À Marseille, des militants pro-palestiniens ont décidé de frapper fort. Ils ont ciblé l’usine Eurolinks, une entreprise qui fournit du matériel militaire destiné à Israël. Dans un communiqué et une vidéo diffusés en ligne, ils revendiquent le sabotage et affirment avoir sectionné les tuyaux d’arrivée d’eau de l’usine pour bloquer, ou au moins ralentir, la production.
Cette action ne sort pas de nulle part. Elle intervient après les révélations du média d’investigation Disclose. Les journalistes ont montré qu’Eurolinks avait organisé, à au moins trois reprises en 2023 et 2025, des livraisons de maillons de mitrailleuses. Ces pièces peuvent équiper des armes utilisées par l’armée israélienne contre les habitants de Gaza.
Ces révélations ont mis le feu aux poudres. Des dockers ont refusé de charger certaines cargaisons. Des militants ont bloqué l’usine une première fois en septembre 2025, puis à nouveau en octobre. Lors du second blocage, la police a interpellé plus d’une centaine de personnes. Plusieurs ont écopé d’un avertissement pénal probatoire, une mesure qui tient lieu de rappel à la loi.
En parallèle, une association de juristes a saisi la justice. Elle demande l’annulation des contrats entre Eurolinks et l’industrie d’armement israélienne, estimant que ces livraisons pourraient violer le droit international. Une audience est prévue le 23 mars prochain.
C’est dans ce climat tendu que les activistes ont choisi le sabotage. Dans leur communiqué, ils préviennent : « Tant que cette entreprise continuera d’armer la colonisation, elle continuera d’être la cible d’attaques ».