffusion de l’entretien.

Une référence couvrant plusieurs pays du Moyen-Orient

La zone mentionnée correspond à un espace allant de l’Égypte jusqu’à l’Irak et inclurait notamment le Liban, la Syrie et la Jordanie, ainsi que des portions d’autres États de la région.

Connu pour ses positions favorables à Israël et son engagement dans le courant chrétien sioniste, le diplomate a justifié sa position par ce qu’il considère comme un droit historique et religieux du peuple juif à la terre. Il a également critiqué la Cour pénale internationale et la Cour internationale de justice, estimant qu’elles ne seraient plus appliquées de manière équitable.

Un contexte juridique sensible

Depuis la Seconde Guerre mondiale, le droit international interdit l’acquisition de territoires par la force.

En 2024, la Cour internationale de justice a jugé que l’occupation des territoires palestiniens par Israël était illégale et devait cesser.

Israël contrôle par ailleurs le plateau du Golan syrien, annexé en 1981, une souveraineté reconnue uniquement par les États-Unis. Après la guerre de 2024 avec le Hezbollah, l’armée israélienne a également établi des positions militaires en plusieurs points au Liban.

Dans ce contexte, la question des frontières fait aussi l’objet d’un débat interne en Israël.

En 2023, le ministre des Finances Bezalel Smotrich avait suscité une controverse en apparaissant devant une carte incluant les territoires palestiniens ainsi que des parties du Liban, de la Syrie et de la Jordanie comme faisant partie d’Israël.

Netanyahu, sans parler explicitement d’une expansion régionale, a présenté à l’ONU une carte du Moyen-Orient où les territoires palestiniens n’apparaissaient pas comme entité distincte, tout en défendant un contrôle israélien durable entre la Méditerranée et le Jourdain.

Dans la mouvance nationaliste religieuse, certains élus évoquent également l’idée biblique d’un Israël aux frontières élargies — ce qui explique la sensibilité provoquée par les propos récents de l’ambassadeur américain.



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Le Grand Israël pour les Nuls



Le 12 août 2025, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou (Benjamin Mileikowsky) a publiquement soutenu le projet de « Grand Israël », déclarant dans une interview à i24 News qu’il entreprenait une « mission historique et spirituelle » de conquête territoriale.

Cette idéologie expansive étend le cadre historique du Grand Israël, qui exerce déjà une autorité coloniale sur Jérusalem-Est, le plateau du Golan, la Cisjordanie et, une fois de plus, Gaza – dont les dirigeants israéliens souhaitent ardemment reprendre le contrôle. L’objectif est d’étendre les colonies juives à l’ensemble de la Palestine historique, que les sionistes prétendent avoir été habitée uniquement par les anciens Hébreux et octroyée par le Dieu juif au « peuple élu », ainsi qu’aux nations arabes adjacentes comme la Jordanie, l’Égypte, la Syrie et le Liban.

Le soutien à cette idéologie s’est intensifié pendant le génocide israélien à Gaza, avec des photos virales montrant des soldats israéliens portant sur leurs uniformes des écussons représentant une carte du Grand Israël.

Parallèlement, le gouvernement israélien intensifie ses efforts pour consolider ses revendications territoriales. En août 2025, il a approuvé une série de plans, dont celui visant à prendre le contrôle de Gaza-ville et du projet de colonie E1 en Cisjordanie. Cette mesure couperait l’accès des Palestiniens à Jérusalem-Est, déracinerait les communautés bédouines locales et, comme l’ont déclaré de hauts responsables, « enterrerait définitivement l’idée d’un État palestinien ».

Alors qu’Israël affiche fièrement son expansionnisme violent, marqué par des massacres et la famine délibérée infligée à des millions de personnes, ses partisans sont passés à l’offensive, présentant les opérations menées depuis octobre 2023 comme une simple « légitime défense » plutôt que comme le point final d’une longue histoire de colonialisme de peuplement et d’apartheid systémique. Fidèles à leur tradition sioniste, les groupes pro-israéliens ont lancé une vaste campagne de propagande de déformation des faits : ils présentent les Israéliens à la fois comme des victimes des Palestiniens et comme des habitants « autochtones » légitimes qui reprennent leur patrie « juive » ancestrale à ceux qu’ils qualifient de « colons » palestiniens.

Pour entretenir ce mythe, ils ont dû blanchir les racines coloniales du sionisme, moteur principal de l’oppression persistante des Palestiniens par Israël.

Au début, le mouvement sioniste a ouvertement qualifié ses activités de « coloniales » et de « colonisation » en créant des entités comme le « Jewish Colonial Trust » et l’« Association juive de colonisation de Palestine », pour ensuite abandonner cette terminologie lorsque « colonisation » est devenue synonyme d’impérialisme et d’exploitation.

À partir des années 1930, ils ont modifié leur rhétorique, abandonnant le terme mais intensifiant ses pratiques sous-jacentes avec une férocité accrue.

Bien que cette campagne de distorsion idéologique remonte bien avant l’attaque génocidaire d’Israël contre Gaza, ses architectes l’ont considérablement amplifiée pour rationaliser le massacre incessant qui s’y déroule.

Prenons par exemple la fiche d’information publiée l’année dernière par l’American Jewish Committee, intitulée « Répondre aux fausses allégations concernant Israël ». Elle tente de démanteler l’applicabilité du colonialisme de peuplement infligé aux Palestiniens par le projet sioniste et Israël.

Elle affirme que le colonialisme de peuplement :

« désigne la tentative d’une puissance impériale de remplacer la population autochtone d’un territoire par une nouvelle société de colons. »

« Il ne peut décrire une réalité dans laquelle un groupe national, agissant en son nom et non sur ordre d’une puissance extérieure, retourne sur sa terre natale historique pour obtenir l’autodétermination tout en soutenant la création d’un État-nation pour un autre groupe national, parallèlement à la création de son propre État.»

Très bien, examinons ces deux points principaux.

Nombre d’initiatives coloniales européennes s’appuyaient fortement sur le mythe du « retour » à de prétendues terres ancestrales.

Les Français, par exemple, ont présenté leur colonisation de l’Algérie comme une légitime reconquête des terres de l’Empire romain, se positionnant comme les véritables héritiers et désignant les Arabes algériens autochtones comme les colons.

De même, les Italiens ont justifié leur prise de contrôle brutale de la Libye en invoquant un « retour » à la grandeur de la Rome antique, transformant leur colonisation en une noble renaissance d’un héritage perdu.

Les nazis allemands, eux aussi, ont présenté leur expansion en Europe de l’Est et dans les territoires soviétiques comme un grand « retour ». Ils affirmaient que ces régions étaient intrinsèquement liées à l’identité allemande, des terres où le Volk ne faisait que revenir. Hitler lui-même l’a clairement exprimé en déclarant :

« Mes objectifs ne sont pas démesurés ; fondamentalement, ce sont toutes des régions où des Allemands étaient auparavant installés. Le Volk allemand doit s’y développer. »

Au-delà de cela, l’idéologie nazie visait le « retour » sur les territoires du Premier Reich, ou Saint-Empire romain germanique, englobant des parties de la Russie, de la Pologne, de l’Ukraine, de la Biélorussie, des États baltes, etc.

Dans ce contexte, l’affirmation sioniste selon laquelle les juifs européens ne faisaient que « retourner » dans une « ancienne patrie » en Palestine s’inscrit parfaitement dans ces sombres précédents de l’histoire coloniale européenne.

L’autre argument selon lequel les colons rejettent intrinsèquement « la création d’un État-nation pour un autre groupe national, parallèlement à la création de leur propre État », est également faux.

Prenons l’exemple du régime sud-africain blanc de l’apartheid, qui a créé dix bantoustans soi-disant « indépendants » pour priver la majorité noire autochtone de sa citoyenneté, tout en enracinant la suprématie blanche. Durant leur occupation de la Namibie, ils ont étendu cette tactique en créant des bantoustans pour les Namibiens autochtones afin de perpétuer la suprématie blanche.

Faisant écho aux Français, aux Italiens et aux Allemands dans leurs logiques coloniales, les sionistes ont depuis longtemps inversé le récit, insistant sur le fait que les Palestiniens – véritables gardiens autochtones de la terre – sont les véritables « colons » de ce qu’ils considèrent comme l’« ancienne patrie » des Juifs européens, en faisant simplement remonter les racines palestiniennes aux seuls conquérants arabes musulmans de Palestine et de Syrie au VIIe siècle.

Pourtant, l’expansion arabe était loin d’être un colonialisme de peuplement ; elle était motivée par le prosélytisme religieux et l’ambition territoriale, sans déplacement ni expulsion des autochtones.

La grande majorité des habitants autochtones de Palestine et de Syrie, longtemps gouvernés par l’Empire byzantin avant de tomber sous contrôle arabo-musulman, ont continué de dominer le paysage démographique après la conquête, un groupe qui comprenait notamment les Ghassanides chrétiens arabophones syriens.

Il a fallu environ cinq siècles en Palestine et en Grande Syrie – et une période encore plus longue en Égypte – avant que la majorité ne se convertisse à l’islam, mais l’arabisation et l’adoption de la langue arabe ont eu lieu bien plus tôt, y compris dans les églises chrétiennes autochtones.

Seul un petit nombre d’Arabes se sont installés dans les régions conquises, et les rares qui l’ont fait ont fini par s’installer dans les villes.

Lorsque les Croisades – que je considère comme les premiers véritables sionistes – ont envahi la Palestine au XIe siècle, la population de la région était principalement composée de chrétiens arabophones, accompagnés d’une minorité de musulmans arabophones.

Encore en 1919, des personnalités comme David Ben Gourion (né David Grün) et Yitzhak Ben-Zvi (né Izaak Shimshelevich), architectes essentiels de la colonisation juive, affirmaient dans un ouvrage écrit conjointement que la grande majorité des Palestiniens de souche remontaient aux anciens Hébreux, après s’être convertis au christianisme puis à l’islam.

En confondant l’identité arabe avec une construction raciale au lieu de la reconnaître comme une identité linguistique et culturelle partagée, les puissances impériales européennes racialisées cherchaient à briser l’unité arabe. Elles prétendaient que les Égyptiens, les Irakiens, les Nord-Africains, les Maronites et d’autres n’avaient pas de véritables racines arabes, les présentant comme de simples peuples conquis, simplement assimilés par arabisation. Pourtant, le nationalisme arabe maintenait fermement que les Arabes englobaient tous ceux pour qui l’arabe était la langue maternelle, rejetant toute idée que l’arabité constituait une catégorie raciale ou ethnique. Un autre argument sioniste répandu est que la Grande-Bretagne n’a pas joué le rôle de « mère patrie » ou de « métropole » pour les colons sionistes, la plupart des arrivants étant originaires de diverses nations européennes et non de citoyens britanniques. Ce raisonnement est cependant incomplet.

En réalité, la colonisation de la Palestine reflétait les projets européens classiques. Le soutien britannique à la colonisation sioniste – incluant des Juifs d’Europe et de Grande-Bretagne – n’était pas un cas isolé. Auparavant, la Grande-Bretagne avait orchestré la colonisation de l’Irlande par des huguenots britanniques, allemands et français, même si la majorité de ces colons étaient écossais et anglais.

De même, les Néerlandais ont colonisé l’Afrique australe avec leurs propres populations, aux côtés des huguenots français, où les Néerlandais étaient majoritaires. Les Français, à leur tour, ont établi des colonies en Afrique du Nord, principalement avec leurs propres citoyens, tout en faisant venir des Espagnols, des Italiens, des Suisses, des Maltais et des Russes. Ce modèle a perduré lors de la colonisation de peuplement de la Russie tsariste sur les terres ottomanes conquises par Catherine la Grande vers la fin du XVIIIe siècle, attirant des Juifs polonais, des Bulgares, des Italiens, des Allemands, des Grecs, des Roumains et de nombreux autres à se joindre à ce projet colonial.

Plus d’un siècle plus tard, en 1897, la colonie russe d’Odessa conservait une majorité démographique de Juifs, de Grecs, d’Ukrainiens, de Polonais et d’Allemands, les Russes représentant moins de 49 % de sa population.

À la lumière de ces parallèles historiques, le soutien britannique aux colons sionistes – dont une partie était effectivement britannique – apparaît non pas comme une exception, mais comme un exemple particulièrement frappant d’un modèle colonial européen profondément ancré.

Un autre argument prétend que le sionisme se distinguait des entreprises coloniales classiques car il visait l’« autodétermination » et la « libération nationale » des juifs – objectifs généralement associés aux peuples colonisés – et les a réalisées par le biais du colonialisme de peuplement en Palestine. Cette idée est pourtant totalement absurde.

Les colons européens blancs d’Amérique du Nord ont également lutté pour l’indépendance, l’« autodétermination » et la « libération nationale » contre la domination britannique.

Les colons espagnols des territoires qui ont donné naissance à l’Amérique latine poursuivaient des objectifs similaires dans leur lutte contre l’Espagne.

Les Boers néerlandais d’Afrique du Sud ont lancé des guerres contre les colons britanniques pour revendiquer l’« autodétermination » des colons, à l’instar de certains sionistes qui se sont retournés contre la Grande-Bretagne après 1945 pour obtenir l’« indépendance » des colonies de peuplement.

Les colons français d’Algérie sont allés jusqu’à fomenter un coup d’État contre la France elle-même afin de préserver leur implantation coloniale, faisant écho aux actions d’autres colons à travers le monde, comme les Rhodésiens blancs. En fin de compte, la volonté sioniste d’établir une entité coloniale de peuplement en Palestine ne présente aucun trait distinctif qui la distingue de ces parallèles historiques.

Au cœur du récit destiné aux publics chrétiens européens et américains se trouve la revendication sioniste d’une « indigénéité » en Palestine, s’appuyant sur des mythes bibliques et, plus récemment, sur de prétendus liens « génétiques ». Au cœur de ce vol sioniste de la patrie ancestrale des Palestiniens se trouvent ces liens bibliques et historiques inventés, centrés sur l’affirmation fondamentale selon laquelle seul le « peuple juif » habitait la Palestine il y a environ deux mille ans.

Or, à cette époque, seule une partie de la population palestinienne était composée d’Hébreux – et non du « peuple juif », terme inventé bien plus tard – et ces Hébreux n’en furent jamais les seuls habitants.

En réalité, le récit biblique lui-même, dans le livre de Josué, révèle que les Hébreux sont originaires d’ailleurs, envahissant et s’emparant du pays de Canaan à ses autochtones cananéens, tout cela sous la bannière d’une « promesse » divine de leur Dieu. Les Écritures mentionnent même qu’Abraham, le personnage avec lequel le dieu des Hébreux a conclu une alliance, était originaire d’Ur, dans l’actuel Irak.

Plus absurde encore est le mythe selon lequel les Juifs d’aujourd’hui seraient les descendants purs et uniques de ces anciens Hébreux.

Ce mythe s’est consolidé dans la théologie chrétienne, issu de l’antagonisme de longue date de l’Église catholique envers les Juifs européens, les qualifiant d’héritiers des anciens Hébreux considérés comme des « assassins du Christ », et amplifié par les ambitions millénaristes de la Réforme protestante d’expulser les Juifs d’Europe vers la Palestine dans l’espoir d’accélérer le retour de Jésus-Christ. Ce n’est qu’à la fin du XVIIIe siècle que les chrétiens européens ont commencé à considérer les Juifs comme une « nation » étrangère distincte.

La croyance ancienne de nombreux Juifs religieux selon laquelle leurs origines se trouvent en Palestine est comparable à celle des musulmans d’Inde, de Chine, d’Indonésie, du Nigéria ou de Malaisie qui affirment être venus d’Arabie, uniquement parce que l’Arabie était le berceau de leur religion.

Cela refléterait l’absurdité de ces musulmans revendiquant un droit « indiscutable » sur La Mecque et l’Arabie, ou insistant sur une « présence ininterrompue » dans ces régions simplement parce que quelques pèlerins dispersés de leurs terres s’y sont installés au fil du temps, ou parce qu’une poignée d’Arabes musulmans ont migré vers ces régions lointaines d’Asie ou d’Afrique à la même période.

Les sionistes rejettent ces comparaisons en arguant que le judaïsme n’a jamais été une religion missionnaire, mais l’histoire prouve le contraire : les spécialistes ont démontré sans l’ombre d’un doute que le judaïsme a vigoureusement recherché des conversions, des conversions massives ayant persisté au moins jusqu’au IXe siècle.

Même en admettant l’idée d’un « lien » entre les Juifs européens et la Palestine – et en supposant qu’ils ne soient pas majoritairement des descendants de convertis –, en faire un « droit » d’envahir et de coloniser le territoire et d’en expulser les habitants autochtones est dénué de fondement moral ou juridique. Après tout, les descendants blancs d’Amérique, d’Australie, de Nouvelle-Zélande et d’Afrique du Sud entretiennent des liens ancestraux authentiques avec l’Europe, mais cela ne leur confère aucun droit de la reconquérir et de la recoloniser. De même, la domination romaine sur la Grande-Bretagne ne confère pas aux Italiens d’aujourd’hui le droit de la revendiquer.

Le vol par le sionisme de l’héritage des anciens Hébreux palestiniens, les présentant comme les seuls ancêtres des Juifs européens, a été délibérément conçu pour détacher les Palestiniens de leur propre héritage hébreu.

Alors que les Égyptiens, les Jordaniens, les Libanais et les Irakiens peuvent aisément faire remonter leur histoire nationale aux Pharaons, aux Nabatéens, aux Phéniciens et aux Babyloniens sans contestation, les Palestiniens se voient interdire tout lien souverain avec l’héritage antique de la Palestine depuis qu’une vague de colons juifs européens a choisi de s’approprier cette histoire.

Par conséquent, même si les Palestiniens revendiquent légitimement leur descendance des Cananéens et des anciens Hébreux, les sionistes leur interdisent catégoriquement d’intégrer la moindre racine palestinienne ancienne à leur lignée. Depuis ses débuts, le sionisme s’appuie sur des arguments ridicules et irréalistes qui s’effondrent sous le regard des colonisés. Depuis plus de 125 ans, les Palestiniens démantèlent systématiquement ces mythes, mais la logique même de leurs réfutations n’a pas réussi à dissuader les soutiens coloniaux d’Israël dans l’Occident impérial.

L’attrait du récit trompeur du sionisme découle de l’attachement du christianisme européen aux mythes bibliques reformulés et aux cadres racistes – l’idéologie même qui a cautionné non seulement le colonialisme de peuplement sioniste, mais aussi la soumission brutale des Amériques, l’asservissement des Africains et l’emprise durable de l’hégémonie occidentale dans le monde entier.

Aucun argument sioniste ne se distingue de ceux des autres colons européens. Cela explique pourquoi la poussée d’Israël vers un « Grand Israël » à l’époque actuelle ne marque pas une rupture avec la tradition mais son apogée : le chapitre le plus audacieux d’une saga coloniale de peuplement qui s’est perpétuellement enveloppée de récits de retour mythique, de statut d’indigénéité fabriqué et d’une prétendue promesse divine.



"La société israélienne est devenue totalement génocidaire"


Citizen Média :

En Israël, B’Tselem dénonce un « réseau de camps de torture » pour les Palestiniens. 

Selon le nouveau rapport de B’Tselem « Vivre en enfer », le système carcéral israélien est devenu un réseau de camps de torture systématique contre les Palestiniens : violences physiques et psychologiques, famine délibérée, refus de soins, violences sexuelles, conditions inhumaines.

L’ONG documente 84 décès en détention depuis octobre 2023 et s’appuie sur de nouveaux témoignages de libérés.

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Vidéo en anglais :

"Israeli Society Has Become Completely Genocidal"


Dans ce nouvel épisode de « Beyond Israelism », Simone Zimmerman s’entretient avec Yuli Novak, directrice exécutive de l’organisation israélienne de défense des droits humains B’Tselem et l’une des voix dissidentes les plus intransigeantes d’Israël. Yuli revient sur son parcours, d’une éducation empreinte de patriotisme et de foi en la démocratie israélienne à une douloureuse prise de conscience de ce qu’elle qualifie aujourd’hui de régime d’apartheid – et des conditions qui ont permis une complicité massive avec le génocide.

Yuli revient sur les années qu’elle a passées à la tête de Breaking the Silence – un groupe d’anciens soldats israéliens qui documentaient les exactions commises sous l’occupation – et qui a été la cible d’une campagne de diffamation d’envergure, impliquant des représentants du gouvernement, les médias traditionnels, des poursuites judiciaires et des infiltrations de groupes d’extrême droite. Aujourd’hui, à la tête de B’Tselem, Yuli explique pourquoi l’organisation a choisi de qualifier les actions d’Israël à Gaza de génocide dans son rapport « Notre génocide ».



dimanche 22 février 2026

Le « Comité pour la Paix » n’est pas que le sous-produit d’un esprit totalement déjanté


Proche-Orient : la paix selon Trump


L’histoire de la puissance américaine est, à bien des égards, l’histoire de la réinvention des normes – ou de la conception de nouvelles normes – afin de les adapter aux intérêts stratégiques des États-Unis.

Cela peut sembler sévère, mais c’est une prise de conscience nécessaire, en particulier à la lumière de la dernière invention politique du président américain Donald Trump : le ainsi nommé « Conseil de la paix ».

On pouvait conclure un peu hâtivement que la dernière manœuvre politique de Trump, récemment exposée lors du Forum économique mondial de Davos, était une initiative propre à Trump, détachée des doctrines précédentes de la politique étrangère américaine. Mais ce serait se laisser induire en erreur par le style politique égocentrique de Trump et ses affirmations à répétition, bien que sans fondement, selon lesquelles il aurait mis fin à des guerres, résolu des conflits mondiaux et rendu le monde plus sûr.

Lors du lancement à Davos, Trump a renforcé cette illusion soigneusement élaborée, se vantant du leadership historique supposé des États-Unis dans l’instauration de la paix, louant des avancées diplomatiques prétendument sans précédent et présentant le Conseil de la paix comme un mécanisme neutre et bienveillant capable de stabiliser les régions les plus instables du monde.

Pourtant, une lecture moins partiale de l’histoire nous permet de voir le projet politique de Trump, que ce soit à Gaza ou ailleurs, non pas comme une aberration, mais comme s’inscrivant dans un schéma familier.

Les responsables de la politique étrangère américaine cherchent sans répit à reprendre le contrôle des affaires mondiales, à écarter le consensus international et à imposer des cadres politiques qu’ils définissent, gèrent et contrôlent eux-mêmes.

Le Conseil de paix – un club politique sur invitation uniquement entièrement contrôlé par Trump lui-même – prend de plus en plus forme en tant que nouvelle réalité géopolitique dans laquelle les États-Unis s’imposent comme le gardien autoproclamé des affaires mondiales – à commencer par Gaza, dévastée par le génocide – et se positionnent explicitement comme une alternative aux Nations unies.

Bien que Trump ne l’ait pas déclaré ouvertement, son mépris affiché pour le droit international et sa volonté inébranlable de redessiner l’ordre mondial de l’après-guerre sont des indicateurs clairs de ses véritables intentions.

L’ironie est stupéfiante. Un organisme censé guider Gaza dans sa reconstruction après le génocide dévastateur perpétré par Israël n’inclut aucun Palestinien, et encore moins les Gazaouis eux-mêmes.

Plus accablant encore, le génocide qu’il prétend combattre a été soutenu politiquement, financé militairement et protégé diplomatiquement par les administrations américaines successives, d’abord sous Joe Biden, puis sous Trump.

Il ne faut pas être particulièrement perspicace pour conclure que le Conseil de paix de Trump ne se soucie ni de la paix, ni véritablement de Gaza. Alors, quel est le véritable objectif de cette initiative ?

Cette initiative ne vise pas la reconstruction ou la justice, mais l’exploitation des souffrances de Gaza pour imposer un nouvel ordre mondial dirigé par les États-Unis, d’abord au Moyen-Orient, puis au-delà.

Gaza, un territoire assiégé de seulement 365 kilomètres carrés, n’a pas besoin d’une nouvelle structure politique composée de dizaines de dirigeants mondiaux, chacun payant apparemment un milliard de dollars de frais d’adhésion. Gaza a besoin d’être reconstruite, sa population doit se voir accorder ses droits fondamentaux et les crimes d’Israël doivent être sanctionnés.

Les mécanismes pour y parvenir existent déjà : les Nations unies, le droit international, les institutions humanitaires de longue date et, surtout, les Palestiniens eux-mêmes, dont l’action, la résilience et la détermination à survivre aux attaques d’Israël sont devenues légendaires.

Le Conseil de paix rejette tout cela au profit d’une structure creuse et improvisée, conçue pour satisfaire l’ego instable de Trump et faire avancer les intérêts politiques et géopolitiques des États-Unis et d’Israël.

En réalité, il ramène la Palestine un siècle en arrière, à une époque où les puissances occidentales déterminaient unilatéralement son destin, guidées par des préjugés racistes sur les Palestiniens et le Moyen-Orient, préjugés qui ont jeté les bases des catastrophes qui ont durablement frappé la région.

Mais la question centrale demeure : s’agit-il vraiment d’une initiative propre à Trump ?

Non, ce n’est pas le cas. Bien qu’elle soit ingénieusement conçue pour nourrir la mégalomanie démesurée de Trump, elle reste une tactique américaine familière, en particulier en période de crise profonde.

Cette stratégie est décrite de manière convaincante dans l’ouvrage de Naomi Klein, La Stratégie du Choc, qui soutient que les élites politiques et économiques exploitent les traumatismes collectifs – guerres, catastrophes naturelles et effondrement social – pour imposer des politiques radicales qui, autrement, se heurteraient à la résistance du public.

Le Conseil de paix de Trump s’inscrit parfaitement dans ce cadre, utilisant la dévastation de Gaza non pas comme un appel à la justice ou à la responsabilité, mais comme une occasion de remodeler les réalités politiques de manière à renforcer la domination américaine et à mettre de côté les normes internationales.

Ce n’est pas sans précédent. Ce schéma remonte à la création des Nations unies, imaginées par les États-Unis et mises en place en 1945 pour remplacer la Société des Nations.

Son principal architecte, le président Franklin D. Roosevelt, était déterminé à ce que la nouvelle institution garantisse la domination structurelle des États-Unis, notamment par le biais du Conseil de sécurité et du système de veto, assurant ainsi l’influence décisive de Washington sur les affaires mondiales.

Lorsque l’ONU n’a pas entièrement accédé aux intérêts américains, notamment lorsqu’elle a refusé d’accorder à l’administration George W. Bush l’autorisation légale d’envahir l’Irak, l’organisation a été qualifiée d’« inutile ». Bush a alors mené sa propre « coalition des volontaires », une guerre d’agression qui a dévasté l’Irak et déstabilisé toute la région, avec des conséquences qui persistent encore aujourd’hui.

Une manœuvre similaire s’est déroulée en Palestine avec la création en 2002 du « Quartet pour le Moyen-Orient », un cadre dominé par les États-Unis. Dès sa création, le Quartet a systématiquement écarté l’action palestinienne, protégé Israël de toute responsabilité et relégué le droit international au second plan, le considérant souvent comme accessoire.

La méthode reste la même : lorsque les mécanismes internationaux existants ne servent pas les objectifs politiques des États-Unis, de nouvelles structures sont inventées, les anciennes sont contournées et le pouvoir est réaffirmé sous le couvert de la paix, de la réforme ou de la stabilité.

Au vu de ces antécédents historiques, il est raisonnable de conclure que le Conseil de paix finira par devenir un autre organisme rapidement moribond.

Mais avant d’atteindre cette fin prévisible, il risque toutefois de compromettre davantage les perspectives déjà fragiles d’une paix juste en Palestine et d’entraver tout effort significatif visant à tenir les criminels de guerre israéliens responsables de leurs actes.

Ce qui est vraiment extraordinaire, c’est que même dans sa phase de déclin, les États-Unis continuent d’être autorisés à expérimenter l’avenir de peuples et de régions dans leur intégralité. Pourtant, il n’est jamais trop tard pour ceux qui s’engagent à rétablir la centralité du droit international – non seulement en Palestine, mais aussi à l’échelle mondiale – pour contester une telle ingénierie politique imprudente et auto-centrée.

La Palestine, le Moyen-Orient et le monde méritent mieux.




samedi 21 février 2026

Sionisation de la sphère politico-médiatique française




Yonathan Arfi, président du CRIF :

"Rima Hassan, Aymeric Caron, David Guiraud, Thomas Portes...tôt ou tard vous serez rattrapés par la justice !"


Edouard Husson, historien :

"Est-ce qu'on se rend compte de la gravité d'une telle déclaration ?

Le président d'une association représentant des intérêts communautaires - qui doivent se soumettre à l'intérêt général comme le lui rappelle son label accordé par l'Etat et qui peut lui être retiré par le même Etat - ce président d'association, donc, appelle à traîner devant la justice des élus de la nation. Rien que ça !

Je me réveille un matin et je pousse un cri : Monsieur Dupont député ou Madame Martin, députée européenne doivent être traînés en justice parce que ce qu'ils racontent ne me plaît pas.

C'est d'autant plus surprenant que ces élus sont seuls, ou presque, dans les assemblées, à rappeler le droit international concernant le conflit palestinien. Cela ne plaît pas à Monsieur Arfi, qui a le droit d'avoir des opinions à lui mais non celui de vouloir en faire une politique. Jadis la France était connue et respectée pour sa défense farouche du droit international. C'était notre marque de fabrique, aussi bien celle de la monarchie que celle de la République. Cela nous vient de notre matrice historique, romaine. La France, quand elle est la France, ne peut pas supporter la moindre atteinte à l'égalité entre les peuples.

Voilà pourquoi les propos de Monsieur Arfi sont déplacés et mettent en cause le socle de notre République."


Shanna Messaoudi :

"Il y a une désionisation progressive des États-Unis : l'extrême droite comme la gauche se détachent désormais clairement du mouvement sioniste. Le soutien inconditionnel aux sionistes a fini par menacer les intérêts vitaux américains.

Cette influence sioniste est en train de se recentrer sur la France, où l’on observe actuellement une sionisation extrêmement rapide et agressive de la sphère politico-médiatique française.

Le fait que le sionisme perde du terrain aux États-Unis tout en s'implantant en France est une excellente nouvelle, car la France n'a ni le poids militaire ni l'influence diplomatique des États-Unis."




Quand et comment les plans et les conspirations de la Grande-Bretagne et du mouvement sioniste pour s’emparer de la Palestine ont-ils commencé (1840-1948) ?



par Dr. Naila Al-Waari


Londres – À commencer par le rôle de ses consulats à Jérusalem en 1839, les engagements de Palmerston en 1841 par lesquels la Grande-Bretagne s’engageait à réaliser le projet d’établir un foyer national pour les juifs en Palestine, le rôle du Comité technique en 1906, la Déclaration Balfour de 1917, l’occupation directe de la Palestine par la Grande-Bretagne, la promulgation du Mandat, l’adoption de l’Agence juive, la création de l’armée de la Haganah et l’autorisation de l’immigration juive.

Puis, en 1919, les services du cadastre furent fermés, la Banque ottomane fut dissoute et diverses pressions économiques furent exercées sur les Arabes de Palestine. En 1920, le ministère de l’Agriculture et le service du cadastre furent annexés à l’aile sioniste, et les lois foncières ottomanes furent modifiées afin de les mettre au service du foyer national juif. Ces modifications portèrent sur les lois d’expropriation, la loi de défense, la loi sur les villes, les travaux de colonisation, les listes de droits et de créances, l’inventaire des successions, le pillage des terres waqf, les accords de démarcation des frontières, l’annexion des sources d’eau, des lacs et des forêts, ainsi que sur la réattribution des terres de Jiftlik au nom du sultan Abdul Hamid II. Ce dernier avait inclus des terres menacées de confiscation au profit de l’État afin de les protéger du projet sioniste. Ces modifications inclurent également la modification de la classification des terres, le morcellement des terres communes, l’instauration d’une loi d’enregistrement minimal et la confiscation des terres palestiniennes avant même le prononcé des décisions de justice les concernant.

Tout cela ne suffisait pas, car le gouvernement britannique, durant le mandat, entreprit des actions extrêmement dangereuses en confisquant les principales voies d’eau ainsi que les ressources en eau et en minéraux, et en les confiant aux juifs sous forme de privilèges divers afin de leur garantir l’infrastructure nécessaire à l’établissement d’un foyer national. Le projet d’assèchement du lac Hula en est un exemple.

La British Society étudia les terres et les eaux de Palestine et conclut qu’il était possible d’irriguer ces terres si l’on parvenait à y acheminer l’eau depuis le nord. Ce fut l’un des premiers projets que le baron Rothschild envisagea avec enthousiasme, puisqu’il présenta en 1912 un projet d’assèchement du lac Hula afin d’y établir des colonies fertiles. La plupart d’entre nous connaissent l’histoire du projet d’assèchement du lac Hula, mené sous la supervision du Fonds national juif en 1948. Par la suite, on a prétendu que le lac était un marécage, un repaire de moustiques et d’insectes, et que les habitants du bassin du Hula étaient des tribus primitives atteintes de paludisme.

Les villageois furent déplacés par un massacre perpétré par l’armée de la Haganah, qui rassembla les hommes et les extermina. Les habitants fuyant la plaine du Hula, ainsi que les femmes, les personnes âgées et les enfants survivants, trouvèrent refuge près de Safed, avant d’être à nouveau déplacés vers le Liban et la Syrie.

À cela s’ajoutent les lois fiscales et douanières qui contribuèrent à appauvrir les paysans et à les pousser dans les bras des usuriers. Ces derniers s’emparèrent de leurs terres hypothéquées selon des plans infernaux visant à renforcer leur emprise sur la Palestine et son peuple, et à faire de la terre un fardeau pour ses propriétaires afin de faciliter leur expulsion. Le gouvernement a alors donné carte blanche à des monopoles financiers juifs, enregistrés sous des noms étrangers, pour piller la Palestine et instrumentaliser l’intérêt public au seul profit des juifs et de leurs colonies.

Quant à l’histoire des terres transférées aux juifs par des intermédiaires, des propriétaires terriens arabes libanais et syriens, et de grands propriétaires terriens palestiniens, j’y reviendrai plus en détail. Je tiens à préciser, pour la vérité historique, un fait important : un très petit nombre de Palestiniens, qu’ils soient propriétaires terriens, grands propriétaires terriens ou autres, ont participé, même modestement, à ce crime ou ont collaboré avec les sionistes. Voici quelques explications : premièrement, au début du projet sioniste et de son infiltration dans le pays, l’ignorance et le manque de sensibilisation à ce projet, qui, contrairement à ce que croyaient les plus pauvres et les plus naïfs, ne semblait pas menacer la patrie et la terre, ont été des facteurs déterminants. Deuxièmement, il y a eu une faiblesse de caractère, une soif de richesse et un manque de sentiment d’appartenance nationale. Parmi les autres raisons, on peut citer le fait que certains propriétaires terriens palestiniens cherchaient à améliorer et à moderniser l’agriculture et, faute de liquidités, ils ont eu recours à la vente d’une partie de leurs terres à cette fin.

Les médias sionistes se sont emparés de ces incidents, les exploitant pour publier des listes de familles ayant vendu leurs terres. Ils ont même exagéré les chiffres afin de minimiser le rôle de la Grande-Bretagne dans la destruction de l’économie palestinienne et la réforme du droit foncier et fiscal. La question de la vente des terres palestiniennes est devenue un sujet de conversation courant, au point que même les Arabes ont failli croire à cette invention injuste. Ils nous ont accusés de vendre nos terres. Pour clarifier les choses, les chiffres présentés par les sionistes concernant les terres achetées aux grands propriétaires terriens palestiniens indiquent que la superficie totale acquise par les juifs s’élevait à 261 000 dunams, soit moins de 1% de la superficie de la Palestine.

Ce chiffre ne représente que les contributions des propriétaires absents et des Palestiniens. La dure réalité réside dans les terres des agriculteurs qui ont été transférées par le biais de banques et de sociétés, via des prêts et des hypothèques agricoles, après la fermeture par les autorités britanniques de la Banque agricole ottomane (qui prêtait aux agriculteurs palestiniens à des taux d’intérêt bas) en 1920, en accord avec l’Agence juive. Après la fermeture de la centrale nucléaire, la Grande-Bretagne s’est employée à appauvrir les paysans palestiniens en augmentant les impôts, en les empêchant de vendre leurs récoltes ou d’importer des produits similaires, et en utilisant d’autres méthodes oppressives.

Ces mesures ont contraint les paysans palestiniens à se tourner vers des intermédiaires et des usuriers juifs qui les guettaient. Pris au piège, incapable de rembourser ses dettes, le paysan palestinien s’est vu confisquer ses terres par les usuriers, le forçant à quitter son foyer. La Société sioniste de développement foncier a ainsi réussi à s’emparer d’environ 500 000 dounams de terres palestiniennes arabes grâce à des prêts usuraires. Sur ces terres, confisquées aux paysans pauvres et arrachées de force, des colonies juives ont été établies en 1935, dans le cadre de la plus vaste opération de remplacement et de répartition stratégique d’immigrants juifs, touchant plus de 186 villages à travers la Palestine.

Source : The Intel Drop via Marie-Claire Tellier


vendredi 20 février 2026

Au dîner du CRIF, Sébastien Lecornu rejette la qualification de génocide à Gaza



Sébastien Lecornu a dénoncé une "stratégie sémantique" visant, selon lui, à "retourner l’accusation" contre les Juifs et à les faire passer de victimes à bourreaux. 

Il estime que l’emploi du terme "génocide" à propos de Gaza serait "une arme politique" destinée à relativiser la mémoire de la Shoah.


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Rima Hassan :

Je me permets de compiler toutes les sources sur le génocide pour notre premier ministre Sébastien Lecornu :

13 octobre 2023. Al-Haq, Al Mezan Center for Human Rights, et PCHR se réfèrent aux déclarations des dirigeants israéliens (Gallant, Katz, Ghassan Alian, etc) et avertissent sur des déclarations incitant au génocide.

13 octobre 2023. Raz Segal, historien israélien spécialiste des génocides, décrit ce qui se passe à Gaza comme un « cas d’école de génocide.

14 octobre 2023. Lemkin Institute for Genocide Prevention tire la sonnette d'alarme.

15 octobre 2023. Env. 800 juristes, universitaires et spécialistes du droit international, de l’étude des conflits et du génocide signent une déclaration alertant sur le risque de génocide à Gaza.

2 novembre 2023. 7 rapporteurs spéciaux UN20 alertent : « Nous restons convaincus que le peuple palestinien court un grave risque de génocide ».

16 novembre 2023. Une trentaine d’experts indépendants UN alertent, dans une nouvelle déclaration conjointe sur « le génocide en cours » à Gaza.

20 novembre 2023. La Commission internationale de juristes publie une note rappelant que « l'obligation de prévenir un génocide à Gaza, et le devoir d'agir qui en découle.

12 décembre 2023. La FIDH reconnaît qu’Israël mène un génocide.

26 janvier 2024. Mesures conservatoires Afrique du Sud vs Israël, Cour Internationale de Justice ; Ordonnance « risque plausible de génocide ».

28 mars 2024. Ordonnance CIJ la Cour constatait un « risque accru » de génocide et formulait des mesures supplémentaires et ordonne à Israël de garantir l’accès humanitaire.

13 août 2024. Omer Bartov, historien de la Shoah et des génocides à l’Université de Brown déclare à The Guardian que les actes d’Israël à Gaza remplissent la définition du génocide et qu’il n’y a plus « aucun doute » sur l’intention génocidaire.

20 septembre 2024. Le Comité spécial de l’ONU sur les pratiques israéliennes conclut qu’elles constituent des actes de génocide.

06 octobre 2024. Euro-Med publie le rapport De-Gaza: A Year of Israel’s Genocide and the Collapse of World Order.

29 octobre 2024. Amos Goldberg, historien israélien, réaffirme ce qu’il affirme depuis plusieurs mois : « Israël commet un génocide à Gaza ».

30 octobre 2024. L’ONG Forensic Architecture publie “A Cartography of Genocide”, un rapport de 827 pages concluant à un génocide.

29 novembre 2024 - W. Schabas, spécialiste du génocide, affirme dans Der Spiegel qu’il existe « un solide argument » pour qualifier ce qui se passe à Gaza de génocide.

4 décembre 2024. Amnesty International conclut dans son rapport "On a l'impression d'être des sous-humains" qu’Israël commet un génocide.

10 décembre 2024. L’ONG ECCHR conclut qu’Israël commet un génocide.

18 déc. 2024. Dans son rapport “Gaza: Life in a Death Trap”, MSF affirme que ses observations directes concluent qu’un nettoyage ethnique et un génocide sont en cours à Gaza.

18 déc. 2024. rapport Human Rights Watch accuse Israël de commettre un génocide (et le crime contre l’humanité d’extermination).

31 décembre 2024. Dans son rapport Generation Wiped Out: Gaza’s Children in the Crosshairs of Genocide, PCHR parle de génocide contre les enfants.

12 janvier 2025. Un rapport d’Al Mezan Center for Human Rights met en lumière l’impact dévastateur des politiques génocidaires d’Israël sur les droits et la santé reproductive des femmes palestiniennes.

23 janvier 2025. Al-Haq publie le rapport “The Systematic Destruction of Gaza’s Healthcare System: A Pattern of Genocide.

24 fév. 2025. L’historien spécialiste des génocides, Raz Segal, publie dans the Journal of Imperial and Commonwealth History: « l’assaut israélien sur Gaza est un cas d’école de génocide colonial, nourri par la suprématie juive et le soutien des US.

13 mars 2025. La Commission d’enquête indépendante des UN conclut dans le rapport « Plus qu’un être humain ne peut supporter», que les attaques contre la santé reproductive à Gaza constituent des actes génocidaire.

Source

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 Am Israël hay !
Le peuple d'Israël est vivant !


"Ils étaient PLUS D’UN MILLIER cette année à assister au dîner annuel du CRIF, organisé pour la quarantième fois — UN RECORD de participation." (Le Monde)

Le prix d’un couvert, environ 900 €. Sur cette somme, 800 € peuvent faire l’objet d’une déclaration via un formulaire Cerfa.

Parmi ces 800 €, 66 % sont déductibles des impôts, soit une réduction fiscale de 528 € pour les participants — un avantage financé par le contribuable français.




France. Rima Hassan, nouvelle sorcière



Hier appréciée des médias, la députée européenne Rima Hassan en est désormais exclue. Le président du Conseil représentatif des juifs de France (CRIF) l’accuse sur Radio J d’être « un danger », tandis que des ministres et des élus du Rassemblement national réclament la déchéance de sa nationalité. Le tout à la veille des élections municipales de mars 2026 où son parti, La France insoumise, est particulièrement dans le viseur de la sphère médiatique. Pourquoi tant de haine ?


Paris, place de la République, le 8 octobre 2025. L’eurodéputée LFI Rima Hassan (centre), de retour en France après plusieurs jours de détention en Israël. Elle a été arrêtée à bord de la flottille Global Sumud qui avait pour but de briser le siège imposé à la bande de Gaza.


Rima Hassan cumule nombre de handicaps. Jeune, elle est vilipendée par les seniors qui occupent les principaux médias ; femme, elle est détestée par les machistes de tous poils ; racisée, elle est soupçonnée de communautarisme ; Palestinienne, elle est considérée comme porte-parole du Hamas ; musulmane, elle est inévitablement terroriste ; juriste, elle manipule le droit ; LFIste, elle est assurément antisémite.

Ces a priori discriminatoires, jetés ensemble dans le chaudron de la haine, façonnent un portrait de Rima Hassan, repris sur les réseaux sociaux, sur les chaînes de télévision en continu, et même en tags sur les murs de certains quartiers.

Longtemps, la députée européenne a incarné le modèle de l’immigrée qui a réussi. Conjuguant élégance, parole facile et réflexion intellectuelle affirmée, la jeune femme séduit. Les médias l’invitent. Elle fait partie d’une série d’organismes en raison de son expertise sur le droit international et les immigrés, dont le Conseil global pour la diversité et l’inclusion, instance consultative du groupe L’Oréal, temple de la beauté, qu’elle rejoint en 2023.

Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes tant que la fameuse « Diversité » (avec une capitale chez L’Oréal) reste tranquille et consensuelle. Mais les attaques de groupes palestiniens, dont le Hamas, le 7 octobre 2023 changent la donne.

De la diva à la paria

Palestinienne, Rima Hassan ne peut se taire devant le traitement unilatéral qui est fait de cette action conduite principalement par le Hamas — qui se traduit par la mort de 1 219 Israéliens et l’enlèvement de 251 otages —, et qui occulte les exactions et le nettoyage ethnique des Palestiniens depuis 75 ans. Elle s’exprime le jour même de l’attaque, écrivant sur son compte X qu’il est « moralement inacceptable de se réjouir de la mort de civils ». En juriste, elle précise : « Ce qu’a fait le Hamas tombe sous le coup de la loi internationale, en crimes de guerre, crimes contre l’humanité. » Elle reprend même à son compte le mantra du moment : « Le Hamas est une organisation terroriste. » Elle le répétera plusieurs fois tout au long de l’année qui suit l’attaque. Mais cela ne suffit pas.

Les médias qui l’appréciaient hier la rejettent avec violence. Le tout dans un climat généralisé d’interdiction de manifester toute solidarité avec Gaza : le gouvernement érige le soutien à la Palestine en manifestation d’antisémitisme. Les autorités et leurs porte-voix médiatiques exigent que l’on « transforme notre empathie naturelle à l’égard des victimes israéliennes en un soutien à l’État d’Israël », dénonce Rima Hassan. C’en est trop : de diva, elle devient paria.

Rima Hassan est née le 28 avril 1992 dans le camp de réfugiés palestinien de Neirab, près d’Alep, en Syrie, où les familles de son père et de sa mère se sont installées, après avoir été chassées de leurs villages lors de la création d’Israël en 1948 et de la Nakba (la « catastrophe » de l’exil forcé). Sa mère, institutrice, finira par quitter mari et camp pour atterrir à Niort, dans les Deux-Sèvres, comme femme de ménage. Il lui faudra plusieurs années pour obtenir l’autorisation de ramener auprès d’elle ses deux filles — dont Rima, 10 ans — et ses quatre fils. Nous sommes en 2001.

Huit ans plus tard, Rima Hassan obtient la nationalité française. À 18 ans, elle n’est plus apatride, comme le sont les Palestiniens réfugiés. Après avoir décroché un master de droit international et organisations internationales à l’université Panthéon-Sorbonne en 2016, elle entame une thèse sur « le droit applicable dans les camps de réfugiés », tout en travaillant à l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra). Puis elle occupe, jusqu’en 2023, le poste de rapporteuse à la Cour nationale du droit d’asile (CNDA). En 2019, lasse de ne pas trouver d’informations fiables sur les réfugiés, elle crée l’Observatoire des camps de réfugiés, fondé sur un réseau de bénévoles chargé de collecter des informations, mais, aussi, d’enquêter, de cartographier et d’informer sur les camps de réfugiés à travers le monde. De la mobilisation civile à l’engagement politique, il n’y a qu’un pas, franchi dans le sillage des attaques du Hamas et de la riposte démesurée d’Israël.

Insultes et menaces de mort

En vue des élections au Parlement européen le 9 juin 2024, elle accepte de figurer sur la liste conduite par Manon Aubry (La France insoumise, LFI), afin de « faire entendre une voix palestinienne » à Bruxelles, explique-t-elle. Un an et demi plus tard, elle regrette de n’avoir pu obtenir les sanctions nécessaires contre Israël et notamment la suspension de l’accord d’association, conformément au droit international. Mais elle a réussi, avec d’autres, à faire du génocide en cours à Gaza un sujet central. « Qu’elle soit admirée ou critiquée, Hassan est devenue la voix d’une génération déterminée à confronter l’Europe à la politique de Gaza, et elle ne semble pas près de baisser le ton », affirme Politico, le journal en ligne, conservateur, fondé à Washington, qui l’a classée parmi les 28 personnalités les plus influentes de l’Union européenne (UE).

Mais ce choix de la députation européenne sur une liste LFI — le parti, à la différence des Verts, lui a proposé d’être candidate en position éligible — a un coût. Finis les portraits plutôt sympathiques dans Libération ou Le Monde — lequel devient très actif dans la chasse à cette nouvelle sorcière.

Dès l’annonce de sa candidature, son nom, l’adresse de son domicile et son numéro de téléphone sont diffusés sur les réseaux sociaux.

Elle est vilipendée pour oser parler d’apartheid et dénoncer la « politique génocidaire » du premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou. Pourtant, au même moment, en janvier 2024, la Cour internationale de justice (CIJ) conclut explicitement à « un risque de génocide contre les Palestiniens à Gaza ». Une réalité aujourd’hui reconnue par plusieurs instances de l’Organisation des Nations unies (ONU), des historiens israéliens, des organisations non gouvernementales et nombre de juristes…

Dès l’annonce de son engagement électoral, son nom, l’adresse de son domicile et son numéro de téléphone sont diffusés sur les réseaux sociaux. Elle est menacée de viol ou d’assassinat, même dans la rue. Elle doit changer de lieu de résidence. La campagne est si violente que plus de cinq cents élus et personnalités politiques nationales et européennes publient une « Tribune en soutien à Rima Hassan » pointant que « ce que l’on veut faire taire, c’est la Palestine et toutes les voix qui la défendent » (Médiapart, 2 février 2024).

L’initiative est sans effet. Dans son livre sur Les Nouveaux Antisémites, Nora Bussigny, chroniqueuse pour Le Point, Marianne, ou la revue controversée Écran de veille, aurait débusqué la preuve irréfutable de son antisémitisme : quand elle était adolescente, son compte Facebook contenait, accolé à son nom, un double 8, symbole souvent utilisé par les néonazis. La fine limière aurait aussi pu conclure que Hassan était cornaquée par Pékin, les 8 y étant synonymes de chance et d’abondance… Ces chiffres sont plus prosaïquement ajoutés par l’algorithme lors de la création d’un compte Facebook…

La fabrique à polémiques

Les « affaires » montées de toutes pièces se succèdent. La chaîne Youtube Le Crayon extrait d’une interview de Rima Hassan un passage lui faisant dire que « les actes du Hamas [du 7 octobre] sont légitimes ». L’intervention intégrale démontrerait la supercherie, ses propos sur le Hamas ne portant pas sur le 7 octobre. La chaîne refuse de la diffuser.

La jeune militante tente l’exégèse. En vain. Comme le dit avec sa finesse habituelle l’avocat franco-israélien Gilles-William Goldnadel sur CNews le 30 avril 2024 : « Elle a peut-être dit autre chose lors de l’émission Le Crayon, il n’en demeure pas moins que pour Rima Hassan, l’action du Hamas est légitime. » Autrement dit : même si elle ne l’a pas dit, elle pourrait le dire et de toute façon elle le pense. Aussi incroyable que cela puisse paraître, cette croyance est aussi celle de ministres et de dirigeants politiques.

Anticipant les propos qu’elle pourrait tenir, la direction de l’université Paris-Dauphine, celle de Sciences-Po et l’université de Strasbourg annulent les conférences qu’elle devait animer, prévues respectivement les 6 mai, 22 et 28 novembre 2024, invoquant un « risque de trouble à l’ordre public ». Chaque fois, la censure reçoit le soutien de la ministre de l’enseignement supérieur Sylvie Retailleau puis de son successeur Patrick Hetzel ainsi que du ministre de l’intérieur Bruno Retailleau.

Dans le même temps, Rima Hassan, visée par plusieurs plaintes, va être entendue deux fois par la police dans le cadre d’enquêtes pour « apologie du terrorisme », en avril 2024 puis en avril 2025, où elle est interrogée pendant plus de onze heures d’affilée. L’une des plaintes, formée par le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA), concerne un tweet adressé aux étudiantes et étudiants de Sciences-Po, les invitant « au soulèvement ». Un autre dépôt de plainte, pour « menaces », est relatif à un échange sur X avec l’eurodéputé des Républicains François-Xavier Bellamy, Hassan dénonçant la proximité de son groupe avec « le régime génocidaire israélien ». En revanche, silence radio sur le fait que, quelques jours plus tôt, le même Bellamy avait publiquement accusé la députée d’être « antisémite », l’empêchant d’occuper l’une des quatre vice-présidences de la commission des droits de l’homme du Parlement européen.

Une autre plainte contre Rima Hassan concerne une citation du psychiatre décolonialiste français Franz Fanon. Une autre, le célèbre poème « Carte d’identité » (1964) du poète palestinien Mahmoud Darwich :

Mais… si jamais on m’affame
Je mange la chair de mon spoliateur
Prends garde… prends garde
À ma faim
Et à ma colère !

La liste est longue et les prétextes aux accusations, divers…

La criminalisation du soutien à la Palestine

Les actions en justice se multiplient, leurs cibles aussi, alors que l’offensive israélienne s’intensifie, donnant corps à une forme de criminalisation du soutien à la Palestine.

L’Union juive française pour la paix (UJFP), le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), la présidente d’Europalestine Olivia Zémor, le secrétaire général de la CGT du Nord Jean Paul Delescaut, l’islamologue François Burgat, ou les députées Mathilde Panot et Danièle Obono en feront les frais…

Il est impossible d’obtenir de données précises sur les plaintes, mais le nombre de jugements prononcés pour « apologie du terrorisme » explose : 131 jugements rendus entre janvier et octobre 2023 ; 452, entre octobre 2023 et novembre 2024.

Ces « abus », selon l’expression de l’ex-juge d’instruction du pôle antiterrorisme Marc Trévédic, relèvent d’une stratégie soigneusement orchestrée. La démultiplication de ces procédures vise à étouffer toute voix critique de la politique d’Israël. Plus elles sont nombreuses, plus les chances d’en voir aboutir augmentent. Elles servent également de prétextes pour interdire conférences ou meetings de qui en fait l’objet.

Les « Israel Files » révèlent que le pouvoir israélien mène « une guerre juridique contre celles et ceux qui combattent les crimes israéliens devant la justice », en France et en Europe.

La grande majorité des dénonciations en justice proviennent d’une poignée d’organisations : l’Union des étudiants juifs de France (UEJF), le CRIF, l’Observatoire des juifs de France, l’Organisation juive européenne (OJE), la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), quelques personnalités plus ou moins liées à Elnet France et l’inévitable députée de la macronie, représentant les Français de l’étranger dont ceux d’Israël, Caroline Yadan — celle-là même qui manœuvre pour faire adopter par l’Assemblée nationale une loi criminalisant toute critique de la politique israélienne, avec la complicité de socialistes comme François Hollande et Jérôme Guedj. « C’est grâce à notre signalement que Rima Hassan a été convoquée [par la police] pour “apologie de terrorisme” », se vantait-elle sur Facebook, le 21 novembre 2025.

Ces vigies portent toutes, sans complexe, la parole d’Israël en France. En décembre 2024, Médiapart va révéler, avec les « Israel Files », sur la base d’e-mails internes du ministère israélien de la justice, les moyens déployés par le pouvoir israélien « pour mener une guerre juridique contre celles et ceux qui combattent les crimes israéliens devant la justice », en France et en Europe, en s’appuyant sur la « participation active du CRIF », notamment contre les militants du mouvement Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS).

Curieusement, les médias français, qui ne se privent pas de pointer des ingérences russes ou chinoises, ne reprennent pas ces révélations. Le Parlement européen non plus. Le président de la commission spéciale sur l’ingérence étrangère dans l’ensemble des processus démocratiques de l’Union européenne, Raphaël Glucksmann, n’a, lui non plus, rien vu…

Le grand dénigrement

Bien sûr, les propositions de Rima Hassan se discutent, comme celle d’un État binational, qui n’est d’ailleurs pas la position officielle de LFI. Mais cela relève du débat politique. Certaines de ses formulations ne sont pas très heureuses : elle traite de « raclure » Gérard Larcher, président du Sénat, compare défavorablement le ministre français de l’intérieur à son homologue tunisien, soulignant que le premier veut la priver de sa nationalité quand le second « assure [sa] protection lors de [ses] déplacements » à Tunis — les prisonniers politiques tunisiens apprécieront…

La jeune députée n’évite pas toujours le piège des réseaux sociaux, qui poussent aux ripostes immédiates et aux formules chocs. Il est vrai qu’à l’exception de quelques radios et télés alternatives, elle est boycottée par la presse. Y compris quand elle fait partie des rares Français embarquant en juin 2025 sur l’une des flottilles internationales contre le blocus de Gaza, en l’occurrence le Madleen.

Alors qu’Israël arraisonne la flottille et arrête les militants, le ministre des affaires étrangères Jean-Noël Barrot fustige la « vacuité d’une opération de com » et les « gesticulations de Mme Hassan ».

La plupart des radios et télévisions publiques commencent par ignorer l’événement, quand, en juin 2025, Causeur ou Marianne, des journaux à la ligne réactionnaire et relais de la politique israélienne, ironisent. Alors qu’Israël arraisonne le bateau dans les eaux internationales et arrête les militants, au lieu de s’inquiéter de cet acte de piraterie, le ministre des affaires étrangères Jean-Noël Barrot fustige, à l’Assemblée nationale le 11 juin 2025, la « vacuité d’une opération de com » et en particulier les « gesticulations de Mme Hassan ». Même son de cloche de la part du secrétaire national du Parti communiste français, Fabien Roussel : « Nous ne sommes pas là pour faire du buzz, notre action fait moins de bruit qu’une flottille qui part pour Gaza avec quelques kilos de pâtes et de farine et qui n’y arriveront jamais » (24 juin 2025).

L’humoriste Sophia Aram parlera trois mois plus tard sur France Inter de « deux kilos de pâté végan, un pack de Palestine Coca, et trois boîtes de protection périodiques », portés par des « militants islamistes ++ ». Rima Hassan était alors à bord de la flottille Global Sumud qui a reçu de nombreux soutiens… à l’étranger — dont ceux des gouvernements espagnol et colombien.

Une nouvelle génération d’acteurs politiques

La légitimité de Rima Hassan, en tant que Palestinienne et « enfant de la Nakba », à porter la lutte pour le droit au retour des Palestiniens est aussi ce qui lui vaut une telle charge de la part des relais pro-israéliens. Quand, sur le plateau de C ce soir, l’émission de débat de France 5, le 30 janvier 2023, elle assure avec émotion : « Ici, chacun d’entre vous peut se rendre dans le village de ses grands-parents, au nom de quoi devrais-je en être privée ? », personne ne peut lui porter la contradiction.

Issue de la société civile et de l’immigration, la députée européenne représente une nouvelle génération d’acteurs politiques. Elle a rejoint les rangs de LFI forte de sa liberté de parole et de son expertise de juriste internationale. Cela en fait la cible de la quasi-totalité des partis politiques. Au premier rang de l’offensive se trouvent Emmanuel Macron et ses troupes, qui, après avoir fait imploser la droite, espéraient constituer un « extrême centre » (avec une partie des Républicains et une partie du Parti socialiste) lors de la dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024. La promotion du Nouveau Front populaire par LFI a fait capoter le projet. Depuis, chacun de ses militants doit être déconsidéré.

Cette cabale contre Rima Hassan et LFI révèle un mal plus profond : la gangrène de l’islamophobie gagne progressivement la société.

Pas moins de six ministres ont dénoncé Rima Hassan, l’accusant, au choix, d’apologie du terrorisme, d’incitation à la violence et d’antisémitisme. Ils se sont retrouvés aux côtés de dirigeants et élus socialistes tels Jérôme Guedj, ou des Républicains tels Gérald Darmanin. Elle sert d’épouvantail pour que le cordon sanitaire électoral qui, hier, empêchait l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir frappe désormais LFI. Il s’agit de « faire barrage à LFI », commente le 10 juin 2024 la présentatrice de Radio J Eva Soto. Ce que résume parfaitement Le Point : « Jean-Marie Le Pen est revenu, il s’appelle Rima Hassan. »

Noël Buffet, ministre délégué à l’intérieur, et Patrick Mignot, ministre des relations au Parlement, sont allés jusqu’à réclamer, en mars 2025, sa déchéance de nationalité — ce qui est illégal, Rima Hassan ne bénéficiant pas d’une autre nationalité —, avec l’approbation de Bruno Retailleau. La déchéance est également exigée par Marion Maréchal, Jean-Philippe Tanguy puis Marine Le Pen. Il faut imaginer la violence symbolique que cela représente pour une jeune femme hier apatride. Aujourd’hui encore, Rima Hassan n’arrive pas à contenir son émotion quand elle en parle.

Mais que l’on ne s’y trompe pas. Cette cabale contre elle et LFI révèle un mal plus profond : la gangrène de l’islamophobie gagne progressivement la société. L’éditorialiste Nathalie Saint-Cricq peut assurer tranquillement sur France Info, le 3 décembre 2025, que des dirigeants LFI manient « l’antisémitisme pour séduire les électeurs musulmans » des banlieues qui, par essence, seraient antisémites. Quelques jours plus tard, Alain Minc, conseiller des puissants et théoricien de « la mondialisation heureuse », reprend l’accusation.

Comme le résume fort bien l’auteur étatsunien de romans graphiques Art Spiegelman dans un entretien croisé avec son alter ego Joe Sacco dans Libération, le 20 décembre : « L’antisémitisme est désormais un nom de code pour désigner toute sympathie envers les Palestiniens. » En France, il est devenu bien commode pour légitimer le racisme antimusulman et discréditer toute voix de gauche.

« Le Monde » dans ses œuvres

Avant d’être élue sur la liste La France insoumise aux élections européennes 2024, Rima Hassan était traitée dans le journal Le Monde comme une personnalité émergente dans le paysage français. Ses prises de position sur la Palestine et Israël étaient connues, comme en témoigne son portrait dressé dans M, le magazine du Monde. Un an après, celui dessiné sur une pleine page du quotidien par Christophe Ayad et Abel Mestre ressemble plutôt à un réquisitoire tout en sous-entendus.

Dès le chapeau, les adjectifs donnent le ton : ses positions sont « radicales », ses réparties sont « cinglantes » et son usage des réseaux sociaux est « agressif ». Les deux portraitistes évoquent ensuite la déchéance de nationalité réclamée à son encontre par deux ministres du gouvernement Bayrou, mais aussi par Marion Maréchal et l’imam Hassen Chalghoumi : « Au lieu de se faire oublier, elle a répliqué », commentent-ils. Une accusée qui se défend !

Et quand elle est refoulée à son arrivée à Tel-Aviv, le 24 février 2025, dans le cadre d’une visite d’élus du Parlement européen en Israël et en Cisjordanie, ce n’est pas Israël qui doit rendre des comptes, mais l’élue : son « voyage tenait plus de la provocation que du projet mûrement préparé ». Quant à la contestation du narratif de Tel-Aviv, à laquelle l’eurodéputée procède sans relâche, ils assurent que « Rima Hassan accordera toujours plus de crédit à la version du Hamas qu’à celle de l’armée israélienne. Mais [qu’]elle est aussi une élue française et semble parfois l’oublier »…

Le soupçon est permanent, qu’il porte sur l’existence de son mémoire de master ou sur son voyage en Syrie en janvier 2024, présenté comme « troublant », car, d’après les fins limiers, « il fallait alors de bonnes connexions avec le régime Assad pour pouvoir s’y rendre en tant que française ». Rima Hassan, agente secrète syrienne ou fille d’un père collaborateur ? « Elle n’a jamais pris position contre le régime d’Al-Assad », pointe l’article. La jeune femme y entreprenait un voyage de deuil : après la mort de sa mère, revoir son père dans son pays de naissance ; « un voyage personnel, intime, familial », d’après ses mots, ce qui, d’ordinaire, se respecte.

Bienveillants, les deux portraitistes finissent par s’inquiéter pour cette jeune femme. « Se rend-elle compte, écrivent les deux sachants, qu’elle est tout ce qu’exècre le Hamas : une femme, indépendante, de gauche, fumeuse et sans voile, décidée à mener sa vie privée à sa façon ? » Menteuse, palestinienne, pro-syrienne sur les bords, antisémite cachée, Rima Hassan est en plus complètement idiote. Merci de la démonstration.



jeudi 19 février 2026

Polémique aux JO d’Hiver 2026 : Le commentateur suisse Stefan Renna démonte l’équipe israélienne de bobsleigh



À Cortina c’est une voix suisse qui rappelle que l’étoile de David traîne dans son sillage un charnier nommé Gaza. La prouesse sportive ? Médiocre voire calamiteuse. La charge politique ? Dévastatrice.



Polémique aux JO d’Hiver 2026 : Le commentateur suisse Stefan Renna démonte l’équipe israélienne de bobsleigh


Par Yoann pour le Media en 4-4-2


Les Jeux Olympiques d’hiver de Milano Cortina 2026 ont accouché d’un commentaire aussi savoureux qu’embarrassant pour la délégation israélienne. Entre deux virages sur la piste de bobsleigh, c’est une voix suisse qui a osé rappeler que l’étoile de David traîne dans son sillage un charnier nommé Gaza. La performance sportive ? Médiocre, pour ne pas dire catastrophique. La charge politique ? Dévastatrice.

La mécanique du ridicule

Il fallait voir ce bob israélien négocier la piste de Cortina comme un éléphant dans un magasin de porcelaine. Adam Edelman, fier pilote sioniste “jusqu’à la moelle” comme il aime le clamer sur ses réseaux sociaux, et son freineur Menachem Chen ont offert au monde une démonstration de médiocrité technique aussi spectaculaire qu’involontaire. Leur engin, orné aux couleurs nationales, a caressé chaque paroi de glace avec une insistance maladroite, transformant cette descente en parcours du combattant contre les lois de la physique. Résultat des courses : une dernière place acquise avec la conviction des vaincus qui singent les vainqueurs, bras levés et sourire aux lèvres, comme si terminer loin derrière les Allemands méritait des célébrations nationales.

Le micro qui tue

C’est là que Stefan Renna, commentateur pour la Radio Télévision Suisse, a transformé l’essai. Tandis que l’image montrait ce ballet de médiocrité, sa voix posée a choisi de ne pas jouer le jeu de l’omerta olympique. Il a cité Edelman, ce pilote qui se revendique “sioniste jusqu’à la moelle”. Il a évoqué ses publications enflammées sur les réseaux, où l’homme qualifie l’intervention militaire à Gaza de “guerre la plus moralement juste de l’histoire”. Il a rappelé, sans trembler, que des instances internationales parlent de génocide. En deux minutes chrono, Renna a fait ce que le Comité international olympique refuse obstinément : établir un lien entre le sport et la réalité. Entre le bob qui dérape et les bombes qui tombent.

L’hypocrisie olympique

Car voilà l’os que ce commentaire a déniché : comment se fait-il que la Russie, bannie pour son intervention en Ukraine, reste au ban des nations pendant qu’Israël défile fièrement sous le drapeau étoilé ? Où est passée la cohérence du CIO, cette institution si prompte à moraliser quand il s’agit d’exclure Moscou, mais muette comme une tombe quand Tel Aviv perpétue ce que les experts qualifient de nettoyage ethnique ? Le sport, ce miroir aux alouettes, révèle soudain ses coutures idéologiques. La performance israélienne, aussi dérisoire soit-elle, devient symbole : celui d’une impunité que même la glace italienne ne parvient pas à geler.

Ces deux minutes de bob malmené auront accompli ce que des années de rapports onusiens peinent à produire : une prise de conscience collective, fût-elle fugace, que l’olympisme a deux poids, deux mesures. Et que certaines étoiles, sur fond bleu, brillent plus que d’autres dans l’indifférence complice des instances.



mercredi 18 février 2026

Marseille : des activistes sabotent l’usine Eurolinks, fournisseur de pièces de mitrailleuses pour Israël



À Marseille, des militants pro-palestiniens ont décidé de frapper fort. Ils ont ciblé l’usine Eurolinks, une entreprise qui fournit du matériel militaire destiné à Israël. Dans un communiqué et une vidéo diffusés en ligne, ils revendiquent le sabotage et affirment avoir sectionné les tuyaux d’arrivée d’eau de l’usine pour bloquer, ou au moins ralentir, la production.

Cette action ne sort pas de nulle part. Elle intervient après les révélations du média d’investigation Disclose. Les journalistes ont montré qu’Eurolinks avait organisé, à au moins trois reprises en 2023 et 2025, des livraisons de maillons de mitrailleuses. Ces pièces peuvent équiper des armes utilisées par l’armée israélienne contre les habitants de Gaza.

Ces révélations ont mis le feu aux poudres. Des dockers ont refusé de charger certaines cargaisons. Des militants ont bloqué l’usine une première fois en septembre 2025, puis à nouveau en octobre. Lors du second blocage, la police a interpellé plus d’une centaine de personnes. Plusieurs ont écopé d’un avertissement pénal probatoire, une mesure qui tient lieu de rappel à la loi.

En parallèle, une association de juristes a saisi la justice. Elle demande l’annulation des contrats entre Eurolinks et l’industrie d’armement israélienne, estimant que ces livraisons pourraient violer le droit international. Une audience est prévue le 23 mars prochain.

C’est dans ce climat tendu que les activistes ont choisi le sabotage. Dans leur communiqué, ils préviennent : « Tant que cette entreprise continuera d’armer la colonisation, elle continuera d’être la cible d’attaques ».


Israël installe un camp de concentration à Gaza Sud afin d’expulser les Palestiniens



Ce camp étroitement surveillé accueillera les Palestiniens qui “souhaitent quitter” Gaza après l’ouverture du checkpoint de Rafah.

Israël a défriché des terres dans le sud de Gaza pour y construire un camp de concentration étroitement surveillé pour les Palestiniens, en vue de leur expulsion de la bande de Gaza, a rapporté Reuters le 28 janvier, citant un général israélien à la retraite conseil de l’armée.

Le brigadier-général à la retraite Amir Avivi a déclaré à l’agence de presse dans une interview que le camp se construit dans une zone de Rafah détruite par les bombardements israéliens et dont les ruines ont été déblayées par des bulldozers.

“Avivi déclare que le camp sera utilisé pour héberger les Palestiniens qui souhaitent quitter Gaza et passer en Égypte, et ceux qui souhaitent rester”, a écrit Reuters.

Avivi ne s’exprime pas au nom de l’armée israélienne. Sa voix est toutefois écoutée en raison de son rôle prépondérant dans la création du Forum israélien pour la défense et la sécurité, un groupe représentant des milliers de réservistes militaires israéliens.

Les commentaires d’Avivi interviennent alors qu’Israël se prépare à une “réouverture limitée” du poste-frontière de Rafah entre Gaza et l’Égypte, dans le cadre du plan en 20 points du président américain Trump pour la bande de Gaza.

Reuters a rapporté au début du mois qu’“Israël veut s’assurer que le nombre de Palestiniens quittant Gaza soit supérieur à celui des personnes autorisées à y entrer”.

Immédiatement après le début des bombardements et de l’invasion de Gaza par Israël en octobre 2023, le ministère israélien du Renseignement a proposé d’expulser les 2,3 millions de Palestiniens de Gaza sous prétexte de préoccupations humanitaires.

Depuis, Israël a systématiquement détruit Gaza, rendant la bande de terre inhabitable et ne laissant aux Palestiniens d’autre choix que d’abandonner leurs maisons détruites et de partir vers l’Égypte et au-delà, si cela leur est permis.

Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, et le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, préconisent l’annexion de Gaza afin d’établir des colonies pour les Israéliens juifs sur les terres palestiniennes confisquées.

Le brigadier-général Avivi a déclaré qu’à l’heure actuelle, “pratiquement plus aucun Gazaoui ne vit à Rafah” restée sous le contrôle total d’Israël après le cessez-le-feu entré en vigueur en octobre 2025.

La plupart des Palestiniens de Gaza ont été contraints de se réfugier dans les quelque 47 % du territoire de Gaza qui ne sont pas sous contrôle direct israélien, où ils vivent pour la plupart dans des tentes de fortune, dans des conditions épouvantables et sous les pluies froides de l’hiver.

Il faut construire à Rafah des infrastructures capables de les accueillir, puis ils pourront choisir s’ils veulent partir ou non”, a déclaré Avivi.

Il a ajouté que cette structure sera probablement “un grand camp organisé” dont les entrées et les sorties seront surveillées et contrôlées à des postes de contrôle israéliens à l’aide de la reconnaissance faciale biométrique.

M. Avivi a ajouté que l’armée israélienne se prépare à une nouvelle offensive militaire, notamment à la reprise des attaques contre la ville de Gaza, sous prétexte de désarmer le Hamas.

Le camp de concentration construit à Rafah pourrait servir à héberger les Palestiniens fuyant une nouvelle offensive israélienne, a ajouté M. Avivi.

“Les plans sont prêts. L’armée attend l’ordre du gouvernement et du cabinet de renouveler ses manœuvres à Gaza”, a déclaré Avivi.

Les attaques israéliennes depuis le cessez-le-feu ont tué plus de 480 Palestiniens à Gaza, tandis qu’au moins 71 000 ont été tués par Israël depuis le début du génocide, selon les autorités sanitaires de Gaza.

Cependant, d’autres estimations suggèrent que des centaines de milliers de Palestiniens ont été tués.

Selon le Comité national pour les personnes disparues, “plus de 10 000 Palestiniens sont toujours ensevelis sous les décombres de Gaza, en train de se décomposer en silence, privés de sépulture et d’identité”.

Source: The Cradle

Traduit par Spirit of Free Speech 

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