Déclaration de Manon Aubry avec l'European Left Alliance (ELA) pour le lancement de l’initiative citoyenne européenne (ICE) pour demander la supsension de l'accord entre l'Union Européenne et Israël.
Un million de signatures sont nécessaires. Mais, en 24 heures, déjà 100 000 personnes ont paraphé la pétition, portée par l’Alliance de la gauche européenne composée de la France insoumise, pour exiger « la suspension totale de l’accord d’association UE-Israël », comme nous l’avons constaté sur le site des initiatives citoyennes européennes.
Plus largement, c’est une pétition pour la « fin de la complicité de l’Union européenne avec le génocide en Palestine », a vanté la vice-présidente Assemblée nationale et députée LFI du Val-de-Marne Clémence Guetté sur X — les principales figures du parti, de Manuel Bompard à Mathilde Panot, en passant par Rima Hassan l’ont également relayé.
Les citoyens européens « ne peuvent tolérer » que cette « pierre angulaire de la coopération bilatérale entre l’UE et Israël en matière de commerce, d’économie et de politique » qui « contribue à légitimer et à financer un État qui commet des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre » ne soit toujours pas suspendue, peut-on lire dans la pétition.
Ce dispositif, l’initiative citoyenne européenne (ICE), n’a en revanche pas d’effet contraignant. Si le million de signatures est réellement atteint, la Commission est tenue d’y répondre. Mais elle peut alors estimer « qu’un acte législatif constitue une réponse appropriée », explique le site officiel de l’UE. En revanche, elle « n’est pas tenue [d’en] proposer » un, est-il encore écrit.
« Difficile » de s’accorder
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait déjà proposé, mercredi 10 septembre, à l’occasion de son discours annuel sur l’état de l’Union, une suspension partielle de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël, face à une situation « inacceptable » dans la bande de Gaza.
Mais, devant les eurodéputés à Strasbourg, Ursula von der Leyen avait reconnu qu’il serait toutefois « difficile » de trouver une majorité d’États membres pour adopter ces mesures. Les 27 sont très divisés sur l’attitude à adopter face à Israël depuis le lancement de sa guerre contre le Hamas après son attaque sans précédent lancée le 7 octobre 2023.
Cette pétition était une « promesse majeure » de la campagne des Insoumis pour les élections européennes en 2024, a d’ailleurs rappelé l’eurodéputée Rima Hassan sur X. « L’UE ne veut pas arrêter de commercer avec un État génocidaire ? », peut-on lire sur les visuels qu’elle a partagé, siglé d’un « Justice for Palestine ».
L’UE est le premier partenaire commercial d’Israël. La suspension de l’accord n’empêcherait pas ces échanges, mais suspendrait les droits de douane préférentiels ou leurs exemptions. Récemment, en mai 2025, une pétition pour interdire les thérapies de « conversion » des LGBT + dans l’Union européenne avait déjà dépassé le million de signatures.
Le Parisien