mercredi 17 juin 2026

Perfidie, manipulation et falsification : le procédé hasbara en pleine lumière



Une amie m’a envoyé un post avec vidéo en DM. Des commandants du Hamas y expliqueraient, selon les sous-titres, qu’ils veulent « tuer tous les juifs et les chrétiens ». Classique, me suis-je dit. Sûrement une production sortie des studios de la hasbara. Encore une.



Mais j’ai voulu en avoir le cœur net. J’ai passé la vidéo sous une appli de sous-titrage automatique IA. Résultat surprise : pas une seule fois le mot “tuer” n’apparaît. Méfiant de l’application, j’ai envoyé la vidéo originale (sans sous-titres Français) à une autre amie parfaitement bilingue. Sa traduction est sans équivoque : les commandants du Hamas n’appellent nullement à tuer des juifs ou des chrétiens. Ils les invitent à embrasser l’islam, religion de miséricorde, et appellent les moudjahidines à poursuivre leur résistance. Un droit reconnu par l’ONU face à l’envahisseur.

Ah, et cette fameuse phrase « ils n’aiment pas la vie » ? La hasbara l’a martelée pour en faire une preuve de haine. En réalité, elle exprime une spiritualité simple : le croyant ne méprise pas la vie, mais il refuse de s’y attacher au point d’en faire son objectif ultime. Son cœur aspire à quelque chose de meilleur et de durable : la rencontre avec son Créateur. Les combattants palestiniens savent que la mort dans la résistance n’est pas une fin, mais un aboutissement : ils meurent en défendant leur terre et leur foi. Une conception que tout musulman partage, qu’on peut contester selon ses croyances, mais qui est parfaitement légitime dans une lutte de libération nationale.

Résumons ce que dit vraiment la vidéo :



1. Un appel à la miséricorde, non au meurtre (les sous-titres falsifiés prêtaient au Hamas des intentions génocidaires).

2. Une revendication du droit à résister – droit inscrit dans la Charte des Nations unies et réaffirmé par de nombreuses résolutions.

3. Une confession de foi : l’acceptation de la mort comme retour vers Dieu, non comme une fin en soi.

On peut critiquer cette vidéo pour son prosélytisme (encore faudrait-il qu'il y en ait un) ou son appel à la résistance armée (mais c'est un droit), mais certainement pas pour des appels au meurtre de juifs ou de chrétiens.

La falsification de vidéos est une technique récurrente de la hasbara. Depuis des années, les services de propagande israéliens produisent des « traductions » mensongères, créent des comptes factices et répandent de la désinformation à grande échelle pour diaboliser la résistance palestinienne. Cette vidéo en est un exemple de plus.

La prochaine fois qu’on vous sort ce genre de montage, souvenez-vous : derrière chaque traduction biaisée se cache une volonté de justifier l’injustifiable. Un appel à la résistance, droit inaliénable des peuples occupés, ne saurait être confondu avec un appel au meurtre.

Le droit des peuples à résister à l’occupation est reconnu par l’ONU. Les résolutions 2105 (1965) et 3070 (1973) affirment la légitimité de la lutte des peuples sous domination coloniale ou étrangère pour leur autodétermination, « y compris la lutte armée ». En clair, la résistance palestinienne est un droit, pas un crime.

C’est juste du fact-checking. Et c’est une nécessité absolue.

À l’heure où je publie ce post, le montage de propagande a déjà récolté 11 400 likes d’idiots. Mon démontage, lui, n’en aura sans doute jamais autant.