On a déjà vu Tel-Aviv : une ville qui a fait du vice une vitrine, du clinquant une identité, de l'arrogance une fierté. Et voilà que la même méthode s'applique à Jérusalem. On y installe une modernité de façade, on y importe des modes, on y organise des événements, on y banalise l'irrespect. On fait du Mur des Lamentations un décor de selfie, et de l'esplanade d'Al‑Aqsa un lieu de passage pour touristes en quête d'exotisme. Le sacré n'a plus de place, seul le spectacle compte.
Car c'est ça, le sionisme : une idéologie qui ne supporte pas le mystère, qui ne tolère pas l'altérité, qui ne respecte pas ce qui la dépasse. Il faut tout souiller, tout domestiquer, tout transformer en parc d'attractions. Et derrière cette frénésie de modernité, il y a une seule obsession : effacer l'âme palestinienne, la remplacer par une fête foraine à la gloire d'Israël. Une dépravation, oui. Celle d'un peuple qui a perdu le sens du sacré, et qui croit que tout peut être colonisé, même Dieu.
Tomy le Magnifique