mardi 7 octobre 2025

7 octobre 2025 - 7 octobre 2023



Rappelons-nous l'état de sidération dans lequel nous étions ce jour-là. Rappelons-nous la bataille sémantique qui s'est immédiatement engagée autour du mot "terrorisme". Rappelons-nous les scénarios que nous imaginions pour la suite. Un historien doit aussi conserver ses propres archives, pour vérifier si ses analyses tiennent le coup, sur la durée. Cette interview à été réalisée le 11 octobre 2023 et publiée par Le Monde trois jours plus tard. Aujourd'hui je n'en modifierais pas une ligne :

• "Il n’y a aucun précédent. 1 300 morts en une seule journée, pour les Israéliens c’est un bilan plus lourd que durant les cinq années de la seconde Intifada (2000-2005). Rapportée à la population française, cela correspondrait à 10 000 morts en France. C’est proprement vertigineux, et jamais Israël n’avait vécu un traumatisme aussi profond. Revenir aux épisodes les plus sombres du conflit suffit pour s’en convaincre.

• Ces attaques relèvent bien sûr du terrorisme, car des centaines de civils, dont des femmes et des enfants, ont été assassinés méthodiquement, avec une cruauté invraisemblable. Par ailleurs, ces massacres n’étaient pas de simples “dommages collatéraux” de l’opération, ils ont été coordonnés par une organisation structurée.

• Si ces massacres ne sont pas accidentels, il faut dès lors admettre que le choix de la terreur relève bien d’une stratégie politique.

• L’objectif de cet acte horrifique est d’entraîner Israël dans une fuite en avant pour lui tendre un double piège : un piège stratégique et un piège moral. Le piège stratégique consiste à faire entrer les soldats israéliens dans Gaza, où les combattants du Hamas les attendent, protégés par un immense réseau d’abris souterrain.

• Le piège moral consiste à provoquer Israël afin que son armée commette des crimes de guerre d’une ampleur inédite. In fine, l’objectif est un retournement de l’opinion publique mondiale. Ces crimes de guerre ont déjà commencé, avec l’arrêt total de la distribution d’eau et de nourriture aux 2,3 millions d’habitants de la bande de Gaza, ainsi que des bombardements aveugles qui ont déjà causé la mort de de 1900 Palestiniens de Gaza.

• On est au bord de l’abîme. La déflagration du 7 octobre risque de déborder les frontières régionales, dans un contexte géopolitique global déjà extraordinairement tendu. La communauté internationale ne peut se décharger du problème car c’est elle qui a paramétré ce conflit, depuis le mandat élaboré après 1917 par la Société des nations jusqu’au vote sur le partage de la Palestine par les Nations unies en 1947.

• L’histoire nous enseigne que c’est au bord de l’abîme que des décisions douloureuses peuvent être prises. Ce cinquième acte – celui du dénouement dans la tragédie grecque – a commencé par des scènes de guerre, de pogrom et de carnage. Il appartiendra aux Israéliens, aux Palestiniens et aux consciences internationales d’en écrire les scènes suivantes".

Vincent Lemire, historien : « Depuis l’attaque du Hamas contre Israël, nous sommes entrés dans une période obscure qu’il est encore impossible de nommer »




Nous n’avons pas besoin de reconnaître un État palestinien, mais bien la résistance palestinienne





Créé en 1969 par le caricaturiste palestinien Naji al-Ali, Handala est né dans les camps de réfugiés, dans un monde brisé par l’occupation et les promesses non tenues. Al-Ali lui donne 10 ans — l’âge auquel lui-même a été contraint de fuir la Palestine après la Nakba de 1948.

Ce personnage n’est pas seulement un alter ego artistique. Il est le gardien de la mémoire palestinienne, figé dans l’enfance, incapable de grandir tant que la justice ne sera pas rendue.



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Nous n’avons pas besoin de reconnaître un État palestinien, mais bien la résistance palestinienne


(...) après deux ans de génocide et de destruction totale des infrastructures, il ne reste plus rien qui puisse ressembler à un État palestinien. Cette reconnaissance est en plus assortie de conditions coloniales.

Voyez-vous, aucun pays ne peut mettre fin au massacre colonial d’Israël ni obliger ce dernier à ouvrir les frontières de Gaza aux journalistes, aux travailleurs humanitaires, à l’aide alimentaire et à l’eau. De plus, a déclaré De Wever, le Premier ministre belge, la Belgique est beaucoup trop petite et insignifiante pour imposer quoi que ce soit à Israël. Mais elle est assez puissante et grande pour donner des leçons aux Palestiniens. Ainsi, selon la Belgique et autres qui souhaitent reconnaître la Palestine, le Hamas ne peut pas participer aux élections futures et doit déposer les armes. Pour les soutiens d’Israël, pas question d’un accord politique avec le Hamas et les Brigades Al-Qassam. Pas d’accord de paix comme cela a été le cas pour Sinn Fein et l’IRA lors des accords du Vendredi saint en Irlande du Nord en 1998 ou pour l’ANC et Umkhontowe Sizween 1991 lors de l’Accord de Paix National (NPA) en Afrique du Sud. Pour le Hamas et les organisations de la résistance palestinienne, seule leur destruction totale est prévue.

Il y a cinquante ans, l’Assemblée générale des Nations unies reconnaissait officiellement la résistance palestinienne et condamnait le sionisme comme une idéologie raciste. [...]

En 1975, l’ONU déclare que le sionisme est du racisme

Les années 1960-1970 ont été marquées par des bouleversements révolutionnaires. En 1965, la Chine communiste est devenue le premier pays non arabe à reconnaître l’Organisation de libération de la Palestine. Une première conférence de la Tricontinentale, une continuation de la Conférence de Bandung en 1955, avait lieu à Cuba en 1966, avec une importante délégation de représentants palestiniens issus de diverses factions de l’OLP. Dans son «Message à la Tricontinentale», Ernesto «Che» Guevara avait lancé : «Créer deux, trois… de nombreux Vietnam, voilà le mot d’ordre» en solidarité avec la résistance Vietnamienne. Le 30 avril 1975, celle-ci prenait le contrôle de Saigon, remportant ainsi une victoire historique sur l’armée américaine après une guerre de près de vingt ans. Dans le sillage de cette lutte de libération, la résistance palestinienne est apparue pour la première fois sur la scène diplomatique mondiale en 1974. «Avec le rameau d’olivier et le fusil à la main», Yasser Arafat s’est adressé à l’Assemblée générale des Nations unies. L’ONU a alors voté une série de résolutions en faveur du peuple palestinien et de sa résistance.

En 1975, il y a cinquante ans, l’Assemblée générale (AG) des Nations unies, qui comptait alors quelque cent cinquante États membres, a adopté la résolution 3379. Selon cette résolution historique, le sionisme est une forme de racisme et de discrimination raciale. Ce jour-là, l’idéologie officielle et nationale de l’État d’Israël a été condamnée par le monde entier comme expansionniste et raciste, à l’instar d’une idéologie coloniale. Les Nations unies ont alors confirmé le droit des Palestiniens à l’autodétermination et le droit au retour des Palestiniens expulsés. Seuls Israël et 34 autres pays, dont la Belgique, la France, les Pays-Bas, l’Allemagne, le Royaume-Uni et les États-Unis, ont voté contre. Autrement dit, l’ensemble du monde impérialiste occidental, qui soutient ou laisse aujourd’hui se produire le génocide, s’était déjà opposé à cette résolution de 1975.

Auparavant, l’AG avait condamné l’alliance entre le racisme sud-africain et le sionisme dans sa résolution 3151, adoptée le 14 décembre 1973. En 1974, par la résolution 3210, l’AG a décidé d’admettre l’Organisation de libération de la Palestine en tant qu’observateur à l’ONU. Une décennie plus tard, une nouvelle résolution de l’ONU, la résolution 37/43, votée le 3 décembre 1982, a réaffirmé «le droit inaliénable du peuple palestinien et de tous les peuples à disposer d’eux-mêmes». Une décennie plus tard, le 3 décembre 1982, une nouvelle résolution de l’ONU, la résolution 37/43, réaffirmait «le droit inaliénable du peuple palestinien et de tous les peuples soumis à la domination étrangère et coloniale à l’autodétermination». Elle réaffirmait également la légitimité de «la lutte des peuples pour (…) se libérer de la domination coloniale et étrangère, ainsi que de l’occupation étrangère, par tous les moyens disponibles, y compris la lutte armée». Aucune objection n’a été soulevée contre ce texte, qui a été adopté sans vote.

Un demi-siècle après ces résolutions de l’ONU, l’auteur palestinien, Mohammed El-Kurd, écrit dans son dernier livre, Perfect Victims : «Le sionisme est la principale cause de mortalité dans la Palestine occupée». Il ajoute avec amertume : «Même s’il s’agit d’une mort causée directement ou indirectement par des êtres humains, cela ne préoccupe pas davantage le monde que le nombre de maladies cardiaques aux États-Unis ou de cas de démence en Grande-Bretagne». Dans une interview accordée à Democracy Now au début de cette année, il insiste sur le même thème : «Le sionisme est au centre de tout. Il est la cause principale de toute la violence en Palestine».1

Comment se fait-il qu’un auteur palestinien doive répéter mot pour mot ce qui a été condamné par les résolutions de l’ONU il y a cinquante ans ? Pourquoi ces résolutions sont-elles restées lettre morte ? Quelles catastrophes se sont produites au cours du dernier demi-siècle pour que ce qui était affirmé il y a cinquante ans se soit transformé en son contraire, en «Israël a le droit de se défendre» ? Plus fort encore, élue en tant que nouvelle présidente de l’Assemblée générale de l’ONU en juin 2025, l’ancienne ministre allemande des Affaires étrangères Annalena Baerbock, membre du parti des Verts, a déclaré : «La légitime défense ne signifie pas seulement riposter. Elle signifie détruire les terroristes. Lorsque les terroristes du Hamas se cachent derrière des civils ou dans des écoles, ces lieux perdent leur statut de protection»2. En d’autres termes : «Ne faites aucune distinction. Tuez-les tous !»

La contre-révolution

Il y avait sans doute la corruption interne et la lassitude au sein du camp anti-impérialiste et anticapitaliste. Mais c’est surtout l’effondrement du bloc socialiste (URSS et Europe de l’Est) à partir de 1989 qui a scellé la victoire totale du camp impérialiste occidental. Cet effondrement a porté un coup presque fatal à l’idée même de résistance et de non-alignement. Le monde est devenu unipolaire. Les programmes révolutionnaires et anticolonialistes des partis et mouvements de libération, comme celui de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), ont été mis de côté. Des pays comme Cuba ou la Corée du Nord se sont retrouvés au bord de la famine après que l’ancien bloc socialiste leur a coupé toute aide. En janvier 1991, la première guerre contre l’Irak a éclaté. La résistance palestinienne était presque privée de tout refuge dans le monde arabe.

En 1991, la résolution 3379 a été retirée à la demande d’Israël, avec le soutien de ses alliés. Israël a remporté une victoire totale : le pays a accepté de participer à la conférence de paix de Madrid, le 30 octobre 1991, à condition que la condamnation du sionisme soit supprimée. C’est ce qui a été fait, ouvrant ainsi la voie à ce qui allait devenir, pour les Palestiniens, les accords de capitulation d’Oslo de 1993. Toutes les organisations de résistance palestiniennes qui ont refusé de s’y soumettre ont été inscrites sur les listes antiterroristes américaines et européennes. En tant que prolongement colonial de l’Europe, Israël était l’avant-poste militaire contre les «Axes du Mal», le «terrorisme», les pays arabes et islamiques. Au niveau politique, économique et militaire, Israël connaissait une percée fulgurante non seulement en Occident mais surtout dans plein de pays du Sud. En même temps, afin de punir collectivement la population de Gaza après la victoire électorale du Hamas en janvier 2006, Israël a déclaré Gaza «entité hostile» et l’a transformée en prison à ciel ouvert pour terroristes. Le ghetto de Gaza est devenu une réalité, avec, une fois de plus, le soutien de l’Occident civilisé. À partir de ce moment, Gaza a dû survivre entre la vie et la mort. Toujours au bord de la famine. La question palestinienne était oubliée et enterrée pour le monde.

Après l’évasion du ghetto le 7 octobre 2023, Israël a commencé, au nom de la lutte contre le terrorisme, le génocide délibéré et planifié de Gaza, la solution finale du problème palestinien : l’extermination du ghetto de Gaza, tout comme cela s’était produit avec le ghetto de Varsovie par les nazis allemands, provoquant une souffrance indescriptible chez la population. Aux États-Unis et en Europe, les partisans de la résistance palestinienne, qui ne font que rappeler les anciennes résolutions, sont aujourd’hui accusés de terrorisme et d’antisémitisme.

Le tournant

Mais grâce à sa résistance et à ses indicibles souffrances, Gaza a réveillé le monde. Le 7 octobre 2023 a remis la Palestine sur la carte du monde. Gaza a mis à nu l’opposition irréconciliable entre colons et colonisés. Ce que les pays du Nord, qui prétendent détenir le monopole de la démocratie, de la liberté et des droits de l’homme, ont refusé de faire, a été pris en main par les pays du Sud. Ils ont ressorti le droit international et les traités contre le génocide que le Nord impérialiste avait jetés à la poubelle. Le 29 décembre 2023, l’Afrique du Sud a traduit Israël devant la Cour internationale de justice de La Haye.

Pour la première fois depuis sa création en 1948, Israël est jugé pour génocide contre les Palestiniens. L’Afrique du Sud reçoit le soutien de pays tels que la Bolivie, la Colombie, Cuba, le Nicaragua, le Brésil, le Chili, le Mexique et le Venezuela. Auparavant, plusieurs de ces pays avaient de bonnes relations avec Israël. La Chine a elle aussi de bonnes relations avec Israël. Mais en juillet 2024, Pékin rassemble quatorze organisations palestiniennes, dont le Hamas, le Fatah, le FPLP, le Jihad islamique, pour mettre fin à la division et pour l’unité nationale palestinienne. Toutes les délégations signent la Déclaration de Pékin.

À la Cour internationale de Justice, la délégation chinoise a remis sur la table les résolutions et les traités de l’ONU datant d’il y a cinquante ans.

«Les Palestiniens ont le droit de mener une lutte armée, comme tous les peuples qui luttent pour leur libération et leur autodétermination», a déclaré l’envoyé chinois à la Cour internationale de justice de La Haye.

En février 2024, lors des débats sur le génocide israélien à la Cour internationale de justice de La Haye, Ma Xinmin, du ministère chinois des Affaires étrangères, a déclaré : «Le recours à la violence par le peuple palestinien pour résister à l’oppression, à l’occupation et à l’agression étrangères, et pour créer un État indépendant, est légitime. Cette violence est la conséquence de l’occupation prolongée du territoire palestinien par Israël et de l’oppression subie par le peuple palestinien. La résistance est un droit inaliénable inscrit dans le droit international. Elle ne doit pas être considérée comme du terrorisme».

Aujourd’hui plus personne ne peut nier le génocide. Gaza brûle. La destruction définitive de ce qui reste de la Palestine est en cours. Pour achever leur œuvre, Israël et ses alliés occidentaux exigent la capitulation et le désarmement de la résistance.

Dans ces circonstances, la reconnaissance de la légitimité de la résistance palestinienne, qu’il s’agisse du Hamas, du Front populaire de libération de la Palestine ou des autres organisations de libération, doit être la principale préoccupation de tous ceux qui souhaitent que la Palestine survive.

En Grande-Bretagne, depuis avril 2025, une affaire juridique sans précédent est en cours. Le Hamas, en la personne de Mousa Abu Marzouk, le responsable des Affaires internationales, a introduit une demande auprès du ministère de l’Intérieur britannique pour rayer l’organisation de la liste des organisations terroristes. Après un premier refus de la ministre socialiste Yvette Cooper, les avocats du Hamas dans cette affaire, Fahad Ansari, Franck Magenniss et Daniel Grütters, font appel devant la commission d’appel des organisations interdites. Ce procès requiert toute notre attention et tout notre soutien. Il mérite d’être suivi dans tous les pays européens.

Source : Luk Vervaet via Le Grand Soir



lundi 6 octobre 2025

Greta Thunberg s'exprime après son expulsion d'Israël à la suite de l'interception de la flottille

 





La militante écologiste suédoise, Greta Thunberg, s'exprime à son arrivée en Grèce après son expulsion d'Israël à la suite de l'interception de la flottille Global Sumud. "Il y a un génocide qui se déroule sous nos yeux", a-t-elle affirmé à son arrivée dans l'aéroport d'Athènes ce lundi 6 octobre.

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Commentaires :

- "Jusqu'en octobre 2023 je n'avais pas de sympathie politique particulière pour Greta Thunberg. Ses combats politiques n'étaient pas les miens. Je pense qu'il nous faut une écologie politique d'envergure. Mais j'étais sceptique sur l'approche proposée par la jeune militante suédoise.

C'est quand elle a commencé à parler du drame de Gaza que j'ai lu, écouté attentivement ce que disait Greta Thunberg. Je trouve son engagement pour les Palestiniens admirable. Elle qui était courtisée par tous les puissants pour son engagement écologique, a vu soudain bien des portes se fermer, des gens ont perdu son numéro de téléphone, les médias ont cessé de parler d'elle... il faut une belle force de caractère pour résister à une telle désillusion." Edouard Husson.


- "Encore une fois, Greta fait preuve d’une force et d’une lucidité exemplaires. Là où beaucoup céderaient à la colère après les humiliations et les abus infligés par l’entité israélienne, elle choisit la hauteur. Elle met de côté les attaques personnelles pour rappeler l’essentiel : l’horreur du GÉNOCIDE COMMIS PAR ISRAËL." Source 



ALERTE FLOTTILLE : TOUS LES FRANCAIS sont LIBRES et arrivent aujourd'hui à Athènes



Hier soir, on apprenait que 28 passagers de la flottille pour Gaza parmi les 33 Français étaient libérés. Ils sont finalement tous libres et arriveront aujourd'hui à Athènes en Grèce. Parmi eux, les députés
Emma Fourreau, Marie Mesmeur, François Piquemal et Rima Hassan.

On a également appris que la militante suédoise Greta Thunberg avait été libérée.

Seront donc également dans les avions Anita, Lyna, Pascal, Malika, Khaled, Mustafa, Cédric, Meriem, Lucie, Noé, Thomas, Yacine, Jules, Justine, Olfa, Brahim, Fiona, Prune, Leslie, Enzo, Franck, Olivia, Joëlle, Emilien, Ismael, Reva, Mohamed, Mohamed.


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De retour dans leur pays, 21 Espagnol·es et 10 Tunisien·nes de la Global Sumud Flotilla, intercepté·es illégalement par Israël, dénoncent les mauvais traitements et humiliations subis en détention.

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Si vous ne lisez qu'une chose aujourd'hui


« Si vous ne lisez qu'une chose aujourd'hui, faites que ce soit cette histoire du journaliste italien Lorenzo D'Agostino, capturé à bord de la flottille Global Sumud : Battu, les yeux bandés, moqué avec des insultes homophobes et détenu à moitié nu dans des fourgons trop froids et des cellules étouffantes.

Selon D'Agostino et de nombreux témoignages, les forces israéliennes ont soumis Greta Thunberg à de graves cruautés, la forçant à ramper et à embrasser le drapeau israélien. « Ils ont fait exactement ce que les nazis ont fait », a déclaré Ersin Çelik, membre de la flottille Global Sumud. Ils l'ont humiliée publiquement et l'ont ciblée spécifiquement parce qu'elle était une personnalité connue. Il semble que l’État italien, le gouvernement et une partie de l’Église aient tenté d’arrêter la flottille non pas pour empêcher un affrontement armé avec Netanyahou, mais pour éviter l’exposition médiatique d’un pays de plus en plus radicalisé et indéfendable – sauf par des lois répressives – et pour supprimer les rapports sur les violations flagrantes des droits de l’homme.

"Nous avons été interceptés jeudi à 1 h 58 du matin. Sur mon bateau, le Hio, de la flottille Global Sumud, cinq soldats israéliens sont montés à bord, fusils pointés sur nous et lasers braqués. Exactement un mois après notre départ de Barcelone.

À bord, les soldats nous ont autorisés à aller aux toilettes, à manger, à boire et à fumer. Puis ils ont redirigé le bateau vers le port d'Ashdod. Nous sommes restés à quai pendant deux heures. Avant de nous laisser débarquer, un soldat a voulu parler à notre capitaine : « Mon ami, mon ami, écoute-moi, tu vas aimer celle-là : quand les nains projettent de longues ombres, c'est que le soleil est bas. » Ce fut la dernière chose qu'il dit.

En débarquant, quelqu'un des autres bateaux a crié : « La police sera pire. » Dès que j'ai posé le pied sur la terre ferme, un officier m'a attrapé le bras et l'a tordu dans le dos pour me faire le plus mal possible.

Ils nous ont fait asseoir par terre, sur une esplanade en béton. Greta Thunberg était enveloppée dans le drapeau israélien comme un trophée de guerre. Ils l'ont assise dans un coin ; des policiers l'entouraient et prenaient des selfies. Puis ils se sont attaqués à une autre fille, Hanan, la forçant à s'asseoir devant le drapeau pour qu'elle puisse le regarder. Ils ont donné des coups de pied, nous ont ordonné de baisser la tête et de regarder par terre ; quiconque levait les yeux était obligé de s'agenouiller. Un militant plus âgé s'est fait pipi dessus. Tout ce qui était associé à la Palestine a été arraché, jeté à terre et piétiné. Ils ont arraché les bracelets des poignets de tout le monde ; une fille a été traînée parce que le sien ne se cassait pas. Ce n'était même pas le drapeau palestinien, c'était le drapeau somalien.

Nous sommes restés sur le béton pendant des heures. Ils nous ont demandé nos passeports italiens et nous ont fait passer le contrôle d'immigration. Là, ils ont ouvert nos sacs : tout ce qui avait un rapport avec la Palestine était jeté à la poubelle.

Lorsqu'ils ont trouvé un exemplaire du Coran dans mon sac, ils sont devenus fous furieux, convaincus que j'étais musulman. Pendant deux heures, tous les agents qui passaient par là se sont moqués de moi.

Dans ma trousse de toilette, ils ont trouvé des lingettes roses et ont ri en disant : « Tu es une femme. » Ils se sont tapé dans le dos, moqués.

Après le contrôle à la frontière, ils nous ont obligés à nous déshabiller jusqu'en sous-vêtements. Nous avons subi deux interrogatoires, dont un seul en présence d'un avocat. Ils nous ont demandé si nous souhaitions être expulsées.

Puis l'annonce est arrivée : nous allions en prison. C'est alors qu'Itamar Ben Gvir, le ministre israélien de la Sécurité nationale, est arrivé. Il était venu à Ashdod pour s'assurer que nous étions traités comme des terroristes. Il nous l'a crié : nous étions des terroristes.

Sous ses yeux, la police a voulu montrer son zèle : elle nous a bandé les yeux et nous a serré les poignets avec des menottes en plastique jusqu'à nous entailler la peau. Ils nous ont fait monter dans un véhicule blindé, vêtus seulement de chemises légères. La climatisation était à fond ; il faisait un froid glacial. Un Écossais a réussi à desserrer ses menottes et, avec l'aide d'un Italien nommé Marco, a libéré les autres. Quand nous les avons vus descendre, leurs mains étaient violettes. Certains étaient attachés depuis l'interception ; ils se rendaient en prison les mains liées de 2 h à 16 h.

La première nuit, ils ne nous ont pas laissés dormir : ils nous réveillaient sans cesse, nous forçaient à rester debout ou faisaient hurler leurs haut-parleurs. La deuxième nuit, ils ont changé nos cellules. Pas d'eau en bouteille, seulement de l'eau chaude du robinet… Dans la deuxième cellule, avec moi, se trouvait un ancien vice-ministre turc des Affaires étrangères sous Ahmet Davutoglu. Son bras était cassé et enflé ; il l'avait bandé lui-même, se voyant refuser tout soin médical.

Aucun médicament pour personne, pas même pour un prisonnier épileptique. Nous avons protesté jusqu'à l'arrivée de l'aide consulaire. Le consul italien nous a demandé si nous avions été maltraités et a déclaré que si nous signions les papiers d'expulsion, nous serions renvoyés chez nous le lendemain.

Beaucoup ont accepté de signer, mais j'ignore ce qui est arrivé à ceux qui n'ont pas accepté – quinze Italiens sont toujours emprisonnés. J'ai signé : c'était un document renonçant au procès et acceptant d'être expulsé dans les 72 heures. Aucun aveu de culpabilité. Ils ont procédé à de nouveaux interrogatoires.

Un juge a posé des questions sans la présence d'un avocat. Nous en avons demandé un ; ils ont dit que ce n'était pas nécessaire, « juste une discussion ». Nous sommes restés silencieux. J'ai simplement dit que j'étais journaliste et que je ne répondrais pas davantage sans soutien juridique ou consulaire. Ils m'ont demandé pourquoi je voulais aller à Gaza, si j'ignorais qu'il y avait un blocus. D'autres ont été interrogés sur des questions plus « politiques », notamment sur les Frères musulmans.

Cette nuit-là, les gardes se montrèrent encore plus violents. Le consul venait de partir, après avoir recueilli d'autres signatures d'expulsion, lorsque les forces spéciales firent irruption. Elles prirent d'assaut les cellules, pointèrent leurs fusils sur nous avec des viseurs laser et appelèrent. Dans certaines cellules, ils lâchèrent des chiens.

Dans l'une d'elles, ils trouvèrent le mot « Palestine » écrit avec du poivre et d'eau. Pour l'effacer, ils versèrent de l'eau de Javel sur le sol ; les prisonniers dormaient sur des matelas imbibés de cette eau.

Cette nuit-là, en guise de punition, ils ont surpeuplé les cellules : de dix à quinze personnes, sans laisser de place pour s'allonger. down. Nous avons retourné les matelas pour que chacun puisse reposer sa tête. Dans ma cellule se trouvaient Maso Notarianni et un conseiller du Parti démocrate lombard, Paolo Romano.

J’avais le sentiment d’être dans un endroit vraiment barbare et j’espérais que cette barbarie prendrait bientôt fin. Hier matin, très tôt, ils nous ont réveillés et nous ont embarqués dans le même véhicule blindé.

Nous pensions aller à l'aéroport, mais nous regardions à travers les fentes, craignant d'être emmenés dans un autre centre de détention. Le voyage a duré trois heures, dans une chaleur insupportable. Nous avons demandé de l'eau ; on nous disait que nous étions « presque arrivés ». À l'aéroport d'Eilat, on nous a mis dans un avion pour Istanbul. Là, nous avons été accueillis par des acclamations – de la propagande à la Erdogan. Un député de son parti nous a distribué des vêtements neufs, des chaussures et des keffiehs. Le soir même, nous avons pris le dernier vol pour Rome. "

(Lorenzo D'Agostino Journaliste d'investigation spécialisé dans les politiques frontalières) ».

Témoignage relayé par Meriem Laribi qui a écrit récemment le livre : "Ci-gît l'humanité - Gaza, le génocide et les médias".







Scène ordinaire d’occupation en Cisjordanie


"Des soldats israéliens tabassent, avec hargne, un Palestinien dans la boulangerie où il travaille. C'est le quotidien des Palestiniens, parfois c'est filmé, mais pas dans la plupart des cas. Et même lorsque c'est filmé les agresseurs ne risquent rien." Taoufiq Tahani sur X.




... à Khursa, au sud de Dura, des terroristes israéliens ont violemment agressé un jeune Palestinien qui travaillait simplement dans une boulangerie.

Aucun otage.
Aucun tunnel.
Aucun Hamas.
Rien à “neutraliser”, rien à “libérer”.
Juste l’expression pure de la domination coloniale, de l’humiliation quotidienne, de cette violence suprématiste qui s’exerce parce qu’elle le peut, parce qu’elle se croit légitime à frapper des innocents.

Voilà ce que signifie “vivre sous occupation” : être à la merci d’une armée qui n’a rien d’une armée, mais tout d’un système d’oppression.

Et le pire, c’est que c’est nous qui offrons la tournée.
Avec nos impôts, toujours.



You Don't Come Back from a Genocide

 




L’État sioniste, une secte nationaliste



La création de l’État sioniste se révéla être encore plus de mauvais augure que l’autre création des juifs talmudiques de Russie - la révolution communiste. La seconde partie de ce compte rendu des années de paroxysme a donc à voir avec les événements dans l’État sioniste, pendant les huit ans entre sa création par la terreur en 1948 et son attaque de l’Égypte en octobre 1956.

En ces années-là, le petit État improprement nommé « Israël » se révéla être quelque chose d’unique dans l’histoire. Il était gouverné, tout comme il fut conçu, installé et en grande partie peuplé, par des juifs non sémitiques de Russie, de la race des Khazars. Fondé sur une tradition tribale datant de l’Antiquité, avec laquelle ce peuple ne pouvait avoir aucun lien de sang imaginable, il développa un chauvinisme féroce basé sur l’application littérale de la Loi des Lévites dans l’ancienne Juda. Minuscule, il n’avait pas d’existence en propre et dès le début vécut seulement des richesses et des armes que ses puissants sympathisants des grands pays occidentaux pouvaient soutirer à leurs pays. Pendant ces années, il l’emporta sur les seigneurs de la guerre les plus belliqueux de l’Histoire, dans des paroles et des actions guerrières. Dirigé par des hommes de la même origine que ceux qui exerçaient la terreur en Pologne et en Hongrie, il menaça quotidiennement les sept peuples sémitiques voisins de la destruction et de l’asservissement prescrits pour eux dans le Deutéronome des Lévites.

Il fit cela dans la croyance non dissimulée que son pouvoir dans les capitales occidentales était suffisant pour dissuader les gouvernements de ces pays de jamais contredire sa volonté, et pour ordonner leur soutien en toutes circonstances. Il se comportait comme si l’Amérique, en particulier, était sa colonie, et les actes de ce pays se conformaient à cette idée. À l’intérieur de ses frontières, ses lois contre la conversion et le mariage mixte étaient celles du ô combien cité Hitler ; au-delà de ses frontières s’étendait une horde d’Arabes indigents, qu’il avait repoussés dans le désert, et dont le nombre s’éleva, par les naissances, à presque un million au cours de ces huit ans. Par des massacres et des raids répétés, on rappela à ces populations, et à leurs hôtes involontaires, que le sort de Deir Yassin leur pendait au nez aussi : « détruis totalement, homme, femme et enfant, … ne laisse rien en vie qui respire ». Les pays occidentaux, ses créateurs, murmurèrent des reproches tout en lui envoyant de l’argent et les moyens nécessaires à la guerre qu’ils prétendaient craindre ; ainsi, comme Frankenstein, ils créèrent l’organisme destructeur qu’ils ne pouvaient contrôler.

Fondé sur l’imagination, le petit État n’avait pas d’existence réelle, juste le pouvoir de répandre le malaise de par le monde - qui dès le moment de sa création n’eut aucun véritable moment de répit pour sortir de la peur. Il commença à accomplir les paroles de la Promesse ancienne : « À partir d’aujourd’hui, je répandrai la terreur et la crainte de toi parmi les peuples qui sont sous tous les cieux… [et qui] seront dans l’angoisse à cause de toi ».

Abandonné à ses propres ressources, il se serait effondré, tout comme le « Foyer National juif » des années de l’entre-deux-guerres se serait effondré. L’envie puissante de le quitter une fois encore commença à surmonter l’envie puissante d’y entrer, et cela en dépit du pouvoir du chauvinisme, qui pendant un temps triomphe de presque toutes les autres impulsions chez ceux qui y cèdent. En 1951, déjà, les départs auraient dépassé les arrivées, excepté que l’ « ouverture incroyable » mentionnée plus tôt (New York Herald Tribune, avril 1953) se fit alors « dans le Rideau de Fer » (où les ouvertures n’ont guère lieu, à moins d’être intentionnées ; l’État communiste révolutionnaire avait à l’évidence un but calculé en réapprovisionnant l’État sioniste révolutionnaire avec des habitants à cette période). Néanmoins, en 1952, 13 000 émigrés partirent et seulement 24 470 entrèrent, et en 1953 (la dernière année pour laquelle je possède des chiffres), l’émigration dépassa l’immigration, selon l’Agence juive. Un certain Dr Benjamin Avniel, prenant la parole à Jérusalem, dit au mois de juin que dans les cinq premiers mois, 8500 immigrants étaient arrivés et 25 000 personnes étaient parties.

C’était l’évolution naturelle, si « Israël » était livrée à elle-même, car elle n’avait rien d’autre à offrir que le chauvinisme. Le portrait des conditions de vie sur le territoire est donné par les autorités juives. M. Moshé Smilanski (fort de soixante ans d’expérience en Palestine) écrivit dans la Jewish Review [NdT : la revue juive] de février 1952 :

« Quand le mandat britannique a pris fin, le pays était riche. Les entrepôts alimentaires, privés et gouvernementaux, étaient pleins et il y avait un bon stock de matières premières. Le pays avait trente millions de livres à la Banque d’Angleterre, en plus de fonds britanniques et américains en grande quantité. La monnaie en circulation était d’environ trente millions de livres, qui avaient la même valeur que la livre sterling… Le gouvernement mandataire nous a laissé un héritage de valeur, le port profond d’Haïfa, deux digues à Jaffa et Tel Aviv, des chemins de fer, de nombreuses routes et des bâtiments gouvernementaux de qualité, des terrains d’aviation militaires et civils très bien équipés, des casernes militaires de qualité et les raffineries de Haïfa. Les Arabes qui ont fui ont laissé derrière eux environ cinq millions de dounams de terre cultivable, comprenant des vergers, des orangeraies, des oliveraies, des vignes et des arbres fruitiers, environ 75 000 maisons d’habitation en ville, dont certaines très élégantes, environ 75 000 magasins, usines et biens mobiliers, des meubles, des tapis, des bijoux, etc. Tout ceci représente de la richesse, et si nous, en Israël, sommes tombés dans la pauvreté, nous accusons l’excessive centralisation bureaucratique, la restriction de l’entreprise privée et la promesse d’un régime socialisant pour notre époque ».

En avril 1953, M. Hurwitz du Parti révisionniste d’Israël parla, devant une audience juive à Johannesburg, de la « dégradation » de l’État sioniste. Il dit qu’il ne pouvait rester aveugle à cette situation alarmante :

« Économiquement, le pays est au bord de la faillite. L’immigration a diminué et durant les derniers mois, il y a eu plus de gens qui ont quitté le pays qu’il n’y en a qui y sont entrés. De plus, nous avons 50 000 chômeurs et des milliers de plus qui sont au chômage partiel ».

On pourrait comparer ces deux citations (j’en ai de nombreuses autres d’une teneur similaire) venant de résidents juifs, à l’image de la vie en Israël que les populations occidentales recevaient de leurs hommes politiques. Un certain M. Clement Davies (leader du Parti libéral britannique - qui avait 401 sièges à la Chambre des communes en 1906, et 6 sous son leadership, en 1956), devant une audience juive à Tel Aviv, « salua les progrès en cours dans l’État juif, qui pour lui semblaient être un miracle de progrès le long de la voie de la restitution du pays à une terre où coulaient le lait et le miel » (publié dans le même journal juif que les remarques de M. Hurwitz). À la même période, M. Franklin D. Roosevelt Junior, en campagne électorale à New York (où « le vote juif » est considéré comme décisif) dit : « Israël est une parcelle de vie et d’espoir dans l’océan des populations arabes grouillantes. Elle « vend la liberté » pour le monde libre avec plus de succès que toute la propagande que nous avons pu envoyer des États-Unis d’Amérique ».

M. Adlai Stevenson, faisant campagne pour la présidence de 1952, dit au public sioniste qu’ « Israël a accueilli parmi elle, à bras ouverts et chaleureusement, tout son peuple en recherche d’un refuge contre l’adversité… L’Amérique ferait bien de prendre exemple, concernant ses propres politiques d’immigration, sur la générosité de la nation d’Israël, et nous devons œuvrer dans ce but » (la seule signification possible à cela est que le peuple américain devrait être chassé des États-Unis et qu’on devrait rendre leurs terres aux Indiens nord américains). Un autre aspirant à la présidence, un certain M. Stuart Symington, dit qu’« Israël est un exemple de la manière dont la détermination, le courage et l’action constructive peuvent finir par l’emporter, pour les idéaux démocratiques, au lieu d’abandonner le terrain à l’impérialisme soviétique » (à environ la même période, les professeurs de l’État israéliens étaient en train de chanter le Drapeau Rouge [l’hymne du parti travailliste - NdT] par décret gouvernemental, le Premier Mai, tandis que les politiciens de Washington et de Londres fulminaient contre « l’antisémitisme derrière le Rideau de Fer »).

Face à l’inversion prolongée de la vérité par les hommes politiques de tous les partis d’Amérique et d’Angleterre, seules des protestations juives - comme dans les décennies précédentes - se firent entendre (pour la raison donnée auparavant, qui est que l’on empêcha efficacement les écrivains non-juifs de publier de telles protestations). M. William Zukerman écrivit :

« La théorie généralement acceptée selon laquelle l’émergence de l’État d’Israël servirait à unifier et à cimenter le peuple juif s’est révélée fausse. Au contraire, le Congrès » (le Congrès sioniste de Jérusalem, 1951) « a démontré de manière dramatique que la création d’un État politique juif après deux mille ans a introduit une nouvelle et puissante distinction, que les juifs en tant que groupe n’ont pas connue depuis des siècles, et qu’il est probable qu’Israël séparera plutôt qu’elle n’unira les juifs à l’avenir… D’une façon quelque peu mystique, Israël est censée avoir une juridiction unique sur les dix à douze millions de juifs qui vivent dans tous les pays du monde en dehors d’Israël… Elle doit continuer à s’agrandir en important des juifs du monde entier, peu importe s’ils vivent heureux dans leur pays actuels… Les juifs qui vivent dans ces pays depuis des générations et des siècles, doivent selon cette théorie être « rachetés » de « l’exil » et amenés en Israël par un procédé d’immigration de masse… Les leaders israéliens de tous les partis, depuis l’extrême droite jusqu’à l’extrême gauche, y compris le Premier ministre Ben Gourion, ont commencé à exiger que les juifs américains, et particulièrement les sionistes, tiennent leurs engagements envers l’ancienne patrie, quittent « l’exil » américain et s’installent en Israël, ou au moins y envoient leurs enfants… Le Congrès de Jérusalem a officiellement marqué la fin de la gloire du sionisme américain et l’inauguration d’une période d’intense nationalisme moyen-oriental… façonné sur le modèle de feu Vladimir Jabotinsky, qui rêva d’un grand État juif sur les deux rives du Jourdain, pour y inclure tous les juifs et pour devenir la plus grande puissance militaire du Proche-Orient ».

M. Lessing J. Rosenwald protesta de façon similaire :

« Nous déclarons notre invariable opposition à tous les programmes destinés à transformer les juifs en un bloc nationaliste aux intérêts particuliers dans l’État étranger d’Israël. La politique dictée par M. Ben Gourion pour le sionisme américain encourage les sionistes à intensifier leurs efforts pour organiser les juifs américains en bloc de pression politique indépendant, aux États-Unis. Ce programme est destiné à transformer les juifs américains en colonie spirituelle et culturelle d’un État étranger… Nous pensons que le nationalisme « juif » est une distorsion de notre foi, la réduisant, depuis des dimensions universelles, aux dimensions d’une secte nationaliste ».

Les protestations juives, c’était tout naturel, étaient suscitées par la crainte de l’effet du sionisme, en tant que générateur de discorde, sur les juifs. Cela n’était qu’un aspect infime du problème : le véritable danger du sionisme se trouvait dans sa capacité à diviser les nations du monde entre elles et à les amener à entrer en collision, catastrophe dans laquelle les grandes populations de l’humanité seraient impliquées dans une proportion de cent ou d’un millier pour chaque juif.

Décrire cette évidente probabilité était une hérésie dans les années 1950, et les protestations non-juives restèrent impubliées, tandis que les protestations juives furent inefficaces. En 1953, le journal juif de New York, Commentary, fut ainsi en mesure d’annoncer que la catastrophe prévisible s’était rapprochée un peu plus, en ces termes : « La survie et la consolidation d’Israël sont devenues un élément définitif de la politique étrangère des États-Unis et aucun résultat ou changement électoral n’affecteront cela ».

Voilà, une fois encore, la mystérieuse référence à un pouvoir supérieur à tous les présidents, Premiers ministres et partis sur lesquels j’ai attiré l’attention plus haut. C’est ce que M. Léopold Amery, l’un des ministres britanniques responsables de la Palestine durant la période de l’entre-deux-guerres, dit un jour : La politique est fixée et ne peut changer. Le secret intime de toute l’affaire est contenu dans ces affirmations menaçantes, dans lesquelles l’accent d’autorité et de connaissance supérieure est clair. Elles sont laconiques, mais spécifiques et catégoriques, et expriment la certitude que l’Occident ne peut, et ne voudra se retirer du jeu de l’ambition sioniste en aucune circonstance. La certitude doit reposer sur quelque chose de plus solide que les menaces, ou même la capacité à influencer « le vote juif » et la presse publique d’une façon ou d’une autre. Le ton est celui de maîtres qui savent que les galériens doivent faire ce qu’on leur ordonne parce qu’ils sont enchaînés et ne peuvent s’échapper.

Le New York Times, dont j’estime qu’il s’exprime avec autorité au nom du « pouvoir juif » dans le monde, a souvent fait allusion à cette secrète entente, ou capitulation, ou quoi que cela puisse être dans sa nature : par exemple, « En essence, le soutien politique que l’État d’Israël a aux États-Unis rend toute décision antagoniste aux intérêts israéliens impossible à envisager pour une administration américaine » (1956).

Si cela fait juste allusion au contrôle de la machine électorale, cela veut dire que la méthode de gouvernement parlementaire par les « élections libres » a été complètement falsifiée. À mon avis, c’est le cas en Occident en ce qui concerne le présent siècle.

Cette situation en Occident seul a permis au nouvel État de survivre. Il a été maintenu en vie par des infusions d’argent venu d’Amérique.

Douglas Reed.

dimanche 5 octobre 2025

Trois heures dans Gaza, ville anéantie et vidée de sa population

 


Le correspondant du « Monde » à Jérusalem a pénétré, vendredi 3 octobre, dans l’agglomération palestinienne, sous escorte de l’armée israélienne. Un territoire en grande partie détruit par les bombardements et les bulldozers, sans la moindre âme qui vive, la plupart des habitants ayant fui vers le sud de l’enclave.

Dans la poussière, le convoi militaire traverse ce qu’il reste de la bande de Gaza. Aussi loin que porte le regard règnent désolation, amoncellement de gravats, maisons pulvérisées – qui semblent parfois avoir été retournées –, immeubles fracassés ou amputés d’un étage, d’une façade, d’un angle. Les destructions paraissent irréelles tant elles sont absolues et systématiques, depuis la frontière avec Israël, au niveau du kibboutz de Beeri, jusqu’à la mer Méditerranée, 6 kilomètres plus loin, puis à la ville de Gaza, dans le nord de l’enclave palestinienne, un peu moins touchée en son cœur.

Vendredi 3 octobre après-midi, quelques heures avant que le Hamas accepte la libération de tous les otages, puis que le président américain, Donald Trump, exige la fin des combats et que l’armée israélienne affirme cesser les opérations militaires offensives, une quinzaine de médias internationaux, dont Le Monde, ont été autorisés à pénétrer pendant trois heures dans la partie de l’enclave contrôlée par Israël ou interdite aux Palestiniens sous peine de mort, soit aujourd’hui 82 % du territoire, selon le décompte du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA). Un déplacement organisé et encadré par l’armée israélienne. L’Etat hébreu interdit, depuis le 7 octobre 2023, toute entrée indépendante de journalistes étrangers dans la bande de Gaza.

Dans la zone la plus proche de la frontière, présentée par le gouvernement comme un « périmètre de sécurité » durable, y compris en cas de cessez-le-feu, il ne reste plus rien. Dans la campagne, les bâtiments agricoles ont été comme aplatis, tous, un par un, méticuleusement. Sur la route défoncée, dans la banlieue sud de la ville de Gaza, où les transports de troupes blindées avancent dans le sable, apparaissent les fantômes de quartiers entiers. Ici, une mosquée, dont le minaret est cassé en deux, alors que le bâtiment principal s’est effondré. Là, ce qui, auparavant, devait être un commerce de quartier. Plus loin, un espace de jeux pour enfants avec des toboggans multicolores, dont il ne reste qu’un amas de plastique et de ferraille pliés et broyés – 97 % des écoles ont été endommagées ou détruites, selon l’Organisation des Nations unies...


Comment te faire haïr plus du reste du monde qu'en humiliant Greta Thunberg ?



Le gouvernement et l'armée israélienne sont en état de liquéfaction psychologique avancée. 

Comment te faire haïr plus du reste du monde qu'en humiliant Greta Thunberg ?

La classe politique israélienne suit une pulsion suicidaire. Pas un opposant fédérateur à Netanyahou ! L'armée et le renseignement sont incapables de penser en termes de survie de l'Etat.

Le grand risque, c'est bien sûr l'option Samson. La tentation d'entraîner le monde avec soi dans sa chute.

Edouard Husson sur X.


"Les Israéliens ont torturé Greta Thunberg"




“They drαgged little Greta by her hair before our eyes, beαt her, and fоrced her to kíss the Israeli flag. They did everything imaginable to her, as a warning to others.”


Ersin Çelik, journaliste turque et militant
de la Flottille de la Liberté, affirme à son retour en Turquie :

« Les Israéliens ont torturé Greta Thunberg, l’ont traînée par terre et l’ont forcée à embrasser le drapeau israélien. Greta n’est qu’une petite fille. »

Une déclaration choquante, relayée par plusieurs témoins du convoi humanitaire. Aucune réaction officielle pour l’instant du côté israélien.




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Greta Thunberg humiliée et traînée au sol par des soldats sionistes

Maître Ayoub Ghadamsi a déclaré à Mosaïque FM que son équipe avait reçu un témoignage selon lequel les forces sionistes auraient torturé l’activiste suédoise Greta Thunberg. L’équipe juridique a également rapporté que les forces de police sionistes avaient violemment agressé le militant tunisien Mohab Senoussi lorsqu’il a levé le drapeau palestinien.

Le membre de l’équipe juridique représentant la « Flottille Al Sumoud », Maître Ayoub Ghadamsi, a déclaré à Mosaïque FM ce samedi que son équipe avait reçu un témoignage selon lequel les forces sionistes auraient torturé l’activiste suédoise Greta Thunberg, la traînant au sol et l’obligeant à embrasser le drapeau de l’occupation. 

Par ailleurs, l’activiste Wael Naouar, également membre de la flottille, aurait subi des violences physiques sur différentes parties de son corps de la part des forces de l’entité sioniste, mais aurait refusé d’être examiné par un médecin affilié à l’entité occupante. 

L’équipe juridique a également rapporté que les forces de police sionistes avaient violemment agressé le militant tunisien Mohab Senoussi lorsqu’il a levé le drapeau palestinien qu’il cachait sous ses vêtements, tout en scandant des slogans appelant à la liberté pour la Palestine, au moment où le ministre de l’Intérieur israélien pénétrait dans le port d’Ashdod et commençait à les menacer.



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Témoignage glaçant d’une militante


Aycin Kantoglu, activiste turque de la flottille Sumud, raconte :

« Au port, un homme parlant turc nous a dit : “Vous êtes en Israël, Gaza n’existe plus.” 

La nuit, Ben-Gvir est arrivé. On nous a enfermés dans des cages pour animaux, sans eau ni nourriture pendant près de 40 heures.

Les murs portaient des inscriptions en sang, écrites par des mères pour leurs enfants. 

On nous a dit : “Buvez l’eau des toilettes.”

Greta Thunberg a été maltraitée. 

Nous avons aussi subi des **fouilles corporelles. » 

Un témoignage d’une extrême gravité qui relance les appels à une enquête internationale.


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A propos de Greta Thunberg, Valérie Bugault écrit :

"Un jour un internaute m'avait affirmé "les autistes asperger sauveront l'humanité"... à quoi j'avais alors répondu "peut-être". Aujourd'hui, je répondrais : "c'est sûr" ! Car les valeurs irréductibles de ces gens sont : la compétence, l'honnêteté, l'intégrité et la recherche de vérité."





Trump piège Netanyahu… après l’Iran nucléaire, les otages de Gaza : « Tous les otages rentrent chez eux. Problème réglé, Bibi ! »

 




Le président américain Donald Trump a dévoilé un plan pour mettre fin à la guerre à Gaza. Mais qu’en est-il de l’acceptation par le Hamas ? Et les bombardements israéliens s’intensifient-ils toujours ? On fait le point sur cette actualité brûlante qui secoue le Moyen-Orient et le piège contre Netanyahu.


Le plan de Trump pour Gaza : Quels sont les points clés ?

Le 30 septembre 2025, lors d’une conférence de presse aux côtés du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, Donald Trump a présenté un programme en 20 étapes pour arrêter les hostilités qui durent depuis presque deux ans. Parmi les mesures phares :

- Un cessez-le-feu immédiat.

- La libération de tous les otages israéliens (environ 48, vivants ou non) contre des prisonniers palestiniens.

- L’exclusion totale du Hamas de toute gouvernance future à Gaza.

Netanyahu a donné son feu vert, soulignant que ce plan répond aux exigences sécuritaires d’Israël. Trump, lui, a lancé un ultimatum clair au Hamas : « Trois à quatre jours pour accepter, sinon l’enfer se déchaînera. » Ce projet prévoit aussi une administration temporaire internationale, pilotée par Trump et l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, avec un retrait progressif des troupes israéliennes et une aide humanitaire massive. Pas d’État palestinien garanti, mais une porte ouverte à l’autodétermination.

Ce plan de paix Trump Gaza 2025 fait déjà couler beaucoup d’encre. Est-ce une vraie solution ou une manœuvre politique ? Les observateurs s’interrogent, surtout avec les élections américaines en ligne de mire.

La réponse étonnante du Hamas

Le 3 octobre 2025, via les intermédiaires qatariens, égyptiens et turcs, le Hamas a réagi par un communiqué officiel. Surprise générale : ils acceptent certains aspects essentiels, mais pas sans conditions. Oui à la libération des otages contre des prisonniers, oui au cessez-le-feu et à l’aide humanitaire. Mais non au désarmement complet et à leur exclusion politique. « Nous refusons de renoncer à nos droits légitimes », ont-ils déclaré, insistant sur un rôle dans un cadre palestinien unifié.

Le Hamas propose plutôt un gouvernement de technocrates palestiniens, soutenu par les nations arabes, et rejette une supervision par Tony Blair. Ils appellent à des négociations immédiates via les médiateurs. Trump a qualifié cette réponse de « positive » et croit en une « paix durable » et somme Israël de stopper immédiatement les bombardements :

« Sur la base de la déclaration récemment publiée par le Hamas, crois qu’ils sont prêts pour une PAIX durable. Israël doit immédiatement cesser les bombardements sur Gaza, afin que nous puissions faire sortir les otages en toute sécurité et rapidement… il s’agit de la PAIX tant recherchée au Moyen-Orient. » – Président Trump

Les médiateurs saluent ce pas en avant. Le Qatar et l’Égypte parlent d’un « développement encourageant », tandis que la Turquie, via Erdogan, presse Israël de cesser les attaques. À l’ONU, Antonio Guterres se dit « optimiste » et appelle à saisir cette opportunité.

Mais les défis restent énormes. En Israël, les faucons du gouvernement s’opposent à toute concession. L’armée israélienne a confirmé un passage en mode défensif, avec une suspension des avancées terrestres à Gaza City. Pourtant, des incidents persistent : des morts signalés ce matin. Les autorités palestiniennes accusent Israël de ne pas respecter pleinement l’appel américain. De son côté, selon des sources israéliennes citées par Axios, Netanyahu a été « surpris » par la réaction rapide et positive de Trump face à l’acceptation du Hamas. Il a insisté sur la nécessité de « coordonner avec Washington » pour éviter de donner l’impression que le Hamas a pleinement adhéré au plan.

La griffe de Trump : Comment il met Netanyahu au pied du mur

Dans les couloirs feutrés de la diplomatie internationale, Donald Trump n’a jamais été du genre à s’embarrasser de subtilités. Sa marque de fabrique ? L’art de l’esbroufe, ces coups théâtraux qui claquent comme un clap de fin de match. En 2025, face au bourbier moyen-oriental, il déploie cette tactique avec une précision chirurgicale, piégeant son « allié » de toujours, Benjamin Netanyahu, dans un étau invisible. D’un côté, les frappes « décisives » sur l’Iran ; de l’autre, un plan de paix pour Gaza cousu main avec les Arabes. À chaque fois, le message est limpide : « Ton problème est réglé, Bibi. À toi de jouer… ou de plier. » Une réflexion sur ces manœuvres qui transforment les crises en échec et mat géopolitiques.

L’Iran sous les projecteurs : Une frappe en carton-pâte

Remontons au printemps 2025. Les tensions entre Téhéran et Jérusalem atteignent leur zénith. Netanyahu, acculé chez lui par des enquêtes judiciaires qui le menacent d’un procès pour corruption, brandit la carte nucléaire iranienne comme un bouclier. « L’Iran est à deux doigts de la bombe », martèle-t-il, espérant traîner les États-Unis dans un conflit frontal. Trump sent le piège à des kilomètres. Au lieu d’envoyer des B-52 pour un tapis de bombes, il opte pour le grand bluff.

Le 15 avril, des missiles Tomahawk s’abattent sur les sites clés du programme nucléaire persan : Natanz, Bushehr, et surtout Fordow, ce bunker creusé dans la montagne qui défie les bombes conventionnelles. Les images satellites, diffusées en boucle par les chaînes américaines, montrent des cratères fumants et des dômes effondrés. « Mission accomplie ! Le programme nucléaire iranien est rayé de la carte », tonne Trump depuis la Rose Garden, un sourire carnassier aux lèvres. Mais creusons un peu : ces mêmes satellites, analysés par des experts indépendants, révèlent un détail troublant. Les installations ont été évacuées avant les frappes. Des convois de camions ont filé dans la nuit, emportant centrifuges et archives sensibles vers des sites secondaires, bien à l’abri.

Ça vous dit quelque chose ? C’est du déjà-vu, pur jus 2017. Rappelez-vous l’attaque sur la base syrienne d’Al-Shaayrat. Trump avait ordonné 59 missiles sur la piste et les hangars. Résultat ? Les Syriens, informés par les Russes, avaient eu le temps de dégager leurs MiG et Sukhoi. Des bâtiments vides, des pistes intactes – une opération cosmétique qui avait fait plus de bruit que de mal, mais suffi à redorer le blason du « dealmaker » sans engager l’Amérique dans un bourbier sans fin. Huit ans plus tard, Trump recycle la recette iranienne : frapper fort pour l’opinion, frapper juste pour éviter l’escalade. Les dégâts réels ? Minimes, selon des fuites du Pentagone. Mais l’effet d’annonce est magistral : Le monde entier applaudit (ou feint de le faire) la « décision » américaine.

Trump, le chirurgien des prétextes israéliens

Avec cette déclaration tonitruante – « La menace nucléaire iranienne est morte et enterrée » –, Trump arrache à Netanyahu son joker principal. Plus de discours enflammés à l’ONU sur les « armes de destruction massive » revisitées ; plus de survols provocateurs de la Force Cyrus pour justifier une offensive. C’est comme si on tendait un miroir à Bibi : « Ton grand ennemi ? Neutralisé en une nuit. Qu’est-ce qui te retient encore ? » Netanyahu, qui comptait sur un embrasement pour rallier son électorat et noyer ses ennuis judiciaires sous une vague patriotique, se retrouve les mains vides. Il avait parié sur une Amérique belliqueuse, prête à co-signer une guerre totale. Au lieu de ça, Trump lui coupe l’herbe sous le pied, forçant Israël à une posture défensive, presque ingrate.

C’est la quintessence de la trumpologie : transformer une crise en opportunité unilatérale. En un tweet laconique – « Iran KO. Prochain round : paix au Moyen-Orient ? » –, il repositionne les États-Unis en médiateur impartial, tout en rappelant à ses alliés qui tient les cordons de la bourse militaire (ces 3,8 milliards de dollars annuels d’aide à Israël ne tombent pas du ciel). Netanyahu, piégé, ne peut que grommeler un « merci » forcé, conscient que toute escalade solo exposerait Israël à l’isolement. Trump n’a pas gagné une guerre ; il a gagné du temps, et un levier sur Tel-Aviv.

Le parallèle Gaza : Otages libérés et Bibi au mur

À peine le sable iranien retombé, Trump pivote vers Gaza, théâtre d’une saignée qui dure depuis deux ans. Là encore, le script est rodé. Netanyahu, embourbé dans une offensive interminable à Gaza City, agite le spectre des otages (une quarantaine encore aux mains du Hamas) pour justifier le statu quo sanglant. « Pas de paix sans leur retour », répète-t-il, tout en repoussant les propositions qataries. Trump, flairant l’occasion, saute dans l’arène : son plan en 20 points, dévoilé fin septembre, est un piège à renard.

D’abord, il courtise les médiateurs arabes – Qatar, Égypte, Turquie – pour décrocher un « oui » conditionnel du Hamas sur la libération des otages. En échange ? Des prisonniers palestiniens, un cessez-le-feu immédiat, et une aide humanitaire en mode express. Le Hamas, acculé par la famine et les bombardements, mord à l’hameçon… mais sur ses termes : pas d’exclusion politique pour eux, et exit Tony Blair de l’administration transitoire. Trump s’en moque ; il parade avec l’accord comme un trophée : « Tous les otages rentrent chez eux. Problème réglé, Bibi ! » Netanyahu, qui rêvait d’une campagne prolongée pour esquiver ses tribunaux (procès pour pots-de-vin et trahison qui pourraient le couler), voit son alibi s’évaporer. Les faucons de sa coalition hurlent à la trahison, mais l’opinion israélienne, las des cercueils vides, commence à grincer.

Pour ne rien arranger au Premier ministre israélien, les familles des prisonniers israéliens viennent de publier un communiqué :

« L’exigence du président Trump d’arrêter la guerre immédiatement est essentielle pour éviter des dommages graves et irréversibles aux otages. Nous appelons le Premier ministre Netanyahou à entamer immédiatement des négociations efficaces et rapides pour rapatrier tous nos otages. »

C’est le même coup de poker que pour l’Iran : Trump résout le « problème » apparent (otages vs. nucléaire) sans toucher aux racines (le Hamas reste en lice, Téhéran reconstruit en douce). Netanyahu, privé de son carburant belliqueux, doit avaler la pilule d’un retrait progressif et d’une gouvernance « neutre ». La guerre, ce bouclier contre ses démons intérieurs, lui échappe des mains. Trump, lui, engrange les dividendes : image de pacificateur, pression sur Riyad pour un deal saoudo-israélien, et un Moyen-Orient où les États-Unis dictent le tempo sans y laisser de plumes.

Pourquoi ça marche ? Les motivations cachées et l’ombre des tribunaux

Au fond, cette double offensive trumpienne n’est pas qu’une prouesse diplomatique ; c’est une radiographie des faiblesses de Netanyahu. Bibi n’est pas qu’un faucon ; il est un survivant politique, harcelé par la justice israélienne depuis des années. Une guerre ouverte – qu’elle soit contre l’Iran ou le Hamas – serait son parachute doré : union nationale forcée, report des audiences, et un récit de « sauveur ». Trump, qui connaît les ficelles des procès (il en a vu de toutes les couleurs), le sait mieux que quiconque. En « résolvant » les crises à sa sauce, il a non seulement neutralisé les risques pour l’Amérique, mais il force Bibi à affronter ses fantômes domestiques. Pas de bunker nucléaire à bombarder pour distraire ; pas d’otages à « libérer » pour prolonger l’état d’urgence.

Bien sûr, rien n’est gravé dans le marbre. Mais pour l’heure, Trump tient les rênes, rappelant que dans le grand cirque géopolitique, l’effet d’annonce vaut parfois mille missiles. Netanyahu, au pied du mur, n’a plus que ses discours enflammés pour se défendre. Une chose est sûre : Trump joue gros, et il adore ça.

par Le Média en 4-4-2



samedi 4 octobre 2025

A new wave of Flotilla boats are currently in route towards Gaza in an attempt to break Israel’s illegal siege


A new wave of flotillas are sailing towards Gaza as one vessel, the Conscience, carries 92 participants, including paramedics and journalists from 26 countries.

After being obstructed in April and struck by drones near Malta earlier this year, the Conscience sets its sights on reaching Gaza's desperate civilians.

The first flotilla wave was illegally intercepted by Israeli forces in international waters, and over 450 activists, including Greta Thunberg and French MEP Rima Hassan, were illegally detained.

Israel has now begun deporting participants as the second wave continues its journey.

The Conscience and ten other vessels continue on their path despite threats, carrying a message of resistance and hope.



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Une nouvelle vague de 9 navires est actuellement en route vers Gaza pour tenter de briser le siège illégal imposé par Israël depuis des décennies.