vendredi 13 février 2026

Dans les prisons israéliennes, la récurrence des violences sexuelles à l’encontre des Palestiniens


Le Monde :

Déshabillage forcé, coup sur les parties génitales, pénétration anale : sur 21 détenus qui se sont confiés à l’ONG israélienne B’Tselem après leur libération, un tiers affirme avoir subi de telles violences. D’autres ONG et des agences onusiennes ont recueilli des récits similaires. L’Etat hébreu dément tout mauvais traitement systématique.

C’était dix-neuf jours après son arrestation par l’armée israélienne, le 23 février 2024, à Tulkarem, dans le nord de la Cisjordanie occupée. Sami Al-Sa’i, un journaliste palestinien de 47 ans, venait d’être transféré d’une base militaire vers la prison de Megiddo. « Les gardes m’ont demandé de me déshabiller et de jeter mes vêtements dans une poubelle, raconte le père de six enfants devant des reporters, mercredi 14 janvier. Ils ont demandé : “Tu es du Hamas ? Tu es journaliste ?” Les coups ont commencé, ils ont frappé toutes les parties de mon corps (…). Ils m’ont emmené dans une autre pièce. Ils m’ont dit de me mettre à genoux, j’ai pensé qu’ils voulaient m’humilier. Ils m’ont frappé encore. »

A cet instant, selon son récit, le détenu a les yeux bandés. Les gardiens l’immobilisent complètement. « Ils ont essayé de faire entrer quelque chose de dur dans mon anus. J’ai résisté, j’ai tendu mes muscles de toutes mes forces. Mais c’était trop douloureux, ils m’ont pénétré profondément. La douleur était terrible. (…) Ils ont recommencé. » L’homme a entendu ses gardiens rire puis fumer une cigarette. Ils l’ont ensuite transporté dans une cellule collective.


Un prisonnier palestinien montre l’une des différentes positions auxquelles il a été contraint pendant sa détention. Battu presque quotidiennement, il a perdu 58 kilos après onze mois de prison. Il a séjourné dans la prison Ofer et dans celle du Neguev. En Cisjordanie, le 27 septembre 2025.