dimanche 16 février 2025

Un "héros" quelque peu dérangé

 


Sans commentaire.



Gaza: les habitants de l'enclave retrouvent une région totalement dévastée, sans hôpital

 



A Gaza, voilà plus de deux semaines que la route s'est ouverte pour la population en direction du nord de l'enclave. Zone évacuée par l'armée israélienne dans le cadre de l'accord avec le Hamas, le « corridor » de Netzarim a été pris d'assaut par les habitants de retour chez eux. Après plus de quinze mois de guerre, c'est une région dévastée qu'ils retrouvent. Des hôpitaux en particulier, il ne reste plus rien.

Depuis le 27 janvier, des dizaines de milliers de Gazaouis sont remontés vers le nord de la bande de Gaza. Ils ont découvert pour beaucoup leurs maisons réduites en poussière, et des infrastructures détruites. À l’image de l’hôpital Kamal-Adwan à Beit Lahia où Shada Dawas, une habitante, sait qu’elle ne peut plus aller : « C’est très difficile. Si ma fille tombe malade, Dieu l’en préserve, où est-ce qu’on va aller ? L’hôpital est totalement détruit. On serait obligés d’aller à Gaza-ville, mais tout est détruit là-bas aussi, les routes pour y aller également. »

Condamnations internationales

Le 27 décembre 2024, le directeur de l’hôpital, Hossam Abou Safiya, a été enlevé lors d’un assaut israélien. Ce qui a valu à Israël des condamnations internationales. Pour l’heure, c’est le docteur Sakhr Mohamed qui le remplace en tentant de parer au mieux à l’urgence : « Nous mettons en place un hôpital de campagne pour aider cette population et cette région endeuillées. C’est tout ce qu’on peut faire, car pour le bâtiment, il va falloir tout reconstruire. »

Détruire un « symbole »

Après des mois de bombardements, le médecin Rawiya Tamboura découvre avec émotion un bâtiment hors service depuis la fin décembre : « Ce bâtiment était vide, il est certain pour nous que l’armée d’occupation s’en prenait à des pierres, il voulait détruire le symbole qu’était Kamal-Adwan. »

Jusque-là, Kamal-Adwan était le seul hôpital encore débout dans le nord de Gaza, désormais dépourvu de toute infrastructure médicale.



samedi 15 février 2025

"L'inhumain est perpétré sous nos yeux"






"L'inhumain est perpétré sous nos yeux": l'actrice Tilda Swinton a placé dès son ouverture la 75ème édition du Festival du film de Berlin sous le signe de la résistance face à l'extrémisme, et aux premières décisions du président Trump.

L'actrice britannique de 64 ans se voyait remettre un Ours d'or d'honneur pour sa carrière, dans une capitale sous tension: à dix jours des législatives allemandes, l'extrême droite (AfD) rêve d'un score historique.

Plus tôt dans la journée un attentat à la voiture-bélier a fait trente blessés à Munich (sud de l'Allemagne). La Berlinale leur a rendu hommage.

Au-delà du contexte allemand, Tilda Swinton a dénoncé "des meurtres de masse organisés par des états, permis à une échelle internationale, (qui) terrorisent actuellement plus d'une partie de notre monde".

"L'inhumain est perpétré sous nos yeux. Je suis libre de le dire, sans hésitation ni doute dans mon esprit", a poursuivi cette figure du cinéma d'auteur, vue chez Wes Anderson ou plus récemment Pedro Almodovar.

Elle a notamment brocardé le projet de Donald Trump de transformer la bande de Gaza en "côte d'Azur du Moyen-Orient".

Premier grand rendez-vous de l'année de l'industrie du cinéma, la Berlinale s'est toujours vue comme un festival progressiste et politique, sans attirer toutefois autant de lumière que Cannes ou Venise, programmés plus tard dans l'année.




Israël, l’armée coloniale à l’heure du messianisme



Derrière les crimes contre l’humanité commis par l’armée israélienne à Gaza se profile l’influence grandissante des nationalistes fondamentalistes au sein de l’institution militaire, entre autres. Une ascension qui ne se dément pas depuis trente ans.


Frontière avec la bande de Gaza dans le sud d’Israël, le 1er novembre 2023. Un soldat de l’armée israélienne portant un châle de prière et des tefillin (phylactères), petite boîte en cuir noir contenant des rouleaux de parchemin inscrits avec des versets de la Torah, prie tout en se tenant à côté d’obus d’artillerie à une position le long de la frontière.


Général de brigade, Yehuda Vach commande la 252e division de l’armée israélienne. Entre décembre 2024 et janvier 2025, le journal israélien Haaretz lui a consacré deux enquêtes et un éditorial révélant les actes commis sur ses ordres par ses soldats dans la zone de Gaza, incluant les villes de Beit Hanoun et de Jabaliya, ainsi que les camps de réfugiés palestiniens adjacents. L’ensemble s’apparente à une leçon sur le traitement réservé aux « animaux humains » que sont les Palestiniens. L’essentiel se passe le long d’une « ligne imaginaire » imposée par l’armée sur le corridor de Netzarim. Son tracé n’est nulle part indiqué. Aucun Palestinien n’en a été informé. Mais tout homme, femme, enfant qui la franchit doit être abattu sans sommation. Ordres du général Vach. « Il n’y a pas de civils. Chacun est un terroriste », a-t-il dit à ses hommes. La quasi-totalité des officiers et des soldats se soumettent à ses ordres – hormis quelques rares qui, écœurés et épouvantés, ont fini par vendre la mèche, bien après que cette tragédie a commencé, cinq mois plus tôt.

« Le petit Napoléon »

Le premier article évoque, entre autres, les corps des victimes abandonnés en pleine nature sur cette ligne. Des chiens errants affamés rôdent par paquets pour s’en repaître. Les soldats l’appellent « la ligne des cadavres ». Après que le porte-parole de l’armée a annoncé que « plus de 200 terroristes [ont été] abattus » dans cette zone, l’officier d’un des bataillons dira à Haaretz : « Parmi les victimes, seules dix étaient connues comme appartenant au Hamas ». Cette approche, indique le journaliste Yaniv Kubovich, « ne se limite pas à la division 252 ». Il cite un réserviste de la division 90 qui raconte avoir été témoin d’un événement qui l’a révulsé : non armés, un père et ses deux enfants traversent la « ligne interdite » inconnue. Ils sont abattus par une roquette tirée d’un hélicoptère de combat. « Ils ne pouvaient rien nous faire. On est dans le mal absolu », s’indigne-t-il. Les témoignages similaires abondent. Lorsque le commandant en second d’un bataillon conteste les tirs sur des Palestiniens brandissant un drapeau blanc, son supérieur rétorque : « Je ne sais pas ce qu’est un drapeau blanc. On tire pour tuer. »

Yehuda Vach est l’homme qui, dans sa zone d’activité, mène cette campagne où une armée surarmée assassine sans distinction des civils par milliers. Appelé par certains soldats « le petit Napoléon », il évoque devant ses adjoints, après la mort de Yahya Sinwar, le chef du Hamas abattu le 16 octobre 2024, son regret de ne pas avoir vu le corps de ce dernier être démembré, pour le « désacraliser » aux yeux de ses partisans. « Ce n’était pas une blague, se souvient un officier. C’était une réunion d’évaluation formelle. » Fin décembre 2024, lorsqu’une autre mission lui est confiée, Vach déclare : « On n’a pas atteint notre but. » Ce but, avait-il dit à ses proches, était d’expulser les 250 000 Gazaouis encore vivants de la zone qu’il gérait.

Pour cela, rapporte la seconde enquête journalistique, Vach n’hésite pas à prendre des initiatives jamais débattues avec ses supérieurs. Ainsi constitue-t-il, dixit Haaretz, sa petite « armée privée » : une escouade secrète composée de soldats sous ses ordres, essentiellement des religieux messianiques, et de civils amenés à Gaza par son frère, Golan Vach. Le but de cette milice est de détruire tout ce qui ne l’a pas encore été dans la zone, sans en informer quiconque. Lorsque les faits sont révélés par Haaretz, le porte-parole de l’armée déclare que ces opérations sont « approuvées à tous les échelons. […] Les décisions du commandant de la division ont été professionnelles et réfléchies ». L’équipe de génie lourd réunie par les frères Vach « était une force militaire autorisée de réservistes formés » et « les allégations concernant l’entrée de civils et de véhicules civils sur le territoire de la bande de Gaza par le commandant de la 252e division ne sont pas vraies ». Bref, l’armée ment. Des faits qui auraient dû faire l’objet d’une enquête approfondie sont a posteriori validés. À ce jour, aucune sanction n’a été prise à l’encontre du général messianique.

Une tendance de plus en plus puissante

Quelle peut être l’explication de ce repli peu glorieux de l’état-major face à des comportements formellement contraires à ses normes officielles ? La réponse réside précisément dans l’identité politique du général Vach. Ce dernier adhère aux convictions de la frange coloniale messianique et fasciste qui, depuis trois décennies, pèse de plus en plus lourd dans l’armée israélienne. Lorsque la police militaire est intervenue dans le camp de détention Sde Teiman, en juillet 2024, afin d’y arrêter neuf geôliers soupçonnés de tortures graves à l’encontre de détenus palestiniens, des membres de la mouvance coloniale messianique qui avaient forcé l’entrée du camp s’y sont violemment opposés. Aucun d’eux n’a été poursuivi. Ainsi le général Vach se sent-il suffisamment protégé au niveau de l’état-major pour servir ses propres intérêts politiques en toute autonomie. Et le même état-major, de facto, capitule. Tel est aujourd’hui le poids de la tendance messianique en Israël, qui n’est pas majoritaire dans la société juive, mais qui impose chaque jour un peu plus son agenda politique.

Dans l’histoire d’Israël, l’armée n’a jamais été factieuse. Mais une mouvance factieuse, celle du colonialisme messianique, impose aujourd’hui son bon vouloir à l’armée. Comment l’expliquer ? Les enquêtes de Yaniv Kubovich montrent que le supérieur hiérarchique de Vach était hostile à ses actes, mais qu’il n’a rien fait, ou rien pu faire, pour l’en empêcher. Exactement comme, à Sde Teiman, des députés messianiques factieux se sont sentis plus forts que la justice. Dans les deux cas, on attend toujours les sanctions. Quoi d’anormal ? Depuis longtemps les colons messianiques se déchaînent en Cisjordanie en imposant leur volonté à des officiers qu’ils transforment en factotums au service de leurs méfaits à l’égard des Palestiniens.

Depuis trente ans, quand, le 25 février 1994, Baruch Goldstein, un colon kahaniste (membre de la fraction la plus raciste du pays), assassine 29 fidèles palestiniens au caveau des Patriarches à Hébron et en blesse 250 autres, puis que, l’année suivante, Yigal Amir, lui aussi influencé par des rabbins messianiques, assassine le Premier ministre travailliste Yitzhak Rabin, le champ d’action du camp messianique ne cesse de se renforcer. Pourtant, il a longtemps occupé une place secondaire dans le sionisme.

« L’âne du Messie »

Le premier qui a établi ce lien entre le sionisme et la fin des temps bibliques est le premier grand-rabbin de Palestine, Abraham Isaac Kook (1865-1935) qui énonce la fameuse idée que le sionisme, pourtant une idéologie nationaliste laïque au départ, constitue « l’âne du Messie ». On dirait aujourd’hui l’idiot utile. La Bible dit que le Messie viendra assis sur un âne. Pour Kook, en bâtissant un État juif en Terre sainte, le sionisme portait sans le savoir sur ses épaules l’arrivée du Messie. Kook fonde l’école talmudique Merkaz HaRav (le « centre rabbinique ») en 1924 pour promouvoir ses idées.

Longtemps, sa mouvance reste marginale au sein du sionisme, même parmi les religieux, où la mouvance politique dite Mizrahi était beaucoup moins nationaliste et belliqueuse que la fraction travailliste ou celle nommée « révisionniste », qui coalisait la droite et l’extrême droite. Mais la victoire « miraculeuse » de juin 1967 fournit le déclic. Elle suscite dans la population un vent de mysticisme alimenté par l’idée du « Grand Israël » (la Palestine historique). Incarné par Tsvi Yehuda HaCohen Kook (le fils du précédent), qui accentue fortement la vision suprémaciste juive de son père ; le messianisme va s’enraciner. Son école rabbinique devient le pilier du Goush Emounim (« Bloc de la foi »), moteur politique du messianisme juif. Ce mouvement politique fondamentaliste a depuis disparu, mais il a généré de très nombreux héritiers disséminés dans divers courants : les deux partis fascistes d’Itamar Ben Gvir et de Bezalel Smotrich, mais aussi au Likoud et dans les partis religieux orthodoxes. Ensemble, ils incarnent l’essor d’un ultranationalisme messianique devenu un acteur politique et surtout social de premier ordre, influant très au-delà du seul camp dit sioniste religieux.

Comment est-ce arrivé ? D’abord, ce camp a mieux surfé que les autres sur la logique de la colonisation. Et comme le font tous les fondamentalismes, ceux juifs israéliens ne retiennent que les parties les plus identitaires de leur lecture littérale et sélective des textes saints. Tout est écrit d’avance, et si l’on sait bien lire, Dieu sera de notre côté. Lors d’un récent séjour en Israël, un rabbin m’a expliqué que l’attaque du Hamas le 7 octobre était « un miracle divin ». Dieu nous montre la voie. L’heure est venue de respecter ses désirs : s’emparer de toute la « Terre d’Israël ». Dès lors, si cette terre « nous appartient » exclusivement, et que les Palestiniens sont une résurrection d’Amalek, l’ennemi éternel des Juifs, pourquoi tergiverser ? Ce discours paraît simpliste, mais si le conflit est inexorable et insoluble parce qu’existentiel, autant y mettre fin radicalement, et au plus tôt.

Ensuite, aucun gouvernement israélien, ni de droite ni de gauche, n’a su ni voulu brider l’ardeur des messianiques. Lorsqu’en 1994 est commis le massacre de Hébron, des conseillers du Premier ministre Yitzhak Rabin préconisent de profiter de l’aubaine pour évacuer les 80 colons messianiques barricadés au cœur de la ville. Vu les circonstances, qui oserait s’y opposer ? Rabin tergiverse et finit par renoncer. Depuis, la colonisation a plus que triplé, à Hébron et ailleurs. Et le poids des messianiques avec.

Enfin et surtout, les messianiques ont su mettre en place une logistique dont l’impact n’a cessé de grandir. Dans Au nom du Temple, Charles Enderlin retrace la manière dont l’extrême droite coloniale messianique, en usant d’une stratégie très articulée mêlant guerre culturelle et capture de positions stratégiques dans des domaines clés de la société, est parvenue à occuper une place politique et à produire un impact sociétal, surtout dans la jeunesse, qu’on aurait eu du mal à imaginer cinquante ans plus tôt. Lorsque, au soir de la conquête de l’esplanade des Mosquées par Israël, en juin 1967, Shlomo Goren, grand-rabbin de l’armée, appelle à raser la mosquée Al-Aqsa pour reconstruire le Temple sur ses cendres, 99 % des Israéliens le prennent pour un fou dangereux. Aujourd’hui, de multiples organismes alimentent cette idée de la « reconstruction du Temple ». Leurs défenseurs siègent au gouvernement.

Hitler s’est juste trompé de cible

Le camp messianique n’a pas seulement proliféré dans le circuit éducatif religieux en Israël. Il touche désormais amplement le secteur public. Il jouit de médias nombreux, écrits, télévisés et radiophoniques. Il dispose de plus en plus de députés, et de soutiens financiers considérables. Enfin, il s’est emparé de positions très importantes dans l’armée. L’affaire commence en 1953, quand celle-ci accueille la première Yechivat Hesder (académie militaire religieuse). Le principe consiste à offrir aux jeunes portant la kippa un service militaire où l’apprentissage de l’usage des armes se mêle aux études bibliques. En 1967, il n’y en avait que trois. En 1990, treize. Aujourd’hui, on en compte près de quatre-vingt-dix. Le Merkaz HaRav et ses émules ont mis la main sur ces écoles, souvent installées dans des colonies en Cisjordanie.

L’éducation qu’on y reçoit est fondée sur le suprémacisme juif en particulier à l’encontre des Arabes et des musulmans. En 2000, un célèbre rabbin de cette mouvance, Yitzhak Guinzburg, explique en une du supplément hebdomadaire du quotidien Maariv que « l’Arabe a une âme animalière »3. Vingt ans plus tard, le rabbin Giora Redel, un dirigeant de la Yechivat Hesder Bnei David, explique aux recrues que « l’idéologie de Hitler était à 100 % correcte, mais [qu’]il visait la mauvaise cible »4. Il entend par là qu’il aurait dû exterminer les musulmans, pas les juifs. Son compère de la même académie, Eliezer Kashtiel, déclare sur la chaîne 13 : « Je crois au racisme », ajoutant que « les Arabes ont un problème génétique »5. Ces rabbins n’ont jamais subi la moindre sanction.

Dans les bataillons les plus « problématiques » de l’armée israélienne, ceux qui massacrent sans remords les civils, enfants, femmes et hommes, et qu’on voit ensuite s’en réjouir en chantant sur les réseaux sociaux israéliens, beaucoup sont issus des écoles militaro-messianiques de cet acabit. Aujourd’hui « 40 % des officiers d’infanterie qui sortent des écoles de formation des officiers sont issus de la communauté nationale religieuse », alors que cette mouvance ne regroupe que treize députés au Parlement sur cent vingt. Avant chaque affrontement armé, nombre de ces officiers tiennent des discours où ils appellent les soldats à prier pour que le Dieu d’Israël leur permette d’annihiler leurs ennemis.

Un exemple parmi d’autres, le bataillon Netzah Yehuda (« Éternité de Juda ») est composé à 60 % d’anciens élèves de ces académies militaires messianiques. Ses soldats ont été régulièrement accusés de crimes perpétrés contre des Palestiniens. L’un d’entre eux a été incarcéré pour avoir usé de la gégène à leur encontre, quatre autres pour sévices sexuels sur un « suspect », d’autres pour avoir frappé à mort un Palestinien de 78 ans. Ils n’ont pas été poursuivis. Et devinez quoi ? Lorsqu’il était jeune, Yehuda Vach a suivi sa propre formation militaire à l’académie Bnei David, celle-là même où l’on enseigne que Hitler s’est juste trompé de cible. Quelques années plus tard, il a pu faire bénéficier de son apprentissage l’école d’entraînement des officiers de l’armée israélienne, lorsqu’il en a pris le commandement.

Sylvain Cypel.




vendredi 14 février 2025

L'exultation de la désolation ou la Schadenfreude israélienne



Un soldat de Tsahal autoproclamé pédophile dit tout : 

« Le 11 septembre ? C'est le meilleur ! » 
Bien sûr, nous avons provoqué une migration massive vers l’Europe.
Les Européens ne valent rien. 
Les Juifs dirigent le monde. C'est dans les coulisses. 
Vous ne savez pas ce qui se passe... parce que vous êtes un goy. »



(Source : Street Media)

La Schadenfreude : expression allemande signifiant la « joie malsaine » ou la « joie maligne » que l'on éprouve en observant le malheur d'autrui.


11 Septembre, des Israéliens sautent de joie

Un incident survenu le 11 septembre en marge des attentats permet de relier de manière certaine les services secrets israéliens aux explosions des Tours jumelles. Il a été rapporté dès le lendemain par le journaliste Paulo Lima dans The Record, quotidien du comté de Bergen dans le New Jersey, d’après des « sources proches de l’enquête ». Immédiatement après le premier impact sur la Tour Nord, trois individus furent aperçus par divers témoins sur le toit d’un van stationné à Liberty State Park dans Jersey City, « en train d’exulter » (celebrating), « sauter de joie » (jumping up and down), et se photographier avec les Tours jumelles en arrière-plan. Ils déplacèrent ensuite leur van sur un autre parking de Jersey City, où d’autres témoins les virent se livrer aux mêmes réjouissances ostentatoires. La police émit aussitôt une alerte BOLO (be-on-the-look-out) : « Véhicule possiblement lié à l’attaque terroriste de New York. Van blanc Chevrolet 2 000 avec une plaque du New Jersey et un signe “Urban Moving Systems” à l’arrière, a été vu au Liberty State Park, Jersey City, NJ, au moment du premier impact d’avion de ligne dans le World Trade Center. Trois individus avec le van ont été vus se réjouissant après l’impact initial et l’explosion qui s’en suivit. »

Le van fut intercepté par la police vers 16 heures, avec à son bord cinq jeunes gens. La nouvelle atteignit rapidement les téléspectateurs, qu’ils étaient « moyen-orientaux » (Middle-Eastern). Ils l’étaient en effet, mais seulement au sens précis de « israéliens ». Leurs noms : Sivan et Paul Kurzberg, Yaron Shmuel, Oded Ellner et Omer Marmari. Contraint physiquement de sortir du véhicule et plaqué à terre, le conducteur, Sivan Kurzberg, lança cette phrase étrange : « On est israéliens. On n’est pas votre problème. Vos problèmes sont nos problèmes. Les Palestiniens sont le problème. »

Les sources policières qui informèrent Paulo Lima se dirent convaincues de l’implication de ces Israéliens dans les attentats de la matinée : « Il y avait des cartes de la ville dans le van avec certains points surlignés. On aurait dit qu’ils étaient au courant, […] qu’ils savaient ce qui allait se passer lorsqu’ils étaient à Liberty State Park. » On trouva également sur eux des passeports de nationalités diverses, près de 6 000 dollars en espèces et des billets d’avion open pour l’étranger. Les frères Kurzberg furent formellement identifiés comme agents du Mossad. Les cinq Israéliens travaillaient officiellement pour une compagnie de déménagement nommée Urban Moving Systems, dont les employés étaient majoritairement israéliens. « J’étais en pleurs. Ces types blaguaient et ça me perturbait », confia un des rares employés non israéliens à propos de ses collègues. Le 14 septembre, après avoir reçu une simple visite de la police, le propriétaire de l’entreprise, Dominik Otto Suter, quittait le pays pour Tel Aviv.

L’information divulguée par le Record, confirmée par le rapport de police, a été reprise par des sites d’investigation comme le Wayne Madsen Report (14 septembre 2005) et Counterpunch (7 février 2007). Elle fut aussi rapportée dans quelques grands médias mais d’une façon qui minimisait sa portée : le New York Times (21 novembre 2001) omettait de préciser la nationalité des individus, tout comme Fox News et l’agence Associated Press. Le Washington Post (23 novembre 2001) disait bien qu’ils étaient israéliens, mais passa sous silence leur apparente préconnaissance de l’événement. En revanche, le journal de la communauté juive américaine The Forward (15 mars 2002) révéla, d’après une source anonyme du renseignement américain, qu’Urban Moving Systems était une couverture du Mossad (ce qui n’empêcha pas l’entreprise de bénéficier d’un prêt fédéral de 498 750 dollars, selon les archives du fisc). On note que les locaux d’Urban Moving se trouvaient à moins de dix kilomètres d’une autre société écran du Mossad, SCP Partner, spécialisée en sécurité. Quelques mois avant le 11-Septembre, cette société s’était adjoint comme « conseiller » une recrue de choix : Ehud Barak, ancien chef du Renseignement militaire israélien (Salerait Makal) et premier ministre de juillet 1999 jusqu’à son remplacement par Ariel Sharon en mars 2001. Une heure après la désintégration de la Tour Nord, Ehud Barak était sur le plateau de BBC World pour désigner Ben Laden comme principal suspect.

Le FBI diligenta sur l’affaire des « Israéliens dansants » une enquête consignée dans un rapport de 579 pages, partiellement déclassifié en 2005 (il le sera totalement en 2035). Hicham Hamza a analysé ce rapport en détail dans Israël et le 11-Septembre : le Grand Tabou. Il en ressort plusieurs éléments accablants. Tout d’abord, les photos prises par ces jeunes Israéliens les montrent effectivement dans des attitudes de célébration devant la Tour Nord en feu : « Ils souriaient, ils s’embrassaient et ils se tapaient mutuellement dans les mains (highfiving). » Pour s’expliquer, les intéressés dirent qu’ils s’étaient simplement réjouis « que les États-Unis auraient maintenant à prendre des mesures pour arrêter le terrorisme dans le monde » (alors qu’à ce point, une majorité de gens pensait à un accident plutôt qu’à un acte terroriste). Plus grave, un témoin au moins les a vus positionnés dès 8 heures, soit avant qu’un avion ne percute la première tour, tandis que d’autres certifient qu’ils prenaient déjà des photos cinq minutes après. Un ancien salarié de l’entreprise témoigna au FBI de l’antiaméricanisme virulent que partageaient Suter et ses employés israéliens, l’un d’entre eux adressant un jour cette phrase à des collègues américains : « Donnez-nous vingt ans et nous nous emparerons de vos médias et détruirons votre pays. » Les cinq Israéliens arrêtés étaient en contact avec une autre entreprise de déménagement dénommée Classic International Movers, dont quatre employés avaient été interrogés indépendamment pour leurs liens avec les dix-neuf pirates de l’air présumés. L’un d’eux avait téléphoné à « un individu en Amérique du Sud possédant des liens authentiques avec les militants islamiques au Moyen-Orient », précise le rapport FBI. Enfin, « un chien renifleur donna un résultat positif pour la présence de traces d’explosifs dans le véhicule ».

Comme le remarque Hamza, la conclusion du rapport laisse songeur : le FBI informe la police locale qui détient les suspects « que le FBI n’a plus aucun intérêt à enquêter sur les détenus et qu’il convient d’entamer les procédures d’immigration appropriées ». En fait, le 25 septembre au plus tard, la direction fédérale du FBI avait déjà pris cette décision et en avait averti le Service de l’immigration et de la naturalisation afin qu’il « applique la procédure d’immigration appropriée ». Avant d’être rapatriés sous la simple charge de « violation de visa », les cinq Israéliens passèrent néanmoins 71 jours dans une prison de Brooklyn, au cours desquels ils refusèrent puis échouèrent plusieurs fois au détecteur de mensonges. Dès leur retour en Israël, ils furent invités à témoigner dans une émission télévisée de leur détention « abusive », Oded Ellner déclarant candidement : « Notre but était d’enregistrer (document) l’événement. » Yaron Shmuel, qui revendique sur son profil LinkedIn son expertise et son expérience en matière d’« explosifs », se mariera le 11 septembre 2002 (premier anniversaire du « Grande Mariage », selon le nom de code du 11-Septembre dans une fausse communication d’Al-Qaïda de fabrication israélienne interceptée durant l’été 2001 par les services jordaniens).



Des militaires de Tsahal ont mis en ligne des vidéos montrant la Schadenfreude israélienne durant le génocide des Palestiniens.


jeudi 13 février 2025

Israël, l'Etat-fantôme qui assassine les Palestiniens, est un corps sans âme



Trois couards armés contre un enfant palestinien terrorisé, voici l'armée israélienne, l'armée la plus "morale" du monde selon Netanyahou.  


L'Etat juif est un Etat virtuel qui perd rapidement le lien ténu qui le relie à la réalité. Cet Etat-fantôme tue les gens tout en collectant des fonds en Amérique ; il poursuit une sorte d'existence scélérate, comme l'illustre l'expression juridique "propriété du défunt". Ses champs sont entretenus par des travailleurs-hôtes importés, gardés par des Russes et des Ethiopiens, importés eux aussi, et font l'objet de conférences en amphi par des professeurs israéliens, enseignant (à temps plein et à vie) dans les universités américaines et de braves généraux, toujours à l’affût d’un brusque revirement des fabriquants d’armes américains. Le chômage augmente de jour en jour, les services publics sont en grève quasi-permanente ; le tourisme s'est effondré, les hôtels sont fermés et d'autres branches de l'économie nationale sont au bord de la faillite. Les Israéliens achètent des appartements en Floride et à Prague, tandis que les logements, en Israël, ne trouvent pas preneur. L'acharnement de Sharon à punir les Palestiniens, ressemble à celui de quelqu'un qui martyrise sa propre main gauche : les Palestiniens et les Israéliens sont mêlés et intégrés les uns aux autres, leur séparation tue l'économie des uns et des autres.

Vu de loin, des Etats-Unis, Israël semble un géant : puissance nucléaire, grand ami des Américains, l'Etat juif est un motif de fierté, pour certains Juifs américains. Un visiteur peut quitter nos côtes avec le sentiment, fort, que nous avons une identité marquée et que nous sommes prospères. Mais nous, qui y résidons en permanence, sommes les seuls à savoir qu'Israël n'est qu'un décor de carton-pâte. Israël est en train de s'écrouler, ses forces vives émigrent, en désespoir de cause, tandis que les généraux parachèvent la destruction du pays. C'est un sort cruel qui s'abat sur les Palestiniens : Israël, l'Etat-fantôme qui les assassine, est un corps sans âme, titubant comme un zombie, qui hante les couloirs du Congrès américain et les déserts du Proche-Orient.

Et c'est pour ce spectre que de gros bonnets juifs américains pressurent leurs employés et leurs concitoyens comme des citrons, afin d'en extraire jusqu'au dernier centime, exigeant des coupes dans les pensions allouées aux personnes âgées et dans les allocations familiales, des restrictions aux budgets de la santé et de l'éducation, l'assèchement de l'aide internationale à l'Afrique et à l'Amérique du Sud, la mise sur pied de coalitions improbables avec des racistes aussi notoires que Pat Robertson et Jerry Falwell, la vitrification de l'Irak, bénissant le bombardement de réfugiés afghans, faisant tout afin de maintenir les Afro-américains dans leurs ghettos, minant la société qui les a accueillis, se créant des ennemis, à eux-mêmes et, plus largement, à l'Amérique. Ces agissements sont on ne peut plus avilissants. Certes. Mais, de plus, ils sont vains.

L'expérience sioniste est pratiquement terminée. Israël peut encore être maintenu en survie artificielle, cas d'acharnement thérapeutique évoquant celui qu'on exerce parfois sur un 'légume humain' en état de mort cérébrale. Il peut, certes, encore tuer des tas de gens, voire même déclencher une guerre mondiale. Mais, pour lui, désormais, tout retour à la vie est impossible.

L'Etat juif d'Israël est un état d'esprit ; il n'est que la projection de la mentalité juive américaine. Les préoccupations et les problèmes qui l'agitent sont les problèmes des Juifs américains. Pour nous, ‘Juifs’ israéliens, il n'est nul besoin de ségrégation, de guerre, de soumission des habitants d'origine. Nous ne mangeons pas de bagels, nous ne parlons pas yiddish, nous ne lisons ni Saul Bellow ni Sholom Aleichem et, pour nous, les synagogues "valent le détour". Nous préférons la cuisine arabe et la musique grecque. Dans mon quartier, il y a sept boucheries vendant de la viande de porc contre une boucherie kasher. Quarante pour cent des couples, à Tel Aviv, se forment hors cadre juif : les jeunes Israéliens préfèrent aller se marier à Chypre, ne serait-ce que pour éviter d'avoir affaire à un rabbin. Tel Aviv est la capitale homosexuelle du Proche-Orient, en dépit du fait qu'en vertu de la loi juive, les homosexuels devraient être occis. Parfois j’aimerais que nos grands amis, les juifs américains, nous abandonnent, dégoûtés, en nous jetant un dernier regard méprisant. Il s’agit d’une lamentable erreur d’identité. Nous ne sommes pas ceux qu’ils croient. Nous avons besoin de leur protection contre les Gentils à peu près autant que les poissons ont besoin de bottes imperméables.

Israel Shamir, 14 décembre 2001.


Israeli soldiers from the paratrooper brigades playing with underwear belonging to Palestinian women they displaced/killed.


Les Israéliens sont-ils les descendants du royaume de David ?



"L’un des fondements de la pensée sioniste voudrait que les Juifs soient les descendants du royaume de David. Cette interprétation, enseignée à tous les écoliers israéliens, ne résiste pas à l’analyse. La diaspora ne découle pas de l’expulsion des Hébreux de Palestine, mais de conversions successives en Afrique du Nord, en Europe du Sud et au Proche-Orient." Le Monde diplomatique.

Un Israélien se soumet à un test ADN.


Tout Israélien sait, sans l’ombre d’un doute, que le peuple juif existe depuis qu’il a reçu la Torah dans le Sinaï, et qu’il en est le descendant direct et exclusif. Chacun se persuade que ce peuple, sorti d’Egypte, s’est fixé sur la « terre promise », où fut édifié le glorieux royaume de David et de Salomon, partagé ensuite en royaumes de Juda et d’Israël. De même, nul n’ignore qu’il a connu l’exil à deux reprises : après la destruction du premier temple, au VIe siècle avant J.-C., puis à la suite de celle du second temple, en l’an 70 après J.C.

S’ensuivit pour lui une errance de près de deux mille ans : ses tribulations le menèrent au Yémen, au Maroc, en Espagne, en Allemagne, en Pologne et jusqu’au fin fond de la Russie, mais il parvint toujours à préserver les liens du sang entre ses communautés éloignées. Ainsi, son unicité ne fut pas altérée. A la fin du XIXe siècle, les conditions mûrirent pour son retour dans l’antique patrie. Sans le génocide nazi, des millions de Juifs auraient naturellement repeuplé Eretz Israël (« la terre d’Israël ») puisqu’ils en rêvaient depuis vingt siècles.

Vierge, la Palestine attendait que son peuple originel vienne la faire refleurir. Car elle lui appartenait, et non à cette minorité arabe, dépourvue d’histoire, arrivée là par hasard. Justes étaient donc les guerres menées par le peuple errant pour reprendre possession de sa terre ; et criminelle l’opposition violente de la population locale.

D’où vient cette interprétation de l’histoire juive ? 

Elle est l’œuvre, depuis la seconde moitié du XIXe siècle, de talentueux reconstructeurs du passé, dont l’imagination fertile a inventé, sur la base de morceaux de mémoire religieuse, juive et chrétienne, un enchaînement généalogique continu pour le peuple juif. L’abondante historiographie du judaïsme comporte, certes, une pluralité d’approches. Mais les polémiques en son sein n’ont jamais remis en cause les conceptions essentialistes élaborées principalement à la fin du XIXe siècle et au début du XXe.

Lorsque apparaissaient des découvertes susceptibles de contredire l’image du passé linéaire, elles ne bénéficiaient quasiment d’aucun écho. L’impératif national, telle une mâchoire solidement refermée, bloquait toute espèce de contradiction et de déviation par rapport au récit dominant. Les instances spécifiques de production de la connaissance sur le passé juif — les départements exclusivement consacrés à l’« histoire du peuple juif », séparés des départements d’histoire (appelée en Israël « histoire générale ») — ont largement contribué à cette curieuse hémiplégie. Même le débat, de caractère juridique, sur « qui est juif ? » n’a pas préoccupé ces historiens : pour eux, est juif tout descendant du peuple contraint à l’exil il y a deux mille ans.

Ces chercheurs « autorisés » du passé ne participèrent pas non plus à la controverse des « nouveaux historiens », engagée à la fin des années 1980. La plupart des acteurs de ce débat public, en nombre limité, venaient d’autres disciplines ou bien d’horizons extra-universitaires : sociologues, orientalistes, linguistes, géographes, spécialistes en science politique, chercheurs en littérature, archéologues formulèrent des réflexions nouvelles sur le passé juif et sioniste. On comptait également dans leurs rangs des diplômés venus de l’étranger. Des « départements d’histoire juive » ne parvinrent, en revanche, que des échos craintifs et conservateurs, enrobés d’une rhétorique apologétique à base d’idées reçues.
Le judaïsme, religion prosélyte

Bref, en soixante ans, l’histoire nationale a très peu mûri, et elle n’évoluera vraisemblablement pas à brève échéance. Pourtant, les faits mis au jour par les recherches posent à tout historien honnête des questions surprenantes au premier abord, mais néanmoins fondamentales.

La Bible peut-elle être considérée comme un livre d’histoire ? 

Les premiers historiens juifs modernes, comme Isaak Markus Jost ou Leopold Zunz, dans la première moitié du XIXe siècle, ne la percevaient pas ainsi : à leurs yeux, l’Ancien Testament se présentait comme un livre de théologie constitutif des communautés religieuses juives après la destruction du premier temple. Il a fallu attendre la seconde moitié du même siècle pour trouver des historiens, en premier lieu Heinrich Graetz, porteurs d’une vision « nationale » de la Bible : ils ont transformé le départ d’Abraham pour Canaan, la sortie d’Egypte ou encore le royaume unifié de David et Salomon en récits d’un passé authentiquement national. Les historiens sionistes n’ont cessé, depuis, de réitérer ces « vérités bibliques », devenues nourriture quotidienne de l’éducation nationale.

Mais voilà qu’au cours des années 1980 la terre tremble, ébranlant ces mythes fondateurs. Les découvertes de la « nouvelle archéologie » contredisent la possibilité d’un grand exode au XIIIe siècle avant notre ère. De même, Moïse n’a pas pu faire sortir les Hébreux d’Egypte et les conduire vers la « terre promise » pour la bonne raison qu’à l’époque celle-ci… était aux mains des Egyptiens. On ne trouve d’ailleurs aucune trace d’une révolte d’esclaves dans l’empire des pharaons, ni d’une conquête rapide du pays de Canaan par un élément étranger.

Il n’existe pas non plus de signe ou de souvenir du somptueux royaume de David et de Salomon. Les découvertes de la décennie écoulée montrent l’existence, à l’époque, de deux petits royaumes : Israël, le plus puissant, et Juda, la future Judée. Les habitants de cette dernière ne subirent pas non plus d’exil au VIe siècle avant notre ère : seules ses élites politiques et intellectuelles durent s’installer à Babylone. De cette rencontre décisive avec les cultes perses naîtra le monothéisme juif.

L’exil de l’an 70 de notre ère a-t-il, lui, effectivement eu lieu ? Paradoxalement, cet « événement fondateur » dans l’histoire des Juifs, d’où la diaspora tire son origine, n’a pas donné lieu au moindre ouvrage de recherche. Et pour une raison bien prosaïque : les Romains n’ont jamais exilé de peuple sur tout le flanc oriental de la Méditerranée. A l’exception des prisonniers réduits en esclavage, les habitants de Judée continuèrent de vivre sur leurs terres, même après la destruction du second temple.

Une partie d’entre eux se convertit au christianisme au IVe siècle, tandis que la grande majorité se rallia à l’islam lors de la conquête arabe au VIIe siècle. La plupart des penseurs sionistes n’en ignoraient rien : ainsi, Yitzhak Ben Zvi, futur président de l’Etat d’Israël, tout comme David Ben Gourion, fondateur de l’Etat, l’ont-ils écrit jusqu’en 1929, année de la grande révolte palestinienne. Tous deux mentionnent à plusieurs reprises le fait que les paysans de Palestine sont les descendants des habitants de l’antique Judée.

A défaut d’un exil depuis la Palestine romanisée, d’où viennent les nombreux Juifs qui peuplent le pourtour de la Méditerranée dès l’Antiquité ? Derrière le rideau de l’historiographie nationale se cache une étonnante réalité historique. De la révolte des Maccabées, au IIe siècle avant notre ère, à la révolte de Bar-Kokhba, au IIe siècle après J.-C, le judaïsme fut la première religion prosélyte. Les Asmonéens avaient déjà converti de force les Iduméens du sud de la Judée et les Ituréens de Galilée, annexés au « peuple d’Israël ». Partant de ce royaume judéo-hellénique, le judaïsme essaima dans tout le Proche-Orient et sur le pourtour méditerranéen. Au premier siècle de notre ère apparut, dans l’actuel Kurdistan, le royaume juif d’Adiabène, qui ne sera pas le dernier royaume à se « judaïser » : d’autres en feront autant par la suite.

Les écrits de Flavius Josèphe ne constituent pas le seul témoignage de l’ardeur prosélyte des Juifs. D’Horace à Sénèque, de Juvénal à Tacite, bien des écrivains latins en expriment la crainte. La Mishna et le Talmud autorisent cette pratique de la conversion — même si, face à la pression montante du christianisme, les sages de la tradition talmudique exprimeront des réserves à son sujet.

La victoire de la religion de Jésus, au début du IVe siècle, ne met pas fin à l’expansion du judaïsme, mais elle repousse le prosélytisme juif aux marges du monde culturel chrétien. Au Ve siècle apparaît ainsi, à l’emplacement de l’actuel Yémen, un royaume juif vigoureux du nom de Himyar, dont les descendants conserveront leur foi après la victoire de l’islam et jusqu’aux temps modernes. De même, les chroniqueurs arabes nous apprennent l’existence, au VIIe siècle, de tribus berbères judaïsées : face à la poussée arabe, qui atteint l’Afrique du Nord à la fin de ce même siècle, apparaît la figure légendaire de la reine juive Dihya el-Kahina, qui tenta de l’enrayer. Des Berbères judaïsés vont prendre part à la conquête de la péninsule Ibérique, et y poser les fondements de la symbiose particulière entre juifs et musulmans, caractéristique de la culture hispano-arabe.

La conversion de masse la plus significative survient entre la mer Noire et la mer Caspienne : elle concerne l’immense royaume khazar, au VIIIe siècle. L’expansion du judaïsme, du Caucase à l’Ukraine actuelle, engendre de multiples communautés, que les invasions mongoles du XIIIe siècle refoulent en nombre vers l’est de l’Europe. Là, avec les Juifs venus des régions slaves du Sud et des actuels territoires allemands, elles poseront les bases de la grande culture yiddish.

Ces récits des origines plurielles des Juifs figurent, de façon plus ou moins hésitante, dans l’historiographie sioniste jusque vers les années 1960 ; ils sont ensuite progressivement marginalisés avant de disparaître de la mémoire publique en Israël. Les conquérants de la cité de David, en 1967, se devaient d’être les descendants directs de son royaume mythique et non — à Dieu ne plaise ! — les héritiers de guerriers berbères ou de cavaliers khazars. Les Juifs font alors figure d’« ethnos » spécifique qui, après deux mille ans d’exil et d’errance, a fini par revenir à Jérusalem, sa capitale.

Les tenants de ce récit linéaire et indivisible ne mobilisent pas uniquement l’enseignement de l’histoire : ils convoquent également la biologie. Depuis les années 1970, en Israël, une succession de recherches « scientifiques » s’efforce de démontrer, par tous les moyens, la proximité génétique des Juifs du monde entier. La « recherche sur les origines des populations » représente désormais un champ légitimé et populaire de la biologie moléculaire, tandis que le chromosome Y mâle s’est offert une place d’honneur aux côtés d’une Clio juive dans une quête effrénée de l’unicité d’origine du « peuple élu ».

Cette conception historique constitue la base de la politique identitaire de l’Etat d’Israël, et c’est bien là que le bât blesse ! Elle donne en effet lieu à une définition essentialiste et ethnocentriste du judaïsme, alimentant une ségrégation qui maintient à l’écart les Juifs des non-Juifs — Arabes comme immigrants russes ou travailleurs immigrés.

Israël, 60 (77) ans après sa fondation, refuse de se concevoir comme une république existant pour ses citoyens. Près d’un quart d’entre eux ne sont pas considérés comme des Juifs et, selon l’esprit de ses lois, cet Etat n’est pas le leur. En revanche, Israël se présente toujours comme l’Etat des Juifs du monde entier, même s’il ne s’agit plus de réfugiés persécutés, mais de citoyens de plein droit vivant en pleine égalité dans les pays où ils résident. Autrement dit, une ethnocratie sans frontières justifie la sévère discrimination qu’elle pratique à l’encontre d’une partie de ses citoyens en invoquant le mythe de la nation éternelle, reconstituée pour se rassembler sur la « terre de ses ancêtres ».

Ecrire une histoire juive nouvelle, par-delà le prisme sioniste, n’est donc pas chose aisée. La lumière qui s’y brise se transforme en couleurs ethnocentristes appuyées. Or les Juifs ont toujours formé des communautés religieuses constituées, le plus souvent par conversion, dans diverses régions du monde : elles ne représentent donc pas un « ethnos » porteur d’une même origine unique et qui se serait déplacé au fil d’une errance de vingt siècles.

Le développement de toute historiographie comme, plus généralement, le processus de la modernité passent un temps, on le sait, par l’invention de la nation. Celle-ci occupa des millions d’êtres humains au XIXe siècle et durant une partie du XXe. La fin de ce dernier a vu ces rêves commencer à se briser. Des chercheurs, en nombre croissant, analysent, dissèquent et déconstruisent les grands récits nationaux, et notamment les mythes de l’origine commune chers aux chroniques du passé. Les cauchemars identitaires d’hier feront place, demain, à d’autres rêves d’identité. A l’instar de toute personnalité faite d’identités fluides et variées, l’histoire est, elle aussi, une identité en mouvement.


Shlomo Sand, historien, professeur à l’université de Tel-Aviv, auteur de "Comment le peuple juif fut inventé".



mercredi 12 février 2025

Quelques faits historiques tenus secret




Zeev Vladimir Jabotinsky, architecte du nationalisme et de l'autoritarisme en Israël, a stratégiquement transposé la situation des Juifs faisant face aux pogroms, sur la situation des militaires coloniaux juifs. L'attaque devient une "défense".


Depuis plus d’un siècle, l’on a beaucoup fantasmé sur le « grand complot » opéré par des cercles secrets constitués d’éléments juifs révolutionnaires. A l’appui de cette thèse, on cite les trois principaux agents du bouleversement culturel qui furent Marx dans le domaine politique et social ; Freud pour avoir inventé cette religion moderne qu’est la psychanalyse freudienne, et bien entendu Einstein dans le champ scientifique, spécialement le domaine atomique. Ces trois personnalités explosives ont fait voler en éclats l’ancienne manière de voir le monde.

Y a t-il une relation entre leur réussite spectaculaire et les réseaux fraternels juifs à travers le monde ? Leur influence fut-elle fortuite ou programmée ?

On découvre que la promotion de leurs découvertes fut assurée à l’arrière plan par un réseau de sociétés et d‘organisations plus ou moins secrètes comme le B’naï B’rith qui est un cercle para-maçonnique fermé aux non-juifs. Nombre de personnalités en vue en sont membres. On a beaucoup fantasmé sur ce qui pouvait se décider à l’intérieur de cette loge, dont les membres juifs peuvent également être admis dans les loges maçonniques ordinaires. Par contre, les francs-maçons des diverses obédiences ne sont pas admis dans la loge réservée aux israélites. Il y a donc un système de clapet anti-retour qui éveille méfiance et suspicion. De là est né la théorie du « complot judéo-maçonnique » que nul n’ose évoquer publiquement sans crainte alors qu’elle est fondée sur un fait.

Quelle est l’importance de ce réseau fraternel dans la diffusion des idées modernes ? C’est fort simple, sans réseau, l’électricité ne circule pas. C’est pourquoi depuis plus d’un siècle, nombre de découvertes scientifiques ou de réformes politiques ont été couvées dans le nid du B’naï B’rith, depuis Ben Gourion et la fondation de l’Etat d’Israël jusqu’à la loi sur l’avortement de la députée française Simone Weil.

Lors de la réception en loge du « frère » Sigmund Freud, le B’naï B’rith lui déroula un tapis rouge pour qu’il aille répandre ses théories en Amérique.

Sans ce coup de pouce, les théories de Freud seraient restées dans un tiroir comme des milliers d’autres « découvertes géniales ». Il désirait tellement le succès qu’il suppliait le ciel devant son collègue Karl Gustav Jung : « Il faut que ma théorie devienne un dogme ! » L’affaire fut entendue en haut lieu, et les loges s’en emparèrent pour diffuser mondialement la théologie de la religion psychanalytique.

Bien entendu, dès que l’on cherche à savoir qui a financé ces diverses opérations de promotion, on tombe immanquablement sur le grand argentier Rothschild ou autre Baron de Hirsch.

L’argent n’ayant pas d’odeur idéologique, il a aussi bien servi à financer la révolution russe que le mouvement national socialiste, considéré à ses débuts comme véhiculant une idéologie favorable au sionisme. Il faut rappeler ici quelques faits historiques soigneusement tenus secrets :

Sait-on que le seul drapeau étranger qui fut autorisé à flotter dans le ciel bleu aryen des années trente, était l’étoile de David portée par les phalanges paramilitaires sionistes défilant dans les rues de l’Allemagne nazifiée ?

Jusqu’à la veille de la guerre en 1938, des camps d’entraînement du Betar – milice sioniste paramilitaire – étaient ouverts à côté de Berlin. Les documents d’époque montrent les groupes en uniforme arborant la bannière ornée du chandelier à sept branches. Une banderole en hébreu annonce « Ke dam ve esch » (par le sang et le feu ) sur la photo d’un meeting du Betar qui se confond par le décorum, la fanfare, les drapeaux et les épaulettes des uniformes des officiers avec un rassemblement fasciste de cette époque.

On oublie souvent de rappeler que le Reich était pro-sioniste et qu’au début, les sionistes vantèrent le régime nazi « qui comprend comme nous la valeur sacrée du sol et du sang ». Des dignitaires nazis se rendirent en Palestine avec les responsables sionistes pour visiter les lieux pour une colonisation de masse. Les sionistes comptaient sur le Reich pour les aider à fonder leur Etat d’Israël. A l’arrière-plan, les deux camps n’avaient-ils pas les mêmes bailleurs de fonds anglo-américains ? Mais ceux-ci jouaient au chat et à la souris, en attendant de voir…tout en installant leurs usines où une main-d’œuvre juive peu coûteuse irait bientôt trimer dans les conditions que l’on connaît. On feint d’oublier que les doctrines nazie et sioniste sont de même essence, c’est à dire intrinsèquement racistes. Les premiers écrits élaborant l’idéologie de la « race supérieure » - et qui servirent de modèle aux fascismes du XXe siècle - furent l’œuvre de juifs extrémistes.

La doctrine internationale-socialiste et l’idéologie raciste dont se sont inspirés les nazis furent l’œuvre d’idéologues de l’extrême-droite juive.

Nous en trouvons la source dans les écrits datant de 1900 de Zeev Jabotinsky (né à Odessa en 1880) : « la source du sentiment national se trouve dans le sang de l’homme… dans son type physico-racial et là seulement… la vision spirituelle d’un homme est fondamentalement déterminée par sa structure physique. C’est pour cette raison que nous ne croyons pas à l’assimilation spirituelle. Il est inconcevable, d’un point de vue physique, qu’un juif né dans une famille de pur sang juif puisse s’adapter à la vison spirituelle d’un allemand ou d’un français. Il peut être entièrement imprégné du fluide germanique, mais le noyau de sa structure spirituelle restera toujours juif. »

Le terme « national-socialiste » d’où est tirée l’abréviation « nazi » a été emprunté à un groupe sioniste qui combinait le programme socialiste du « parti révolutionnaire social russe » et le programme des « sionistes socialistes ».

Pour Jabotinsky, toute assimilation aux goyim – les « étrangers » non juifs - est non seulement néfaste, mais impossible. « Il est impossible à un homme de s’assimiler à un peuple dont le sang est différent du sien. Pour être assimilé, il faudrait qu’on change son corps, il doit devenir leur par le sang. Il ne peut y avoir d’assimilation. Nous n’autoriserons pas des choses du genre des mariages mixtes parce que la préservation de notre intégrité nationale est impossible autrement que par le maintien de la pureté de la race et pour ce faire nous aurons ce territoire dont notre peuple constituera la population racialement pure ».

L’interdiction des mariages mixtes pour les juifs n’est-elle pas la doctrine officielle du Judaïsme orthodoxe ? Les nazis n’ont donc rien inventé, mais ils se sont réappropriés jusqu’au délire cette idéologie antérieure à la leur.

Bien entendu ces aspects politiquement incorrects de l’idéologie sioniste ont été gommés après la guerre, et seuls les nazis endossèrent la malédiction du culte de la race supérieure, alors que concrètement, le Judaïsme perpétue une discrimination raciale sévère en son sein, tout en criant à l’antisémitisme lorsqu’on évoque ce racisme, facteur de cohésion. C’est ainsi que la société moderne est devenue schizo. Toutes les ethnies et les minorités sont dénoncées comme racistes si elles refusent de se mélanger, saut une, le Judaïsme, dont la doctrine prône un protectionnisme génétique.

Undercover.


mardi 11 février 2025

Benjamin Netanyahou offre un bipeur en or à Donald Trump





Il y a toujours deux lectures dans l’info : une primaire, et une secondaire. Pour faire simple, car il peut y en avoir une troisième, cachée derrière la deuxième.

Application du théorème avec le cadeau de Netanyahou à Trump, un bipeur en or, en souvenir des cadres (et des civils) du Hezbollah qui ont explosé avec leur appareil piégé.

La lecture primaire veut que l’Israélien offre à l’Américain le symbole de la force juive, même si elle passe par la malice et le terrorisme. Mais contre les Arabes, à la guerre comme à la guerre. Même si des civils doivent y passer, comme lorsque l’immeuble de Nasrallah à Beyrouth a été détruit par des bombes anti-bunkers qui ne font pas dans le détail. Des bombes américaines, hein.

La lecture secondaire consiste à considérer ce bipeur exactement comme il est considéré par le Premier ministre israélien : un appareil qui peut te péter à la gueule, même si t’es le président des USA. Les Israéliens ont déjà fait le coup avec JFK, ils n’hésiteront pas à récidiver, si leur sécurité est menacée. Par sécurité il faut bien sûr entendre extension dans le Lebensraum proche-oriental, ou colonisation et massacres.


Commentaire d'Alexis Deswaef, avocat et militant des Droits de l'homme :

L'insanité au sommet : Trump reçoit un bipeur en or de Netanyahu. «L'explosion de bipeurs utilisés par le Hezbollah a tué 37 personnes, dont des enfants, et a fait des milliers de blessés.»


L’héritage occidental, ou 30 ans de mensonges et de massacres au Moyen-Orient



Par Jonathan Cook


Les accords d’Oslo

Le narratif : Avez-vous cru, il y a 30 ans, que les accords d’Oslo allaient apporter la paix au Moyen-Orient, comme on nous le disait ? Qu’Israël allait enfin se retirer des territoires palestiniens qu’il occupait illégalement depuis des décennies, mettre fin à sa répression brutale du peuple palestinien, et permettre la création d’un État palestinien ? Que la plus longue souffrance des mondes arabe et musulman allait enfin cesser ?

La réalité : En fait, pendant la période d’Oslo, Israël a volé davantage de terres palestiniennes et a implanté des colonies juives illégales à un rythme plus soutenu que jamais. Israël est devenu encore plus violemment oppressif : il a construit des mur autour de Gaza et de la Cisjordanie tout en continuant à occuper les terres et à martyriser la population. Ehud Barak, premier ministre israélien de l’époque, a “fait exploser” – pour reprendre les termes de l’un de ses principaux conseillers – les négociations soutenues par les États-Unis à Camp David en 2000.

Quelques semaines plus tard, alors que les territoires palestiniens occupés étaient en ébullition, le chef de l’opposition Ariel Sharon, soutenu par un millier de soldats israéliens armés, a envahi la mosquée al-Aqsa de Jérusalem occupée, l’un des lieux les plus sacrés du monde pour les musulmans. Ce fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase, déclenchant un soulèvement des Palestiniens qu’Israël allait écraser avec une force militaire dévastatrice, faisant ainsi passer le soutien populaire à la direction laïque du Fatah vers le groupe de résistance islamique Hamas.

Puis le traitement de plus en plus abusif des Palestiniens par Israël et sa prise de contrôle progressive d’Al-Aqsa – soutenue par l’Occident – n’ont fait que radicaliser davantage le groupe djihadiste Al-Qaida, à l’origine, selon les autorités, de l’attaque des tours jumelles de New York en 2001.

L'Afghanistan

Le narratif : Avez-vous cru, en 2001, après les attentats du 11 septembre, que le seul moyen d’empêcher les talibans d’héberger Al-Qaïda en Afghanistan serait que les États-Unis et le Royaume-Uni les envahissent et les “fassent sortir” de leurs grottes “en les enfumant”, comme on nous l’a dit ? Et que, ce faisant, l’Occident sauverait les filles et les femmes afghanes de l’oppression ?

La réalité : Dès que les premières bombes américaines sont tombées, les talibans se sont déclarés prêts à céder le pouvoir à la marionnette américaine Hamid Karzai, à se retirer de la politique afghane et à livrer Oussama ben Laden, le chef d’Al-Qaïda, à un pays tiers agréé par les deux camps.

Les États-Unis ont tout de même envahi l’Afghanistan, qu’ils ont occupé pendant 20 ans, tuant au moins 240 000 Afghans, pour la plupart des civils, et dépensant quelque 2000 milliards de dollars pour soutenir leur violente occupation dans ce pays. La haine qu’ils ont suscitée a rendu les talibans plus forts que jamais et, en 2021, ces derniers ont forcé l’armée américaine à se retirer.

L'Irak

Le narratif : Avez-vous cru, en 2003, qu’il y avait en Irak des armes de destruction massive capables de détruire l’Europe en quelques minutes, comme on nous l’a dit ? Que le dirigeant irakien, Saddam Hussein, était le nouvel Hitler et qu’il s’était allié à Al-Qaïda pour détruire les tours jumelles ? Et que, pour ces raisons, les États-Unis et le Royaume-Uni n’avaient d’autre choix que d’envahir l’Irak de manière préventive, même si les Nations unies refusaient d’autoriser l’attaque.

La réalité : L’Irak a été soumis à de sévères sanctions pendant des années, suite à la décision imprudente de Saddam Hussein d’envahir le Koweït, une invasion qui a bouleversé l’ordre régional du Golfe, dont le rôle était de maintenir le flux de pétrole vers l’Occident. Les États-Unis ont répondu en décimant l’armée irakienne, dans une de ses habituelles démonstrations excessives de puissance militaire. Tout au long des années 1990, la politique suivie a été celle de l’endiguement, avec notamment un régime de sanctions dont on estime qu’il a tué au moins un demi-million d’enfants irakiens – un prix dont la secrétaire d’État américaine de l’époque, Madeline Albright, a glorieusement déclaré qu’il “en valait la peine”.

Saddam Hussein a également dû se soumettre à un programme d’inspections permanentes des armes par les experts de l’ONU. Les inspecteurs avaient conclu avec un degré élevé de certitude qu’il n’y avait pas d’armes de destruction massive en Irak. Le rapport selon lequel Saddam Hussein pouvait tirer sur l’Europe et l’atteindre en 30 minutes était un canular, a-t-on finalement appris, concocté par les services de renseignement britanniques. Quant à l’affirmation selon laquelle Saddam Hussein avait des liens avec Al-Qaida, non seulement elle n’était étayée par aucune preuve, mais elle était manifestement absurde. Le régime très laïc, quoique brutal, de Saddam était profondément opposé au fanatisme religieux d’Al-Qaïda et le craignait.

L’invasion et l’occupation américano-britannique, ainsi que la guerre civile confessionnelle acharnée qu’elles ont déclenchée entre musulmans sunnites et chiites, allaient tuer – selon les meilleures estimations – plus d’un million d’Irakiens et en chasser quatre millions d’autres. L’Irak est devenu un terrain de recrutement pour l’extrémisme islamique et a conduit à la formation d’un nouveau concurrent sunnite d’Al-Qaïda, beaucoup plus nihiliste, appelé État islamique. Elle a également renforcé le pouvoir de la majorité chiite en Irak, qui a pris le pouvoir aux sunnites; et a forgé une alliance plus étroite avec l’Iran.

L'Egypte

Le narratif : Avez-vous cru, en 2011, que l’Occident soutenait le Printemps arabe pour apporter la démocratie au Moyen-Orient, et que l’Égypte – le plus grand État arabe – était à l’avant-garde du progressisme en chassant son président autoritaire Hosni Moubarak, comme on nous l’a dit?

La réalité : Moubarak a été soutenu par l’Occident en tant que tyran de l’Égypte pendant trois décennies et a reçu des milliards d’”aide étrangère” chaque année de Washington – en fait un pot-de-vin pour abandonner les Palestiniens et maintenir la paix avec Israël selon les termes de l’accord de Camp David de 1979. Mais les États-Unis ont tourné le dos à Moubarak, à contrecœur, après avoir compris qu’il ne pourrait pas écraser les forces révolutionnaires libérées par le Printemps arabe – un mélange de libéraux laïques et de groupes islamiques menés par les Frères musulmans. L’armée étant restée en retrait, les manifestants ont gagné. La confrérie a remporté les élections pour diriger le nouveau gouvernement démocratique.

En coulisses, cependant, le Pentagone resserrait ses liens avec les vestiges de l’ancien régime de Moubarak et un nouvel aspirant à la couronne, le général Abdel Fattah el-Sisi. Assuré qu’il n’y avait aucun risque de représailles américaines, el-Sisi a finalement lancé un coup d’État pour remettre l’Égypte sous le joug d’une dictature militaire en 2013. Israël a fait pression pour s’assurer que la dictature militaire d’el-Sisi continuerait à recevoir les milliards d’euros d’aide américaine annuelle. Au pouvoir, Sisi a instauré le même système répressif que Moubarak, a écrasé sans pitié la Confrérie et s’est joint à Israël pour asphyxier Gaza sous un blocus visant à isoler le Hamas, la version palestinienne de la Confrérie. Ce faisant, il a renforcé l’extrémisme islamique, et l’État islamique s’est implanté au Sinaï. L’engagement des États-Unis en faveur du printemps arabe et des mouvements démocratiques au Moyen-Orient n’avait été que passager, comme on pouvait s’y attendre.

La Libye 

Le narratif : Avez-vous cru, toujours en 2011, que le libyen Mouammar Kadhafi représentait une terrible menace pour sa propre population et qu’il avait même donné du Viagra à ses soldats pour qu’ils commettent des viols en masse, comme ils nous l’ont affirmé ? Que le seul moyen de protéger les citoyens libyens était que l’OTAN, dirigée par les États-Unis, le Royaume-Uni et la France, bombarde le pays et aide les groupes d’opposition à renverser Kadhafi ?

La réalité : Les accusations portées contre Kadhafi, comme contre Saddam Hussein, ne reposaient sur aucune preuve, comme l’a conclu une enquête parlementaire britannique cinq ans plus tard, en 2016. Mais l’Occident avait besoin d’un prétexte pour renverser le dirigeant libyen, considéré comme une menace pour les intérêts géopolitiques occidentaux. La publication par Wikileaks de câbles diplomatiques américains a montré que Washington s’inquiétait des efforts de Kadhafi pour créer des États-Unis d’Afrique afin de contrôler les ressources du continent, et de développer une politique étrangère indépendante. La Libye, qui possède les plus grandes réserves de pétrole d’Afrique, a créé un dangereux précédent en offrant à la Russie et à la Chine de nouveaux contrats d’exploration pétrolière et en renégociant les contrats existants avec les compagnies pétrolières occidentales à des conditions moins favorables. Kadhafi cultivait également des liens militaires et économiques plus étroits avec la Russie et la Chine.

Les bombardements de l’OTAN sur la Libye n’ont jamais eu pour but de protéger la population. Le pays a été immédiatement abandonné après le renversement de Kadhafi et est devenu un État épave où sévissent les seigneurs de la guerre et où fleurissent les marchands d’esclaves. Certaines parties de la Libye sont devenues un bastion de l’État islamique. Les armes occidentales fournies aux “rebelles” ont fini par renforcer l’État islamique et par alimenter les bains de sang confessionnels en Syrie et en Irak.

La Syrie

Le narratif : Avez-vous cru que, depuis 2011, les forces démocratiques syriennes voulaient renverser le dictateur Bachar el-Assad et que le pays était à l’aube d’une révolution de type printemps arabe qui libérerait son peuple, comme on n’a cessé de nous le répéter ?

La réalité : Il ne fait aucun doute que le régime d’Assad, combiné à la sécheresse et aux mauvaises récoltes provoquées par le changement climatique, a entraîné des troubles croissants dans certaines régions de la Syrie en 2011. Il est également vrai que, comme d’autres régimes arabes laïques fondés sur la domination d’une secte minoritaire, le gouvernement d’Assad s’est appuyé sur un autoritarisme pour maintenir son pouvoir sur d’autres secteurs plus importants de la population. Mais ce n’est pas la raison pour laquelle la Syrie a été plongée dans une guerre civile sanglante durant 13 ans, qui a attiré l’attention et/ou l’intervention de toute une série d’acteurs, de l’Iran et de la Russie à Israël, en passant la Turquie, Al-Qaïda et ISIS. C’est en grande partie à cause de Washington et d’Israël qui poursuivent une fois de plus leurs intérêts géostratégiques.

Le véritable problème pour Washington n’était pas l’autoritarisme d’Assad – les alliés les plus puissants des États-Unis dans la région sont tous autoritaires – mais deux autres facteurs clé.

Premièrement, Assad appartenait à la minorité alaouite, une secte de l’islam chiite en conflit théologique et sectaire depuis des siècles avec l’islam sunnite dominant dans la région. L’Iran est également chiite. La majorité chiite d’Irak a pris le pouvoir après que Washington a éviscéré le régime sunnite de Saddam Hussein en 2003. Enfin, la milice libanaise Hezbollah est chiite. Ensemble, ils forment ce que Washington décrit de plus en plus comme un “axe du mal”.

Deuxièmement, la Syrie partage une longue frontière avec Israël et, surtout, constitue le principal couloir géographique reliant l’Iran et l’Irak aux forces de guérilla du Hezbollah au nord d’Israël, au Liban. Au fil des décennies, l’Iran a envoyé clandestinement des dizaines de milliers de roquettes et de missiles de plus en plus puissants au sud du Liban, à proximité de la frontière septentrionale d’Israël. Cet arsenal a servi, pendant la majeure partie de cette période, de parapluie défensif, de principal moyen de dissuasion pour empêcher Israël d’envahir et d’occuper le Liban, comme il l’a fait pendant de nombreuses années jusqu’à ce que les combattants du Hezbollah l’obligent à se retirer en 2000. Mais il a également servi à dissuader Israël d’envahir la Syrie et d’attaquer l’Iran.

Quelques jours après le 11 septembre, un fonctionnaire du Pentagone a montré à un général américain de haut rang, Wesley Clarke, un document sur la réponse des États-Unis à l’effondrement des tours jumelles. Les États-Unis avaient décidé d’“abattre” sept pays en cinq ans. La plupart des cibles étaient les bastions chiites du Moyen-Orient : Irak, Syrie, Liban et Iran. (Les coupables du 11 septembre, notons-le, étaient des sunnites, pour la plupart originaires d’Arabie saoudite.) L’Iran et ses alliés résistaient aux manœuvres de Washington – soutenu de plus en plus ouvertement par les États sunnites, en particulier ceux du Golfe, riches en pétrole – pour imposer Israël comme hégémon régional et lui permettre de rayer de la carte le peuple palestinien.

Ce sont toujours les mêmes objectifs qu’Israël et Washington poursuivent en ce moment. Et la Syrie a toujours été d’une importance cruciale pour la réalisation de leur plan. C’est pourquoi, dans le cadre de l’opération “Timber Sycamore”, les États-Unis ont secrètement injecté d’énormes sommes d’argent dans l’entraînement de leurs anciens ennemis d’Al-Qaïda pour créer une milice anti-Assad qui a attiré des combattants djihadistes sunnites de toute la région, ainsi que des armes provenant d’États en déliquescence comme la Libye. Le plan a été soutenu financièrement par les États du Golfe, avec une assistance militaire et des renseignements de la Turquie, d’Israël et du Royaume-Uni.

À la fin de l’année 2024, les principaux alliés d’Assad étaient eux-mêmes en difficulté : la Russie était coincée par une guerre par procuration menée par l’OTAN en Ukraine, tandis que Téhéran se trouvait en difficulté en raison des frappes israéliennes sur le Liban, la Syrie et l’Iran lui-même. C’est à ce moment-là que HTS – une organisation d’Al-Qaïda rebaptisée – s’est emparé de Damas à la vitesse de l’éclair, forçant Assad à fuir à Moscou

Si vous avez cru à toutes ces histoires, et que vous croyez encore que l’Occident fait de son mieux pour mettre au pas l’extrémisme islamique et un prétendu impérialisme russe en Ukraine, alors vous croyez probablement aussi qu’Israël a rasé Gaza, détruit tous ses hôpitaux et affamé toute sa population de 2,3 millions d’habitants simplement pour “éliminer le Hamas”, même si le Hamas ne l’a pas été.

Vous pensez sans doute que la Cour internationale de justice a eu tort, il y a près d’un an, de juger qu’Israël commettait probablement un génocide à Gaza. Vous pensez peut-être que même les experts israéliens les plus prudents en matière d’Holocauste ont eu tort, en mai dernier, de conclure qu’Israël était indiscutablement entré dans une phase génocidaire lorsqu’il a détruit la “zone de sécurité” de Rafah, où il avait regroupé la majeure partie de la population de Gaza. Et vous pensez sans doute aussi que tous les grands groupes de défense des droits de l’homme ont eu tort de conclure à la fin de l’année dernière, après de longues recherches pour se protéger des calomnies d’Israël et de ses soutiens, que la dévastation de la bande de Gaza par Israël présentait toutes les caractéristiques d’un génocide.

Croyez-vous aussi que le plan de longue date de Washington pour une “domination mondiale à spectre complet” est bienveillant, et qu’Israël et les États-Unis n’ont pas l’Iran et la Chine dans leur ligne de mire ?

Si c’est le cas, vous continuerez certainement à croire tout ce qu’ils vous disent – alors même que nous courons, comme des lemmings, nous jeter du haut de la falaise, sûrs que, cette fois, tout ira bien.


Jonathan Cook a obtenu le Prix Spécial de journalisme Martha Gellhorn. Il est le seul correspondant étranger en poste permanent en Israël (Nazareth depuis 2001). 

*Source: Spirit Of Free Speech




lundi 10 février 2025

Israël, le bilan militaire et stratégique est catastrophique

 

Le 30 janvier 2025, avant le début du transfert des otages, le Hamas déploie un grand nombre de Mujahideen d'Al Qassam près de la maison de Yahya Sinwar.


Israël, le bilan militaire et stratégique est catastrophique

Par Edouard Husson

1. La soif de vengeance quasi-inextinguible du gouvernement et de l'armée israélienne qui ne pouvaient pas supporter d'avoir été surpris par un ennemi moins armé mais mieux organisé le 7 octobre 2023.

2. L'incapacité des Israéliens et des Américains à obtenir une information fiable pour localiser les commandants du Hamas et des autres milices palestiniennes.

3. Le bombardement d-immeubles et de rues entières autour des localisations hypothétiques de membres du Hamas.

4. L'utilisation de de bombes d'une tonne livrées par l'armée américaine, qui libèrent du monoxyde de carbone en explosant, dans l'espoir d'asphyxier les combattants du Hamas dans les tunnels.

5. La mort, assumée par l'armée israélienne, d'otages Israéliens lors de tels bombardements. Assouvir sa vengeance contre les chefs du Hamas- ou la population de Gaza transformée en bouc émissaire de la frustration israélienne- avait la priorité sur la récupération des otages.

A la fin de l'article on a compris que la violence de l'armée israélienne est devenue une mesure de son incapacité désormais à gagner des guerres.

Tsahal vient de subir une défaite multiple : contre les combattants palestiniens de Gaza, contre le Hezbollah. Contre Ansarallah. Si vous ajoutez que l'effondrement du régime d'Assad met désormais Israël face à face avec la Turquie. Et que l'Iran est sorti vainqueur des deux confrontations, par missiles interposés, avec Israël, le bilan militaire et stratégique est catastrophique.

On comprend que Trump fait ce type de constat et cherche à rétablir les intérêts d'Israël sans guerre, par la négociation et les accords économiques.

Dans la proposition (affreuse sur le fond) de prise en main par les USA de la bande de Gaza, il y a le constat froid que le sionisme, dans sa version révisionniste et dans sa version religieuse fondamentaliste, ont échoué.


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Yahya Sinwar est mort comme il a vécu : en héros !


Le dernier combat de Yahya Sinwar a mis à nu la faiblesse d’Israël, exposant la vérité sur son armée qui n’a rien d’héroïque, qui ne survit qu’en tuant à distance et à l’abri de ses blindés, ne voulant pas affronter ses ennemis de front.

Lorsque les soldats israéliens ont cru avoir trouvé le corps de Yahya Sinwar gisant devant eux, ils se sont empressés de diffuser les photos.

Comme s’il s’agissait enfin de l’image de la victoire, d’une conquête, et de la preuve de la capacité d’Israël à atteindre ses ennemis et à terrasser son adversaire le plus déterminé…

Dans leur empressement à afficher la capture de leur cible la plus prioritaire, les soldats ne sont pas apparus comme des conquérants, mais comme une assemblée hétéroclite de maraudeurs tribaux, se rassemblant autour du corps sans vie d’un ennemi tombé au champ d’honneur. Leur victoire n’est pas celle d’un triomphe mais celle du désespoir, d’une armée et d’un peuple perdus dans le brouillard de la conquête et s’accrochant à l’illusion de la force.

Bien que cela reste incertain, il semble que la photo ait été diffusée sans autorisation préalable et avant qu’Israël ne puisse peaufiner le récit du martyre de Yahya Sinwar.

Malgré le pouvoir de la censure militaire et le contrôle étroit de l’information, Israël s’est empressé de divulguer son prétendu succès, comprenant à peine que ces images allaient défaire le récit même qu’il avait passé une année à construire autour du dirigeant palestinien et briser l’image qu’il avait voulu imposer d’un responsable cynique et indifférent à la souffrance de son peuple.

L’« image de la victoire » a au contraire révélé la fragilité du récit qu’Israël souhaitait imposer, conçu pour rendre les dirigeants palestiniens diaboliques et projeter sur eux l’image de lâcheté et de corruption qui est celle de leur propre « roi Bibi », tentant de semer la division au sein de la société palestinienne.

Le treillis militaire, le keffieh enroulé autour de son visage, son dernier défi – tout cela contenait l’essence du dernier moment de Sinwar.

Voilà un dirigeant qui n’est pas tombé dans les mailles d’un renseignement précis ou qui n’a pas été pris dans un tunnel sombre entouré de captifs, comme Israël voudrait nous le faire croire, mais qui a été tué au combat alors que ses ennemis, craignant leur propre mort, lui tiraient des obus de chars à distance plutôt que de l’affronter alors qu’il se tenait debout face à leurs drones et à leurs machines de guerre.

Paradoxalement, l’image de la victoire d’Israël est tout sauf victorieuse. Oui, ils ont tué Yahya Sinwar, mais en le tuant, ils ont également révélé les fissures de leur propre pouvoir et la perte irrévocable de leur puissance militaire autrefois charismatique.

Le contraste ne pourrait être plus frappant lorsque nous établissons des parallèles entre les dirigeants israéliens et palestiniens.


Les dirigeants israéliens luttent pour leur survie politique, dissimulant leurs ambitions sous le vocabulaire d’une guerre existentielle, tandis que les dirigeants palestiniens se battent bec et ongles, attachés au sol sous leurs pieds, lançant des bâtons contre des drones.

Les dirigeants israéliens font leurs discours à distance, tandis que les dirigeants palestiniens versent leur sang sur la ligne de front.

Les dirigeants israéliens envoient leurs fils dans des pays lointains, en sécurité de l’autre côté de l’océan, tandis que les dirigeants palestiniens s’exposent eux-mêmes et leurs familles, ne trouvant de refuge que dans la promesse de la résistance.

Leurs propres journaux décrivent les dirigeants israéliens comme des « psychopathes », manipulateurs, calculateurs et indifférents même au sort des captifs israéliens. Pendant ce temps, les dirigeants palestiniens se sont battus et sont morts pour libérer leurs prisonniers.

Le contraste ne pourrait être plus frappant entre des dirigeants motivés par leur propre survie et l’abnégation de dirigeants liés à la lutte pour la libération, à ses sacrifices à la fois personnels et collectifs.

Une force qui est un mythe

Israël croit que les assassinats ont le pouvoir de démanteler la résistance – que tuer un leader peut en quelque sorte mettre fin au combat. Même si Sinwar n’a pas été assassiné comme il l’aurait souhaité, ce mythe reste ancré dans la conviction que les Arabes ne sont guère plus que des tribus désorganisées prêtes à s’effondrer avec la mort de leur « cheikh ».

La croyance d’Israël en ce fantasme raciste et orientaliste lui a coûté cher, notamment lorsqu’il a sous-estimé la force du Hamas avant le 7 octobre.

Cette même mentalité associe la vengeance à la victoire, la punition au succès militaire, et la tactique au changement stratégique, une mentalité qui suppose que seuls les Israéliens construisent des institutions et possèdent la capacité de créer des formes d’organisation.

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Atrocités sans vergogne

 


"Des têtes décapitées, des cadavres en décomposition, des corps découpés en morceaux, des restes squelettiques découverts dans le « couloir de Netzarim » après le retrait de Tsahal aujourd’hui.

Les soldats israéliens ont fait des barbecues, joué au football et organisé des fêtes dans ce même couloir, juste à côté de piles de Gazaouis qu’ils ont sauvagement assassinés !

L'armée israélienne n'a même pas pris la peine de cacher cette pure barbarie avant de partir. Ils ont laissé ces corps à la vue de tous. Ils n’ont vu aucun problème à ce que cette scène soit révélée !"

Muhammad Shehada, analyste politique et écrivain de Gaza.