samedi 3 octobre 2026

Pourquoi les puissants détestent-ils tant la Palestine ?


La Palestine est un sujet tabou, car elle enseigne aux gens à se demander qui pilote la machine. Et aucun de ceux qui la gèrent ne souhaite que la réflexion se diffuse.



Pourquoi les puissants détestent-ils tant la Palestine ?


Pourquoi un système mortifère et destructeur redoute les défenseurs de la Palestine.

La police anti-émeute bahreïnienne a dispersé une manifestation en octobre 2023 et a déféré six hommes devant le parquet. Human Rights Watch a recensé des dizaines d’interrogatoires à travers le royaume, dont certains ont impliqué des mineurs.

À Berlin, lors de la Journée des peuples autochtones ce même mois, la police a dispersé une manifestation anticolonialiste devant le ministère des Affaires étrangères et a interpellé ceux qui brandissaient des drapeaux palestiniens, affirmant aux organisateurs que la Palestine n’a “rien à voir avec le colonialisme”. Le 13 octobre, le Sénat de Berlin a publié une directive à l’intention des établissements scolaires leur permettant d’interdire le keffieh, les cartes de la Palestine et le slogan “Free Palestine”, au motif que ces éléments peuvent être interprétés comme un soutien à la violence et risquent de porter atteinte à la bonne marche des cours. Le Centre européen d’aide juridique a recensé six cents interpellations à Berlin en seulement neuf jours.

Le 12 octobre, le ministre français de l’Intérieur a adressé un télégramme aux préfets leur recommandant d’interdire les manifestations pro-palestiniennes. Le Conseil d’État a par la suite refusé d’annuler cette décision, estimant que les préfets pouvaient statuer au cas par cas, tout en reconnaissant que la formulation avait été “malheureusement imprécise”. Les manifestations en faveur d’Israël n’ont toutefois eu aucune difficulté à obtenir les autorisations adéquates.

Puis vint le tour de la Grande-Bretagne. En juillet 2025, le gouvernement a interdit Palestine Action en vertu de la loi de 2000 sur le terrorisme, faisant du soutien à cette organisation un délit passible d’une peine maximale de quatorze ans. Des citoyens lambda ont alors réagi en organisant un sit-in sur Parliament Square, brandissant des pancartes où l’on pouvait lire : “Je m’oppose au génocide, je soutiens Palestine Action”. La police en a arrêté des centaines. Quatre cent soixante-six en une seule journée d’août, le plus grand nombre d’arrestations en une seule journée par la police métropolitaine depuis une décennie. En septembre, près de neuf cents. Les chiffres officiels de l’année arrêtés en septembre 2025 ont révélé une augmentation de 660 % des arrestations liées au terrorisme, dont 1 630 sur 1 886 liées à cette seule campagne, l’âge moyen des personnes arrêtées étant de cinquante-sept ans. Parmi celles-ci figuraient des prêtres à la retraite, un ancien détenu de Guantánamo, d’anciens combattants, des descendants de survivants de l’Holocauste, et une femme de quatre-vingt-trois ans équipée d’un déambulateur. Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme a qualifié cette mesure d’abus inquiétant de la législation antiterroriste. Le gouvernement a poursuivi cette politique.

Dans la nuit du 8 mars 2025, des agents fédéraux en civil ont arrêté Mahmoud Khalil dans son immeuble à New York sous les yeux de sa femme enceinte. Ils lui ont annoncé que son visa étudiant venait d’être révoqué. Lorsqu’il a présenté sa carte verte, ils lui ont rétorqué qu’elle était également suspendue. Il a été transféré par avion vers un centre de détention de l’ICE à Jena, en Louisiane, où il a été détenu pendant cent quatre jours. Aucune infraction ne lui a été reprochée. Ce transfert s’appuyait sur une disposition de la loi sur l’immigration et la nationalité datant de la Guerre froide, autorisant une expulsion si le secrétaire d’État estime que la présence d’une personne porte atteinte aux intérêts de la politique étrangère américaine. La juge de l’immigration de Louisiane a clairement déclaré ne pas avoir autorité pour remettre en cause cette décision. Quelques jours plus tard, l’étudiante turque Rümeysa Öztürk a elle aussi été arrêtée dans une rue de Somerville par des agents cagoulés de l’ICE, en raison d’une tribune publiée dans un journal universitaire. Les procès-verbaux font état de plus de cinq mille personnes fichées et de centaines de visas révoqués au cours du premier semestre de cette année-là.

Bahreïn et Berlin. Le Caire et Paris. Londres et la Louisiane. Traditions constitutionnelles et hymnes différents, mais même mécanisme réflexe.

Un réflexe motivé

Une explication commode voudrait que les gouvernements occidentaux ne soient pas très futés et qu’ils réagissent de manière excessive à l’antisémitisme, tandis que les autocrates du Golfe ne seraient que des dictateurs. Cette explication ne tient plus dès qu’on réalise à quel point la répression cible ses victimes avec précision. Ces attaques ne portent pas sur la violence, mais sur des symboles. Un foulard. Une carte. Des noms.

La solidarité avec la Palestine est traitée comme une urgence tant à Riyad qu’à Westminster pour le même motif : c’est l’unique revendication politique qui pousse à s’interroger sur la structure du monde dans lequel on vit, et à voir qui en tient les rênes.

L’intellectuel palestinien Ghassan Kanafani a été tué à Beyrouth le 8 juillet 1972 lorsqu’un agent du Mossad a placé une bombe déclenchée par le système d’allumage de sa voiture. Sa nièce Lamees, âgée de dix-sept ans, est morte à ses côtés. Il était romancier et éditeur, et c’est la raison pour laquelle il a été exécuté dans un quartier résidentiel.

Kanafani a identifié trois composantes de l’ennemi. L’impérialisme américain en premier lieu, et il incluait Israël dans cette catégorie plutôt qu’à part, car sans le soutien impérialiste, le régime ne peut fonctionner. Venaient ensuite les régimes réactionnaires arabophones dont la survie était tributaire du maintien de la soumission de leurs propres populations. Enfin, la classe compradore palestinienne, ces hommes prêts à négocier la défaite de leur propre peuple en échange de quelques avantages.

La seconde catégorie a pris une ampleur qui dépasse le monde arabophone, il faut le reconnaître. Selon moi, Kanafani décrivait plus un comportement qu’une zone géographique : l’élite locale qui tire son autorité de son alignement sur l’impérialisme américain et qui, par conséquent, réprime son propre peuple pour le compte d’autrui. Ce phénomène touche désormais les cinq continents.

L’Allemagne est devenue l’un des principaux fournisseurs d’armes d’Israël tout en interdisant le port du foulard dans ses propres écoles. La Grande-Bretagne a interdit un groupe de manifestants et s’est mis à arrêter des retraités en vertu de la législation antiterroriste. La France a ordonné à ses préfets d’interdire purement et simplement les manifestations. Le F-35 qui rasera un pâté de maisons à Gaza est assemblé à partir de composants fabriqués dans différents pays membres de l’OTAN, comme aux Pays-Bas, signe que l’alliance ne se contente pas d’être spectatrice des bombardements, mais qu’elle y contribue en tant que chaîne d’approvisionnement.

L’Argentine, sous Milei(kowsky) — oui, il aurait un lien de parenté avec Netanyahu/Mileikowsky, ce qui en dit long sur les élites dirigeantes mondiales — a réorienté sa politique étrangère autour de son allégeance à Washington et Jérusalem, contre les intérêts de son propre pays.

Les Philippines hébergent des bases militaires américaines en achetant des drones et des véhicules blindés israéliens pour réprimer leur propre population. Le Japon compte des dizaines de milliers de soldats américains sur son sol et qualifie cet petit arrangement de “partenariat de sécurité”, alors que les abus sexuels commis sur de jeunes filles japonaises par des soldats américains sont devenus endémiques.

L’Égypte verrouille le checkpoint de Rafah et appelle ça de la “souveraineté”. La Jordanie intercepte tout ce qui survole son territoire et parle de “gestion de l’espace aérien”.

Les uniformes diffèrent, les parlements aussi, y compris le degré de coercition. Ce qui ne change pas, c’est la fonction : ces gouvernements tirent chacun leur légitimité, leurs armes, leur accès aux marchés ou les termes de leur endettement en partie du même pouvoir central, et chacun traite donc les manifestations en faveur de la Palestine comme une menace intérieure plutôt que comme une question d’opinion étrangère. À première vue, le ministère de l’Intérieur bahreïni et le Sénat de Berlin semblent aux antipodes sur le plan constitutionnel. Pourtant, ils partagent un même instinct qui les pousse tous deux à détester le drapeau palestinien — pour préserver le système.

Les deux piliers de la domination

Adam Hanieh, économiste politique palestinien, brosse un tableau plus précis de la structure régionale. La domination américaine sur l’Asie occidentale repose sur deux fondements. Le premier est Israël, implanté par le pouvoir britannique dont Washington a hérité après 1967 après qu’il a fait ses preuves au combat, une garnison armée se dressant à la jonction du canal de Suez et de la côte levantine. Le second est le groupe des monarchies pétrolières, dépositaires des plus grandes réserves d’hydrocarbures et des fonds souverains de la planète, dont les dirigeants convertissent l’héritage pétrolier de leurs sujets en bons du Trésor américains, en armes américaines, en centres de données américains et en impunité américaine.

Étendez ce modèle vers l’extérieur et l’ensemble du système apparaît. Le Golfe recycle les pétrodollars au profit de l’empire. L’Europe recycle sa capacité industrielle au profit de l’arsenal impérial. Les États clients d’Amérique latine et d’Asie recyclent leur territoire en droits d’implantation impériaux et leur politique en blocs électoraux impériaux aux Nations unies. Israël fournit les logiciels de surveillance, la doctrine de contrôle des foules et l’équipement testé au combat génocide que chacun de ces gouvernements retourne ensuite contre sa propre population révoltée.

Kanafani savait qu’un Palestinien combattant dans un camp de réfugiés au Liban lutte contre la même structure qu’un mineur en grève en Bolivie. Il a été tué pour l’avoir compris. Un demi-siècle plus tard, cette structure compte davantage de maillons, davantage d’actionnaires et de meilleurs avocats, et elle ne peut toujours pas tolérer la vue d’un drapeau sur une place, car ce drapeau est le fil qui, si on tire suffisamment fort, détricote tout l’habit.

Chaque processus de paix du dernier demi-siècle n’a été qu’une tentative de fusionner ces deux piliers (l’empire américano-israélien et les États vassaux) en une structure unique. L’Égypte en 1979. La Jordanie en 1994. Les Accords d’Abraham en 2020, lorsque les Émirats, Bahreïn, le Soudan et le Maroc se sont rassemblés à Washington pour des séances photo et ont chacun empoché leur part. Le Maroc s’est vu accorder la reconnaissance américaine de sa colonisation du Sahara occidental. Le Soudan a obtenu son retrait de la liste des États soutenant le terrorisme, mais seulement après qu’un gouvernement de transition aux caisses vides a accepté de verser 335 millions de dollars dans un fonds d’indemnisation et de reconnaître Israël comme contrepartie de sa propre réintégration dans l’économie mondiale. On a promis aux Émirats des drones sophistiqués et une place dans la liste d’attente pour obtenir ses F-35. La normalisation avec l’Arabie saoudite a été brandie depuis comme un appât, avec pour incitations une coopération nucléaire civile et une garantie en matière de défense (que l’Iran a désormais rendue caduque).

La normalisation intègre Israël aux États vassaux

Les échanges commerciaux entre Israël et les Émirats sont passés d’environ deux cents millions de dollars en 2020 à près de trois milliards deux cents millions en 2024, soit une multiplication par quinze en quatre ans, officialisée par un accord de libre-échange en vigueur depuis 2023 (soit depuis le début du génocide). Les catégories importent plus encore que les montants totaux : désalinisation, technologies de l’eau, agritech, semences, drones, cyber-surveillance, infrastructure cloud, logistique, interconnexion des réseaux électriques.

Pensez un instant à ce que cela signifie. Lorsque l’eau qu’une ville du Golfe consomme, les logiciels qui surveillent sa propre population, les denrées alimentaires de sa chaîne d’approvisionnement et l’électricité de son réseau passent tous par des entreprises israéliennes et des brevets israéliens, la survie de la famille régnante devient alors physiquement indissociable de celle du colonisateur. La libération des Palestiniens cesse d’être une question morale abstraite pour ces régimes pour devenir une menace infrastructurelle. L’eau leur parvient par l’intermédiaire de l’occupant. Leur État de surveillance est agréé par l’occupant. Leurs ambitions nucléaires sont subordonnées à leur soumission à l’occupant.

Tel était le plan. La normalisation a eu pour but de liquider la cause palestinienne. Et cela a bien failli réussir. Ce qui a fait dérailler l’agenda, c’est la résistance d’octobre 2023 et la colère des citoyens lambda, d’Amman à Rabat en passant par Sanaa, au prix d’un bain de sang palestinien sans précédent.

Cette même intégration d’Israël dans la société s’opère dans le reste du monde, à Berlin, Washington et Londres, notamment. Licences allemandes d’exportation d’armes vers Israël. Filiales d’Elbit Systems dans les Midlands anglais. Composants du F-35 traversant l’Atlantique. Les fonds de dotation, les fonds souverains et les caisses de retraite publiques qui détiennent des actions. Les partenariats de recherche universitaires. Les services de police qui envoient des agents en voyages d’études. Les contrats de cloud computing. Les logiciels de surveillance vendus aux agences mêmes qui ont arrêté Mahmoud Khalil.

Le drapeau les menace tous, car il est désormais le symbole de la résistance aux quatre coins du monde.

La cartographie sous-jacente à la morale

Demandez-vous pourquoi un empire préfère réduire tout un peuple en cendres plutôt que perdre ce territoire.

Environ vingt millions de barils de pétrole transitaient chaque jour par le détroit d’Ormuz en 2024, soit environ un cinquième de la consommation mondiale de produits pétroliers liquides, plus d’un quart de l’ensemble du commerce maritime de pétrole, et environ un cinquième du gaz naturel liquéfié mondial, dont la majeure partie provient du Qatar. Ajoutez-y le canal de Suez, l’oléoduc SUMED et Bab el-Mandeb. La région produit environ un tiers du pétrole mondial.

Quiconque contrôle ces vannes contrôle l’économie mondiale, y compris l’essor industriel de la Chine, dont les marchandises et l’énergie transitent par ces mêmes détroits et ces mêmes ports du Golfe. Tel est l’enjeu, et la Palestine en est le pivot.

La mission des monarchies du Golfe consiste à maintenir les vannes ouvertes, à garantir des cours acceptables, à réinjecter les excédents dans les marchés d’actifs impériaux et à maintenir la population sous contrôle. Les gouvernements européens ont sous-traité cette même mission, ce qui explique pourquoi un policier allemand déclare à une coalition anticolonialiste que la Palestine “n’a rien à voir avec le colonialisme” et croit faire respecter la loi alors qu’en réalité, il défend un corridor maritime. Ou pire encore : l’Empire américain.

Ce que la foule s’est mise à chanter

C’est le moment que redoutent les puissants, et il a déjà eu lieu dans des villes qui, en apparence, ne semblent pas partager le même système politique.

En octobre 2023, le régime de Sissi en Égypte a appelé la population à descendre dans la rue pour Gaza, s’attendant à une démonstration contrôlée de loyauté. Des milliers de personnes ont ignoré les zones de rassemblement désignées, ont défilé depuis al-Azhar et ont occupé la place Tahrir en moins d’une heure. Puis les slogans de 2011 ont refait surface : “Pain, liberté et justice sociale”, et la police a débarqué. Environ cent quatorze arrestations ont eu lieu dans tout le pays. Des rapporteurs spéciaux des Nations unies se sont ensuite penchés sur plusieurs cas de manifestants détenus au secret et accusés d’appartenance à une organisation terroriste, certains passant des années en détention provisoire pour un simple après-midi passé sur une place.

Cela vous rappelle quelque chose ? Le Royaume-Uni traite sa propre population exactement de la même manière, tout en osant qualifier les “monarchies arabes” d’autocratiques. Mais jamais l’Occident “démocratique”, bien sûr. La Grande-Bretagne a arrêté plus de gens en vertu de la loi antiterroriste pour des motifs liés à la Palestine que l’Égypte n’en a arrêté au total pour le même motif.

En Algérie, un État qui a fondé sa légitimité sur son passé anticolonial et n’a jamais reconnu Israël, les marches en faveur de Gaza ont été tolérées jusqu’à ce que la foule se mette à scander des chants sur la liberté et la dignité. Fin des autorisations.

La même dynamique se retrouve en Occident. À Berlin, des étudiants venus manifester pour Gaza ont commencé à s’interroger sur les licences d’armement allemandes, puis sur ceux qui en tirent profit, puis sur les pratiques policières racialisées à Neukölln, puis enfin sur les vies que la conscience allemande d’après-guerre (“plus jamais ça”) a réellement pour vocation de protéger.

En Grande-Bretagne, la campagne Palestine Action est passée de Gaza à l’usine d’une entreprise d’armement israélienne à Bristol, et l’État a réagi en inventant une nouvelle catégorie de terroristes composée principalement de retraités munis de feutres et de cartons.

Aux États-Unis, les campements qui exigeaient au départ un cessez-le-feu ont fini par réclamer la divulgation des avoirs des fonds de dotation. C’est alors que les forces anti-émeutes sont intervenues et que les administrateurs ont découvert les principes qui leur étaient chers.

La Palestine est un sujet tabou, car elle enseigne aux gens à se demander qui pilote la machine. Et aucun de ceux qui la gèrent ne souhaite que la réflexion se diffuse.

Race, travail et rempart

Theodor Herzl décrivait le futur État juif comme partie d’un rempart de l’Europe contre l’Asie, un avant-poste de la civilisation contre la barbarie. Dans ses journaux intimes, il imaginait apporter propreté, ordre et bonnes mœurs occidentales à ce qu’il qualifiait de recoin de l’Orient gangréné par la peste.

Si l’on écoute attentivement les propos du colonisateur, on constate que la liste de ses accusations n’est autre qu’une auto-description. Il les qualifie de crasseux alors que les MST sévissent dans les immeubles insalubres de ses propres villes industrielles. Il les taxe de barbares tout en supervisant les camps et les bombardements incendiaires de civils à grande échelle. Il les traite de fanatiques tout en citant les Écritures pour justifier une revendication territoriale. Il les qualifie de paresseux alors qu’il vit de leur travail. Il les juge perfides, alors qu’il est lui-même arrivé sous un mandat qu’il avait déjà décidé de violer. Et aujourd’hui, il les considère comme des violeurs tout en diffusant avec jubilation les viols collectifs de prisonniers. L’accusation est toujours un aveu. Ou, comme l’a si bien dit le psychologue juif Freud : une projection.

Lord Balfour, dont la déclaration est considérée comme un acte de philanthropie, entretenait à l’égard des Juifs des opinions qui seraient aujourd’hui qualifiées d’antisémites sans contestation aucune. L’Europe n’aimait pas les Juifs, du moins pas les pauvres ni ceux de gauche. L’Europe voulait qu’ils s’installent ailleurs, et souhaitait que cet “ailleurs” soit stratégiquement utile. Telle est l’origine de cet arrangement, et cela explique pourquoi les défenseurs les plus virulents d’Israël au sein des parlements européens d’aujourd’hui côtoient si aisément des partis qui font le commerce de la haine. Le sionisme a été, dès le départ, une façon d’exporter un problème européen et d’obtenir en retour une garnison.

Mais le problème n’était pas les Juifs. Une doctrine, et non un peuple, a franchi la Méditerranée, et cette doctrine était européenne. Les colonisateurs de la Palestine ont imposé le racisme et la suprématie blanche de l’Europe sur les terres d’autrui sous la bannière du sionisme et de la suprématie juive.

Pendant des décennies, les travailleurs palestiniens de Gaza et de Cisjordanie ont vendu leur force de travail à bas prix en Israël, construisant l’État qui leur a volé leurs terres. Lorsque cette main-d’œuvre est devenue politiquement problématique, Israël a importé des remplaçants du Népal, d’Inde, du Sri Lanka et de Thaïlande. Les gratte-ciel du Golfe se sont élevés de la même manière, grâce à des travailleurs d’Asie du Sud et d’Afrique soumis au système de la kafala, leurs passeports conservés dans le tiroir de leur employeur, leurs salaires retenus, leurs corps écrasés par une chaleur que personne parmi la classe capitaliste ne subira jamais. Et en Europe, ce même tri racial détermine quelle manifestation représente un risque pour l’ordre public et laquelle relève d’une tradition civique, quelle grand-mère est une sympathisante terroriste et laquelle exerce ses libertés ancestrales, quel quartier subira les chiens et le gaz poivré.

Un mouvement qui perçoit cette réalité en Palestine la percevra partout. C’est là tout le problème.

L’activisme climatique, une question palestinienne

La guerre menée par Israël est passée du massacre des populations à la destruction des lieux. Une analyse par télédétection réalisée pour le Programme des Nations unies pour l’environnement a révélé qu’au printemps 2025, plus de 97 % des cultures arboricoles de Gaza ont été endommagées, ainsi que la grande majorité des cultures annuelles, des zones arbustives et des prairies. Des analyses ultérieures ont évalué la destruction des cultures arboricoles à près de 98 %, la plupart des serres ayant disparu. Quelque 37 millions de tonnes de gravats jonchent désormais le territoire, imprégnés d’amiante et de métaux lourds. Forensic Architecture qualifie cette destruction agricole d’acte délibéré, d’écocide. Les oliveraies qui nourrissaient des familles depuis des siècles sont réduites à quelques souches. Et aujourd’hui, ils s’attaquent au Liban. Des milliers d’années d’histoire de l’humanité sont réduites à des paysages lunaires par la machine occidentale mortifère et destructrice.

L’armée américaine est le plus grand émetteur de gaz à effet de serre au monde. Les gouvernements qui sermonnent les plus démunis sur le sacrifice partagé sont ceux-là mêmes qui incinèrent l’écosystème de tout un territoire.

Quant aux pétro-monarchies, elles accueillent les sommets sur le climat, débarquent avec des délégations de dirigeants pétroliers, vendent à l’Europe de l’hydrogène et de l’énergie solaire du désert sous couvert de “transition verte”, tout en saccageant les terres et l’eau des agriculteurs d’Afrique du Nord. Les gouvernements européens leur achètent cette électricité et parlent de décarbonisation.

Soutenir vraiment la Palestine, c’est s’opposer au capitalisme fossile. D’où les efforts des gestionnaires du capital fossile, sous toutes les bannières et tous les uniformes, pour nous dissuader de soutenir la Palestine.

Ce que Diên Biên Phu a inspiré à Alger

La France a occupé l’Algérie pendant cent trente-deux ans et l’a déclarée “française”. En mai 1954, les Vietnamiens ont anéanti la garnison française à Dien Bien Phu et ont prouvé à tous les peuples colonisés attentifs que l’invincible peut être vaincu. Six mois plus tard, les Algériens ont déclenché leur guerre, et les dirigeants ont déclaré ouvertement d’où leur venait ce courage, à savoir de leurs frères et sœurs du Vietnam.

À l’époque, la solidarité n’était pas un hashtag. Abd el-Krim, ce Rifain qui a humilié une armée européenne au Maroc, a été sollicité par les Vietnamiens pour organiser politiquement les conscrits nord-africains pour leur éviter de finir comme chair à canon coloniale en Indochine. Les dockers ont refusé de charger des armes destinées au Vietnam. L’activité portuaire a ralenti. La phrase qui lui est attribuée reste d’actualité : la défaite de l’impérialisme dans une partie du monde vaut sa défaite dans une autre.

Les Algériens ont porté le flambeau encore plus haut, en aidant et finançant des mouvements de l’Amérique latine à l’Afrique australe, tandis qu’Israël armait les dictatures que ces mouvements combattaient.

Nelson Mandela, dont la mémoire a été momifiée en Occident précisément pour que l’on puisse oublier sa politique, a déclaré que c’est l’oppresseur qui définit les moyens de la lutte. Le droit international reconnaît le droit des peuples colonisés à la résistance, un fait qui disparaît dans les studios de télévision dès qu’on brandit un drapeau palestinien. En effet, aucune de ces victoires n’a été remportée par les urnes. Pas une seule. Le pouvoir n’a jamais été accordé aux colonisés tant que le colonisateur n’a pas d’abord été contraint de verser son sang pour l’obtenir.

L’Autorité dont ils sont friands

L’Autorité Palestinienne illustre parfaitement l’avenir auquel aspirent tous les gouvernements soumis à l’empire américain. Née des accords d’Oslo, financée par des donateurs, elle n’est rien d’autre qu’un exécutant : elle coopère avec les services de sécurité de l’occupant, arrête les militants, jette les journalistes en prison, gère un bantoustan tandis que ses cadres s’enrichissent et répriment la population en toute impunité. Fanon avait déjà été clair en 1961 : la bourgeoisie postcoloniale finirait par se réduire à des agents aux ordres de l’ancien maître, supervisant ce qu’il qualifiait de “pillage officialisé de son propre peuple”. Il disait vrai.

Voilà à quoi ressemble le modèle désormais universel. Une élite locale contrôlant la population au nom des intérêts du capital et qualifiant ces pratiques de “souveraineté”. Rabat nourrit cette ambition. Comme la sénatrice berlinoise qui interdit le port du foulard et, le même jour, valide une licence d’exportation, ou encore la rectrice d’université qui fait intervenir la police chez ses propres étudiants avant de témoigner au Congrès sur la sécurité des campus. Sans oublier le ministre de l’Intérieur qui reclasse un prêtre de quatre-vingt-trois ans en terroriste et parle d’État de droit, ou la députée portant un t-shirt “Tax the Rich” lors d’un gala à 35 000 dollars la place, avant de soutenir un budget d’un demi-milliard de dollars pour la défense antimissile israélienne alors que Gaza pourrait de faim.

L’espoir prêt à l’action

Je ne terminerai pas sur une note fataliste, car la fatalité est un luxe réservé à ceux qui observent de loin, en toute sûreté. Gramsci a écrit, depuis une prison fasciste, sur le pessimisme de l’intellect et l’optimisme de la volonté, et cette formule perdure parce qu’elle désigne une discipline plutôt qu’un état d’esprit.

L’espoir a des antécédents. Les Vietnamiens ont gagné. Les Algériens ont gagné. L’apartheid à Pretoria est tombé, et les Israéliens qui l’ont armé sont désormais confrontés à un monde au bord de l’explosion. Les peuples colonisés ne sont pas une masse inerte attendant que la conscience des puissants s’éveille. Ce sont eux qui, seuls, ont mis fin à tous les systèmes coloniaux.

Le combat est ingrat, et de longue haleine. Découvrez les histoires que l’empire a enterrées : l’Algérie, Haïti, le Vietnam. Identifiez le lieu où vous pouvez réellement agir : le port, l’usine d’armement, la fondation, le fonds de retraite, le transport maritime, le conseil municipal, la section syndicale. Rejetez le discours qui réduit une nation colonisée à une cause pathétique, sans politique ni droit à la résistance. Soutenez ceux qui luttent contre l’oppression.

Et vous saurez pourquoi ils vous haïssent, que l’ordre vienne d’un palais ou d’un parlement. Parce que vous menacez le statu quo. Parce qu’un drapeau peint sur un mur à Neuköln, un slogan scandé sur la place Tahrir, une pancarte en carton sur Parliament Square et un étudiant en master expulsé d’un immeuble new-yorkais n’ont qu’un seul et même but : mettre fin à notre monstrueux système d’oppression mondiale.

Nous ne voulons pas que d’une Palestine libre. Nous voulons une Palestine libre dans un monde libre. Les deux sont indissociables, et ceux qui contrôlent les détroits (comme nos écoles et nos médias) le savent mieux que personne.

 Karim pour BettBeat Media

Traduit par Spirit of Free Speech

https://ssofidelis.substack.com/p/pourquoi-les-puissants-detestent


jeudi 1 octobre 2026

Condamnée à mort parce que malade et originaire de Gaza


Par Diana Buttu


Le génocide perpétré par Israël est en train de détruire le système de santé à Gaza et en Cisjordanie, laissant les patients palestiniens atteints de cancer avec peu, voire aucune possibilité de traitement.

Um Mahmoud (*) se considère comme "l’une des rares chanceuses".

Originaire de Gaza, elle a reçu un diagnostic de cancer en 2020 après avoir souffert pendant des années de douleurs dorsales souvent invalidantes. Mais elle se trouvait justement à Ramallah, où elle suivait un traitement, lorsque la guerre génocidaire menée par Israël contre Gaza a éclaté en octobre 2023.

Près de trois ans plus tard, cependant, Um Mahmoud est confrontée à une autre forme de condamnation à mort : bien qu’elle ait échappé à la menace immédiate des bombes, des tirs et de l’effondrement du système de santé, elle est piégée en Cisjordanie occupée, où l’Autorité palestinienne ne peut plus financer son traitement en raison de la retenue par Israël des recettes fiscales.

Elle doit donc attendre, sans traitement, tandis que le cancer ravage son corps.

L’histoire d’Um Mahmoud raconte à la fois le cas d’une femme qui a désespérément besoin d’un traitement contre le cancer, et montre comment le génocide perpétré par Israël s’étend bien au-delà des frontières de Gaza.

Un parcours semé d’embûches, même avant le 7 octobre

Avant d’aborder l’histoire d’Um Mahmoud, il est important de décrire la situation du traitement du cancer en Cisjordanie et à Gaza avant 2023.

Le cancer figure toujours parmi les principales causes de décès en Palestine. Et bien que ses taux d’incidence du cancer soient comparables à ceux d’autres pays arabes de la région – et nettement inférieurs à ceux d’Israël –, la Palestine affiche un taux de mortalité plus élevé que la plupart de ses pays voisins.

Pourquoi ? Parce qu’il est extrêmement difficile d’accéder aux traitements.

Depuis des décennies – et bien avant octobre 2023 –, Israël isole et impose un blocus à la bande de Gaza. Cet isolement s’est également traduit par l’isolement de son système de santé. Israël limite ou bloque l’entrée de matériel essentiel et restreint les allers-retours des professionnels de santé et des spécialistes.

En conséquence, de nombreux types de traitements médicaux — y compris les traitements contre le cancer — ne sont pas disponibles à Gaza, ce qui oblige les Palestiniens de cette enclave à quitter la bande de Gaza pour se faire soigner ailleurs.

Par exemple, jusqu’à cette année, Israël interdisait l’entrée d’équipements de radiothérapie dans les hôpitaux de Cisjordanie et de la bande de Gaza, ce qui obligeait les patients à demander des autorisations pour se rendre à Jérusalem afin de se faire soigner à l’hôpital Augusta Victoria. (Des équipements de radiothérapie ont été autorisés pour la première fois cette année dans deux hôpitaux de Cisjordanie, m’a confié un médecin palestinien.)

Même dans ce cas, les interventions complexes et les greffes de moelle osseuse nécessitent un envoi vers les pays voisins – aux frais des patients ou à la charge de l’Autorité palestinienne.

Les hôpitaux de Gaza sont confrontés à des difficultés particulières pour traiter les patients atteints de cancer, car Israël refuse de laisser entrer des quantités suffisantes de médicaments et de matériel médical essentiel. En conséquence, certaines interventions chirurgicales spécialisées sont tout simplement impossibles à réaliser.

Pendant des années, les stocks de nombreux médicaments clés utilisés en chimiothérapie sont restés inférieurs à un mois d’approvisionnement, y compris le médicament dont Um Mahmoud avait besoin.

Elle a donc dû être transférée en Égypte ou en Cisjordanie – les deux seuls endroits capables de l’accueillir. Dans son cas, la Cisjordanie était la destination privilégiée, car elle ne se trouve qu’à 50 kilomètres (environ 31 miles ou, techniquement, 40 minutes en voiture) de Gaza.

Mais sortir de Gaza n’est pas une mince affaire. Dans le cadre de sa politique visant à maintenir isolés la Cisjordanie et la bande de Gaza, Israël n’autorise qu’un nombre très limité de Palestiniens à quitter la bande de Gaza – uniquement dans les cas qu’Israël a définis comme «humanitaires et exceptionnels».

Mais même cela ne garantit pas l’obtention d’un permis. Les demandes ne pouvaient être déposées que dans le but de bénéficier d’un traitement vital, ou d’un traitement sans lequel la qualité de vie serait considérablement affectée, et uniquement à condition que ce traitement ne soit pas disponible à Gaza et qu’aucune interdiction spécifique liée à la sécurité ne s’applique à la personne concernée.

Déposer une demande d’autorisation médicale revient à s’aventurer dans un véritable labyrinthe : cela nécessite une série d’autorisations, d’agréments et de garanties financières qui peuvent prendre des mois.

Dans la pratique, de nombreuses demandes sont rejetées sans motif ou restent sans réponse, et certaines ont été refusées pour des « raisons de sécurité ». Les patients (y compris les enfants) se retrouvent souvent contraints de quitter Gaza seuls, car les personnes qui les accompagnent (notamment leurs parents) se voient refuser les autorisations nécessaires.

Même une fois que les patients ont obtenu toutes les autorisations nécessaires, ils doivent se soumettre à un contrôle au poste-frontière d’Erez, qui comprend des fouilles et parfois des interrogatoires et des arrestations.

Pour les patients orientés vers des hôpitaux de Cisjordanie, le trajet implique également de franchir d’autres postes de contrôle israéliens, ce qui aggrave encore cette épreuve. L’Organisation mondiale de la Santé a noté en 2022 que, pour les cas courants, le délai d’obtention d’un permis varie entre 33 et 121 jours.

En raison de son état de santé, Um Mahmoud a réussi à obtenir un permis. Ce permis lui permet de suivre son traitement puis de retourner dans la bande de Gaza immédiatement après. Rester plus longtemps serait trop « humain » pour Israël. Proposer ce traitement à Gaza serait trop « humain » pour Israël.

Um Mahmoud a donc dû effectuer ce trajet toutes les quelques semaines, en passant par Erez, les postes de contrôle, les fouilles corporelles, etc.

En octobre 2023, elle a reçu une nouvelle prescription et s’est à nouveau rendue de Gaza en Cisjordanie pour y suivre un traitement. Quelques jours plus tard, la guerre génocidaire menée par Israël contre Gaza a éclaté. Elle n’est pas rentrée chez elle depuis lors.

En réalité, elle n’a plus de maison où retourner : Israël a bombardé sa maison en 2024. Elle me montre des photos de sa belle maison telle qu’elle était avant qu’Israël ne la réduise à un tas de décombres. Elle fait partie des dizaines de patients piégés en Cisjordanie, incapables de partir pour retourner à Gaza.

Condamnée à mort

En Cisjordanie, Um Mahmoud suivait son traitement, vivant dans une petite chambre d’hôtel transformée en appartement où elle et les autres patients de Gaza résidaient autrefois.

Au bout de plusieurs mois, l’Autorité palestinienne n’a plus été en mesure de payer la note de l’hôtel, et les patients ont dû se débrouiller seuls.

Elle a depuis quitté l’hôtel et vit désormais dans un modeste appartement qu’elle n’a pas les moyens de payer. Et en raison du refus persistant (et illégal) d’Israël de reverser les recettes fiscales palestiniennes, l’Autorité palestinienne n’est plus en mesure de financer son traitement.

Les recettes fiscales représentent environ 70 % du budget de fonctionnement de l’Autorité palestinienne, et c’est grâce à cet argent que celle-ci finance les hôpitaux, les cliniques, les médicaments, ainsi que les salaires des fonctionnaires, y compris ceux des médecins.

Selon des estimations prudentes, Israël aurait détourné plus de 5 milliards de dollars de l’Autorité palestinienne en guise de sanction pour l’appel lancé par celle-ci à la communauté internationale afin qu’elle intervienne pour mettre fin au génocide perpétré par Israël à Gaza. En conséquence, depuis des années, les fonctionnaires ne perçoivent pas l’intégralité de leur salaire.

Les hôpitaux et cliniques publics sont soit fermés, soit fonctionnent à capacité réduite. De plus, le ministère palestinien de la Santé est désormais à court de médicaments et de matériel médical, ce qui met en danger la vie de milliers de personnes – dont plus de 4000 patients atteints de cancer.

Les hôpitaux sont à court de 265 types de matériel médical spécialisé, tandis que les entrepôts du ministère de la Santé sont complètement à court de 726 types de médicaments, dont 50 sur les 97 médicaments utilisés pour traiter le cancer.

Quelques Palestiniens de Cisjordanie ont réussi à se rendre en Jordanie ou ailleurs pour se faire soigner – à condition d’avoir les moyens de faire le voyage et de le financer.

Mais pour d’autres, comme Um Mahmoud, partir à l’étranger n’est tout simplement pas une option – que ce soit pour des raisons financières ou parce qu’ils ne sont pas autorisés à quitter la Cisjordanie.

À un moment donné, Um Mahmoud a reçu suffisamment de médicaments pour une demi-semaine, mais ceux-ci se sont ensuite avérés indisponibles. Cela fait plus de cinq mois qu’elle ne dispose de son traitement que de manière intermittente.

Elle n’a pas les moyens d’acheter ces médicaments de sa poche. Elle ne peut pas non plus se permettre d’acheter tous les médicaments complémentaires, dont le coût peut s’élever à plusieurs milliers de dollars chaque mois.

Entre la recherche de sources d’aide pour ses médicaments et le paiement de son loyer, Um Mahmoud lutte pour survivre. Le cancer, me confie-t-elle, est désormais la partie la plus facile.

Elle a tenté d’obtenir des orientations vers des établissements hors de Palestine, mais ses demandes ont été rejetées en raison de sa carte d’identité de Gaza. Les Palestiniens de Gaza ont besoin de permis spéciaux délivrés par Israël pour pouvoir passer par le poste-frontière de la Jordanie, et ces permis ne sont pas accordés.

Et comme elle est originaire de Gaza, elle ne peut se rendre nulle part en dehors de la ville où elle réside, son permis n’étant valable que pour cette seule localité. Elle attend donc. Elle attend de savoir si l’Autorité palestinienne pourra à nouveau prendre en charge son traitement ; que Gaza s’ouvre pour qu’elle puisse retourner auprès de sa famille ; qu’on ait un peu pitié d’elle.

« On m’a condamné à mort », dit-elle, « et mon crime, c’est d’être une patiente atteinte d’un cancer originaire de Gaza. »

(*) Zeteo a changé le nom d’Um Mahmoud afin de protéger son identité.

Source :


mardi 29 septembre 2026

Le timeline prophétique selon un certain courant du judaïsme




Le Sanhédrin naissant a rendu une décision formelle demandant à Dieu d'éliminer les ennemis d'Israël, de révéler le Messie, de reconstruire le Troisième Temple et de rétablir la prophétie, marquant ainsi une autre étape importante pour les défenseurs modernes du Temple.

Selon Israel365 News, cette décision fait suite à plusieurs heures de délibération du tribunal rabbinique, dont les membres ont finalement approuvé une pétition en trois parties qui, selon eux, devrait être reconnue au Ciel comme sur terre.

La première résolution du Sanhédrin appelle au retrait des forces hostiles d'Israël et du peuple juif :

"Le tribunal décrète que tous les erev rav, tous les Amalécites, tous les Ismaélites, tous les traîtres de toute nature et toutes les forces du mal doivent quitter le peuple juif et la Terre d’Israël", stipule le jugement.

La deuxième résolution du tribunal demande à Dieu de révéler le Messie et de lever tous les obstacles empêchant la construction du Troisième Temple :

"Le tribunal prie le Saint, béni soit-Il, de révéler notre Messie juste", stipule la décision. "Le tribunal prie le Saint, béni soit-Il, d’écarter et d’effacer tout obstacle afin que nous puissions bâtir le Temple."

La résolution finale implore Dieu de rétablir la prophétie en Israël :

La décision demande "au Saint, béni soit-Il, de rétablir la prophétie pour le peuple juif et de protéger les prophètes de tous ceux qui cherchent à nuire aux prophètes d’Israël."

Selon Israel365 News, le Sanhédrin estime qu'un tribunal rabbinique terrestre a l'autorité pour rendre des décisions reconnues au Ciel, bien que le rapport note que toutes les autorités juives n'acceptent pas cette interprétation.

Le rabbin Josh Wander, qui a participé aux délibérations, a déclaré qu'il s'était initialement demandé si le tribunal devait aller de l'avant.

"En accélérant les choses, nous risquons aussi d’aggraver considérablement la situation à court terme, et de la rendre beaucoup plus douloureuse", a déclaré Wander.

Wander a déclaré que le tribunal considérait ces résolutions comme une série d'étapes menant à la rédemption plutôt que comme une demande unique.

"Il ne s'agit pas seulement du Messie", a-t-il déclaré. "Il s'agit des étapes qui doivent se dérouler auparavant, notamment l'élimination de nos ennemis."

Il a également lancé un avertissement: "Si cela a l'effet que nous espérons, ou que nous pensons qu'il a, vous devriez vous accrocher, car les choses vont devenir très difficiles très bientôt."

La récente décision du Sanhédrin nous rappelle une fois de plus que les préparatifs et les attentes concernant le futur Temple continuent de croître en Israël. Bien que nous croyions que Jésus-Christ est le Messie promis, l'Écriture évoque également le rôle du futur Temple dans les événements qui précèdent son second avènement, ce qui rend ces développements particulièrement significatifs pour ceux qui observent l'accomplissement des prophéties bibliques.

Traduction littérale de l'article trouvé ici:

https://mycharisma.com/propheticrevival/sanhedrin-issues-historic-ruling-calling-to-heaven-for-messiah-and-third-temple/

Le cadre établi par Maïmonide dans Hilkhot Melachim confirme ce même ordre. Le Roi Messie apparaît, restaure la monarchie davidique, reconstruit le Temple et rassemble les dispersés. Un candidat est présumé être le Messie lorsqu'il étudie la Torah, fortifie Israël dans sa pratique et combat pour Dieu ; sa mission n'est confirmée que lorsqu'il réussit à reconstruire le Temple et à rassembler les exilés.

Lire la suite:

https://blogs.timesofisrael.com/a-court-cannot-summon-the-messiah-on-the-limits-of-the-sanhedrins-authority/





dimanche 27 septembre 2026

Un ministre israélien préconise de tuer de « 30 à 40 » personnes à Gaza chaque nuit

 


Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, a tenu ces propos lors d’un entretien avec un ancien otage détenu à Gaza, Rom Braslavski, dans le cadre du balado de ce dernier. Alors que les deux hommes discutaient de la reprise des activités en Israël après l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023, Ben-Gvir a critiqué la récente réduction des frappes israéliennes à Gaza.

« Ce n’est un secret pour personne, je ne suis pas d’accord avec le premier ministre, a-t-il déclaré. Il faudrait mener des assassinats ciblés à Gaza, en éliminant de 30 à 40 personnes chaque nuit. Pas seulement celles qui représentent une menace immédiate — il y a là-bas des gens qui ne méritent pas de vivre. Ils ne devraient pas vivre. Ce ne sont même pas des êtres humains. »

Le Devoir




Ben-Gvir, ce tortionnaire en costume, propose son plan : « Éliminations ciblées », 30, 40 par nuit. Pas des cibles, des êtres humains. Des femmes, des enfants, des vieillards, des handicapés. Il les appelle des « personnes » par générosité, dit-il. Comme s'il faisait une concession.

Il parle de les tuer comme on parle de faire le ménage. Des dizaines de vies, chaque nuit, pour un « sentiment de sécurité ». Le cynisme est total. Le crime, assumé.

Pour eux, tout Palestinien est un terroriste potentiel, de la naissance à la tombe. La femme qui accouche donne naissance à un terroriste. Le vieillard a passé sa vie à être un terroriste. Une logique paranoïaque qui justifie n'importe quelle atrocité.

Ce discours n'est pas inédit. Il y a 80 ans, le même langage était tenu sur les Juifs : déshumanisation, élimination, assainissement. Ben-Gvir réécrit l'histoire, avec les Palestiniens en victimes, et les mêmes mots de barbares.

C'est une promesse de génocide. Et il l'assume devant les caméras.

La prochaine fois que vous verrez les corps d'enfants palestiniens sous les décombres, rappelez-vous : ces « opérations ciblées » dont il parle, il les appelle des « personnes » par générosité. Et demandez-vous : qui sont les vrais nazis ?



samedi 26 septembre 2026

L’actrice Susan Sarandon arrêtée à New York lors d’une manifestation contre Netanyahou



Susan Sarandon a été interpellée jeudi 24 septembre à New York lors d’un rassemblement organisé près du siège des Nations unies. Les manifestants réclamaient notamment l’arrêt des livraisons d’armes à Israël et dénonçaient la guerre menée à Gaza. L’actrice de « Thelma et Louise » a été menottée par la police avec plusieurs autres personnalités.



À 79 ans, Susan Sarandon reste l’un des visages les plus connus du cinéma américain. Révélée au grand public par The Rocky Horror Picture Show, elle est surtout devenue mondialement célèbre avec Thelma & Louise. Elle a ensuite tourné dans Le Client, Ma meilleure ennemie et La Dernière Marche, rôle qui lui a valu l’Oscar de la meilleure actrice.

Lors de la manifestation, l’actrice était assise parmi plusieurs centaines de manifestants près du siège de l’ONU lorsque la police new-yorkaise est intervenue. Le rassemblement, organisé par Jewish Voice for Peace, se déroulait alors que Benyamin Netanyahou était à New York pour prendre la parole devant l’Assemblée générale des Nations unies.

Les participants avaient investi la chaussée avec des pancartes portant notamment les messages « Stop Arming Israel », « Free Palestine » et « Fund People Not Bombs ». Selon Reuters, la police a demandé à plusieurs reprises aux manifestants de quitter la route. Une partie d’entre eux est restée assise, entraînant les interpellations.
Susan Sarandon menottée avec d’autres personnalités

Les images diffusées depuis New York montrent Susan Sarandon emmenée les mains attachées dans le dos. Elle n’était pas la seule personnalité connue présente dans le cortège. L’actrice Hannah Einbinder, récompensée pour son rôle dans la série « Hacks », Chelsea Manning, l’actrice Indya Moore ou encore plusieurs responsables politiques locaux figuraient parmi les personnes arrêtées, selon les organisateurs.

Jewish Voice for Peace affirme que 104 personnes ont été interpellées. Reuters faisait de son côté état d’au moins 30 arrestations dans son premier bilan publié pendant la manifestation. Parmi les participants se trouvaient également Elliot Page, Cynthia Nixon, les musiciennes Lucy Dacus et Julien Baker ainsi que plusieurs élus et candidats démocrates.

La revendication était clairement affichée : couper le soutien militaire américain à Israël. Susan Sarandon a été filmée au milieu des manifestants tandis que ceux-ci scandaient « Let Gaza live, stop arming Israel », soit « Laissez Gaza vivre, cessez d’armer Israël ».

Une manifestation organisée pendant la venue de Netanyahou à l’ONU

Le choix de la date n’avait rien de fortuit. Les manifestants s’étaient réunis à quelques rues des Nations unies au moment où le Premier ministre israélien devait intervenir devant l’Assemblée générale. Des dizaines de délégations ont par ailleurs quitté la salle au début de son discours.

Le rassemblement visait autant la politique du gouvernement israélien que le soutien militaire apporté par Washington. Le financement et les livraisons d’armes américaines à Israël occupent depuis plusieurs années une place centrale dans les mobilisations pro-palestiniennes aux États-Unis.

Ce sujet reste d’actualité : un nouveau projet américain d’armement destiné à Israël portant sur des dizaines de milliers de bombes a récemment été soumis au Congrès.
« Mettre fin au génocide » parmi les slogans

Des pancartes réclamaient également de « mettre fin au génocide ». La formule correspond à la position défendue par les organisateurs et par plusieurs manifestants. Elle ne repose cependant plus uniquement sur leur qualification politique : en septembre 2025, la Commission d’enquête internationale indépendante mandatée par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a conclu qu’Israël avait commis et continuait de commettre un génocide contre les Palestiniens de Gaza. Israël rejette cette conclusion. La Cour internationale de Justice n’a pas encore rendu de jugement définitif sur le fond de la procédure engagée par l’Afrique du Sud.

Susan Sarandon affiche depuis plusieurs années son soutien aux Palestiniens et participe régulièrement à des rassemblements contre la guerre à Gaza. Cette fois, son engagement s’est terminé à bord d’un véhicule de police, avec les autres manifestants restés sur la chaussée malgré les sommations du NYPD.

Source :

vendredi 25 septembre 2026

L'aveu d'Amichai Chikli





Amichai Chikli, ministre israélien des Affaires de la diaspora, le dit devant les caméras, sans gêne, sans crainte :

« Nous avons créé un système d'alliances en Europe comme rien de tel n'existait auparavant, avec la droite conservatrice profonde. »

Il cite les noms. Il les revendique. Il les assume.
Santiago Abascal, leader de Vox en Espagne – « la voix la plus sioniste qui soit ». Jordan Bardella et Marine Le Pen en France – « une véritable proximité ». Il ajoute, fier : ils sont en tête dans tous les sondages.

Ce qu'il ne dit pas, c'est comment ça fonctionne.

Derrière ces belles déclarations, il y a des millions injectés dans des campagnes. Des relais médiatiques achetés. Des think tanks créés pour diffuser le narratif. Des campagnes de diffamation contre les opposants. Des menaces, des pressions, des chantages. La méthode est rodée : on repère un pays, on identifie l'opposant docile, on le finance, on le soutient, on le propulse au pouvoir. Et une fois élu, il sert l'agenda sioniste. Comme en Slovénie. Comme en Espagne. Comme en Colombie. Comme bientôt en France.

Les électeurs français, espagnols, européens, continuent de voter pour ceux qui, une fois élus, s'agenouilleront devant Tel-Aviv.

Mais rassurez-vous, ce n'est pas de l'ingérence. C'est "la droite conservatrice profonde". Et eux, ils ne font que dire la vérité. Le reste, c'est vous qui le faites, en glissant un bulletin dans l'urne pour ceux qui ont déjà prêté allégeance.

Accusons les Russes, c'est plus fun.



jeudi 24 septembre 2026

L’Occident continuera-t-il à fermer les yeux sur les colonies sionistes ?



L’"Occident" porte lui aussi une responsabilité dans l’expansion progressive des colonies illégales en Cisjordanie occupée par Israël. Les régimes occidentaux ont toujours évité de prendre des mesures susceptibles de dissuader Israël ou de lui imposer des sanctions. Les aides provenant de l’Occident jouent un rôle important dans le maintien des colonies sionistes illégales.

Les régimes occidentaux qui prétendent défendre la solution à deux États ne se contentent pas de fermer les yeux sur la disparition du terrain nécessaire à la création d’un "État de Palestine", ils y contribuent.

Aux États-Unis, les campagnes destinées à financer les colonies illégales ou à recueillir des dons au profit d’organisations de colons existent déjà depuis longtemps. Dans un article publié le 6 août dans Foreign Affairs, la revue du Council on Foreign Relations (CFR), Michael Fuchs soulignait que le soutien américain encourageait Israël à procéder à une annexion progressive de la Cisjordanie et sapait les espoirs de paix des Palestiniens par une oppression systématique. Michael Fuchs n’est pas n’importe qui : il a occupé de hautes fonctions à la Maison-Blanche et au département d’État sous les administrations Obama et Biden.

Dans cet article, Fuchs attirait l’attention sur le fait que le soutien américain était devenu un "chèque en blanc" pour Israël. Il écrivait :
"Ces dernières années, ce soutien a permis à Israël de mener à Gaza une action qu’une commission d’enquête de l’ONU a qualifiée de ‘génocide’."

Le soutien occidental à Israël sous pression

En ce qui concerne le Royaume-Uni, Declassified UK avait révélé au début de cette année que plus de 2 000 citoyens britanniques avaient servi dans l’armée israélienne pendant le génocide à Gaza. Des plaintes déposées indiquaient que dix citoyens britanniques, dont des binationaux, avaient commis des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité alors qu’ils combattaient à Gaza pour le compte de l’armée israélienne (IDF).

Parmi les accusations visant ces soldats figuraient des crimes internationaux tels que "l’homicide intentionnel, le génocide, les attaques contre des civils ainsi que la déportation ou le transfert forcé de population".

La Metropolitan Police de Londres (Met) avait dans un premier temps limité le champ de son examen à quatre citoyens britanniques pouvant être identifiés. En avril 2026, elle avait toutefois informé les plaignants qu’aucune enquête pénale ne serait menée. Mais le mois dernier, la police londonienne a changé de position en annonçant qu’une "nouvelle étude visant à déterminer le périmètre de l’affaire" serait menée concernant ces quatre citoyens britanniques. Cette évolution montrait que la pression de l’opinion publique commençait à produire des effets.

Par ailleurs, il est également connu qu’un grand nombre de citoyens américains ont servi comme soldats dans l’armée israélienne et participé au génocide à Gaza.

De même, au Royaume-Uni, les plaintes concernant les aides financières versées à des colons sionistes illégaux par l’intermédiaire de prétendues organisations caritatives avaient auparavant été écartées. Mais dans un article publié le 5 août, Declassified UK indiquait que la Charity Commission avait ouvert une enquête contre huit organisations accusées d’avoir transféré des millions de livres sterling aux colonies illégales. Pour une raison inconnue, la Commission garde toutefois secrète l’identité de ces huit organisations.

Declassified a qualifié cette évolution de "mesure sans précédent". Commentant cette décision, le député travailliste Grahame Morris déclarait :
"L’idée que les contribuables britanniques puissent financer une organisation qui aide des personnes à s’installer dans des colonies israéliennes illégales en Cisjordanie m’horrifie."

Abtisam Mohamed, députée travailliste et membre de la commission des Affaires étrangères du Parlement britannique, indiquait pour sa part qu’il existait des preuves montrant qu’au moins 32 organisations caritatives finançaient les colonies illégales. Abtisam Mohamed estimait que la Commission devait enquêter sur toutes les organisations apportant un soutien financier aux colonies illégales.

Les financements des colonies sionistes dans le viseur

Les groupes sionistes, qui disent craindre une interruption des aides financières aux colonies illégales, demandent à Israël d’intervenir auprès du gouvernement britannique. Selon les sionistes religieux, ces enquêtes risquent de compromettre les efforts internationaux de collecte de dons et menacent la stabilité financière des "écoles de Torah" des colons en Cisjordanie.

Il est indiqué que ces enquêtes sont liées à la reconnaissance par Londres de l’État de Palestine ainsi qu’à sa politique interdisant tout soutien aux activités liées aux colonies illégales. L’aile résolument pro-israélienne du Parti travailliste œuvre quant à elle pour que ces enquêtes n’aboutissent pas.

Comme aux États-Unis, il apparaît qu’au Royaume-Uni aussi, l’évolution de l’opinion publique défavorable à Israël ne peut plus être facilement ignorée. En Occident, le soutien à Israël commence à devenir un sujet politiquement "brûlant".




mardi 22 septembre 2026

Le “Conseil de paix” de Gaza



Le plan de Trump n’est pas censé mettre fin au conflit ni stopper le génocide en cours, mais de permettre à Israël de le parachever — couronnement du rêve sioniste. Et Trump l’a très bien compris.



Le “Conseil de paix” de Gaza




Il n’y a pas de cessez-le-feu à Gaza. Il n’y a pas de “Conseil de paix” opérationnel. Il n’y a pas de feuille de route pour mettre fin au génocide ni de mécanisme pour la création d’un État palestinien. Depuis sa création, Israël a refusé de mettre en œuvre ou de respecter la moindre des conditions du “Plan global mettant fin au conflit à Gaza” de Trump. Il ne les honorera pas plus aujourd’hui.

Seul le génocide prévaut. Il change de forme et d’intensité, mais son essence reste la même.

Le plan de Trump n’est qu’un mirage, un tour de passe-passe, un projet vaniteux et éphémère. En octobre 2025, Trump a réuni les dirigeants mondiaux à Charm el-Cheikh, en Égypte, pour annoncer son accord de paix dont il a déclaré qu’il avait “pris 3 000 ans” à se concrétiser, avant de disparaître de la scène. Ce plan de paix, à l’instar des effets d’optique qui caractérisent l’ère Trump, a été relégué dans les limbes de l’oubli, tandis que notre commandant en chef aux allures de P.T. Barnum nous sert un nouveau spectacle des plus sanglants : la guerre contre l’Iran.

Trump a annoncé le 30 juillet un accord “historique” impliquant “le désarmement complet du Hamas et de tous les autres groupes armés de Gaza”.

Il a qualifié ce plan en 15 points, attribué au Conseil de paix — qui ne compte aucun représentant palestinien et a nommé Trump à sa présidence à vie —, d’“avancée monumentale vers une paix et une sécurité durables”.

Mais le Hamas a rapidement nuancé ces exigences en précisant que la remise de ses armes lourdes ne sera conditionnée qu’après l’arrêt de “toute forme” d’“agression” de la part d’Israël et au retrait de ses forces d’occupation de Gaza. Benjamin Netanyahu a allègrement rejeté la proposition de Trump. Israël, a-t-il déclaré, ne retirera pas ses troupes tant que le Hamas ne sera pas “véritablement” désarmé.

Ce qui revient à dire jamais.

Le plan de paix — approuvé par les Nations unies au mépris flagrant de la souveraineté palestinienne et du droit international — n’a jamais été qu’un coup médiatique. Il sert à fournir à Israël une couverture diplomatique pour mener à bien son génocide — l’“émigration volontaire” des Palestiniens de Gaza —, euphémisme désignant un nettoyage ethnique.

Depuis l’entrée en vigueur du “cessez-le-feu” le 10 octobre 2025, deux mois avant que le “plan de paix” de Trump ne soit officialisé, Israël a tué 1 258 Palestiniens à Gaza.

Des cessez-le-feu qui se soldent par un tel bilan ne sont pas des cessez-le-feu.

Une fois Gaza vidée de ses habitants, ce sera au tour de la Cisjordanie.

De tous les innombrables plans de paix élaborés au fil des décennies, celui-ci est le moins sérieux.

Mis à part l’exigence imposée au Hamas de libérer les otages dans les 72 heures suivant le début du cessez-le-feu — ce qui a été fait —, il manque de précisions et de calendrier contraignant. Il regorge de clauses restrictives donnant à Israël toute latitude pour dénoncer l’accord.

C’est là tout le problème.


“Il n’est pas conçu pour être une voie viable vers la paix, ce que la plupart des dirigeants israéliens ont compris”, ai-je écrit lorsque le plan a été annoncé. “Le journal israélien le plus diffusé, Israel Hayom, fondé par le défunt magnat des casinos Sheldon Adelson pour servir de porte-voix au Premier ministre Benjamin Netanyahu et défendre le sionisme messianique, a conseillé à ses lecteurs de ne pas s’inquiéter du plan Trump car il ne s’agit que de ‘rhétorique’”.

“Israël”, ai-je noté, “ne se retirera pas des zones prétendument évacuées tant que le Hamas n’aura pas pleinement respecté l’accord”, pour reprendre les termes proposés.

“Qui décide si le Hamas a ‘pleinement respecté’ l’accord ?. Israël. Quelqu’un croit-il en la bonne foi d’Israël ? Peut-on faire confiance à Israël en tant qu’arbitre objectif de l’accord ? Si le Hamas — diabolisé comme un groupe terroriste — s’y oppose, qui l’écoutera ?

“Comment est-il possible qu’une proposition de paix ignore l’avis consultatif rendu en juillet 2024 par la Cour internationale de justice, qui réitère que l’occupation israélienne est illégale et doit prendre fin ? Comment peut-elle omettre de mentionner le droit à l’autodétermination des Palestiniens ?

“Qui a autorisé les États-Unis à envoyer à Gaza une ‘Force internationale de stabilisation’, un terme euphémique pour désigner une occupation étrangère ? Pourquoi Israël, qui a détruit Gaza, n’est-il pas tenu de verser des réparations ?”

92 % des bâtiments résidentiels de Gaza ont été endommagés ou détruits et environ 81 % de l’ensemble des structures sont détruites, selon les estimations de l’ONU. La bande de Gaza a été réduite à 61 millions de tonnes de décombres, dont 9 millions de tonnes de déchets dangereux comprenant de l’amiante, des déchets industriels et des métaux lourds, sans compter les munitions non explosées et environ 10 000 cadavres en décomposition. Israël a démoli quelque 1 500 bâtiments depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu.

Comment peut-on croire qu’Israël, déterminé à raser Gaza, reviendra sur sa décision pour permettre aux Palestiniens de reconstruire ce pour quoi il a consacré tant de temps, d’argent et de sang à détruire ?

Le général de division à la retraite Giora Eiland, ancien chef du Conseil de sécurité nationale israélien, a confirmé ce point de vue dimanche sur la station de radio israélienne 103FM.

“Israël n’a aucun intérêt à ce que Gaza soit reconstruite. Il vaut mieux pour nous qu’elle reste en ruines pour les générations à venir”, a déclaré Eiland.

“Plus le désespoir grandit à Gaza, plus la destruction est importante, et plus le monument commémorant ce qu’ils ont commis le 7 octobre sera imposant dans les années à venir, et c’est une bonne chose”, a-t-il ajouté.

Israël n’autorisera jamais la reconstruction de Gaza. Il ne remettra jamais en état les établissements de santé ni les stations d’épuration. Il ne cédera jamais le pouvoir à une Force internationale de stabilisation (ISF), qui n’existe que sur le papier. Il n’autorisera jamais la création du Comité national pour l’administration de Gaza ni n’acceptera l’autodétermination et la création d’un État palestinien.

Trump promet une “Riviera de Gaza” qui fonctionnerait comme une “zone économique spéciale” — un territoire échappant à la législation nationale et entièrement régi par des investisseurs privés, à l’instar de la “ville charter” soutenue par Peter Thiel au Honduras. Mais la “Riviera de Gaza” de Trump n’est rien d’autre qu’un pathétique campement provisoire situé le long de la ligne de cessez-le-feu près de Rafah. Elle se compose de “cabines préfabriquées” placées sous administration palestinienne et d’une minuscule force de sécurité internationale, selon The Guardian.

Ce projet est présenté, tant bien que mal, comme un projet pilote.

Malgré quelque 17 milliards de dollars de promesses de dons au Conseil de la paix, fin mai 2026, pas un seul dollar n’avait encore été versé au fonds officiel de reconstruction de Gaza géré par la Banque mondiale. Seuls environ 23 millions de dollars ont été réceptionnés par des voies alternatives pour couvrir les frais de fonctionnement, auxquels s’ajoutent 100 millions de dollars promis par les Émirats arabes unis et destinés à une future force de police palestinienne, bien qu’ils soient toujours “gelés”, selon le Financial Times.

Ce qui représente environ 0,72 dollar pour chaque tranche de 100 dollars promis.

Compte tenu des lourds coûts économiques supportés par les pays donateurs du Golfe et de la région en raison de la guerre des États-Unis et d’Israël contre l’Iran – notamment Bahreïn, la Jordanie, le Koweït, le Qatar, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis –, il est fort improbable que les fonds promis puissent être versés.

L’Union européenne, l’ONU et la Banque mondiale, dans une évaluation publiée en avril, ont estimé que 71,4 milliards de dollars seraient nécessaires pour la reconstruction de Gaza.

Le Conseil de paix, dont le diplomate bulgare Nickolay Mladenov est le responsable principal, a désespérément besoin de fonds. Les États-Unis ont tenté de s’approprier 11 milliards de dollars provenant des recettes fiscales palestiniennes et des fonds bancaires gelés retenus par Israël, une initiative rejetée par l’Autorité palestinienne (AP). La retenue par Israël des recettes fiscales a aggravé la crise financière en Cisjordanie, l’AP ayant réduit de moitié les salaires de milliers de fonctionnaires palestiniens.

L’ISF, une force multinationale de maintien de la paix censée être composée de troupes venues d’Albanie, du Kosovo, du Kazakhstan, du Maroc, d’Ouganda et d’Indonésie — cette dernière ayant depuis suspendu son engagement —, fait également défaut.

Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, et la ministre des Colonies et des Missions nationales, Orit Strook, ont exigé que Netanyahu reconvoque le Cabinet de sécurité pour que le vote du 26 juillet autorisant l’entrée des troupes de l’ISF soit annulé.

L’ensemble du projet Trump relève du contes de fées, façon Alice au pays des merveilles.

À Gaza, quiconque s’approche de la ligne jaune — qui ne cesse d’être déplacée et reste mal balisée — est abattu. Des policiers sont abattus. Des dirigeants du Hamas, ainsi que leurs familles — dont notamment Azzam Khalil al-Hayya, le fils de Khalil al-Hayya qui était à la tête du bureau politique du Hamas et le principal négociateur de la faction — ont été assassinés. Les Palestiniens faisant la queue devant les cantines et ceux qui leur distribuent de l’aide ont été déchiquetés par les bombes larguées par Israël (fabriquées et livrées par les États-Unis). Israël limite l’aide alimentaire et humanitaire à la moitié du nombre de camions prévu dans l’accord de cessez-le-feu.

Les Palestiniens, dont 90 % ont été déplacés, continuent de vivre dans des camps de tentes au beau milieu des décombres et de mares d’eaux usées à ciel ouvert. Ils sont privés de toilettes et d’électricité. Le taux de chômage atteint 80 %. Des dizaines de milliers d’enfants souffrent de malnutrition aiguë à Gaza. En moyenne, un enfant est tué chaque jour.

Tacite l’avait compris. “Où ils ont fait un désert, ils disent qu'ils ont fait la paix”.

Le plan de Trump n’a pas pour but de mettre fin au conflit. Il n’est pas destiné à offrir un règlement équitable aux Palestiniens. Il n’est pas conçu pour mettre un terme au massacre collectif en cours. Il doit permettre à Israël de parachever son génocide et chasser les Palestiniens survivants de leur patrie — couronnement du rêve sioniste.

Trump, aussi borné soit-il, l’avait très bien compris.

Traduit par Spirit of Free Speech

https://ssofidelis.substack.com/p/le-conseil-de-paix-de-gaza




lundi 21 septembre 2026

L’impunité d’Israël doit prendre fin



La charte des Nations Unies stipule que toutes les résolutions du Conseil de sécurité sont légalement contraignantes en vertu du droit international. L’une des conditions pour être admis à l’ONU est que les États membres doivent se conformer aux résolutions de l’ONU. Tout pays qui n’est pas cohérent et régulier dans le non-respect du droit international et des résolutions de l’ONU devrait en effet être expulsé de l’ONU.

Israël est de loin le plus flagrant violeur des résolutions de l’ONU, depuis 1948, Israël a ignoré environ 450 à 550 résolutions de l’Assemblée générale des Nations Unies, a fait l’objet de plus de 230 résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies, a rejeté et n’a pas mis en œuvre 32 d’entre elles, et en 2006, Israël avait été condamné dans 112 résolutions par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies.

Depuis 1972, il y a eu 59 veto sur des résolutions liées à Israël. Cela fait 54 ans depuis 1972 jusqu’à ce 59e veto fin 2025. C’est essentiellement une fois par an. Une fois par an pendant 54 ans, l’ONU a interrogé sur Israël et le Conseil de sécurité l’a bloqué. Chacune de ces résolutions liées à Israël a été bloquée par les États-Unis.

Depuis 2023, Israël a défié toutes les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU sur Gaza. Le Conseil de sécurité a adopté des résolutions de cessez-le-feu et Israël les a désobéies. La Cour internationale de Justice a ordonné à Israël d’arrêter d’empêcher la livraison de l’aide nécessaire, et Israël l’a désobéi. La Haye l’a exigé. Genève l’a exigé. La conscience humaine l’a exigé. Pourtant Israël continue de le désobéir.

Si le monde s’inquiète des programmes nucléaires secrets, il y a un pays qui n’autorise aucun inspecteur de l’AIEA, avec une résolution 487 du Conseil de sécurité de l’ONU en 1981 qui dit : « appelle Israël à placer d’urgence ses installations nucléaires sous les garanties de l’AIEA. » Israël refuse.

Israël se comporte comme un État voyou au sein de l’ONU, pourtant son impunité va au-delà des simples violations des résolutions de l’ONU...

Israël a tué—délibérément, dans la plupart des cas—un nombre record de personnel de l’ONU. Israël a assassiné près de 400 personnels de l’ONU—servant sous le drapeau bleu de l’ONU—depuis le 7 octobre 2023 seulement ; environ dix fois plus élevé que les pertes de l’ONU dans toutes les autres zones de conflit mondiales combinées sur la même période..

Pour la première fois dans l’histoire des Nations Unies. Israël a pris le contrôle du quartier général de l’ONU et a hissé le drapeau israélien au-dessus des bâtiments. Israël a attaqué des centres de distribution alimentaire de l’ONU, bombardé des écoles de l’ONU utilisées comme abris par les gens, ciblé des convois de l’ONU transportant des travailleurs humanitaires se rendant vers des enfants affamés. Israël a également ciblé des entrepôts de fournitures médicales et des hôpitaux, et bombardé des installations de l’ONU ; au moins 420 installations distinctes de l’ONU ont été directement touchées, endommagées ou occupées par Israël à travers la Palestine et le Liban, depuis le 7 octobre 2023.

À ce jour, Israël a tué sept Casques bleus de l’ONU et blessé près d’une douzaine d’autres portant l’uniforme de l’ONU sous le drapeau de l’ONU au Liban. Attaquer des Casques bleus de l’ONU est une abomination qui, par le passé, était perpétrée par des terroristes, mais jamais par des membres de l’ONU. Certains d’entre vous ont prétendu se soucier de ce que l’ONU avait à dire en 1948 ; vous souciez-vous du fait que l’ONU d’aujourd’hui a perdu plus de personnels de l’ONU tués au cours des trois dernières années que dans tout autre conflit ou crise unique dans l’ensemble des 81 ans d’histoire des Nations Unies.

Israël a violé le droit international, le droit international humanitaire, le droit des droits de l’homme, les Conventions de Genève et de Vienne, la Cour pénale internationale (CPI) et le Statut de Rome, la Convention de 1994, la Charte de l’ONU et les résolutions du Conseil de sécurité... Israël a violé toutes les normes internationales à ce jour...

Tout pays qui n’est pas cohérent et régulier dans le non-respect du droit international et des résolutions de l’ONU devrait en effet être expulsé de l’ONU. Israël ne peut pas continuer à être traité comme un membre à part entière de l’ONU. C’est ce que dit la Charte de l’ONU. Israël ne devrait-il pas maintenant être expulsé de l’ONU en vertu du droit international ?

Ce monde a complètement perdu son sens.

dimanche 20 septembre 2026

L’Iran


Bibi ne veut pas d’un Iran qui fonctionne. Il veut un autre Nagasaki, un autre Hiroshima ; la dévastation à perte de vue. C’est l’avertissement de Netanyahou à ceux qui osent défier l’État d’Israël. Maintenant, il a simplement besoin de créer l’environnement approprié (faux drapeau) pour qu’une attaque nucléaire semble justifiable. (Lire Atomiser l’Iran ?)




Dr Jose Cuauhtemoc Cervantes


L’Iran n’est pas un pays arabe et il cache des secrets qui laissent le reste du monde bouche bée.

1) Ce ne sont pas des Arabes

Bien que la majorité soient musulmans, 60 % de la population est d’ethnie perse. Leur langue officielle n’est pas l’arabe, mais le farsi, une langue indo-européenne.

2) La capitale mondiale des rhinoplasties

Téhéran détient le titre de la ville avec le plus grand nombre d’opérations du nez par habitant au monde. C’est un symbole de statut si important que les gens portent fièrement le pansement dans la rue pendant des mois. 

3) L’origine du mot « Assassin »

Le terme provient des Hashashin, une secte mystique et un ordre militaire de mercenaires qui opérait depuis des forteresses dans les montagnes d’Iran aux XIe et XIIe siècles.

4) Le geste du pouce levé est une insulte

Dans la culture iranienne traditionnelle, faire le geste du pouce levé ne signifie pas « tout va bien » ; c’est considéré comme une insulte équivalente à montrer le doigt d’honneur.

5) L’invention de la réfrigération antique (Yakhchal)

Il y a plus de 2 400 ans, les Perses ont construit des structures coniques dans le désert capables de stocker de la glace en plein été sans électricité.

6) 90 % du safran du monde vient d’ici

L’Iran est le géant absolu de l'« or rouge ». Le safran iranien est le plus convoité et le plus cher de la planète en raison de sa récolte artisanale.

7) Nature extrême : Ski et désert le même jour

Tu peux skier le matin dans la neige de la chaîne de l’Alborz et marcher l’après-midi à plus de 50 °C dans le désert de Lut.

8) Les inventeurs des moulins à vent

Dans la région de Nashtifan, des moulins à vent à axe vertical faits d’argile et de bois, datant de plus de 1 000 ans, fonctionnent encore.

9) Le défaut intentionnel dans leurs tapis

Les célèbres tapis perses mettent des années à être tissés à la main. Cependant, les tisserands laissent un petit défaut exprès, guidés par la croyance que « seul Dieu est parfait ».

10) Le dernier refuge du guépard asiatique

L’Iran est le seul pays de la planète où le guépard asiatique survit encore à l’état sauvage, une espèce au bord de l’extinction critique.

11) Le berceau du jeu de polo

Le jeu de polo (Chogān) est né dans l’ancienne Perse il y a plus de 2 500 ans, conçu à l’origine comme un entraînement pour la cavalerie royale.

12) L’origine du mot « Paradis »

Le mot « paradis » provient de l’ancien persan Pardis, qui signifie « jardin clos », en référence aux majestueux jardins perses.

13) L’une des civilisations continues les plus anciennes

L’histoire urbaine et impériale de l’Iran s’étend sur plus de 7 000 ans. Persépolis reste une merveille architecturale de l’Antiquité.

14) L’île aux terres colorées et à la plage rouge

L’île de Hormuz est célèbre pour ses collines multicolores et ses plages de sable rouge éclatant dues à la forte concentration de minéraux et de fer.

15) Le calendrier solaire unique

L’Iran ne suit pas le calendrier grégorien. Son Nouvel An (Nowruz) commence exactement à l’équinoxe de printemps (21 mars) et son calendrier actuel est au XVe siècle.

Source


samedi 19 septembre 2026

Le problème, c’est Israël, pas Netanyahou




par Kevin Barrett


Israël, et son premier ministre Benjamin Netanyahou, recherché pour génocide, sont de plus en plus impopulaires. Selon les estimations de Gemini, environ 80% des amateurs de football du monde ont soutenu l’Espagne face à l’Argentine lors de la Coupe du monde, principalement parce que le président espagnol Pedro Sánchez est pro-palestinien, tandis que le président argentin Javier Milei est un sioniste fervent.

Même les États-Unis, sous le poids d’une classe médiatique et de donateurs politiques pro-israéliens, se retournent contre les sionistes. De récents sondages révèlent une chute vertigineuse de 70 points du soutien à Israël ces huit dernières années. Durant le premier mandat de Trump, la cote de popularité d’Israël avoisinait les 50 points. Aujourd’hui, elle est tombée à -20 points selon la faculté de droit de l’université Marquette et à -23 points selon le Pew Research Center.

Même les politiciens les plus avides de financements de l’AIPAC perçoivent le vent tourner. Le projet de loi de Thomas Massie visant à mettre fin au soutien militaire américain à Israël, qui il y a quelques années aurait eu du mal à trouver deux ou trois soutiens courageux, a recueilli 103 votes «oui» démocrates contre seulement 98 votes «non». (Massie était le seul républicain à voter pour.)

Même nombre des plus fervents défenseurs d’Israël reconnaissent que leur «nation élue» a besoin d’un renouveau. En juin, Donald Trump, entouré de ses conseillers juifs pro-israéliens Witkoff et Kushner, a hurlé à Netanyahou au téléphone : «Tout le monde vous déteste maintenant ! Tout le monde déteste Israël !»

Comme l’a laissé entendre la sortie de Trump, beaucoup de gens associent leurs griefs contre Israël à un seul homme : Benjamin Netanyahou. Remplacer Bibi par un visage plus sympathique, ou du moins par un visage qui ne figure pas sur la liste des personnes les plus recherchées au monde, fait partie du programme sioniste.

Il est probable qu’à un moment donné, le rituel juif ancestral du bouc émissaire soit appliqué à Netanyahou. Le terme «bouc émissaire» (Azazel) provient de l’ancien rituel hébraïque de Yom Kippour (Jour du Grand Pardon). Chaque année, lors de cette grande fête — le jour le plus sacré du calendrier juif —, les anciens juifs transféraient rituellement les péchés, la culpabilité et les impuretés collectives de leur communauté sur un bouc, qu’ils expulsaient ou détruisaient ensuite pour obtenir une purification symbolique.

Bientôt, Netanyahou, désigné comme bouc émissaire, sera destitué. Peut-être mourra-t-il subitement ou ira-t-il en prison. Son successeur sera encensé par les médias proches d’Epstein comme un homme raisonnable, modéré, capable de redonner à Israël son statut d’avant Netanyahou, celui de «lumière pour les nations» et de «seule démocratie du Moyen-Orient». Mais cela résoudra-t-il vraiment le problème ?

Il convient d’examiner qui est susceptible de remplacer Netanyahou. Jusqu’à récemment, son principal rival était Naftali Bennett, qui, comme Netanyahou, est un sioniste extrémiste fanatique. Bennett a fait ses premières armes au sein du Likoud, le parti de Netanyahou, et a été son chef de cabinet de 2005 à 2008. Ses positions n’ont pas évolué depuis. Bennett est tout aussi génocidaire — et tout aussi déterminé à entraîner les États-Unis dans une guerre sans fin contre l’Iran — que Netanyahou lui-même.

Ces deux derniers mois, Gadi Eisenkot a supplanté Bennett comme principal rival de Netanyahou et comme probable prochain Premier ministre d’Israël. Et Eisenkot, tout comme Bennett, est aussi mauvais que Netanyahou.

Eisenkot est l’initiateur de la doctrine de Dahiyeh, la politique officielle d’Israël consistant à perpétrer des massacres de civils à caractère génocidaire. Il a élaboré cette «doctrine du génocide» en 2008, alors qu’il était à la tête des Forces de défense israéliennes. Il l’a baptisée doctrine de Dahiyeh en référence au massacre de civils qu’il a ordonné dans la banlieue de Dahiyeh, à Beyrouth, en 2006.

Eisenkot soutient avec enthousiasme le massacre de dizaines de milliers d’enfants et de dizaines de milliers de femmes perpétré par Israël lors du rasage de Gaza. Son soutien ouvert à ce massacre fait de lui l’un des dirigeants politiques les plus abjects de l’histoire.

Étonnamment, Eisenkot trouve même que Netanyahou est trop pacifiste ! Ce «modéré» génocidaire a vivement critiqué Netanyahou pour sa trop grande soumission aux exigences américaines de cessez-le-feu dans la guerre actuelle menée par Israël contre l’Iran. Autrement dit, Eisenkot est encore plus déterminé que Netanyahou à pousser les États-Unis à l’autodestruction !

Netanyahou est peut-être un homme mauvais, mais il n’est pas à l’origine des problèmes d’Israël. Le sionisme, lui, l’est. Cette idéologie pernicieuse prétend que Dieu a «choisi» les juifs il y a 3000 ans et leur a donné à perpétuité toute la terre située entre le Nil et l’Euphrate. La plupart des sionistes ne croient même pas en Dieu, mais ils croient que Dieu leur a donné le droit de voler les biens d’autrui et de violer et tuer quiconque résiste. C’est tout simplement aberrant !

Les Israéliens ont érigé en héros nationaux des gardiens de prison qui sodomisent des personnes jusqu’à la mort, dressent des chiens à violer des détenus et commettent d’autres atrocités indicibles. Leurs soldats célèbrent fièrement le fait d’abattre des femmes enceintes d’une balle dans le ventre pour obtenir «une balle, deux morts». Ils chassent des enfants pour le plaisir, comme l’a décrit Chris Hedges dans «A Gaza Diary».

En résumé, Israël est criminellement fou, et Netanyahou n’en est qu’un symptôme.

Source : The Unz Review via Entre la plume et l’enclume

Traduction Maria Poumier