mardi 6 janvier 2026

Le « Projet Sunrise » vise à transformer Gaza en métropole de haute technologie




Ils appellent ça un plan de reconstruction. En réalité, c'est un plan d'appropriation. 

Alors que Gaza n’a même pas fini de brûler, que des corps sont encore sous les gravats, des conseillers américains planchent déjà sur la rentabilisation des ruines. Nom du projet : Sunrise. Le cynisme jusque dans le titre. 112 milliards de dollars pour transformer une terre martyre en Riviera artificielle : hôtels de luxe, tours en bord de mer, trains à grande vitesse, réseaux pilotés par l’IA. 70 % du littoral privatisé. Monétisé. Vendu. Pas un plan pour les habitants. Un plan pour les investisseurs. Tout est pensé comme une brochure immobilière : “phases”, “returns”, “smart cities”. 

Mais une question élémentaire reste soigneusement évitée : où vivent deux millions de Palestiniens pendant qu’on refait le décor ? Rafah deviendrait une capitale vitrine, pendant que Gaza serait redessinée selon des standards occidentaux, hors-sol, coupés de son tissu social, de sa culture, de son histoire. Ce n’est pas de la reconstruction. C’est de l'ingénierie coloniale.

Et pour verrouiller le tout, une condition impossible : le désarmement total du Hamas, que même des responsables américains jugent irréaliste. Un prétexte parfait pour ne jamais appliquer le plan, tout en l’utilisant comme outil politique et financier. Le financement, lui, reste volontairement flou : 20 %, 60 milliards, garanties de dette, montages opaques. Peu importe le chiffre exact, la logique est limpide : reconstruire avec profit ce qui a été détruit avec leurs armes, et laisser une dette sans fin.

Gaza n’a pas besoin d’une vitrine high-tech sous surveillance permanente. Elle a besoin de maisons, d’hôpitaux, d’écoles, d’eau, d’électricité, de dignité. Ils parlent de renaissance. Ils organisent une exploitation post-destruction. Toujours les mêmes. Toujours sur les mêmes ruines. 

Lien de l’article immonde du Wall Street Journal :

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