par Lise Santolini
Le nettoyage ethnique des Palestiniens ne visait pas seulement leurs maisons : il a ciblé leurs terres, leurs biens et leur culture. Entre 1947 et 1949, plus de 800 000 Palestiniens furent expulsés. De nouveaux villages furent construits sur les ruines : « Vous ne connaissez même pas les noms des villages arabes », écrivait Moshe Dayan en 1969. Chaque colonie est née d’un village effacé.
Des bibliothèques prestigieuses comme celles de la mosquée al-Jazzar à Acre ou d’al-Aqsa à Jérusalem furent vidées. À Jérusalem-Ouest, 30 000 livres palestiniens abandonnés furent saisis. Le patrimoine culturel s’évaporait : livres, manuscrits, broderies, objets d’art palestiniens furent revendiqués ou redéfinis comme « israéliens ».
« Quoi de plus fondamental qu’une cuisine ? » Les oranges de Jaffa, l’huile d’olive, le houmous, le falafel sont désormais présentés comme symboles d’Israël. Le falafel est appelé « plat national israélien » ; selon Yael Raviv, ce procédé fut « hâtif et délibéré ». Le mythe selon lequel « les Israéliens ont fait fleurir le désert » s’écroule devant les chiffres : avant 1948, les Palestiniens produisaient par exemple 99 % des olives.
Le pillage culturel de la Palestine repose sur deux piliers :
•l’effacement de l’histoire palestinienne,
•l’appropriation d’un « droit de naissance » revendiqué.
La mémoire palestinienne est considérée comme une arme dangereuse. L’effacer, c’est la neutraliser ; la réécrire, c’est la dominer. La mémoire est ce qu’aucun mur ne peut confisquer.
Source : Al Ousseynou Hachem, « Pillage de la Palestine : comment Israël s’approprie le patrimoine et la culture palestiniens »
Source : Al Ousseynou Hachem, « Pillage de la Palestine : comment Israël s’approprie le patrimoine et la culture palestiniens »