L'ampleur de l'opération est vertigineuse. Selon le rapport, environ 400 engins lourds (excavation, concassage,transport) sont actifs sous protection militaire dans l'est et le sud de Gaza. Près de 100 camions israéliens quittent le territoire chaque jour , chargés de débris, de gravats, et de ce qui pourrait être des restes humains. Ces camions acheminent leur cargaison vers des sites non divulgués en Israël et au sud de la Cisjordanie. Objectif affiché : effacer les traces. Pas pour reconstruire, pas pour sauver des vies, POUR FAIRE DISPARAÎTRE LES PREUVES.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Le volume total des décombres à Gaza est estimé à 68 millions de tonnes. Euro-Med Monitor estime qu'au moins 10 millions de tonnes ont déjà été retirées ou déplacées. Dix millions de tonnes de preuves, de corps, de vies, effacées de la carte, sans aucun contrôle, sans aucune transparence, sans aucune enquête préalable.
Mais le pire, c'est ce que ces camions emportent. Sous les gravats, il y a des corps. Environ 8 500 personnes sont encore portées disparues , selon la Défense civile de Gaza. Des mères, des pères, des enfants, des familles entières qui attendent encore d'être retrouvés, d'être identifiés, d'être enterrés. Israël les broie, les mélange, les transporte hors de Gaza, sans laisser de trace, sans permettre aux familles de savoir où sont leurs morts. C'est une profanation. C'est un crime. C'est une tentative d'effacer l'histoire elle-même.
Cette opération est une violation flagrante du droit international. Elle contrevient au Protocole du Minnesota sur l'enquête sur les décès potentiellement illégaux. Elle constitue un pillage, interdit par l'article 33 de la Quatrième Convention de Genève et le Statut de Rome. Et surtout, elle entrave délibérément la justice, alors même que la Cour pénale internationale enquête encore sur les crimes en Palestine. L'article 70 du Statut de Rome considère comme un crime le fait de détruire des preuves pour entraver la justice.
Le bourreau efface ses propres crimes. Et le monde, complice, regarde ailleurs. Aucune condamnation ferme, aucune sanction, aucune enquête indépendante. Les États, les médias, les institutions ferment les yeux pendant qu'Israël achève son travail : non seulement tuer, mais aussi faire oublier qu'il a tué.
Source : Euro-Med Monitor – « Israel wipes genocide evidence in Gaza, carting off rubble and remains in 100 trucks daily » en commentaire. Un rapport à lire, à partager, à crier. Parce que si les preuves disparaissent, l'impunité, elle, reste."
