Le journaliste Jean-Michel Aphatie :
"Chaque année, nous commémorons le massacre d’Oradour-sur-Glane, c’est-à-dire le massacre de tout un village. Mais nous en avons fait des centaines en Algérie. Est-ce qu’on en a conscience ?
Le massacre d’Oradour-sur-Glane, en Haute-Vienne, a été orchestré le 10 juin 1944 par une division blindée SS : 643 hommes, femmes et enfants ont été fusillés et brûlés vifs."
Jean-Michel Aphatie a rappelé le recours aux « enfumades » : lorsque les Algériens se réfugiaient dans des grottes, les soldats français amenaient des fagots et y allumaient le feu pour les asphyxier ou les brûler vifs.
Jean-Michel Aphatie a rappelé le recours aux « enfumades » : lorsque les Algériens se réfugiaient dans des grottes, les soldats français amenaient des fagots et y allumaient le feu pour les asphyxier ou les brûler vifs.
Du 18 au 20 juin 1845, le lieutenant-colonel Pélissier fait périr par asphyxie quasiment toute une tribu berbère (hommes, femmes et enfants), qui avait trouvé refuge dans les grottes du massif de Dahra.
[...]
En 1845, Bugeaud forme jusqu'à huit colonnes pour sillonner le massif du Dahra, soulevé par le "chérif" Bou-Maza. Avec pour instructions : "Si ces gredins se retirent dans leurs cavernes, imitez Cavaignac : fumez-les à outrance." Il prend ainsi pour modèle une opération du colonel Cavaignac l'année précédente. Ses instructions sont suivies à la lettre par les chefs de colonne. Canrobert relatera dans ses Mémoires une opération identique. Saint-Arnaud aussi, qui écrira : "Je fais hermétiquement boucher les issues et je fais un vaste cimetière."
Bugeaud, Pélissier, Saint-Arnaud, Canrobert, ont tous quatre fini maréchaux de France. Le général Cavaignac, l'"inventeur" de la méthode, a eu le rôle que l'on sait en 1848 à la tête du gouvernement français.
Source
"Pour chasser les idées noires qui m’assiègent quelquefois, je fais couper des têtes, non pas des têtes d’artichauts, mais bien des têtes d’hommes." Colonel de Montagnac.
"Voilà, mon brave ami, comment il faut faire la guerre aux arabes : tuer tous les hommes jusqu’à l’âge de quinze ans, prendre toutes les femmes et les enfants, en charger des bâtiments, les envoyer aux îles Marquises ou ailleurs ; en un mot en finir anéantir tout ce qui ne rampera pas à nos pieds comme des chiens…"
L'article de Jeanne Bourcier se termine par cette phrase :
"On comprend mieux pourquoi la France soutient Israël !"
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La France est-elle capable de regarder en face l’ampleur des massacres perpétrés par l’armée française lors de la colonisation de l’Algérie dès le XIXe siècle ?
Un officier français a laissé une correspondance édifiante sur ce que l'armée française a pu faire en Algérie :
Lucien-François de Montagnac
(1803-1845)
"Pour chasser les idées noires qui m’assiègent quelquefois, je fais couper des têtes, non pas des têtes d’artichauts, mais bien des têtes d’hommes." Colonel de Montagnac.
Lettres d'un soldat : neuf années de campagnes en Afrique Correspondance inédite du colonel de Montagnac
publiée par son neveu (1885)
Extraits :
"Vous me demandez, dans un paragraphe de votre lettre, ce que nous faisons des femmes que nous prenons. On en garde quelques-unes comme otages, les autres sont échangées contre des chevaux, et le reste est vendu, à l’enchère, comme bêtes de somme ; voilà le cas que l’on fait, dans ce pays, des fleurs que la nature a fait éclore pour embaumer notre vie !
Parmi ces femmes, il y en a souvent de très jolies ; il y a aussi des enfants charmants. Ces pauvres petits moutards sont vraiment intéressants. Dans toutes les opérations de guerre que nous faisons depuis quatre mois, il y a des scènes à attendrir un rocher, si l’on avait le temps de s’attendrir un peu. Eh bien ! on en arrive à regarder tout cela avec une sèche indifférence qui fait frémir. "
En 1842, lors des expéditions contre Constantine, il écrit : "On ne se fait pas d’idée de l’effet que produit sur les Arabes une décollation de la main des chrétiens : ils se figurent qu’un Arabe, qu’un musulman, décapité par les chrétiens ne peut aller au ciel ; aussi une tête coupée produit-elle une terreur plus forte que la mort de cinquante individus. Il y a déjà pas mal de temps que j’ai compris cela, et je t’assure qu’il ne m’en sort guère d’entre les griffes qui n’aient subi la douce opération. Qui veut la fin veut les moyens, quoi qu’en disent nos philanthropes. Tous les bons militaires que j’ai l’honneur de commander sont prévenus par moi-même que s’il leur arrive de m’amener un Arabe vivant, ils recevront une volée de coups de plat de sabre."
[…]
Et il décrit ses combats :
"Quelques tribus pourtant résistent encore, mais nous les traquons de tous les côtés, pour leur prendre leurs femmes, leurs enfants, leurs bestiaux, et je pense qu’elles ne pourront tenir longtemps à un pareil régime. […]
Les crêtes étaient garnies de Kabyles. Je les débusquai promptement, et, continuant à les suivre au grand pas de course, j’arrivai, presque en même temps qu’eux, sur leurs gourbis ( baraques ), où étaient femmes, enfants, bestiaux. Nos soldats tombèrent sur ces repaires comme s’ils tombaient du ciel. Je me demande encore comment nous avons pu franchir des obstacles pareils. Enfin, la mort, le feu, achevèrent de mettre le désordre dans ces populations, et je leur pris deux mille cinq cents têtes de bétail. […]
Qui veut la fin veut les moyens. – selon moi, toutes les populations qui n’acceptent pas nos conditions doivent être rasées, tout doit être pris, saccagé, sans distinction d’âge ni de sexe ; l’herbe ne doit plus pousser où l’armée française a mis le pied. Si vos tendres cœurs saignent d’anéantir tout ce qui résiste, entassez hommes, femmes et enfants sur des bâtiments de l’État, et expédiez-moi tout cela aux îles Marquises ou ailleurs. Tuez ou exportez ainsi quelques tribus, et je vous réponds que les autres se défendront contre ce fantôme qui les terrifie. Chaque fois qu’un chef de tribu a trahi ou n’a pas agi avec vigueur, tous les hommes de la tribu doivent être tués, le reste exporté. Les tribus doivent nourrir l’armée lorsqu’elle voyage, et, si les vivres n’arrivent pas à point donné, razzia pour la première fois, mort et exportation en cas de récidive. Si je me laissais aller à ma verve d’extermination, je vous en remplirais quatre pages. […]
Entre mes quatre murs blanchâtres, je dresse d’horribles plans de campagne. Je parcours l’Afrique du nord au sud, de l’est à l’ouest, et, comme un illuminé ou un possédé, je finis par me figurer qu’à moi seul appartient la puissance d’en terminer avec tout ce qu’il y a d’Arabes en Afrique.
Le rêve auquel je reviens tous les jours est celui-ci : L’Afrique nous appartient aujourd’hui, nous pouvons la sillonner en tous sens. Mais toutes les populations, soumises en apparence, ont besoin d’être maintenues, dans le cas où elles auraient la velléité de bouger ; d’être protégées, dans le cas où elles sont fidèles, et d’être châtiées, si elles se révoltent ou ne veulent pas accepter nos conditions."
C’est avec de pareilles idées qu’il est promu lieutenant-colonel en 1844 et il continue :
Le rêve auquel je reviens tous les jours est celui-ci : L’Afrique nous appartient aujourd’hui, nous pouvons la sillonner en tous sens. Mais toutes les populations, soumises en apparence, ont besoin d’être maintenues, dans le cas où elles auraient la velléité de bouger ; d’être protégées, dans le cas où elles sont fidèles, et d’être châtiées, si elles se révoltent ou ne veulent pas accepter nos conditions."
C’est avec de pareilles idées qu’il est promu lieutenant-colonel en 1844 et il continue :
"Je fais trimer les uns, je rosse les autres : j’ai fait appliquer, ces jours-ci, cent coups de bâton à quatre Arabes, en plein marché, moyen infaillible pour réduire son monde à l’obéissance."
Ce fou furieux pouvait écrire :
"Mais comme je suis excessivement peu philanthrope à l’égard des paresseux, et comme la crevaison de tous les habitants de la terre ne pèse pas, à mes yeux, dans la balance, un milligramme, lorsqu’il s’agit de l’intérêt général et de l’honneur des armes, je suis inexorable."
Plus il se rapproche de sa mort, plus ses lettres témoignent de la folie sanguinaire de cet officier :
"Ces actes d’autorité vous paraissent abjects, à vous, braves gens qui vivez en paix dans votre cité industrielle ; mais, dans ces pays-ci, où les serpents rampent sous l’herbe, où les loups-cerviers sont partout sur les sentiers, la mort doit faucher sans relâche. Voilà pourtant comment le cœur le plus sensible peut devenir féroce, lorsqu’il est obligé d’endosser cette immense responsabilité de la tranquillité d’un pays. Il y a quelques jours encore, à minuit, j’ai fait une descente, à deux lieues et demie d’ici, dans une maison où je voulais arrêter le caïd du pays qui m’entoure. J’ai trouvé seulement les femmes et de pauvres petits enfants ; le coquin était parti, il y avait quelques heures. J’ai emmené tous ces êtres au milieu de la nuit, par la pluie, jusqu’au fort. Le cœur me saignait de voir ces pauvres petites filles, ces femmes, ces malheureux petits enfants tripoter dans la boue, dans les broussailles ; il fallait encore faire taire chez moi tout sentiment d’humanité. Je souffrais, je vous l’assure. A chaque instant, je suis forcé d’user de ces moyens qui brisent toutes les fibres de mon pauvre vieux cœur, pour réprimer certains crimes, pour maintenir ces populations remuantes, et qui ne comprennent encore que cette justice saignante. Ce ne sont que roses auprès de ce que leur faisaient subir leurs anciens chefs, sous le régime des Turcs ou d’Abd-el- Kader. Je ne suis pas méchant, allez ! mais pour avoir la vie des masses, il faut que quelquefois la mort plane sur certaines têtes. C’est une fausse philanthropie, celle qui épargne les coupables ; et j’ai le bras dur à cet endroit. […]
Pour chasser les idées noires qui m’assiègent quelquefois, je fais couper des têtes, non pas des têtes d’artichauts, mais bien des têtes d’hommes."
[...]
"On comprend mieux pourquoi la France soutient Israël !"

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