L'article est accablant. Des Palestiniens, hommes, femmes, enfants, sont violés systématiquement par des soldats, des colons, des gardiens de prison. Des viols avec des matraques, des carottes, des bâtons. Des chiens dressés pour pénétrer des détenus. Des hommes qui urinent du sang après qu'on leur ait ligoté les testicules. Des femmes dénudées, battues, giflées, présentées comme un trophée à chaque relève de garde. Des enfants menacés qu'on leur enfonce un bâton dans le cul s'ils ne coopèrent pas.
Ce n'est pas une exception. C'est une politique. Un rapport de l'ONU parle de « procédure opérationnelle standard ». Une pratique généralisée, encouragée par l'impunité totale. Ben-Gvir traite les détenus de « raclures » et « nazis ». Netanyahu qualifie les poursuites contre des soldats violeurs de « blood libel » et les réhabilite. Et les États-Unis ? Ils appellent ça "de simples allégations". Allégations. Qu'ils aillent dire ça aux enfants qui ont vu des chiens les monter.
La question de Netanyahu, « Where the hell are you ? », Kristof la retourne : où étiez-vous pour les Palestiniens ? Où sont les condamnations ? Où sont les sanctions ? Où sont les ambassadeurs qui se déplacent avec des caméras ? Où sont les suspensions d'aide militaire ?
Nulle part. Parce que les victimes ne sont pas les bonnes. Parce qu'être Palestinien, c'est être une victime de seconde zone. Parce que l'Occident a choisi son camp, celui du violeur plutôt que du violé.
Et bien sûr, la hasbara est aux abois. « l’article le plus antisémite des temps modernes ». Leur seul argument : crier au loup pour qu'on ne regarde pas leurs monstres. Mais les victimes, elles, ne crient pas. Elles saignent.
