jeudi 30 avril 2026

Vanunu : "Israël est le seul pays qui refuse de signer le traité de non prolifération nucléaire"


Mordechaï Vanunu, avec en arrière-plan l’image satellite du centre de production de plutonium militaire de Dimona, en Israël


Emprisonné durant 18 ans à Jérusalem, pour avoir révélé, en 1986, qu’Israël possédait secrètement deux cent bombes atomiques, libéré en 2004, Mordechaï Vanunu, n’est toujours pas libre de ses mouvements. Il a demandé à bénéficier de la loi dite de « révocation de la citoyenneté israélienne » qui permet à la Cour suprême d’Israël de destituer de leur nationalité les Israéliens condamnés pour traîtrise ou espionnage. La Cour a refusé d’accéder à sa demande. Privé de liberté, cantonné à Jérusalem sous surveillance policière, toutes ses demandes de pouvoir quitter Israël lui ont été refusées. Nous l’avons vu la dernière fois en 2006. Il ne se sentait pas bien en Israël où, disait-il, tout le monde le considérait non pas comme un courageux lanceur d’alerte mais comme un traître. Il se savait espionné en permanence ; tel une bête traquée, il craignait d’être arrêté à tout instant. Ce qu’il nous a révélé, une année plus tôt, dans ce remarquable entretien au sujet du prétendu danger nucléaire iranien – un pays qu’Israël menace et diffame depuis plus de 30 ans – démontrait que les cruelles sanctions imposées par l’Occident à l’Iran, ainsi que les incessantes accusations au sujet de l’arme nucléaire, n’étaient que manœuvres et mensonges destinés à l’isoler, l’affaiblir et le saigner, pour assurer la prééminence d’Israël.

Nous remercions Mordechaï Vanunu de nous avoir accordé cet entretien tout en sachant les risques qu’il encourait, Israël lui interdisant de rencontrer et de parler à des journalistes. 

Silvia Cattori, journaliste indépendante.


Source : Lise Santolini sur X