samedi 28 février 2026

Israël a vaporisé 2 842 Palestiniens à l'aide d'armes à haute température, ne laissant aucun corps identifiable



Selon de nouvelles enquêtes, Israël a utilisé à Gaza des armes thermiques et thermobariques fournies par les États-Unis, capables de brûler à des températures allant jusqu'à 3 500 °C, sans laisser de traces sur les victimes. Un reportage d'Al Jazeera Arabic, intitulé « La suite de l'histoire », recense au moins 2 842 Palestiniens tués à Gaza depuis octobre 2023, sans que leurs corps n'aient pu être retrouvés. L'enquête s'appuie sur les témoignages des équipes de la protection civile de Gaza, du personnel médical et des familles, qui décrivent des foyers entiers disparus en un seul bombardement, ne laissant derrière eux que poussière, fragments ou effets personnels calcinés. Dans ces cas, les victimes sont identifiées grâce à leurs registres de domicile antérieurs aux frappes, et non grâce à leurs dépouilles, révélant ainsi une ampleur de pertes dévastatrice qui échappe aux statistiques conventionnelles.



Le rapport établit un lien entre ces disparitions et l'utilisation de munitions à haute intensité qui combinent chaleur extrême et pression immense, notamment dans les zones confinées ou densément bâties. Les spécialistes cités expliquent que ces armes peuvent incinérer les corps humains presque entièrement, effaçant ainsi toute trace matérielle des victimes. Ces conclusions ont intensifié l'examen du comportement d'Israël à Gaza et de son impact humanitaire sur les civils, soulevant de sérieuses questions quant à la responsabilité, l'utilisation de telles armes dans des zones peuplées et le traumatisme persistant des familles privées même des actes de deuil et d'inhumation les plus élémentaires.


Source : OnePath Network (Média basé à Sydney, en Australie)

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vendredi 27 février 2026

Le gouvernement israélien n’est qu’un gang de hors-la-loi




Ce n’est pas pour rien que la plupart des pays du monde exècrent et condamnent les agissements d’Israël, qu’il s’agisse du génocide sans fin à Gaza ou de l’oppression et du déplacement de la population palestinienne en Cisjordanie. Israël est déterminé à prendre le contrôle total de la Palestine historique et semble prêt à tout pour y parvenir. Les États-Unis ont malheureusement trop souvent été ses complices zélés dans cette entreprise. Au-delà de la Palestine, Israël a bombardé et tué ses voisins au Liban et en Syrie, tout en incitant Washington à se joindre à ses attaques contre l’Iran et à provoquer un changement de régime à Téhéran. Israël, qui s’est autoproclamé État juif ethniquement parlant, a la ferme intention de le devenir dans les faits en éliminant tous les non-juifs de son territoire en constante expansion.

La notion d’identité de l’État juif s’avère quelque peu étrange, dans la mesure où le meurtre de non-juifs par tous les moyens possibles n’est pas considéré comme un crime, ni même comme un péché, malgré l’interdiction figurant dans les Dix Commandements. Israël ne reconnaît pas non plus le caractère contraignant des accords conclus avec d’autres pays, comme en témoignent les violations régulières des deux cessez-le-feu à Gaza ou des accords similaires avec ses voisins, le Liban et la Syrie. Israël, en Syrie et au Liban, Israël pulvérise actuellement des produits chimiques «non identifiés» mais apparemment toxiques sur les zones cultivées proches de la frontière, afin d’en chasser les habitants en détruisant leurs moyens de subsistance. Israël fait toujours ce qui lui chante, et les États-Unis, garants de tous les cessez-le-feu ainsi que du processus de paix en cours, ne pipent pas mot lorsque l’État hébreu rompt les accords et continue de tuer la population locale.

La dernière manœuvre d’Israël consiste à provoquer une attaque des États-Unis contre l’Iran pour détruire la capacité de ce pays à l’attaquer, faisant ainsi de l’État juif la puissance militaire et politique dominante de la région. Il y a quelques semaines, Israël aurait convaincu Donald Trump de ne pas attaquer Téhéran, car il craignait que l’Iran, en représailles, n’attaque des cibles en Israël à même de contribuer aux opérations américaines. En d’autres termes, Israël a cherché à résoudre le problème iranien sans prendre de risques, en laissant plutôt les États-Unis endosser l’entière responsabilité d’une éventuelle attaque. On pourrait objecter que ce n’est pas vraiment le comportement approprié pour un pays régulièrement salué comme le «meilleur ami et l’allié le plus proche» de Washington. Israël est en réalité tout sauf cela, Trump et la classe politique étant soit trop stupides ou corrompus pour s’en rendre compte, soit sous l’emprise du lobby sioniste, qui les paralyse et les empêche de réagir comme ils le devraient si les intérêts américains étaient vraiment leur priorité dans leurs relations avec l’Iran, pays qui ne menace en aucune façon les États-Unis.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou demande à rencontrer Trump en fin de semaine, soit la neuvième entrevue entre les deux hommes depuis l’investiture de Trump, bien plus qu’avec tout autre homme politique étranger. Il a demandé à rencontrer le président américain pour discuter des options quant aux pourparlers indirects en cours avec les Iraniens. Le bureau de Netanyahou a publié une déclaration indiquant que «le Premier ministre estime que toute négociation doit inclure une limitation des missiles balistiques iraniens et la fin du soutien de l’Iran au Hamas, au Hezbollah et aux Houthis, que l’État d’Israël considère comme les principales menaces».

Il est communément admis que Trump se plie aux exigences d’Israël. Netanyahou cherchera également à obtenir un plan d’action prévoyant une attaque des États-Unis pour provoquer un changement de régime en Iran, tout en neutralisant ses capacités offensives. Israël restera quant à lui en dehors du conflit afin d’éviter tout risque de représailles de la part de l’Iran. Les Américains qui mourront sans doute dans les bases américaines de la région du golfe Persique dans ce scénario ne seront que des dommages collatéraux acceptables aux yeux de Netanyahou qui sortira souriant de sa réunion avec Trump.

Netanyahou se réjouit car il gagne toujours lorsqu’il traite avec les présidents américains, tout en méprisant les États-Unis qu’il considère comme un vulgaire torchon qu’il peut facilement écarter lorsqu’il n’est plus utile en tant que pourvoyeur d’argent, d’armes et de protection. Il suffit de noter le mépris affiché pour les préjudices causés aux États-Unis par le complot Jeffrey Epstein, une colossale opération de chantage menée par le Mossad jusqu’au plus haut niveau de l’administration américaine afin d’influencer favorablement les politiques envers l’État juif. Même aujourd’hui, alors que de nombreux documents compromettants ont été révélés, le régime de Trump et l’opposition démocrate refusent catégoriquement de dénoncer les agissements de nos «bons amis» en Israël.

Je considère toutefois Israël comme un pays particulièrement malsain, et de nombreuses preuves étayent cette affirmation, outre le fait qu’il traite les États-Unis d’Amérique comme un État vassal, simple source de financement et de soutien politique et militaire. Israël ne respecte jamais aucun des accords passés avec des pays tiers, comme l’ont montré les événements récents. Il a bloqué le passage de vivres et de médicaments pendant le cessez-le-feu actuel, tout en continuant à bombarder et à tirer sur les Gazaouis, tuant près de 600 personnes, dont de nombreux enfants. Loin d’envisager le retrait de son armée de Gaza, il a renforcé sa présence dans la bande de Gaza, occupant près de 60% de sa superficie en tant que «zone de sécurité jaune», laissant le reste à la disposition du Trump Gaza Resort ou des colons israéliens de plus en plus nombreux dans la région qui ont même commencé à implanter de nouvelles colonies.

Pour montrer qu’il respecte le cessez-le-feu, Israël a accepté la semaine dernière d’ouvrir partiellement le checkpoint de Rafah sous son contrôle, entre Gaza et l’Égypte, et les premiers à le franchir devaient être les Gazaouis souffrant de blessures nécessitant des soins médicaux avancés à l’étranger. Quelque 22 000 Gazaouis se sont inscrits ou ont fait la queue pour le franchir, et une longue file d’ambulances les attendait du côté égyptien pour leur porter secours. Israël a ensuite refermé le passage, malgré son engagement à l’ouvrir, et n’a laissé passer que 150 Gazaouis blessés, tandis que 50 Gazaouis déjà présents en Égypte ont été autorisés à rentrer chez eux.

L’armée israélienne a désormais admis que son offensive de plusieurs années à Gaza a tué environ 70 000 Gazaouis. Ce chiffre fait l’objet de débats, certains le qualifiant d’estimation honnête, bien que tragique. Certains estiment toutefois que ce chiffre est largement sous-évalué afin que le nombre réel ne soit jamais révélé. Ce chiffre de 70 000 est certes supérieur à celui avancé jusqu’à présent par les médias occidentaux contrôlés par les sionistes, mais bien inférieur à d’autres estimations provenant de sources fiables, comme la revue médicale britannique The Lancet, qui estimait le nombre de morts à 186 000 en juin 2024, la plupart des corps étant encore ensevelis sous les décombres. D’autres estimations prudentes avancent que 12% de la population initiale de 2 millions d’habitants de Gaza ont été tués, soit près de 240 000 personnes.

Et lorsqu’on aborde la cruauté d’Israël, un autre de ses aspects mérite d’être souligné. Israël est souvent décrit comme le premier fournisseur mondial d’organes pour les greffes, une pratique parfois qualifiée de «prélèvement d’organes». Cette affirmation paraît fondée, car les milliers de Palestiniens détenus sans inculpation dans les prisons israéliennes sont traités de manière abominable, notamment en subissant des prélèvements d’organes à des fins commerciales, que ce soit après leur mort ou de leur vivant. La preuve de cette pratique monstrueuse est visible sur les corps des Palestiniens remis à leurs familles pour être enterrés. Ces corps ont souvent subi des prélèvements de ce que l’on présume être leurs organes viables, ainsi que de leurs cornées, voire de leur peau, avant d’être restitués à leurs familles.

Ces organes sont ensuite commercialisés dans le monde entier. D’où un taux de «dons» d’organes parmi les plus élevés au monde, malgré certaines restrictions religieuses et une population relativement modeste.

Je n’ai rien d’autre à ajouter. Ce ne sont pas là des pratiques dont peuvent se targuer des pays dotés d’un sens moral ou de respectabilité. Et pourtant, Israël est suffisamment influent pour entraîner Donald Trump et le Congrès américain dans son sillage, allant même jusqu’à faire endosser le sale boulot par Washington lorsqu’il s’agit d’affronter des nations comme l’Iran. Cependant, certains signes indiquent que le public américain se lasse de toute cette mascarade et du rôle qu’y joue Israël. Le test décisif va intervenir dans la gestion du dossier iranien, et nous devrions en savoir plus au cours des deux prochaines semaines.

source : The Unz Review via Spirit of Free Speech via RI



jeudi 26 février 2026

Gaza: une enquête accuse l’armée israélienne d’exécutions de 15 secouristes à Tel al-Sultan




Une enquête rendue publique le 23 février 2026 par Forensic Architecture, en partenariat avec Earshot et la Société du Croissant-Rouge palestinien, affirme que les forces israéliennes auraient volontairement tué 15 travailleurs humanitaires palestiniens le 23 mars 2025 à Tel al-Sultan, près de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza.


Le député français Thomas Portes (LFI) a relayé ces conclusions le 24 février sur la plateforme américaine X, qualifiant les faits de "terribles". Il évoque une attaque ayant duré près de deux heures, environ 900 impacts de balles, 15 humanitaires tués et des accusations selon lesquelles Tsahal aurait dissimulé les corps sous terre. Le lien partagé renvoie à la page de l’enquête.

Intitulé "Israeli Executions of Palestinian Aid Workers and Efforts to Conceal Evidence", le rapport indique que les tirs auraient visé un convoi composé d’ambulances du Croissant-Rouge palestinien, d’un camion de la Défense civile palestinienne et de véhicules des Nations unies. Les véhicules, clairement identifiables grâce à leurs marquages humanitaires et à leurs gyrophares allumés, auraient été pris pour cible à partir de 5 h 09, les tirs se poursuivant jusqu’à au moins 7 h 13, sans qu’un échange de feu ou une menace avérée contre les soldats ne soit établi, selon les auteurs.

Les enquêteurs recensent au moins 910 coups de feu, dont 844 enregistrés sur une vidéo de cinq minutes et demie filmée par l’une des victimes, Refaat Radwan. D’après leur analyse, au moins 93 % des tirs initiaux visaient directement les véhicules et les secouristes. L’étude audio et balistique menée par Earshot conclut que plusieurs personnes auraient été abattues à très courte distance, entre un et quatre mètres, alors qu’elles étaient encore en vie, une conclusion appuyée par des autopsies mentionnant des tirs à la tête ou au thorax de type "execution-style".

Au total, 15 personnes ont péri: huit membres du Croissant-Rouge palestinien, six de la Défense civile palestinienne et un employé de l’UNRWA. Deux survivants, Munther Abed et Asaad al-Nasasra, ce dernier ayant été détenu 37 jours par Israël, ont livré des témoignages recoupés avec d’autres éléments de preuve.

Selon l’enquête, après les faits, les forces israéliennes auraient endommagé et partiellement enfoui les véhicules à l’aide d’engins lourds, puis enterré les corps dans une fosse commune peu profonde. Quatorze dépouilles ont été exhumées le 30 mars 2025, certaines présentant des signes de ligature. Des téléphones auraient également été enterrés sur place. Des images satellites et une modélisation 3D montrent que la zone aurait ensuite été transformée en secteur militaire, avec bermes, points de contrôle et routes, avant de devenir ultérieurement un point de distribution d’aide.

L’enquête repose sur une reconstitution chronologique détaillée combinant analyses acoustiques (localisation des tirs et trajectoires balistiques), modélisation 3D, imagerie satellite, témoignages géolocalisés et rapports d’autopsie. Elle conteste les premières versions israéliennes décrivant la zone comme un champ de bataille actif ou les véhicules comme suspects, et conclut à des exécutions extrajudiciaires délibérées suivies de tentatives de dissimulation, susceptibles de constituer de graves violations du droit international humanitaire.

De son côté, une enquête interne de l’armée israélienne menée en avril 2025 a reconnu des "défaillances professionnelles" et des manquements aux procédures, entraînant des sanctions disciplinaires. Elle a toutefois exclu toute intention criminelle et maintenu que la zone présentait une menace au moment des faits.


L’ICE expulse des Palestiniens vers Israël à bord de jets privés, menottés toute la durée du vol



L’administration Trump a effectué deux vols d’expulsion de Palestiniens des États-Unis vers Israël, en utilisant des jets privés appartenant à Dezer Development, une société immobilière fondée par Michael Dezer, citoyen israélo-américain et ami de Trump, selon un nouveau rapport.

Le premier vol d’expulsion transportait huit Palestiniens et a décollé d’Arizona pour atterrir à Tel Aviv le 21 janvier.

Une photo publiée par le journal israélien Haaretz, premier à avoir rapporté le vol de janvier, montre que les hommes ont été accueillis à l’aéroport Ben Gourion par un groupe d’agents de sécurité israéliens.

Ce jour-là, les autorités israéliennes ont déposé les huit Palestiniens à un poste de contrôle en Cisjordanie. Désorientés et transis de froid, ils étaient vêtus de survêtements fournis par la prison et transportaient leurs maigres biens dans des sacs plastique.

Quelques heures plus tôt, ils étaient encore assis, poignets et chevilles entravés, sur les sièges en cuir luxueux du jet privé.

Le deuxième vol a eu lieu lundi. On ne sait pas exactement combien de Palestiniens se trouvaient à bord, mais l’avion de luxe comptait 16 sièges, a rapporté la semaine dernière The Guardian, en collaboration avec +972 Magazine.

Les deux vols ont été opérés par Dezer Development, une société immobilière fondée par Michael Dezer, citoyen israélo-américain. Aujourd’hui, son fils Gil Dezer dirige leur empire immobilier en Floride, révèle l’article.

Contacté par The Guardian, le jeune Dezer a déclaré qu’il n’est jamais informé de l’identité exacte des personnes qui montent à bord de son jet lorsqu’il est affrété par le gouvernement américain via une société basée en Floride appelée Journey Aviation, mais seulement des dates d’utilisation.

Dezer est connu pour être un bon ami de la famille Trump et a fait un don de plus d’un million de dollars à la campagne présidentielle de Trump.

Les vols auraient fait le plein dans le New Jersey, en Irlande et en Bulgarie avant d’atterrir à l’aéroport Ben Gourion.

Vendredi, les députés de l’opposition à Dublin, en Irlande, ont exigé des réponses, qualifiant l’autorisation de faire le plein en Irlande de “répréhensible”, “profondément choquante” et “scandaleuse”, selon The Irish Times.

Duncan Smith, porte-parole des affaires étrangères du parti travailliste irlandais, a déclaré :

“Il est absolument répréhensible que des vols d’expulsion de l’ICE soient autorisés à faire escale et à faire le plein à Shannon. Le Taoiseach et le ministre des Transports doivent intervenir et veiller à ce que cela cesse”. Il a ajouté : “L’Irlande ne peut en aucun cas être complice de ces vols de l’ICE”.

À bord du vol du 21 janvier se trouvait Maher Awad, un Palestinien de 24 ans, qui a été retrouvé par The Guardian dans la ville de Rammun, en Cisjordanie occupée.

M. Awad a déclaré que des gardes armés israéliens l’ont réceptionné, lui et les autres expulsés, à l’aéroport avant de les déposer “au bord de la route” près du village de Ni’lin, en Cisjordanie occupée.

“Ils nous ont déposés comme des animaux sur le bord de la route”, a déclaré M. Awad. “Nous avons frappé à la porte d’une maison voisine et avons supplié : ‘Aidez-nous, s’il vous plaît’”.

La petite amie et le nouveau-né de M. Awad vivent dans le Michigan. Il est aux États-Unis depuis l’âge de 15 ans, où il est arrivé avec un visa touristique avant de rester dans le pays.

Mais il a obtenu un numéro de sécurité sociale, a travaillé et payé ses impôts, a-t-il déclaré.

L’enquête a établi que ce vol fait partie d’une opération secrète et politiquement sensible du gouvernement américain visant à expulser les Palestiniens arrêtés par les services de l’immigration et des douanes (ICE) vers la Cisjordanie occupée par Israël.

De nombreux immigrants dans des situations similaires se trouvent actuellement dans des centres de détention en attendant leur expulsion, ou ont déjà été expulsés. L’administration Trump a mené une répression musclée contre les immigrants en situation régulière qui, dans le passé, ont peut-être dépassé la durée de validité de leur visa.

“J’ai grandi en Amérique”, a déclaré Awad au Guardian. “L’Amérique était le paradis pour moi”.

Un autre homme dont la présence à bord du vol du 21 janvier a été confirmée est Sameer Isam Aziz Zeidan, 47 ans. Lui et Awad ont tous deux déclaré avoir été menottés tout au long du vol entre les États-Unis et Israël, les empêchant même de manger à bord.

“Je ne veux pas rester ici. J’ai hâte de rentrer chez moi le plus vite possible”, a déclaré Awad au Guardian.

Awad a déclaré avoir été contraint de porter un harnais de contention, ses poignets étant menottés à son ventre. Les deux hommes ont déclaré que ces entraves les empêchaient de manger, les obligeant à se pencher en avant pour porter la nourriture à leur bouche.

Selon Human Rights First (HRF), qui suit les vols d’expulsion, le jet de Dezer a effectué quatre “vols d’expulsion” – vers le Kenya, le Liberia, la Guinée et l’Eswatini – depuis octobre dernier, avant ses deux récents voyages vers Israël.

Selon l’ICE, le coût des vols charters variait auparavant entre près de 7 000 dollars et plus de 26 000 dollars par heure de vol. Des sources du secteur aéronautique ont estimé que les vols à destination et en provenance d’Israël auraient coûté à l’ICE entre 400 000 et 500 000 dollars.

Source : Quds News Network

Traduit par Spirit of Free Speech



mercredi 25 février 2026

Epstein, les ultra-riches, les politiciens, les Loubavitch et Israël





Dans son livre, "L'affaire Epstein - Espionnage, Prostitution Esclavage Mensonges Chantages", paru en 2020, 
Dylan Howard
révèle la vie détraquée du milliardaire Jeffrey Epstein, confident de Bill Clinton, qui a piégé, pendant 20 ans, pour le compte des services israéliens, des milliers de députés, sénateurs, hommes d'affaires, journalistes, stars de cinéma, scientifiques de renom, recteurs et doyens d'universités, premiers ministres, princes et princesses (dont le prince Andrew), et même des présidents avec son réseau de prostitution de jeunes filles. 

De son ascension en tant que professeur de mathématiques en passant par une carrière ratée à Wall Street, on le suit jusqu'à sa gloire et sa déchéance, en passant par sa rencontre capitale avec Ghilaine Maxwell, la fille d'un autre très grand espion du Mossad, Robert Maxwell qui avait acheté les médias britanniques pour le compte d'Israël.

Alors qu'il se prétendait millionnaire grâce à Wall Street, en réalité Epstein s'était transformé en proxénète spécialisé pour les seuls ultra-riches et tout-puissants qui n'exigent qu'une seule chose : la discrétion la plus totale. Il invitait tout ce qui était célèbre dans ses différentes luxueuses propriétés, les privées ou encore à Paris, où toutes les chambres étaient sonorisées et équipées de caméras très discrètes. En leur fournissant régulièrement des gamines, Epstein avait monté le plus grand réseau international de pédophiles, au point que son avion a été surnommé par les contrôleurs aériens le "Lolita Express", avion que prenaient régulièrement Bill Gates comme Bill Clinton. Et ensuite il vendait les vidéos aux services.

Arrêté par la police américaine une seconde fois pour "trafic de mineures" il a été retrouvé mort dans des conditions spectaculaires en août 2019 dans sa cellule du Metropolitan Correctional Center de New York. Un suicide qui a arrangé toutes les célébrités dont les noms se trouvent dans son fameux "Carnet Noir".

Cette enquête, menée par le grand reporter Dylan Howard et aidé par deux autres journalistes américains, apporte des révélations incroyables sur les activités d'Epstein, de sa "Madame "Ghislaine Maxwell et sur la manière dont ils mettaient ces jeunes filles en esclavage pour les ultra-riches, et les abus qu'elles vivaient. 

Ce livre n'est pas censuré et contient des documents jamais publiés, obtenus par l'auteur qui a suivi l'affaire Epstein depuis son tout premier séjour en prison en Floride. Ce qui n'a pas empêché Bill Gates, l'homme qui veut vacciner tous les habitants de la planète, de reprendre en sa compagnie le "Lolita Express"au moins 4 fois, et cela bien après sa sortie de prison !

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Accointances entre Jeffrey Epstein et des membres de la communauté loubavitch



Avec l'exposition des dossiers Jeffrey Epstein, et encore pas tous, il est inévitable de rencontrer des accointances entre ce sinistre personnage et des membres de la communauté loubavitch...

En particulier Benny Shabtai lié aussi aux « Friends of the Israel Defense Forces », think tank militaire américain pro-Israël, dont il fut le président de 1996 à 2012.

(Mariage de Benny Shabtai avec comme invité Jeffrey Epstein.)

Extrait du livre de Pierre Hillard "Histoire politique et mystique des Temples de Jérusalem du Roi David à Benyamin Netanyahou" :
 
Itamar Ben-Gvir épouse parfaitement la pensée politico-religieuse loubavitch. Lors de sa visite aux États-Unis en avril 2025, il a été reçu avec tous les honneurs par les Loubavitch à leur quartier général au 770 Eastern Parkway de New-York pour y prononcer un discours. Il en a profité aussi pour se recueillir sur la tombe de leur dirigeant, le rabbin Menahem Mendel Schneerson (1902-1994) et, par la suite, rencontrer de nombreux dirigeants de ce mouvement dans tout le pays. Sa visite était parrainée par la Shabtai Society, un club d'élite juif fondé en 1997 dirigé par le rabbin loubaviteh Shmully Hecht réunissant des professeurs et des étudiants de l'université de Yale sans toutefois que ces derniers en aient reçu une affiliation officielle. Le nom définitif de cette société « Shabtai » ne fut fixé qu'en 2014 en raison des liens d'amitié entre le rabbin Hecht et l'homme d'affaires israélien Benny Shabtay, ce dernier propulsant cet organisme par l'octroi d'un don de 1,7 million de dollars. Tout étant souvent imbriqué dans ce milieu, il faut savoir aussi que Benny Shabtai fut de 1996 à 2012 le président d'un think tank juif aux États-Unis influent et déjà rencontré, "Friends of the Israel Defense Forces" lié à Kenneth Abramowitz lui aussi cité. Les raisons poussant Ben-Gvir à entretenir de si fortes relations avec la communauté loubavitch s'explique, outre son adhésion spirituelle à cette mouvance rabbinique, l'existence incontournable de près de 1300 « maisons » Chabad réparties dans tout Israël. En raison de ce soutien et de la montée en puissance du parti politique de Ben-Gvir, Netanyahou a pris conscience peu à peu de la nécessité de nouer un accord avec lui pour préparer les élections du 1er novembre 2022 et des lendemains sûrs permettant indirectement d'intégrer les Loubavitch au jeu politique israélien. Il s'en est suivi un accord de coalition. dont le programme stipule les points suivants comme le rapporte Haaretz. Cet événement fut un tournant majeur pour Israël et les Loubavitch :

"Quelques mois phis tard, le premier résultat de cette relation naissante est venu de la clause 165 de l'accord de coalition qu'Otzma Yehudit a signé avec le Likoud de Netanyahou. "Le gouvernement d'Israël apprécie le travail du mouvement Chabad mondial", déclare l'accord. Le gouvernement adoptera une résolution pour renforcer et aider le mouvement Chabad..."

mardi 24 février 2026

Gaza. Trier les humanitaires, condamner les survivants



À Gaza comme en Cisjordanie, Médecins du monde, aux côtés d’autres ONG, risque de suspendre ses activités après le refus israélien de renouveler ses accréditations. Cette décision menace l’accès des Palestiniens à l’aide vitale, tandis que les États européens restent passifs. Elle s’inscrit dans un projet plus large de fragmentation et de dépolitisation de Gaza, jusqu’à l’horizon d’une « Riviera ». Entretien avec Jean-François Corty, médecin et président de Médecins du monde. Propos recueillis par Armin Messager.

Fin de décembre 2025, 37 ONG internationales se sont vu refuser le renouvellement de leur accréditation par les autorités israéliennes Elles s’ajoutent aux 22 autres déjà refusées. Cela signifie qu’à compter de mars 2025, elles ne disposeront plus du cadre légal nécessaire pour opérer. Il ne s’agit pas d’un départ immédiat, mais d’une mise à l’arrêt administrative progressive.

Ces ONG travaillaient déjà dans des conditions extrêmement contraintes. Leur action est aujourd’hui cantonnée à seulement 15 à 20 % du territoire de Gaza, le reste étant classé comme « zone dangereuse » ou interdite. Elles avaient déjà dû se déplacer au gré des bombardements et des déplacements forcés de la population, tandis que l’acheminement de l’aide était entravé par des blocages de matériel, la fermeture des points de passage et la « ligne jaune » mouvante imposée par l’armée israélienne, qui a annexé de fait 53 % du territoire gazaoui. Le refus de renouvellement des accréditations ne fait donc qu’officialiser la fermeture progressive de l’espace humanitaire.

Les organisations autorisées à rester sont, pour beaucoup, issues de réseaux évangéliques étasuniens ou non critiques de l’action israélienne.

Les motifs avancés par Israël pour justifier ces refus relèvent d’arguments de façade : soupçons de liens avec des groupes armés et exigences de transmission de listes nominatives du personnel. Or, pour des raisons évidentes de sécurité, nous ne pouvons pas fournir de telles listes dans un contexte où les soignants sont explicitement ciblés.

Médecins du monde (MDM) a perdu un médecin, Médecins sans Frontières (MSF) en a perdu 15. Trois cent soixante-dix-neuf travailleurs de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) ont été tués sous les bombardements israéliens à Gaza. Tous étaient palestiniens. Plus largement, des centaines de soignants palestiniens ont été emprisonnés, torturés ou tués.

Les organisations autorisées à rester sont, pour beaucoup, issues de réseaux évangéliques étasuniens. D’autres ONG qui ne sont pas critiques de l’action israélienne sont également autorisées [voir encadré ci-dessous]. À l’inverse, celles dénonçant la situation à Gaza, la colonisation en Cisjordanie ou l’absence de justice internationale sont progressivement évincées.

En Cisjordanie, la logique est la même : MDM sera expulsée à la fin du mois de février 2025. Là-bas aussi, le quotidien des ONG est devenu infernal : les checkpoints, la difficulté de se déplacer pour le personnel palestinien, le peu de visas accordés aux expatriés. La destruction des bâtiments de l’UNRWA constitue l’aboutissement de cette campagne prolongée d’asphyxie et de sabotage de la capacité opérationnelle de l’aide humanitaire. En s’attaquant à l’UNRWA, pilier central de l’aide humanitaire, c’est l’ensemble des capacités d’intervention des acteurs humanitaires qui sont durablement fragilisées.

Un nombre historique d’enfants orphelins et handicapés

Ces expulsions produisent des effets immédiats et catastrophiques sur la survie de la population. Les organisations menacées ou déjà refusées assuraient près de 40 % du système de santé encore fonctionnel dans l’enclave. Leur retrait signifie la disparition de centaines de milliers de consultations de médecine générale et de dizaines de milliers d’actes chirurgicaux, dans un territoire où les infrastructures hospitalières ont été en grande partie détruites.

La mortalité reste élevée  : si l’on meurt moins sous les bombes qu’au pic des massacres, on meurt désormais à petit feu. D’autant que, depuis l’annonce du cessez-le-feu [le 10 octobre 2025], 520 personnes ont encore été tuées par les bombardements.

Les premières victimes sont les femmes, les femmes enceintes et les enfants. Gaza concentre aujourd’hui une tragédie infantile d’une ampleur inédite. En février 2024, après seulement quatre mois de bombardements, le nombre d’enfants tués y dépassait déjà celui de l’ensemble des conflits mondiaux cumulés sur les quatre années précédentes. Les estimations actuelles évoquent environ 80 000 morts — un bilan que je pense être largement sous-évalué. Parmi eux, 82  % sont des civils, majoritairement des femmes et des enfants.

Environ 4 000 enfants nécessitent une évacuation urgente, faute de soins spécialisés disponibles à Gaza. Plus largement, 20 000 blessés et malades graves devraient être pris en charge dans des structures médicales extérieures. Gaza compte désormais un nombre historique d’enfants orphelins et handicapés, résultat direct des bombardements, des amputations, des infections non traitées. C’est un problème majeur de santé publique, que personne ne semble en mesure de prendre en charge.

Les enfants survivants paient aussi un tribut psychologique immense : syndromes post-traumatiques, troubles graves liés à la faim, à la perte des proches, à l’errance sous des abris de fortune.

L’aide humanitaire autorisée reste conditionnée et utilisée comme levier de contrôle et variable d’ajustement dans les négociations sur les prochaines étapes du cessez-le-feu.

À cette hécatombe s’ajoute une crise nutritionnelle massive. Un million et demi de personnes vivent en insécurité alimentaire, et, selon les projections du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), près de 100 000 enfants pourraient souffrir de malnutrition aiguë sévère d’ici avril 2026 si la situation ne change pas. Car l’aide alimentaire elle-même demeure rationnée, conditionnée et instrumentalisée. Avant le 7 octobre 2023, environ 600 camions entraient chaque jour dans la bande de Gaza. Aujourd’hui, seuls 100 à 300 camions par jour parviennent réellement à entrer dans la bande de Gaza.

L’aide humanitaire autorisée reste conditionnée et utilisée comme levier de contrôle et variable d’ajustement dans les négociations sur les prochaines étapes du cessez-le-feu. De la nourriture entre, mais en quantités insuffisantes et de manière instable, souvent sous forme de produits mis sur le marché plutôt que d’aide gratuite, ce qui fait flamber les prix dans un contexte de pénurie de liquidités.

Cela accélère un processus de désintégration sociale, où des milliers de personnes meurent à petit feu, par manque de soins, faim ou abandon. La logique d’anéantissement, loin des bombes mais avec une efficacité tout aussi mortelle, se déroule dans un mutisme et un laissez-faire de la communauté internationale qui sont terrifiants.

Une stratégie de délégitimation

À ce désastre humanitaire s’ajoute une bataille sur le terrain symbolique et médiatique. Il existe un travail méthodique de délégitimation des ONG qui passe par la production et la circulation de récits accusatoires, souvent présentés comme techniques ou experts, mais profondément orientés. Des médias, comme Marianne, mais aussi certaines chaînes d’information en continu, reprennent ce discours.

Loin de protéger l’action humanitaire, la parole politique française contribue à nourrir le soupçon et fragiliser davantage des organisations sous pression.

Ce climat est entretenu par des amalgames récurrents dans le débat public. Des éditorialistes comme ceux de LCI nous accusent de ne pas nous occuper des otages, alors même que cette mission ne relève pas de notre mandat mais de celui du Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Tout ce récit participe à brouiller les rôles et les responsabilités et à lancer le discrédit sur le système humanitaire.

Cela ne se limite pas au champ médiatique. Le 9 décembre 2025, le ministre français chargé de l’Europe, Benjamin Haddad, a évoqué des soupçons de détournement de fonds des ONG au profit du Hamas, et a appelé à une enquête européenne sur leurs financements. Cette prise de position marque un seuil : loin de protéger l’action humanitaire, la parole politique française contribue à nourrir le soupçon et fragiliser davantage des organisations sous pression.

« La “Riviera” de Gaza »

Cela ressemble à un projet politique structuré de l’« après-Gaza », dont la destruction massive actuelle constitue la condition préalable. Les déclarations répétées de responsables israéliens et étasuniens autour de l’édification d’une future «  Riviera  » sur les ruines de la bande de Gaza dessinent, à mon avis, une chose claire depuis la création du Conseil de la Paix : l’institutionnalisation d’un dispositif international piloté par Washington, contournant l’ONU, où la « paix » est redéfinie comme une opération de gouvernance, d’ingénierie territoriale et d’investissement, décidée par un cercle restreint d’États et d’acteurs économiques. Il s’agit d’un territoire vidé de sa question politique, administré par des structures comme le Comité national pour l’administration de Gaza, au profit d’un projet de reconstruction sans souveraineté, sans droits, et sans peuple reconnu comme tel.

Priver Gaza de soins, d’ONG indépendantes et de capacité de survie autonome, c’est réduire une population à l’état de survie biologique et l’ôter de toute existence politique.

Ce scénario s’accompagne d’un discours de banalisation. Le cessez-le-feu est présenté par les États-Unis comme « magnifique » : le signe d’un retour à l’ordre et à la stabilité. Alors que, dans les faits, rien ne va.

Dans cette perspective, la violence extrême remplit une double fonction. Elle élimine d’abord une partie de la population par les bombardements, la famine organisée et l’effondrement méthodique du système de soins. Elle fragilise ensuite les survivants, déplacés à répétition, affamés, amputés de toute infrastructure collective, jusqu’à les rendre dépendants, fragmentés, incapables de se projeter politiquement. Priver Gaza de soins, d’ONG indépendantes et de capacité de survie autonome, c’est réduire une population à l’état de survie biologique et l’ôter de toute existence politique.

Cette logique passe par un tri des survivants. Des zones dites «  sécurisées  » sont progressivement dessinées, dans lesquelles une partie de la population pourrait être acceptée à condition d’être identifiée et fichée. Les autres sont condamnés. C’est un modèle inspiré de systèmes de main-d’œuvre étrangère : une population réduite à une force de travail docile, interchangeable, «  des travailleurs de seconde zone  » qui sont tolérés s’ils se taisent et participent à l’économie du projet, tandis que les autres sont poussés dehors ou voués à disparaître.

Dans ce schéma, la destruction précède l’exploitation. Des pans entiers du territoire sont rasés, parfois en lien avec des groupes mafieux locaux, afin de créer un contraste  : d’un côté, des zones rendues invivables  ; de l’autre, des espaces présentés comme protecteurs, où l’on promet sécurité, déradicalisation et emploi. Les ONG autorisées feront le service après-vente des acteurs de « la Riviera » en matière de gestion des précaires. Elles seront considérées comme des prestataires de service avec beaucoup de contrats et d’argent à la clé, en encadrant ceux qui resteront : des travailleurs isolés, employés des hôtels de luxe de « la Riviera », sans capacité d’autodétermination politique.

C’est précisément pour cela que les ONG qui font du plaidoyer dérangent. Dans un contexte où l’accès est fermé aux journalistes internationaux, où les journalistes palestiniens sont ciblés, tués et réduits au silence, les humanitaires demeurent les derniers témoins directs, pouvant se rendre sur place puis revenir, et donc témoigner publiquement hors de Gaza. Ils voient, documentent, comptent les morts, décrivent les conditions de vie réelles derrière le récit officiel du retour à la normale. Leur éviction scelle l’effacement des derniers regards extérieurs capables de dire ce qui se passe à Gaza.

Des ONG au service de « la Riviera »

Parmi les organisations autorisées à poursuivre leurs activités à Gaza figurent plusieurs structures issues de réseaux évangéliques (Samaritan’s Purse, Adventist Development and Relief Agency ; qui succèdent à d’autres organisations très actives par le passé : Christian Mission to Gaza, Gaza Humanitarian Foundation).

Les champs d’intervention de ces organisations à Gaza restent à ce jour classiques : nourriture, médecine, vêtements, kits de survie, tentes. Cependant, en dehors du territoire gazaoui, le Samaritan’s Purse, par exemple, entretient une relation très étroite avec l’État d’Israël. Il a notamment financé dernièrement plusieurs ambulances blindées pour le Magen David Adom, le service d’urgence israélien.

Ces organisations non critiques ou alignées sur le discours israélien sont compatibles avec le projet de « Riviera » à Gaza, privant toute perspective d’autodétermination palestinienne et brouillant la frontière entre action humanitaire et agenda politique. Selon plusieurs acteurs humanitaires sur place, certaines d’entre elles pourraient, à terme, être associées à des initiatives de « déradicalisation ».



lundi 23 février 2026

Du Nil à l’Euphrate : Les propos d’un ambassadeur américain font polémique

 



Le 20 février 2026, lors d’un entretien diffusé aux États-Unis avec le commentateur conservateur Tucker Carlson, l’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, a déclaré qu’il serait « acceptable » qu’Israël s’étende aux territoires compris entre le Nil et l’Euphrate. Il évoquait une interprétation biblique des frontières israéliennes.

Face aux réactions, le diplomate a ensuite parlé d’une « déclaration quelque peu hyperbolique », tout en ajoutant que si Israël remportait une guerre et conservait ces terres, « ce serait une autre discussion ».

Nommé par le président américain Donald Trump, Huckabee n’a pas fait l’objet de commentaire officiel immédiat du département d’État après la diffusion de l’entretien.

Une référence couvrant plusieurs pays du Moyen-Orient

La zone mentionnée correspond à un espace allant de l’Égypte jusqu’à l’Irak et inclurait notamment le Liban, la Syrie et la Jordanie, ainsi que des portions d’autres États de la région.

Connu pour ses positions favorables à Israël et son engagement dans le courant chrétien sioniste, le diplomate a justifié sa position par ce qu’il considère comme un droit historique et religieux du peuple juif à la terre. Il a également critiqué la Cour pénale internationale et la Cour internationale de justice, estimant qu’elles ne seraient plus appliquées de manière équitable.

Un contexte juridique sensible

Depuis la Seconde Guerre mondiale, le droit international interdit l’acquisition de territoires par la force.

En 2024, la Cour internationale de justice a jugé que l’occupation des territoires palestiniens par Israël était illégale et devait cesser.

Israël contrôle par ailleurs le plateau du Golan syrien, annexé en 1981, une souveraineté reconnue uniquement par les États-Unis. Après la guerre de 2024 avec le Hezbollah, l’armée israélienne a également établi des positions militaires en plusieurs points au Liban.

Dans ce contexte, la question des frontières fait aussi l’objet d’un débat interne en Israël.

En 2023, le ministre des Finances Bezalel Smotrich avait suscité une controverse en apparaissant devant une carte incluant les territoires palestiniens ainsi que des parties du Liban, de la Syrie et de la Jordanie comme faisant partie d’Israël.

Netanyahu, sans parler explicitement d’une expansion régionale, a présenté à l’ONU une carte du Moyen-Orient où les territoires palestiniens n’apparaissaient pas comme entité distincte, tout en défendant un contrôle israélien durable entre la Méditerranée et le Jourdain.

Dans la mouvance nationaliste religieuse, certains élus évoquent également l’idée biblique d’un Israël aux frontières élargies — ce qui explique la sensibilité provoquée par les propos récents de l’ambassadeur américain.



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Le Grand Israël pour les Nuls



Le 12 août 2025, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou (Benjamin Mileikowsky) a publiquement soutenu le projet de « Grand Israël », déclarant dans une interview à i24 News qu’il entreprenait une « mission historique et spirituelle » de conquête territoriale.

Cette idéologie expansive étend le cadre historique du Grand Israël, qui exerce déjà une autorité coloniale sur Jérusalem-Est, le plateau du Golan, la Cisjordanie et, une fois de plus, Gaza – dont les dirigeants israéliens souhaitent ardemment reprendre le contrôle. L’objectif est d’étendre les colonies juives à l’ensemble de la Palestine historique, que les sionistes prétendent avoir été habitée uniquement par les anciens Hébreux et octroyée par le Dieu juif au « peuple élu », ainsi qu’aux nations arabes adjacentes comme la Jordanie, l’Égypte, la Syrie et le Liban.

Le soutien à cette idéologie s’est intensifié pendant le génocide israélien à Gaza, avec des photos virales montrant des soldats israéliens portant sur leurs uniformes des écussons représentant une carte du Grand Israël.

Parallèlement, le gouvernement israélien intensifie ses efforts pour consolider ses revendications territoriales. En août 2025, il a approuvé une série de plans, dont celui visant à prendre le contrôle de Gaza-ville et du projet de colonie E1 en Cisjordanie. Cette mesure couperait l’accès des Palestiniens à Jérusalem-Est, déracinerait les communautés bédouines locales et, comme l’ont déclaré de hauts responsables, « enterrerait définitivement l’idée d’un État palestinien ».

Alors qu’Israël affiche fièrement son expansionnisme violent, marqué par des massacres et la famine délibérée infligée à des millions de personnes, ses partisans sont passés à l’offensive, présentant les opérations menées depuis octobre 2023 comme une simple « légitime défense » plutôt que comme le point final d’une longue histoire de colonialisme de peuplement et d’apartheid systémique. Fidèles à leur tradition sioniste, les groupes pro-israéliens ont lancé une vaste campagne de propagande de déformation des faits : ils présentent les Israéliens à la fois comme des victimes des Palestiniens et comme des habitants « autochtones » légitimes qui reprennent leur patrie « juive » ancestrale à ceux qu’ils qualifient de « colons » palestiniens.

Pour entretenir ce mythe, ils ont dû blanchir les racines coloniales du sionisme, moteur principal de l’oppression persistante des Palestiniens par Israël.

Au début, le mouvement sioniste a ouvertement qualifié ses activités de « coloniales » et de « colonisation » en créant des entités comme le « Jewish Colonial Trust » et l’« Association juive de colonisation de Palestine », pour ensuite abandonner cette terminologie lorsque « colonisation » est devenue synonyme d’impérialisme et d’exploitation.

À partir des années 1930, ils ont modifié leur rhétorique, abandonnant le terme mais intensifiant ses pratiques sous-jacentes avec une férocité accrue.

Bien que cette campagne de distorsion idéologique remonte bien avant l’attaque génocidaire d’Israël contre Gaza, ses architectes l’ont considérablement amplifiée pour rationaliser le massacre incessant qui s’y déroule.

Prenons par exemple la fiche d’information publiée l’année dernière par l’American Jewish Committee, intitulée « Répondre aux fausses allégations concernant Israël ». Elle tente de démanteler l’applicabilité du colonialisme de peuplement infligé aux Palestiniens par le projet sioniste et Israël.

Elle affirme que le colonialisme de peuplement :

« désigne la tentative d’une puissance impériale de remplacer la population autochtone d’un territoire par une nouvelle société de colons. »

« Il ne peut décrire une réalité dans laquelle un groupe national, agissant en son nom et non sur ordre d’une puissance extérieure, retourne sur sa terre natale historique pour obtenir l’autodétermination tout en soutenant la création d’un État-nation pour un autre groupe national, parallèlement à la création de son propre État.»

Très bien, examinons ces deux points principaux.

Nombre d’initiatives coloniales européennes s’appuyaient fortement sur le mythe du « retour » à de prétendues terres ancestrales.

Les Français, par exemple, ont présenté leur colonisation de l’Algérie comme une légitime reconquête des terres de l’Empire romain, se positionnant comme les véritables héritiers et désignant les Arabes algériens autochtones comme les colons.

De même, les Italiens ont justifié leur prise de contrôle brutale de la Libye en invoquant un « retour » à la grandeur de la Rome antique, transformant leur colonisation en une noble renaissance d’un héritage perdu.

Les nazis allemands, eux aussi, ont présenté leur expansion en Europe de l’Est et dans les territoires soviétiques comme un grand « retour ». Ils affirmaient que ces régions étaient intrinsèquement liées à l’identité allemande, des terres où le Volk ne faisait que revenir. Hitler lui-même l’a clairement exprimé en déclarant :

« Mes objectifs ne sont pas démesurés ; fondamentalement, ce sont toutes des régions où des Allemands étaient auparavant installés. Le Volk allemand doit s’y développer. »

Au-delà de cela, l’idéologie nazie visait le « retour » sur les territoires du Premier Reich, ou Saint-Empire romain germanique, englobant des parties de la Russie, de la Pologne, de l’Ukraine, de la Biélorussie, des États baltes, etc.

Dans ce contexte, l’affirmation sioniste selon laquelle les juifs européens ne faisaient que « retourner » dans une « ancienne patrie » en Palestine s’inscrit parfaitement dans ces sombres précédents de l’histoire coloniale européenne.

L’autre argument selon lequel les colons rejettent intrinsèquement « la création d’un État-nation pour un autre groupe national, parallèlement à la création de leur propre État », est également faux.

Prenons l’exemple du régime sud-africain blanc de l’apartheid, qui a créé dix bantoustans soi-disant « indépendants » pour priver la majorité noire autochtone de sa citoyenneté, tout en enracinant la suprématie blanche. Durant leur occupation de la Namibie, ils ont étendu cette tactique en créant des bantoustans pour les Namibiens autochtones afin de perpétuer la suprématie blanche.

Faisant écho aux Français, aux Italiens et aux Allemands dans leurs logiques coloniales, les sionistes ont depuis longtemps inversé le récit, insistant sur le fait que les Palestiniens – véritables gardiens autochtones de la terre – sont les véritables « colons » de ce qu’ils considèrent comme l’« ancienne patrie » des Juifs européens, en faisant simplement remonter les racines palestiniennes aux seuls conquérants arabes musulmans de Palestine et de Syrie au VIIe siècle.

Pourtant, l’expansion arabe était loin d’être un colonialisme de peuplement ; elle était motivée par le prosélytisme religieux et l’ambition territoriale, sans déplacement ni expulsion des autochtones.

La grande majorité des habitants autochtones de Palestine et de Syrie, longtemps gouvernés par l’Empire byzantin avant de tomber sous contrôle arabo-musulman, ont continué de dominer le paysage démographique après la conquête, un groupe qui comprenait notamment les Ghassanides chrétiens arabophones syriens.

Il a fallu environ cinq siècles en Palestine et en Grande Syrie – et une période encore plus longue en Égypte – avant que la majorité ne se convertisse à l’islam, mais l’arabisation et l’adoption de la langue arabe ont eu lieu bien plus tôt, y compris dans les églises chrétiennes autochtones.

Seul un petit nombre d’Arabes se sont installés dans les régions conquises, et les rares qui l’ont fait ont fini par s’installer dans les villes.

Lorsque les Croisades – que je considère comme les premiers véritables sionistes – ont envahi la Palestine au XIe siècle, la population de la région était principalement composée de chrétiens arabophones, accompagnés d’une minorité de musulmans arabophones.

Encore en 1919, des personnalités comme David Ben Gourion (né David Grün) et Yitzhak Ben-Zvi (né Izaak Shimshelevich), architectes essentiels de la colonisation juive, affirmaient dans un ouvrage écrit conjointement que la grande majorité des Palestiniens de souche remontaient aux anciens Hébreux, après s’être convertis au christianisme puis à l’islam.

En confondant l’identité arabe avec une construction raciale au lieu de la reconnaître comme une identité linguistique et culturelle partagée, les puissances impériales européennes racialisées cherchaient à briser l’unité arabe. Elles prétendaient que les Égyptiens, les Irakiens, les Nord-Africains, les Maronites et d’autres n’avaient pas de véritables racines arabes, les présentant comme de simples peuples conquis, simplement assimilés par arabisation. Pourtant, le nationalisme arabe maintenait fermement que les Arabes englobaient tous ceux pour qui l’arabe était la langue maternelle, rejetant toute idée que l’arabité constituait une catégorie raciale ou ethnique. Un autre argument sioniste répandu est que la Grande-Bretagne n’a pas joué le rôle de « mère patrie » ou de « métropole » pour les colons sionistes, la plupart des arrivants étant originaires de diverses nations européennes et non de citoyens britanniques. Ce raisonnement est cependant incomplet.

En réalité, la colonisation de la Palestine reflétait les projets européens classiques. Le soutien britannique à la colonisation sioniste – incluant des Juifs d’Europe et de Grande-Bretagne – n’était pas un cas isolé. Auparavant, la Grande-Bretagne avait orchestré la colonisation de l’Irlande par des huguenots britanniques, allemands et français, même si la majorité de ces colons étaient écossais et anglais.

De même, les Néerlandais ont colonisé l’Afrique australe avec leurs propres populations, aux côtés des huguenots français, où les Néerlandais étaient majoritaires. Les Français, à leur tour, ont établi des colonies en Afrique du Nord, principalement avec leurs propres citoyens, tout en faisant venir des Espagnols, des Italiens, des Suisses, des Maltais et des Russes. Ce modèle a perduré lors de la colonisation de peuplement de la Russie tsariste sur les terres ottomanes conquises par Catherine la Grande vers la fin du XVIIIe siècle, attirant des Juifs polonais, des Bulgares, des Italiens, des Allemands, des Grecs, des Roumains et de nombreux autres à se joindre à ce projet colonial.

Plus d’un siècle plus tard, en 1897, la colonie russe d’Odessa conservait une majorité démographique de Juifs, de Grecs, d’Ukrainiens, de Polonais et d’Allemands, les Russes représentant moins de 49 % de sa population.

À la lumière de ces parallèles historiques, le soutien britannique aux colons sionistes – dont une partie était effectivement britannique – apparaît non pas comme une exception, mais comme un exemple particulièrement frappant d’un modèle colonial européen profondément ancré.

Un autre argument prétend que le sionisme se distinguait des entreprises coloniales classiques car il visait l’« autodétermination » et la « libération nationale » des juifs – objectifs généralement associés aux peuples colonisés – et les a réalisées par le biais du colonialisme de peuplement en Palestine. Cette idée est pourtant totalement absurde.

Les colons européens blancs d’Amérique du Nord ont également lutté pour l’indépendance, l’« autodétermination » et la « libération nationale » contre la domination britannique.

Les colons espagnols des territoires qui ont donné naissance à l’Amérique latine poursuivaient des objectifs similaires dans leur lutte contre l’Espagne.

Les Boers néerlandais d’Afrique du Sud ont lancé des guerres contre les colons britanniques pour revendiquer l’« autodétermination » des colons, à l’instar de certains sionistes qui se sont retournés contre la Grande-Bretagne après 1945 pour obtenir l’« indépendance » des colonies de peuplement.

Les colons français d’Algérie sont allés jusqu’à fomenter un coup d’État contre la France elle-même afin de préserver leur implantation coloniale, faisant écho aux actions d’autres colons à travers le monde, comme les Rhodésiens blancs. En fin de compte, la volonté sioniste d’établir une entité coloniale de peuplement en Palestine ne présente aucun trait distinctif qui la distingue de ces parallèles historiques.

Au cœur du récit destiné aux publics chrétiens européens et américains se trouve la revendication sioniste d’une « indigénéité » en Palestine, s’appuyant sur des mythes bibliques et, plus récemment, sur de prétendus liens « génétiques ». Au cœur de ce vol sioniste de la patrie ancestrale des Palestiniens se trouvent ces liens bibliques et historiques inventés, centrés sur l’affirmation fondamentale selon laquelle seul le « peuple juif » habitait la Palestine il y a environ deux mille ans.

Or, à cette époque, seule une partie de la population palestinienne était composée d’Hébreux – et non du « peuple juif », terme inventé bien plus tard – et ces Hébreux n’en furent jamais les seuls habitants.

En réalité, le récit biblique lui-même, dans le livre de Josué, révèle que les Hébreux sont originaires d’ailleurs, envahissant et s’emparant du pays de Canaan à ses autochtones cananéens, tout cela sous la bannière d’une « promesse » divine de leur Dieu. Les Écritures mentionnent même qu’Abraham, le personnage avec lequel le dieu des Hébreux a conclu une alliance, était originaire d’Ur, dans l’actuel Irak.

Plus absurde encore est le mythe selon lequel les Juifs d’aujourd’hui seraient les descendants purs et uniques de ces anciens Hébreux.

Ce mythe s’est consolidé dans la théologie chrétienne, issu de l’antagonisme de longue date de l’Église catholique envers les Juifs européens, les qualifiant d’héritiers des anciens Hébreux considérés comme des « assassins du Christ », et amplifié par les ambitions millénaristes de la Réforme protestante d’expulser les Juifs d’Europe vers la Palestine dans l’espoir d’accélérer le retour de Jésus-Christ. Ce n’est qu’à la fin du XVIIIe siècle que les chrétiens européens ont commencé à considérer les Juifs comme une « nation » étrangère distincte.

La croyance ancienne de nombreux Juifs religieux selon laquelle leurs origines se trouvent en Palestine est comparable à celle des musulmans d’Inde, de Chine, d’Indonésie, du Nigéria ou de Malaisie qui affirment être venus d’Arabie, uniquement parce que l’Arabie était le berceau de leur religion.

Cela refléterait l’absurdité de ces musulmans revendiquant un droit « indiscutable » sur La Mecque et l’Arabie, ou insistant sur une « présence ininterrompue » dans ces régions simplement parce que quelques pèlerins dispersés de leurs terres s’y sont installés au fil du temps, ou parce qu’une poignée d’Arabes musulmans ont migré vers ces régions lointaines d’Asie ou d’Afrique à la même période.

Les sionistes rejettent ces comparaisons en arguant que le judaïsme n’a jamais été une religion missionnaire, mais l’histoire prouve le contraire : les spécialistes ont démontré sans l’ombre d’un doute que le judaïsme a vigoureusement recherché des conversions, des conversions massives ayant persisté au moins jusqu’au IXe siècle.

Même en admettant l’idée d’un « lien » entre les Juifs européens et la Palestine – et en supposant qu’ils ne soient pas majoritairement des descendants de convertis –, en faire un « droit » d’envahir et de coloniser le territoire et d’en expulser les habitants autochtones est dénué de fondement moral ou juridique. Après tout, les descendants blancs d’Amérique, d’Australie, de Nouvelle-Zélande et d’Afrique du Sud entretiennent des liens ancestraux authentiques avec l’Europe, mais cela ne leur confère aucun droit de la reconquérir et de la recoloniser. De même, la domination romaine sur la Grande-Bretagne ne confère pas aux Italiens d’aujourd’hui le droit de la revendiquer.

Le vol par le sionisme de l’héritage des anciens Hébreux palestiniens, les présentant comme les seuls ancêtres des Juifs européens, a été délibérément conçu pour détacher les Palestiniens de leur propre héritage hébreu.

Alors que les Égyptiens, les Jordaniens, les Libanais et les Irakiens peuvent aisément faire remonter leur histoire nationale aux Pharaons, aux Nabatéens, aux Phéniciens et aux Babyloniens sans contestation, les Palestiniens se voient interdire tout lien souverain avec l’héritage antique de la Palestine depuis qu’une vague de colons juifs européens a choisi de s’approprier cette histoire.

Par conséquent, même si les Palestiniens revendiquent légitimement leur descendance des Cananéens et des anciens Hébreux, les sionistes leur interdisent catégoriquement d’intégrer la moindre racine palestinienne ancienne à leur lignée. Depuis ses débuts, le sionisme s’appuie sur des arguments ridicules et irréalistes qui s’effondrent sous le regard des colonisés. Depuis plus de 125 ans, les Palestiniens démantèlent systématiquement ces mythes, mais la logique même de leurs réfutations n’a pas réussi à dissuader les soutiens coloniaux d’Israël dans l’Occident impérial.

L’attrait du récit trompeur du sionisme découle de l’attachement du christianisme européen aux mythes bibliques reformulés et aux cadres racistes – l’idéologie même qui a cautionné non seulement le colonialisme de peuplement sioniste, mais aussi la soumission brutale des Amériques, l’asservissement des Africains et l’emprise durable de l’hégémonie occidentale dans le monde entier.

Aucun argument sioniste ne se distingue de ceux des autres colons européens. Cela explique pourquoi la poussée d’Israël vers un « Grand Israël » à l’époque actuelle ne marque pas une rupture avec la tradition mais son apogée : le chapitre le plus audacieux d’une saga coloniale de peuplement qui s’est perpétuellement enveloppée de récits de retour mythique, de statut d’indigénéité fabriqué et d’une prétendue promesse divine.



"La société israélienne est devenue totalement génocidaire"


Citizen Média :

En Israël, B’Tselem dénonce un « réseau de camps de torture » pour les Palestiniens. 

Selon le nouveau rapport de B’Tselem « Vivre en enfer », le système carcéral israélien est devenu un réseau de camps de torture systématique contre les Palestiniens : violences physiques et psychologiques, famine délibérée, refus de soins, violences sexuelles, conditions inhumaines.

L’ONG documente 84 décès en détention depuis octobre 2023 et s’appuie sur de nouveaux témoignages de libérés.

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Vidéo en anglais :

"Israeli Society Has Become Completely Genocidal"


Dans ce nouvel épisode de « Beyond Israelism », Simone Zimmerman s’entretient avec Yuli Novak, directrice exécutive de l’organisation israélienne de défense des droits humains B’Tselem et l’une des voix dissidentes les plus intransigeantes d’Israël. Yuli revient sur son parcours, d’une éducation empreinte de patriotisme et de foi en la démocratie israélienne à une douloureuse prise de conscience de ce qu’elle qualifie aujourd’hui de régime d’apartheid – et des conditions qui ont permis une complicité massive avec le génocide.

Yuli revient sur les années qu’elle a passées à la tête de Breaking the Silence – un groupe d’anciens soldats israéliens qui documentaient les exactions commises sous l’occupation – et qui a été la cible d’une campagne de diffamation d’envergure, impliquant des représentants du gouvernement, les médias traditionnels, des poursuites judiciaires et des infiltrations de groupes d’extrême droite. Aujourd’hui, à la tête de B’Tselem, Yuli explique pourquoi l’organisation a choisi de qualifier les actions d’Israël à Gaza de génocide dans son rapport « Notre génocide ».



dimanche 22 février 2026

Le « Comité pour la Paix » n’est pas que le sous-produit d’un esprit totalement déjanté


Proche-Orient : la paix selon Trump


L’histoire de la puissance américaine est, à bien des égards, l’histoire de la réinvention des normes – ou de la conception de nouvelles normes – afin de les adapter aux intérêts stratégiques des États-Unis.

Cela peut sembler sévère, mais c’est une prise de conscience nécessaire, en particulier à la lumière de la dernière invention politique du président américain Donald Trump : le ainsi nommé « Conseil de la paix ».

On pouvait conclure un peu hâtivement que la dernière manœuvre politique de Trump, récemment exposée lors du Forum économique mondial de Davos, était une initiative propre à Trump, détachée des doctrines précédentes de la politique étrangère américaine. Mais ce serait se laisser induire en erreur par le style politique égocentrique de Trump et ses affirmations à répétition, bien que sans fondement, selon lesquelles il aurait mis fin à des guerres, résolu des conflits mondiaux et rendu le monde plus sûr.

Lors du lancement à Davos, Trump a renforcé cette illusion soigneusement élaborée, se vantant du leadership historique supposé des États-Unis dans l’instauration de la paix, louant des avancées diplomatiques prétendument sans précédent et présentant le Conseil de la paix comme un mécanisme neutre et bienveillant capable de stabiliser les régions les plus instables du monde.

Pourtant, une lecture moins partiale de l’histoire nous permet de voir le projet politique de Trump, que ce soit à Gaza ou ailleurs, non pas comme une aberration, mais comme s’inscrivant dans un schéma familier.

Les responsables de la politique étrangère américaine cherchent sans répit à reprendre le contrôle des affaires mondiales, à écarter le consensus international et à imposer des cadres politiques qu’ils définissent, gèrent et contrôlent eux-mêmes.

Le Conseil de paix – un club politique sur invitation uniquement entièrement contrôlé par Trump lui-même – prend de plus en plus forme en tant que nouvelle réalité géopolitique dans laquelle les États-Unis s’imposent comme le gardien autoproclamé des affaires mondiales – à commencer par Gaza, dévastée par le génocide – et se positionnent explicitement comme une alternative aux Nations unies.

Bien que Trump ne l’ait pas déclaré ouvertement, son mépris affiché pour le droit international et sa volonté inébranlable de redessiner l’ordre mondial de l’après-guerre sont des indicateurs clairs de ses véritables intentions.

L’ironie est stupéfiante. Un organisme censé guider Gaza dans sa reconstruction après le génocide dévastateur perpétré par Israël n’inclut aucun Palestinien, et encore moins les Gazaouis eux-mêmes.

Plus accablant encore, le génocide qu’il prétend combattre a été soutenu politiquement, financé militairement et protégé diplomatiquement par les administrations américaines successives, d’abord sous Joe Biden, puis sous Trump.

Il ne faut pas être particulièrement perspicace pour conclure que le Conseil de paix de Trump ne se soucie ni de la paix, ni véritablement de Gaza. Alors, quel est le véritable objectif de cette initiative ?

Cette initiative ne vise pas la reconstruction ou la justice, mais l’exploitation des souffrances de Gaza pour imposer un nouvel ordre mondial dirigé par les États-Unis, d’abord au Moyen-Orient, puis au-delà.

Gaza, un territoire assiégé de seulement 365 kilomètres carrés, n’a pas besoin d’une nouvelle structure politique composée de dizaines de dirigeants mondiaux, chacun payant apparemment un milliard de dollars de frais d’adhésion. Gaza a besoin d’être reconstruite, sa population doit se voir accorder ses droits fondamentaux et les crimes d’Israël doivent être sanctionnés.

Les mécanismes pour y parvenir existent déjà : les Nations unies, le droit international, les institutions humanitaires de longue date et, surtout, les Palestiniens eux-mêmes, dont l’action, la résilience et la détermination à survivre aux attaques d’Israël sont devenues légendaires.

Le Conseil de paix rejette tout cela au profit d’une structure creuse et improvisée, conçue pour satisfaire l’ego instable de Trump et faire avancer les intérêts politiques et géopolitiques des États-Unis et d’Israël.

En réalité, il ramène la Palestine un siècle en arrière, à une époque où les puissances occidentales déterminaient unilatéralement son destin, guidées par des préjugés racistes sur les Palestiniens et le Moyen-Orient, préjugés qui ont jeté les bases des catastrophes qui ont durablement frappé la région.

Mais la question centrale demeure : s’agit-il vraiment d’une initiative propre à Trump ?

Non, ce n’est pas le cas. Bien qu’elle soit ingénieusement conçue pour nourrir la mégalomanie démesurée de Trump, elle reste une tactique américaine familière, en particulier en période de crise profonde.

Cette stratégie est décrite de manière convaincante dans l’ouvrage de Naomi Klein, La Stratégie du Choc, qui soutient que les élites politiques et économiques exploitent les traumatismes collectifs – guerres, catastrophes naturelles et effondrement social – pour imposer des politiques radicales qui, autrement, se heurteraient à la résistance du public.

Le Conseil de paix de Trump s’inscrit parfaitement dans ce cadre, utilisant la dévastation de Gaza non pas comme un appel à la justice ou à la responsabilité, mais comme une occasion de remodeler les réalités politiques de manière à renforcer la domination américaine et à mettre de côté les normes internationales.

Ce n’est pas sans précédent. Ce schéma remonte à la création des Nations unies, imaginées par les États-Unis et mises en place en 1945 pour remplacer la Société des Nations.

Son principal architecte, le président Franklin D. Roosevelt, était déterminé à ce que la nouvelle institution garantisse la domination structurelle des États-Unis, notamment par le biais du Conseil de sécurité et du système de veto, assurant ainsi l’influence décisive de Washington sur les affaires mondiales.

Lorsque l’ONU n’a pas entièrement accédé aux intérêts américains, notamment lorsqu’elle a refusé d’accorder à l’administration George W. Bush l’autorisation légale d’envahir l’Irak, l’organisation a été qualifiée d’« inutile ». Bush a alors mené sa propre « coalition des volontaires », une guerre d’agression qui a dévasté l’Irak et déstabilisé toute la région, avec des conséquences qui persistent encore aujourd’hui.

Une manœuvre similaire s’est déroulée en Palestine avec la création en 2002 du « Quartet pour le Moyen-Orient », un cadre dominé par les États-Unis. Dès sa création, le Quartet a systématiquement écarté l’action palestinienne, protégé Israël de toute responsabilité et relégué le droit international au second plan, le considérant souvent comme accessoire.

La méthode reste la même : lorsque les mécanismes internationaux existants ne servent pas les objectifs politiques des États-Unis, de nouvelles structures sont inventées, les anciennes sont contournées et le pouvoir est réaffirmé sous le couvert de la paix, de la réforme ou de la stabilité.

Au vu de ces antécédents historiques, il est raisonnable de conclure que le Conseil de paix finira par devenir un autre organisme rapidement moribond.

Mais avant d’atteindre cette fin prévisible, il risque toutefois de compromettre davantage les perspectives déjà fragiles d’une paix juste en Palestine et d’entraver tout effort significatif visant à tenir les criminels de guerre israéliens responsables de leurs actes.

Ce qui est vraiment extraordinaire, c’est que même dans sa phase de déclin, les États-Unis continuent d’être autorisés à expérimenter l’avenir de peuples et de régions dans leur intégralité. Pourtant, il n’est jamais trop tard pour ceux qui s’engagent à rétablir la centralité du droit international – non seulement en Palestine, mais aussi à l’échelle mondiale – pour contester une telle ingénierie politique imprudente et auto-centrée.

La Palestine, le Moyen-Orient et le monde méritent mieux.




samedi 21 février 2026

Sionisation de la sphère politico-médiatique française




Yonathan Arfi, président du CRIF :

"Rima Hassan, Aymeric Caron, David Guiraud, Thomas Portes...tôt ou tard vous serez rattrapés par la justice !"


Edouard Husson, historien :

"Est-ce qu'on se rend compte de la gravité d'une telle déclaration ?

Le président d'une association représentant des intérêts communautaires - qui doivent se soumettre à l'intérêt général comme le lui rappelle son label accordé par l'Etat et qui peut lui être retiré par le même Etat - ce président d'association, donc, appelle à traîner devant la justice des élus de la nation. Rien que ça !

Je me réveille un matin et je pousse un cri : Monsieur Dupont député ou Madame Martin, députée européenne doivent être traînés en justice parce que ce qu'ils racontent ne me plaît pas.

C'est d'autant plus surprenant que ces élus sont seuls, ou presque, dans les assemblées, à rappeler le droit international concernant le conflit palestinien. Cela ne plaît pas à Monsieur Arfi, qui a le droit d'avoir des opinions à lui mais non celui de vouloir en faire une politique. Jadis la France était connue et respectée pour sa défense farouche du droit international. C'était notre marque de fabrique, aussi bien celle de la monarchie que celle de la République. Cela nous vient de notre matrice historique, romaine. La France, quand elle est la France, ne peut pas supporter la moindre atteinte à l'égalité entre les peuples.

Voilà pourquoi les propos de Monsieur Arfi sont déplacés et mettent en cause le socle de notre République."


Shanna Messaoudi :

"Il y a une désionisation progressive des États-Unis : l'extrême droite comme la gauche se détachent désormais clairement du mouvement sioniste. Le soutien inconditionnel aux sionistes a fini par menacer les intérêts vitaux américains.

Cette influence sioniste est en train de se recentrer sur la France, où l’on observe actuellement une sionisation extrêmement rapide et agressive de la sphère politico-médiatique française.

Le fait que le sionisme perde du terrain aux États-Unis tout en s'implantant en France est une excellente nouvelle, car la France n'a ni le poids militaire ni l'influence diplomatique des États-Unis."




Quand et comment les plans et les conspirations de la Grande-Bretagne et du mouvement sioniste pour s’emparer de la Palestine ont-ils commencé (1840-1948) ?



par Dr. Naila Al-Waari


Londres – À commencer par le rôle de ses consulats à Jérusalem en 1839, les engagements de Palmerston en 1841 par lesquels la Grande-Bretagne s’engageait à réaliser le projet d’établir un foyer national pour les juifs en Palestine, le rôle du Comité technique en 1906, la Déclaration Balfour de 1917, l’occupation directe de la Palestine par la Grande-Bretagne, la promulgation du Mandat, l’adoption de l’Agence juive, la création de l’armée de la Haganah et l’autorisation de l’immigration juive.

Puis, en 1919, les services du cadastre furent fermés, la Banque ottomane fut dissoute et diverses pressions économiques furent exercées sur les Arabes de Palestine. En 1920, le ministère de l’Agriculture et le service du cadastre furent annexés à l’aile sioniste, et les lois foncières ottomanes furent modifiées afin de les mettre au service du foyer national juif. Ces modifications portèrent sur les lois d’expropriation, la loi de défense, la loi sur les villes, les travaux de colonisation, les listes de droits et de créances, l’inventaire des successions, le pillage des terres waqf, les accords de démarcation des frontières, l’annexion des sources d’eau, des lacs et des forêts, ainsi que sur la réattribution des terres de Jiftlik au nom du sultan Abdul Hamid II. Ce dernier avait inclus des terres menacées de confiscation au profit de l’État afin de les protéger du projet sioniste. Ces modifications inclurent également la modification de la classification des terres, le morcellement des terres communes, l’instauration d’une loi d’enregistrement minimal et la confiscation des terres palestiniennes avant même le prononcé des décisions de justice les concernant.

Tout cela ne suffisait pas, car le gouvernement britannique, durant le mandat, entreprit des actions extrêmement dangereuses en confisquant les principales voies d’eau ainsi que les ressources en eau et en minéraux, et en les confiant aux juifs sous forme de privilèges divers afin de leur garantir l’infrastructure nécessaire à l’établissement d’un foyer national. Le projet d’assèchement du lac Hula en est un exemple.

La British Society étudia les terres et les eaux de Palestine et conclut qu’il était possible d’irriguer ces terres si l’on parvenait à y acheminer l’eau depuis le nord. Ce fut l’un des premiers projets que le baron Rothschild envisagea avec enthousiasme, puisqu’il présenta en 1912 un projet d’assèchement du lac Hula afin d’y établir des colonies fertiles. La plupart d’entre nous connaissent l’histoire du projet d’assèchement du lac Hula, mené sous la supervision du Fonds national juif en 1948. Par la suite, on a prétendu que le lac était un marécage, un repaire de moustiques et d’insectes, et que les habitants du bassin du Hula étaient des tribus primitives atteintes de paludisme.

Les villageois furent déplacés par un massacre perpétré par l’armée de la Haganah, qui rassembla les hommes et les extermina. Les habitants fuyant la plaine du Hula, ainsi que les femmes, les personnes âgées et les enfants survivants, trouvèrent refuge près de Safed, avant d’être à nouveau déplacés vers le Liban et la Syrie.

À cela s’ajoutent les lois fiscales et douanières qui contribuèrent à appauvrir les paysans et à les pousser dans les bras des usuriers. Ces derniers s’emparèrent de leurs terres hypothéquées selon des plans infernaux visant à renforcer leur emprise sur la Palestine et son peuple, et à faire de la terre un fardeau pour ses propriétaires afin de faciliter leur expulsion. Le gouvernement a alors donné carte blanche à des monopoles financiers juifs, enregistrés sous des noms étrangers, pour piller la Palestine et instrumentaliser l’intérêt public au seul profit des juifs et de leurs colonies.

Quant à l’histoire des terres transférées aux juifs par des intermédiaires, des propriétaires terriens arabes libanais et syriens, et de grands propriétaires terriens palestiniens, j’y reviendrai plus en détail. Je tiens à préciser, pour la vérité historique, un fait important : un très petit nombre de Palestiniens, qu’ils soient propriétaires terriens, grands propriétaires terriens ou autres, ont participé, même modestement, à ce crime ou ont collaboré avec les sionistes. Voici quelques explications : premièrement, au début du projet sioniste et de son infiltration dans le pays, l’ignorance et le manque de sensibilisation à ce projet, qui, contrairement à ce que croyaient les plus pauvres et les plus naïfs, ne semblait pas menacer la patrie et la terre, ont été des facteurs déterminants. Deuxièmement, il y a eu une faiblesse de caractère, une soif de richesse et un manque de sentiment d’appartenance nationale. Parmi les autres raisons, on peut citer le fait que certains propriétaires terriens palestiniens cherchaient à améliorer et à moderniser l’agriculture et, faute de liquidités, ils ont eu recours à la vente d’une partie de leurs terres à cette fin.

Les médias sionistes se sont emparés de ces incidents, les exploitant pour publier des listes de familles ayant vendu leurs terres. Ils ont même exagéré les chiffres afin de minimiser le rôle de la Grande-Bretagne dans la destruction de l’économie palestinienne et la réforme du droit foncier et fiscal. La question de la vente des terres palestiniennes est devenue un sujet de conversation courant, au point que même les Arabes ont failli croire à cette invention injuste. Ils nous ont accusés de vendre nos terres. Pour clarifier les choses, les chiffres présentés par les sionistes concernant les terres achetées aux grands propriétaires terriens palestiniens indiquent que la superficie totale acquise par les juifs s’élevait à 261 000 dunams, soit moins de 1% de la superficie de la Palestine.

Ce chiffre ne représente que les contributions des propriétaires absents et des Palestiniens. La dure réalité réside dans les terres des agriculteurs qui ont été transférées par le biais de banques et de sociétés, via des prêts et des hypothèques agricoles, après la fermeture par les autorités britanniques de la Banque agricole ottomane (qui prêtait aux agriculteurs palestiniens à des taux d’intérêt bas) en 1920, en accord avec l’Agence juive. Après la fermeture de la centrale nucléaire, la Grande-Bretagne s’est employée à appauvrir les paysans palestiniens en augmentant les impôts, en les empêchant de vendre leurs récoltes ou d’importer des produits similaires, et en utilisant d’autres méthodes oppressives.

Ces mesures ont contraint les paysans palestiniens à se tourner vers des intermédiaires et des usuriers juifs qui les guettaient. Pris au piège, incapable de rembourser ses dettes, le paysan palestinien s’est vu confisquer ses terres par les usuriers, le forçant à quitter son foyer. La Société sioniste de développement foncier a ainsi réussi à s’emparer d’environ 500 000 dounams de terres palestiniennes arabes grâce à des prêts usuraires. Sur ces terres, confisquées aux paysans pauvres et arrachées de force, des colonies juives ont été établies en 1935, dans le cadre de la plus vaste opération de remplacement et de répartition stratégique d’immigrants juifs, touchant plus de 186 villages à travers la Palestine.

Source : The Intel Drop via Marie-Claire Tellier