jeudi 9 avril 2026

L'EXTRÊME-DROITE AU POUVOIR EN ISRAËL SUSCITE DE NOUVEAU L'INDIGNATION MONDIALE



La clique Netanyahou - Ben Gvir - Smotrich vient encore de frapper un grand coup en faisant adopter, par 62 voix contre 48, une loi instaurant «la peine de mort pour les terroristes [...] avec l'intention de mettre fin à l'existence de l'État d'Israël».

Selon la formulation très précisément réfléchie du texte, la peine de mort  peut désormais s'appliquer à un Palestinien qui tuerait un Israélien, mais en aucun cas à un Israélien qui tuerait un Palestinien. 

Le critère retenu — avoir causé la mort d’un citoyen israélien dans le but de «nuire à l’État d’Israël et à la renaissance du peuple juif» — rend la loi, dans les faits, exclusivement applicable aux Palestiniens, comme l’ont reconnu aussi bien Amnesty International que l’ONG israélienne de défense des droits de l'Homme B’Tselem.

La méthode d’exécution prévue est la pendaison. Et pour les Palestiniens jugés par les tribunaux militaires d’occupation en Cisjordanie, aucun recours en grâce ni en appel ne sera possible, avec une exécution pouvant être conduite dans un délai de 90 jours.

Les condamnés seront détenus dans l'isolement total, sans visites familiales, avec un accès à leur avocat uniquement par visioconférence.

CONDAMNATION MONDIALE

De nombreux pays du monde ont aussitôt réagi pour condamner cette loi d'une autre époque, qui institue un authentique apartheid pénal entre les citoyens d'une même entité étatique, selon leur religion et leur origine ethnique.

En 2026, c'est un cas unique au monde. Les seuls exemples comparables qui viennent à l'esprit sont ceux de l'Afrique du Sud et de la Rhodésie dans les années 1948-1980, ou antérieurement celui de l'Allemagne hitlérienne.

Que cela soit jugé malséant ou pas de le souligner, cette loi constitue ainsi une offense sacrilège pour la mémoire des millions de juifs victimes de la barbarie nazie. Ils furent précisément les victimes d'un système juridique discriminatoire, criminel et complètement dévoyé par rapport aux principes généraux de respect de la personne humaine admis par toutes les nations civilisées.

CONCLUSION

Macron, Merz, Starmer et Meloni notamment, avaient appelé la Knesset à renoncer à ce projet qu'ils ont collectivement décrit comme «susceptible de remettre en cause les engagements d'Israël en matière de principes démocratiques».

Suite au vote, ils ont vivement protesté et ils espèrent que la loi va maintenant être jugée inconstitutionnelle par la Cour suprême israélienne, saisie notamment par des députés et plusieurs organisations de défense des droits de l'Homme.

Car c'est le dernier espoir de ceux qui sont effarés de voir l'État d'Israël foncer ainsi vers le déshonneur et l'abîme. Il ne faut pas méconnaître que 42 députés sur 110 ont voté contre, soit 43,6% des parlementaires. Ce qui prouve que l'extrême-droite au pouvoir ne représente pas toute la société israélienne.

En France, il faut souligner qu'à part Macron lui-même, quelques rares personnalités de gauche se sont indignées du vote de cette loi, notamment Jean-Luc Mélenchon mais aussi Olivier Faure.

En revanche, toujours pas la moindre condamnation à droite ni à l'extrême-droite : Philippe, Retailleau, Bardella, Le Pen, Ciotti, Wauquiez, Bellamy, Zemmour, Knafo, Maréchal, etc., restent muets.

Comme ils sont restés muets devant l'interdiction inouïe faite au Patriarche de Jérusalem, par la police de Netanyahou et Ben-Gvir, de célébrer la messe du dimanche des Rameaux à la basilique du Saint-Sépulcre.

Et tous ces lâches osent se revendiquer de Charles de Gaulle ! 



La vie, la mort, un sourire



La femme sur la photo est Limor Son-Har Melech, députée du parti d’extrême droite Otzma Yehudit. Elle est vice-présidente de la Knesset. Elle s’est déguisée en « Peine de mort pour les terroristes » : elle porte un uniforme de l’administration pénitentiaire israélienne, tient une corde de pendaison et une seringue symbolisant l’injection létale, et arbore des badges (kahaniste + Troisième Temple).


Son mari apparaît à côté d’elle avec un pistolet étiqueté « Occupation », un avion étiqueté « Expulsion » et une maison étiquetée « Colonisation ».

Elle célèbre et promeut ici sa proposition de loi instaurant la peine de mort obligatoire, par pendaison, pour les Palestiniens condamnés pour des attaques terroristes mortelles contre des Israéliens. Cette loi vient d’être adoptée par la Knesset tout récemment et elle en a naturellement été l’une des principales promotrices.

Didier Maïsto