Les jours où des juifs fiers ont commis l’horreur, celle dont ils affublent les Palestiniens aujourd'hui, comme un masque de leur propre monstruosité.
Alors non, on ne « célèbre » rien. On se souvient. Et on demande justice. Parce que Tantura, c'est le prélude. Gaza, c'est la suite. Et l'impunité, c'est la constante.
En 1948, quelques mois après la création d’Israël, des soldats juifs israéliens ont commis un massacre dans ce petit village côtier paisible. La brigade Alexandroni, une unité de l’organisation terroriste Haganah, attaque. Les soldats rassemblent les hommes, les femmes, les enfants. Ils violent des femmes. Ils exécutent. Au moins 250 morts, selon les témoins. Des enfants de 13 ans, une balle dans la nuque, sur la plage. À peine sortis de l’horreur nazie, certains ont reproduit les mêmes crimes sur des civils innocents. Plus tard, ils enterreront les corps dans des fosses communes pour cacher l’horreur.
Le chercheur israélien Teddy Katz documente les faits et recueille les aveux de soldats. L’un d’eux rigole : « Je ne me souviens pas du nombre d’Arabes que j’ai tués. » Un autre pleure, mais trop tard. Katz est traîné en justice, perd son diplôme et signe une rétractation qu’il regrettera amèrement. Les preuves, elles, ne se rétractent pas : les fosses communes sont toujours là. L’une d’elles, sous un parking, a été documentée par Forensic Architecture. Les vétérans avouent à la caméra, dans Tantura.
Dans ce film, on voit le déni dans lequel ils sont plongés. Ils n’admettront jamais avoir assassiné 250 personnes à Tantura. Alors, comment pourraient-ils reconnaître avoir tué des dizaines de milliers d’enfants à Gaza ? Le déni les suit depuis toujours. C’est leur armure. Et leur malédiction.
Tantura sous-titré en français :